‹ Dâemonstrations âevangâeliquesChapitre 125 sur 202 · OBSERVATIONS SUR LES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS SUR LES

storique des faits, comme M. de Voltaire a défiguré le portrait de ce grand prince, je crois qu'il est nécessaire de le retracer, en y joignant celui de son illustre père et de la vertueuse impératrice Flaccilla son épouse. Je ne me servirai, pour cet cftel, que des couleurs et du pinceau des auteurs païens, qui vivaient du temps de l'un et de l'autre. » Je commencerai par ci lui de l'impératrice, i tiré de Thémistius.

Cet orateur, s'adressanl à l'un des fils de Théodose /après l'avoir entretenu de l'éducation qu'il se propose de lui donner, termine ainsi son discours: C'est alors que vous serez la joie de votre mcre,non-sculeinent lorsqu'elle vous verra revenir chargé des dépouilles de l'ennemi , mais lorsqu'elle vous entendra parler en public, qu'elle vous verra au milieu de vos ministres rendre la justice, dont elle est la première à remplir le palais impérial. {Har. XYllhp. 225).

Buconsenlement de l'impératrice son épouse, qu'il admettait toujours à son conseil et faisait participante de ses résolutions, leur fils, leur cher fils, déféra à l'autorité d'un père et d'une mère, qui l'avaient nourri et élevé suivant leurs propres mœurs , en sorte que le fils était l'image de l'un et de Vautre, et auquel des deux qu'il ressemblât le plus, il devait nécessairement être rempli de piété et de clémence {Har. XJX, sur l'humanité de Théodose, p. 231 ).

0 ! naissance digne de l'empire, lui disait Pacatus, vous êtes fils de celui qui l'aurait méritée, et qui se rendit digne de cette place par sa valeur et sa prudence.

Cette phrase de Pacatus n'estpoint la vaine déclamation d'un panégyriste outré, qui ne défigure que trop souvent, en faveur de son héros, la tidélilé de l'histoire; car lorsqu'on lit avec attention dans les livres XXVII, XXVIII et XXIX d'Ammien Marcellin, le récit des exploits et de la conduite de ce grand homme, soit en Angleterre, soit en Afrique, où il se flt toujours accompagner par son fils, on voit qu'iliui fut un modèle de justice, de prudence, de sagesse, de valeur et de fermeté.

' La façon véridique dont Pacatus, quoique païen parle de Théodose, et le genre de vertus qu'il exalte dans le fils de ce prince, doivent lui mériter l'estime et la confiance de ses lecteurs.

Voici quelques fragments de sa harangue à Théodose, au commencement de la dixième année de son règne.

Qui des empereurs a jamais cru que les devoirs de /'amitié dussent faire partie de l'éloge d'un prince? Cette vertu n'était regardée que comme une vertu obscure qui ne convenait point aux palais des rois, mais seulement à une vie exposée aux dangers. De là vient qu'on aurait trouvé plus aisément des princes prêts à tirer l'argent de leur trésor que /'amilié de leur cœur. Les meilleurs d'entre hux faisaient des largesses ; ils savaient donn>ir, mais ils ne savaient pas aimer. Vous, au contraire, vous avez non-seulement appelé dans votre cour /'amitié, çuî n'était auparavant connue que chez le peuple, mais vous l'avez reçue sur le trône, vous l'avez revêtue de pourpre et cou-

SAVANTS INCRÉDULES. ^zi

verte d'or et de pierreries. Vous anez même dit expressément, que le prince devait être d'autant plus bienfaisant envers ses sujets, qu'il était au-dessus d'eux par sa fortune. En effet, vos favorables dispositions sont proportionnées à votre puissance, et vous accordez à vos amis tout ce que vous leur souhaitiez étant simple particulier, etc.

Thémistius, après avoir examiné quelle est la vertu la plus convenable à un prince, soutient que c'est la justice. Il dit qu'un prince est d'autant plus inexcusable de négliger cette vertu, qu'il ne faut qu'un mot, qu'un signe pour en faire des actes. Prenez garde, je vous prie, continue-t-il, que je ne viens pas vers vous pour vous flatter ou vous louer servilement ; car il ne conviendrait pas à un homme de mon âge, qui a vécu familièrement avec tant d'empereurs, des vieux comme des jeunes, de vouloir faire sa cour par des flatteries à celui de tous les princes que j'ai reconnu pour le plus modéré, le plus clément et le plus doux, et employer la dissimulation et l'artifice dans un temps où l'on ne risque rien de parler avec franchise et sincérité. Voici la troisième aimée que votre plume n'a signé aucun arrêt de mort et quoique souvent la boule noire vous soil présentée par la loi, vous ta renvoyez changée en boule blanche; et bien que d'ailleurs vous soyez plus attaché aux lois qu'aucun des empereurs qui vous ont précédé, vous savez quand il convient de les adoucir ou de les suivre. Personne n'entre dans votre palais la crainte dans le cœur ou la pâleur sur le visage, mais, au contraire, rempli d'espérance et d'encouragement comme dans un asile et un sanctuaire, tant votre bouche annonce de douceur et de bonté: en sorte que votrevue seule chasse la crainte de tous les cœurs. Nos ennemis mêmes, qui suspectaient auparavant jusqu'à nos traités, et qui n'osaient se confier à la foi publique dans les repas, viennent d'eux-mêmes désarmés, et ne font point difficulté de se présenter à vos ordres. C'est ainsi que vous nous avez concilié, par votre fidélité, ceux que nous n'avions pu vaincre par les armes ; et comme les paillettes de fer sont attirées par raimant, vous avez attiré à vous sans peine et sans combat le roi des Gètesl Ce prince si fier et si superbe vient de lui-même vers vous comme un suppliant, lui dont le père ne put être apaisé par le grand Constantin qu'en lui élevant une statue ; on la voit encore derrière le palais.

Si quelqu'un voulait compter ceux que vous avez sauvés de la mort, que vous avez retirés de l'exil perpétuel, à qui vous avez rendu les biens, ou que vous avez secourus dans leur pauvreté par vos largesses, on n'en trouverait pas moins que de jours que vous avez régné ; en sorte que si, comme Titus l'a pensé, l'on ne règne que selon te bien que l'on fait, votre règne est déjà plus long que celui d'Auguste, f,

Personne ne peut être appelé orphelin, îpuisqu'il trouve dans l'empereur un père com- /*' mun. *'

Le règne de Théodose, dont la justice et l'humanité sont l'âme, est unj> prière continuelle pour rendre Dieu favorable à l'Etat.

Théodose par sa douceur a plus fait que par la force pour assujettir les ennemis de l'empire, (jiii, fiers auparavant, ont rendu les armes à la modération du prince.

Quel est l'empereur, parmi ceux qui vous ont précédé, qui ait donné des lois plus douces, qui ait subvenu plus généreusement aux familles indigentes , qui ait mieux secouru les malheureux, soulagé les infortunés, servi de père aux orphelins ? Sous quel empereur ceux qui avaient été vexés par d'injustes exactions ont-ils recouvré leur argent des deniers du fisc? Quel asile plus efficace fut jamais ouvert aux malheureux !

Dans la décharge d'une grande partie des impôts, on admire moins la grande quantité de ceux que vous en avez relâchés que le temps où vous l'avez fait. Car lorsque nous avions .sujet de craindre qu'il ne fallût les augmenter, ù cause des grandes dépenses qu'exigeaient les conjonctures , nous voilà déchargés au contraire; de sorte que la manière du bienfait est plus généreuse que le bienfait même. Jusqu'ici ce n'était qu'à force de plaintes et de cris de la part du peuple qu'on nous pourvoyait de blé, à présent nous en sommes pourvus avec une promptitude qui prévient nos désirs. L'hiver, qui était un obstacle pour les autres empereurs, semble rendre pour vous la mer plus commode au transport des grains ; nos greniers ne sont plus vides et tapissés de toiles d'araignées , mais sont pleins et regorgent de froment. L'ancienne confiance qui nous avait quilles est rappelée, et nous passons tranquillement l'hiver en attendant l'abondance du printemps. Vous ne dédaignez pas de visiter vous-même nos greniers.

Théodose a délivré de la mort, que les lois ordonnaient contre eux, des gens convaincus et condamnés pour crime de lèse-majesté : c'était déjà beaucoup de restituer aux particuliers l'argent qu'on leur avait injustement extorqué ; mais des hommes rappelés des portes de la mort, c'est quelque chose de beaucoup plus grand. Aussi peut-on dire que c'est là l'office d'un souverain, de modérer la loi, et d'être un refuge contre sa rigueur ( Extrait des har. 15, 16, 18 et 19 de Thémistius à Théodose ).

Extrait de quelques Icllres de Symniaque sur l'empereur Théodose.

Nous sommes dans un siècle ami de la vertu, et si les gens de bien ne sont pas élevés, c'est leur faute et non celte du temps, sous wn prince né pour le bien public ( Liv. III, lettre k'i, à Sibarius, p. 161 ).

La famine était à la porte par le retard des

: convois d'Afrique ; mais notre très-clément empereur, né pour le salut public, l'a prévenue en nous fournissant d'ailleurs des grains, quoiqu'il n'y fût pas obligé {Lettre LV, à Ricomeri, p. 167 ).

' Il est connu de tous que notre empereur Théodose éprouve ceux qu'il emploie ; qu'il les examine sans cesse, comme s'il avait toujours un nouveau choix à faire, pour ne pas établir le jugement qu'il en fait sur la prévention que cause l'habitude. Et pour les gens de

bien qu'il ne connaît pas, il est empressé à les chercher partout pour forcer leur modestie ( Lettre LXXXI, à Rufinus, p. 179).

Je ne suis plus inquiet sur la disette de la ville, car la crainte publique s'est changée en joie, depuis que le respectable père de ta patrie a réparé par des convois de Macédoine le défaut de ceux d'Afrique. Tous l'ainunt comme le dieu nourricier du genre humain. Il n'a pas permis que les vents contraires puissent rien contre Rome {Lettre 82, à Rufinus, p. 180 ).

Faites qu'il ne soit pas le seul malheureux dans la commune félicité ; car il importe à la gloire de cet heureux temps , que comme l'air et la lumière sont communs à tous les habitants de la terre, les effets de la clémence du prince ne soient pas moins étendus.

Mais rien ne prouve mieux la bonté de Théodose que sa loi du 9 août 393, donl voici les termes : Si quelqu'un, dit-il, oubliant le respect qu'il doit au souverain, s'échappe jusqu'à diffamer notre nom, notre gouvernement et notre conduite, nous ne voulons point qu'il soit sujet à la peine ordinaire portée par les lois, ou que nos officiers lui fassent souffrir aucun traitement rigoureux. Car si c'est par légèreté qu'il a mal parlé de nous , il faut le mépriser ; si c'est par une aveugle folie , il est digne de compassion ; et si c'est pur malice, il faut le pardonner. Ainsi nous voulons que sans user d'aucune poursuite, on nous rapporte seulement ce qu'on aura dit, afin que nous puissions juger des paroles et des personnes, et voir si la chose mérite d'être poursuivie ou négligée {Livre IX , lettre première, p. 407, à Palladius, préfet du prétoire).

Portrait de Théodose par Sextus Auréiius Victor.

Théodose ressemblait à Trajan pour le corps et pour les mœurs, autant qu'on en peut juger par les écrits des anciens, et par Us portraits qui nous en restent. L'esprit était entièrement semblable, en sorte qu'on ne peut rien dire de Théodose qui ne paraisse être transcrit de la vie de Trajan. Clément, compatissant, affable, ne voyant de différence entre lui et les autres que l'extérieur qui le couvrait: bienfaisant envers tous, mais surtout envers les gens de bien ; aimant les esprits simples et naturels, quoique admirateur de la science, mais de la science innocente : libéral et généreux , affectionnant ses compatriotes et ses domestiques qu'il récompensait d'honneurs , d'argent et d'autres bienfaits, surtout ceux dont il avait éprouvé la fidélité dans les temps critiques. Il fut exempt des taches qui obscur' cirent les vertus de Trajan, ayant en horreur l'intempérance du vin, et l'ambition des conquêtes. Il n'entreprit jamais de guerres, il ne fit que soutenir celles qu'on lui suscitait. Il défendit par une loi d'admettre des courtisanes et des chanteuses , tant il respectait la pudeur et la chasteté. Il avait l'esprit pénétrant et fort curieux de s'instruire dans l'histoire de nos ancêtres, entre lesquels il détesta toujours ceux dont la cruauté et l'ambition avaient détruit la liberté, comme Cinna, Marins, Sylla et tous les tyrans, surtout ceux gui

OBSERVATIOiNS SUR LES SAVANTS INCRÉDULES.

étaient ingrats et perfides. Il se courrouçait à la vue d'une action indigne , mais il s'apaisait facilement, et les ordres sévères qu'il donnait (jiiclquefois étaient bientôt modérés : il tenait de la nature cet avantage dont Auguste était redevable aux avis de son maître, qui le voyant sujet à s'irriter, lui conseilla de repasser les vinqt-quatre lettres de l'alphabet grec, lorsqu'il se sentirait en colère, pour faire diversion à ce mouvement momentané. Et, ce qui est l'effet d'une vertu bien rare , Théodose devint toujours meilleur, depuis que sa puissance fut affermie par le temps, et même après sa victoire sur son rival : car il veilla encore avec plus de soin à entretenir l'abondance, et il rendit à plusieurs, de son propre bien, de grandes sommes d'argent que son rival avait exigées, quoique jusqu'alors les meilleurs princes se fussent contentés en pareil cas de rendre les héritages nus et dévastés. Venons aux vertus moins éclatantes, et, comme on dit, domestiques, qui étant moins connues intéressent davantage la curiosité des hommes. Il respecta son oncle comme son père ; il prit soin des enfants de son frère mort et de sa sœur , comme des siens propres ; il eut une tendresse paternelle pour ses proches. Il aimait à donner des repas propres et joyeux, mais sans somptuosité, conversant avec chacun suivant le génie et les qualités des personnes ; il était enjoué et grave tout ensemble; père tendre et complaisant. Il n'aimait point les exercices violents ni les plaisirs mous ; sa récréation la plus ordinaire était la promenade : sobre et conservant sa santé par le régime , il mourut ea paix à l'âge d'environ soixante ans, et laissa l'empire tranquille à ses deux fils Arcadius et Ilonorius.

Le véritable portrait de Théodose étant rétabli, je passe au récit historiqui; de la sédition d'Antioche, et de la clémence de ce grand prince envers ses habitants. Mais comme les auteurs chrétiens sont suspects à M. de Voltaire, pour éviter tout sujet de plainte, je ne me servirai que des propres expressions d'un païen zélé," je veux dire Libanius, né dans Antioche et témoin oculaire.

Cette sédition prit naissance à l'occasion d'une lettre en forme d'édit, par laquelle ce digne empereur, dont on connaissait la bonlé et la prudence à l'égard des impôts, ordonnait une taxe pour subvenir aux besoins de l'Etat. Libanius en parle dans sa seconde Harangue sur la sédition d'Antioche, dont voici l'extrait :

Notre ville , dit-il , parlant à Théodosc, animée d'un esprit rebelle envers notre bon prince, après la lecture de sa lettre, en paraissant recourir à Dieu, secoua l'autorité du magistrat, qui fut hors d'étal de faire cesser le murmure. La bande des séditieux ayant commencé de se former dans le prétoire, s'augmentait considérablement d'un moment à l'attire; ils violèrent les droits des bains publics : échauffés par leurs premiers désordres , ils se portèrent à des excès toujours plus grands, se jetèrent sur les barres du prétoire, et sur les autres portes les plus reculées, avec tant de violence , que les gens du préteur craignirent

qu'ils ne les enfonçassent et ne tuassent leur maître , comme cela est souvent arrivé dans de semblables occasions : mais n'en pouvant venir à bout, ils vomirent des injures si atroces, qu'on n'en entendrait pas de semblables dans un cabaret entre des gens de la lie du peuple. Aux paroles insultantes ils joignirent tes effets; ils coururent à votre statue , à celles de votre père ( Voyez ci-après page 136 , ligne 2i) , de votre femme et de vos enfants , les abattirent à force de bras et de cordes ; ils ne se contentèrent pas de cela, ils traînèrent les unes entières , brisèrent et dispersèrent les autres. Leur attentat fut si énorme, que ceux qui partirent pour vous l'apprendre , frémissaient d'horreur de ce qu'ils avaient à vous annoncer. Je m'arrête un moment ici pour faire remarquer, qu'outre le mépris de l'autorité souveraine, dont les princes sont ordinairement si jaloux, Théodose avait d'autres motifs très-légitimes, qui lui faisaient ressentir encore plus vivement ces outrages : 1° la taxe qu'il avait imposée pour affermir l'empire et assurer la fortune des particuliers (ce sont l2s expressions de Libanius) était si nécessaire et si juste, qu'elle avait éié payée avec plaisir par les autres villes. 2° La sédition d'Antioche portait des caractères dinjustice et d'ingratitude d'autant plus frappants, que celte ville avait plus d'obligatioa à Théodose. 3° Enûn ce grand prince avait une tendre amitié pour ses proches.

Quelle force et quelle vivacité la vertu ne donne-t-elle pas dans les grandes âmes, aux sentiments d'amour et d'amitié qu inspire la nature 1 Aussi les vertus éminentes de l'épouse et du père de Théodose lui rendaient leur souvenir si cher et si précieux, qu'il fut beaucoup plus sensible aux outrages faits à leurs slatues, qu'à ceux qui regardaient la sienne propre et à celles de ses deux ûls.

Est-il donc possible d'altérer la vérité plus que le fait M. de Voltaire, en mettant ea même catégorie les chansons impuissantes des infortunés habitants d'Antioche du temps de Julien, qui par son imprudence et son entêtement les avait plongés dans une famine affreuse, avec la sédition ouverte des habitants de la même ville, qui, vingt-cinq ans après, portèrent leurs attentats contre Théodose, dont ils n'avaient reçu que des bienfaits sans mélange d'aucun mal; jusqu'à renverser , briser et traîner d'une manière ignominieuse non - seulement sa statue et celles de ses deux fils vivants, mais encore celles de son père et de son épouse dont il chérissait tendrement la mémoire.

Cependant, continue Libanius, ceux qui étaient spectateurs de ces attentats pleuraient sur la ville Les uns s'attendaient à voir venir un ordre pour mettre à mort tous ses habitants, ou du moins pour enlever leurs biens; d'autres craignaient qu'on ne fît mourir les sénateurs par la main des bourreaux, et qu'on taillât en pièces une grande partie du peuple. Mais que fait le prince? Il châtie, il est fat , ' mais d'un châtiment qui devient tm remède, en prévenant par l'amertume qu'il cause le dan-^ ger de s'y exposer une autre fois. Voici ce qu'il

OEMONSTRATIOiN LVANGELIQUE. DELUC

ordonne : Qu'on ne fasse plus de combats dans le cirque ; que personne n'aille plus au théâtre ; que les divertissements cessent :que celte grande ville ne soit plus appelée qu'Ain petit bourg ; enfin que chacun s'abstienne du plaisir des bains. A Végard du jugement quil fallait établir contre quelques-uns , il commet des personnes respectables, dont la justice, la candeur et la fidélité lui étaient parfaitement connues ; et se réservant le droit de prononcer, il ne leur donne que le pouvoir de faire les informations ; ce qui manifeste toute retendue de la grâce quil leur voulait faire.

Ceux qui ne pouvaient nier leur crime étaient entourés de leurs parents qui attendaient de leur donner les derniers baisers et de recevoir leurs derniers adieux : mais ce que fait le soleil quand il ramène le jour, une lettre vint le faire en dissipant la nuit de la tristesse et lui faisant succéder tout ce qui peut amener la joie. Notre ville recouvre son nom, ses spectacles, ses bains, son territoire. On dit qu'Esculape a retiré un homme de la mort, et Hercule une femme ; mais vous avez fait à Végard d'une ville entière ce quon pourrait appeler avec justesse lui avoir redonné la vie, si grande était la fuite et la désertion que produisaient l'épouvante et l'effroi causés par le sentiment de la peine méritée. Vous avez pardonné, et la ville s'est repeuplée. On reconnaîtra toute l'étendue de la grâce que vous accordez si l'on pense aux fortes raisons qui vous engageaient à punir ■ et si quelqu'un vous eût blâmé de le faire, c'eiU été un indigne calomniateur. Oui. vous' pouviez faire répandre beaucoup de sang, confisquer nos biens, nous chasser de nos maisons, nous priver du tombeau de nos pères, et si quelqu'un l'eût trouvé mauvais on pouvait lui fermer la bouche, en lui opposant les injures atroces, les outrages, les statues renversées. L'empereur n'avait qu'à dire à un tel homme : Avez-vous entendu les paroles qu'Us ont proférées contre moi? avez-vous vu mes , statues traînées? Si un tel outrage eût été commis contre le plus jeune de mes enfants, peut-être auruit-on pu le supporter ; tnais l'on ^passe à l'aîné, l'on va jusqu'à la mère, et de la 'mère jusqu'à moi : et ce qui m'est plus sensible encore, l'on se jette sur la statue équestre de mon père: l'on rit de sa chute comme l'on fait des cavaliers qui sont renversés dans les jeux, et l'on agit comme s'il n'y avait personne qui pût prendre à cœur un tel outrage ou qui pût le venger. Combien de victimes ne demandent pas la vengeance de chacun de ces outrages ? Je pouvais justement punir les coupables du dernier supplice, puisque les lois l'ordonnent ; j'ai ^•donc fait grâce en ne les punissant pas de cette manière. Je les ai châtiés légèrement, et je l'ai \fait pour les ramener. J'ai laissé la rigueur Mu'ils méritaient, pour exercer la clémence, qui est la vertu de celui qui tâche , autant [qu'il est possible, de se rendre semblable aux

^ flicHÛC »

\ Je pourrais enrichir cet article en rapportant raJinirable succès de la démarche vrai-

Wnt chrélicnnc des solitaires d'Anliochc, de son évoque Flavicn, et de Césairc, à l'interccs^on desquels Théodose fit grâce aux ha-

bitants de cette ville ; et la réponse touchante di" cet empereur à Flavien, qui fait dire à saint Chrysoslome : Que les incrédules se cofi' vertissent , qu'ils quittent leurs égarements , qu'ils reconnaissent la vérité d'une religion qui produit des vertus si sublimes t Mais je me borne à ce que j'ai transcrit de la harangue du païen Libanius, né dans Autiochc et témoin oculaire de la sédition.

Ce n'est pas seulement dans sa manière de comparer la sage et généreuse' conduite de Théodose avec la bassesse et l'inhumanité de celle de Julien, que M. de Voltaire offense la vérité; elle n'est pas moins altérée par ses insinuations sur la catastrophe de Thessalonique. Voici le fait.

Boihéric {llist. de Théodose le Grand, par M. Fléchier, évéque de Nîmes, liv. IV, au commencement) gouverneur d'Illyrie et lieutenant général des armées de l'empereur, se tenait par ses ordres en Thessalonique, ville très-riche et très peuplée, capitale dans ce temps-là non-seulement de la Macédoine où elle était située , mais encore de plusieurs provinces voisines, d'où Bothéric observait et réglait toutes choses avec beaucoup de prudence et d'intégrité.

Un cocher de Bothéric, adroit à conduire des chariots , fut convaincu d'avoir voulu commettre le crime des Sodoniites avec un sommelier de ce gouverneur. Ce digne officier de Théodose fit conduire le coupable en prison. Peu de temps après, à l'occasion d'une course de chariots qui devait se faire à Thessalonique, le peuple demanda ce cocher : mais les bonnes mœurs et le bon ordre, ne pouvant permettre àce vertueux gouverneur de déférer à celte demande insensée, toute la ville s'émeut; les uns coururent aux portes de la prison pour les enfoncer , les autres assommèrcntà coups de pierres les magistrats qui voulurent s'opposer à leur fougue; enfin ils forcèrent les portes du palais, en écartèrent les gardes, et massacrèrent inhumainement leur sage gouverneur qui venait au-devant d'eux pour tâcher de les apaiser.

Ce crime atroce, qui manifestait une corruption étrange et générale , ne pouvait qu'irriter extraordinairement un empereur aussi prompt, aussi chaste et aussi vertueux que Théodose. Cependant saint Ambroise et plusieurs autres prélats, par la force de leurs discours , retinrent pendant quelque temps les effets de sa colère. Mais Ruffinus, grand maître du palais, et ses autres principaux officiers, lui remontrèrent :

Qu'il fallait enfin réprimer la licence des peuples , qui croissait tous les jours par l'impunité; qu'il n'avait que trop pardonné, puisqu'il ne restait plus de respect pour les lois , ni de sûreté pour ses plus fidèles serviteurs ; qu'il se trouverait lui-même exposé à l'insolence de ses sujets, s'il laissait affaiblir son autorité, en dissimulant leur révolte- qu'il y avait de quoi s'étonner de voir un empereur qui savait si bien vaincre ses ennemis, n'avoir pas assez de force pour punir des rebelles; que les évéques étaient obligés de prêcher toujours la douceur; mats que c'était aux princes à en

OBSERVATIONS SIK LES SAVANTS INCRÉDULES

user suivant la nécessité de leurs affaires, parce qu'un empire ne se gouvernait pas comme un Diocèse , et que l'Eglise et l'Etat avaient des maximes différentes ; qu'il y avait de l'excès dans le pardon des crimes, comme il y en avait dans le châtiment ; et qu'il était temps enfin d'arrêter les désordres'dont l'Etat était menacé, en punissant rigoureusement celui qui venait de se commettre.

Ils rappelèrent ensuite à la mémoire de l'empereur les statues tle son père et de l'impératrice son épouse renversées et traînées ignominieusement dans Antioche ; le palais du patriarche à Conslanlinople brûlé par les Ariens, et la synagogue de Callicin ruinée par le zèle indiscret de quelques moines. En un mot, ils lui firent prévoir tant de conséquences fâcheuses, et rallumèrent si bien sa colère par ces nouvelles remontrances, qu'il résolut d'abandonner Thessalonique à la fureur des gens de guerre qu'il y envoyait.

I La résolution étant prise de faii*e un exemple de sévérité sur cette ville, l'affaire fut proposée dans le conseil. Il fut unanime dans la manière de l'exécuter; et sans doute pour éluder une intercession semblable à celle d'Antioche, il préféra la promptitude d'une exécution'mililaireaux formalités de la justice, si sagement ordonnées par les lois en faveur des accusés.innocents. 11 paraît aussi que par une espèce d'équité, les ofûciers de celle exécution sanglante curent ordre d'attirer par de grands préparatifs de courses et de jeux publics, ceux que la curiosité de ces sortes de spectacles feraient accourir avec le plus d'empressement dans le cirque comme devant naturellement être, ou du moins le plus grand nombre, coupables de la sédition. Il y a même toute apparence que ceux qui furent tués dans les rues, dans les places, et dans les maisons, étaient nommément dévoués à la fureur du soldat : c'est ce qu'on peut inférer d'un esclave et d'un marchand, qui voulaient donner leur vie l'un pour son maître et l'autre pour ses deux Ois. Ce qui marque bien qu'il n'y avait pas un ordre général de massacrer tous les habitants de celle ville sans distinction.

Quoi qu'il en soit, dès que le cirque fut rempli et qu'on eut commencé la course , au signal que donnèrent les chefs de cette cruelle exécution . les soldats se jetèrent sur les spectateurs, elles passèrent tous au fil de l'épée.

f Théodose, au rapport de saint Ambroise, dans sa lettre cinquante-neuvième, eut bientôt révoqué l'ordre sanglant qu'il avait donné contre les malheureux habitans de Thessalonique ; mais la révocation n'arriva pas assez tôt pour arrêter l'exécution.

Voilà ce qui paraît résulter de la nature des choses, au travers de l'obscurité qu'on trouve à cet égard dans les auteurs anciens, entre lesquels Théodoret dit qu'on faisait monter le nombre des morts, jusqu'à sept mille.

Par cet abandon des formalités de la justice, Théodose se mit dans la nécessité de ré-

PÉUONST. EVANG. XIL

pandre avec le sang des coupables celui de nombre de personnes qui ne l'étaient assurément pas. Ce n'est donc point pour justifier cette improcédure crianle que j'ai rapporté! les faits ci-dessus, mais pour montrerque M.' de Voltaire, lorsqu'il dit, Tous les citoyens de Thessalonique égorgés pour un sujet à peu près semblable, etc., s'écarte de la vérité et de la justice en deux points très-essentiels : en efl'et, comment soutenir que le ^rime atroce des Thessaloniciens était à peu près semblable à quelques chansons indiscrètes, occasionnées par une famine affreuse, dont l'imprudence et f entêtement de Julien étaient cause ? Et peut-il dire avec vérité que Théodose fit égorger tous tes citoyens de Thessalonique, tandis qu'il y en eut plus des sept huitièmes qui furent épargnés ? Car quoique le nombre des malheureuses victimes de la colère de cet empereur montât jusqu'à sept mille, ce nombre, quelque grand qu'il soit, ne pouv ait faire qu'une petite portion des habitants d'une ville dont les murs d'alors, qui subsistent encore, ont quatre lieues de circuit, sans ses faubourgs , et qui se trouvait très-peuplée au temps de cette fatale époque.

Cependant, quoique la justice et la vérité soient grièvement offensées dans le tour que M. de Voltaire donne à ces diflërents faits, elles le sont bien plus encore par l'injuste rélicence du mémorable repentir de Théodose, qui sera pour jamais une démonstration des salutaires elîels que produit la religion chrétienne.

C'est sans doute par celte raison que les auteurs païens n'ont pas fait mention de l'affaire de Thessalonique ; ne pouvant rapporter le malheur qu'occasionna le manque de formalité dans le jugement de Théodose contre cette ville coupable, sans parler en même temps de la sublimité de son humiliation ; ils ont mieux aimé garder Ip silence que de reconnaître le merveilleux pouvoirde la morale chrétienne. En effet, la conduite de saint Ambroise et de Théodose dans celte occasion, renferme un de ces traits frappants qui démontrent la divinité de l'Evangile, par ses effets admirables sur ceux qui ne cherchent pas à s'aveugler. Ecoutons sur ce grave sujet le célèbre Esprit Fléchier, évêque de Nîmes :

Saint Ambroise, dit-il {Hist. de Théodose le Grand, Paris; ilkQ.liv. IV, pap-es 408-420), ayant appris que ce prince avait dessein de le venir trouver, lui écrivit d'abord une lettre pour lui marquer la grandeur de son crime, et l'exhorter djen faire pénitence. Il s'excuse de ce qu'il n'a pas l'honneur d'aller au-devant de lui. Il lui déclare avec respect « Qu'encore qu'il ait dans le cœur toute tu reconnaissance qu'il doit en avoir des témoignages de son amitiéiet des grâces qu'il a reçues de lui, il ne ressent plus la même joie qu'il aurait eue autrefois de son arrivée; qu'il aime mieux le laisser en repos, et lui donner le temps de faire des réflexions sur sa conduite, que de l'importuner par ses corrections précipitées ; qu'il le reconnaît pour un grand prince, craignant DieUj zélé pour la foi et plein de bon- {Vingt-sept.)

nés intentions, mais prompt de son naturel, et susceptible des impressions qu'on lui donne, soit pour le pardon, soit pour la vengeance. »

Après avoir fait ainsi le portrait de l'empereur même, il vient à l'affaire de Thessalonique, et lui représente que son crime est d'autant plus grand qu'on lui en avait fait voir la grandeur avant qu'il l'entreprît ; que les évéques assemblés en avaient gémi, et avaient jugé nécessaire qu'il se réconciliât avec Dieu avant que d'être reçu à la participation des sacrés mystères: qu'il fallait pleurer et expier son péché par les larmes et par la pénitence, et n'avoir pas honte de faire ce que le roi David avait fait. Qu'il ne lui dit pas ces choses ^à\ir le confondre , mais pour l'exciter par cet exemple à se reconnaître et à s'humilier devant Dieu ; que tout homme, quelque grand qu'il soit, est sujet à manquer ; qu'il lui conseille et le conjure comme ami, et qu'il l'exhorte et l'avertit comme évéque, de réparer sa faute : que ce serait une chose déplorable, si un prince qui avait donné de si grands exemples de piété et de clémence demeurait endurci , et si après avoir pardonné à tant de criminels, il faisait difficulté de se repentir d'avoir fait mourir tant d'innocents, etc.

Il lui déclare après cela que la reconnaissance, l'estime et le respect qu'il a dans le cœur pour lui , n'empêcheront pas qu'il ne suive les ordres de l'Eglise; qu'au reste il lui écrit ceci de sa main, afin qu'il y fasse réflexion en particulier; qu'il aimerait bien mieux gagner tes bonnes grâces de son empereur par une complaisance honnête, que de lui faire de la peine par des avertissements rudes; mais que lorsqu'il s'agit de la cause de Dieu, il faut sacrifier son inclination à son devoir.

L'empereur ayant reçu cette lettre, se sentit touché d'une si généreuse et si sage remontrance. Les nuages de la prévention étant dissipés, il regarda l'action qu'il venait de faire, dépouillée des prétextes et des raisonnements d'une fausse politique. Son âme pressée des rémoras de son crime, fut saisie d'une crainte religieuse des jugements de Dieu. Dans cet état ne pouvant presque plus se supporter luimême, et n'espérant de solide consolation que de saint Ambroise, il partit tout d'un coup pour Milan.

Aussitôt qu'il y fut arrivé, il ne pensa qu'à donner des marques de sa piété, pour ôtcr les mauvaises impressions qu'il avait données de lui. Mais au lieu de consulter l'archevêque sur la conduite qu'il devait tenir, il voulut aller comme à son ordinaire à la cathédrale assister aux prières publiques, et participer aux sacrés mystères. Saint Ambroise en fut averti, et sortant de l'Eglise il marcha jusqu'au delà du vestibule pour l'attendre. Dès qu'il le vit paraître, il s'avança quelques pas vers lui, et lui dit avec cette autorité que lui donnait son caractère et la sainteté de sa vie :

a II est à croire, ô empereur, que vous ne comprenez pas encore l'énormilé de votre crime , puisque vous osez vous présenter ici. Peut-être que prévenu de la grandeur de votre dignité, vous vous cachez à vous-même vos

faiblesses , et que votre orgueil aveugle votre raison. Songez que vous êtes d'une nature fragile , que vous avez été tiré d'un peu de poussière comme les autres hommes, et que vous retournerez en poussière comme eux. Ne vous laissez pas éblouir à l'éclat de cette pourpre qui couvre un corps infirme et mortel. Ceux à qui vous commandez sont de la même nature que vous, et vous servez avec eux le même Dieu qui est également le maître des sujets et des souverains. Comment donc entreprenezvous d'entrer dans son temple ? Oseriez-vous étendre vos mains encore teintes du sang inno^ cent que vous avez répandu , pour prendre le corps de Jésus-Christ ? Oseriez-vous recevoir son sang adorable en votre bouche , qui dans l'excès de votre colère a commandé tant de meurtres ? Retirez-vous donc, et n'ajoutez pas un nouveau crime à celui que vous avez déjà commis : recevez plutôt la sentence que je prononce sur la terre , et que Jésus-Christ approuve dans le ciel contre votre péché, puisque c'est pour votre salut. »

Théodose sensiblement touché de ce discours, demeura quelque temps les yeux baissés sans rien dire : après quoi il répondit à saint Ambroise qu'il reconnaissait son crime, mais qu'il espérait que Dieu aurait égard à sa faiblesse; et comme il alléguait l'exemple de David, qui avait commis un adultère et un homicide tout ensemble, l'archevêque lui répondit : « Vous l'avez imité dans son péché , imitez-le donc dans sa pénitence. » Alors ce prince qui était parfaitement instruit de la religion et du pouvoir de l'Eglise , au lieu de s'offenser de cette résistance, la regarda comme un remède salutaire d'un mal dont il n'avait pas connu jusqu'alors toutes les conséquences. Il se retira dans son palais les larmes aux yeux, et demeura huit mois entiers éloigné des sacrés mystères, vivant comme un pénitent , et ne s'apercevant presque pas qu'il fût empereur.

Ce prince vraiment chrétien, ayant donné durant ces huit mois les marques les moins j équivoques de la plus vive et de la plus sincère repentance, fut reçu par saint Ambroise et admis dans l'Eglise. // s'y prosterna et commença sa prière par ces paroles d'un roi pécheur et repentant comme lui : « Mon âme est demeurée attachée en terre. Seigneur, rendez-moi la vie selon votre promesse. » Il se tenait en cette posture, frappant sa poitrine, élevant sa voix vers le ciel pour demander grâce, et pleurant son péché à la vue de tout le peuple, qui était attendri, et qui pleurait avec lui.

Telle fut la repentance illustre du grand Théodose, plus grand encore dans sa profonde humiliation que par l'éclat de sa pourpre et de ses victoires. Heureux d'avoir appris de notre divin chef à être humble de cœur! puisque ce fut par cet infaillible moyen qu'il trouva le repos de son âme.

Que pensera-t-on de M. de Voltaire, qui, après avoir affaibli le crime atroce des Thessaloiiiciens, et présenté le péché de Théodose , auquel il fut excité par les suffrages unanimes de son conseil, pour /e/or/bî7 le plus horrible dont jamais un souverain se soit

OBSERVATIONS SUR LES SAVANTS INCRÉDULES

souillé , s'efforce encore d'avilir la plus glorieuse de toutes les victoires de ce grand prince, en la traitant de misérable satisfaction ( Tom. XI , de la collection complète de ses OEuvrcs, p. 133).

Je viens d'exposer au vrai le cas des habitants d'Antioche à l'égard de Théodose et de Julien, ainsi que l'affaire de Thessalonique relativement au premier; les lecteurs seront présentement en état de jw^er entre ces deux hommes.

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