‹ Dâemonstrations âevangâeliquesChapitre 131 sur 202 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

Sur la dernière des Pensées philosophiques.

Son auteur, abusant d'une pensée de Cicéron, fait tenir ce langage aux déistes : Chinois, quelle religion serait la meilleure, si ce n'était la vôtre ? La religion naturelle. Musulmans, quel culte embrass$ri«x--vous si vous

abjuriez Mahomet ? Le naturalisme. Chrétiens, quelle est la vraie religion, si ce n'est la chrétienne 't La religion des Juifs. Mais vous, Juifs, quelle est la vraie religion si le judaïsme est faux? Le naturalisme. Or ceux, ditCicéron, d qui l'on accorde lasecondeplaced'un consente^ ment unanime, et qui ne cèdent la première à personne, méritent incontestablement celle-ci: Pour développer le sophisme renfermédans celte pensée, il fant disdnguer deux sortes de religions naturelles : l'une du monde, introduite par l'ignorance et la corruption; l'autre de Dieu, conforme à la révélation, et que la raison bien cultivée est capable de découvrir. L'argument de notre auteur n'est donc fondé que sur une équivoque; la religion chrétienne diffère, il est vrai, de la religion naturelle corrompue, puisque son but est de détruire ce'.le-ci dans le cœur des hommes; mais en même temps elle est destinée à rétablir la vraie religion naturelle dans toute sa pureté. Le chrislianistne doit donc avoir le premier rang, s'il n'est (jue le naturalisme même porté à un plus haut degré de perfection, comme il est aisé de le démontrer.

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