CHAPITRE XXXIX
Réflexions sur les principes de la philosophie morale, etc. (Ij.
Lorsqu'on a perdu la précieuse confiance due à lEcriturc sainte, qui renferme ce que Dieu seul pouvait révéler aux hommes de ses adorables perfections, on ne peut avoir de cet Etre infiniment parfait que des idées erronées.
Il ne suffit donc pas d'être savant, comme le sont les auteurs de cet ouvrage, pour {Disc, préliminaire, page i^} montrer que la vertu est indispensablement attachée à la connaissance de Di'u; il faut encore être chrétien, afin d'être éclairé sur un aussi grave sujet parla lumière du soleil de justice.
S'il était vrai que ces savants eussent, comme ils li" disent, tin religieux respect {paq. 25) pour la révélr.tion , pounjuoi ne se prévalent-ils pas de sa respectable autorité? Pourquoi n'avouenl-iîs pas franchement qu'ils tir<'nt de ce fonds divin tout ce qu'il y a de meilleur dans l<ur ouvrage?
La qualification de déiste aurait fait honneur à des philos()|)lies païens tels que Socrale; m.iis si ( el homme vertueux eût vécu du temps de saint Paul 1 1 qu'il eût entendu discourir cet apôtre dan> Athènes sur les attributs de l'Ktre infiniment parfait el sur le dogme ineflable de la rédemption, il se serait glorifié du précieux litre de chrélien. Il aurait reconnu que sans l'Ecriture sainte il était impossible à l'homme d'ac(iuérir la
(l) Le premier autour de ce livre esl in>loril ScliaUsbarv. Il a élô lire de l'anglais par ii.i aniio:ivin.'. qui a.ioptani le sens de l'original, se l'est rendu pioi-ro, il peut Ûonc en ôlre regardé comme un second auteur.
connaissance de Dieu, d'une manière aussi sublime qu'elle nous y esl révélée. Tels sont les molifs qui ont délerminé ceux des savants païens qui n'éUncui \y,is enflés par la science, à croire que l'Ecriture est divinement inspirée, cl à devenir les plus zélés défenseurs du christianisme.
Jusque à quel point n'est donc pas fatale l'erreur de la plupart de ces savants de nos jours, qui s'arrogent très-mal à propos le titre de philosophes ! S'ils traitent du mérite, de la vertu , de Dieu même , il leur suffit d'annoncer un ouvrage philos phique . pour se croire en droit d'en exclure la révélation ; cependant il ne peut y avoir d'autorité plus silre ni plus respectable dans toutes les matières de ce genre.
Après avoir puisé dans celte divine source leurs meilleures pensées, ils veulent les faire passer pour des productions de philosophie. Quelques-uns même, non contents de ce plagiat, le plus coupable de tous, ne parlent soit directement soit indirectement de l'Ecriture sainte, que pour eu altérer le sens et lui substituer comme [dus parfaites leurs pensées prétendues philosopbicjues. Voilà sans doute le plus fatal el le plus pernicieux effet de l'orgueil , qui naît des sciences humaines.