‹ Dâemonstrations âevangâeliquesChapitre 157 sur 202 · C'est donc d'après cet ensemble i'i · texte numérisé non relu

C'est donc d'après cet ensemble i'i

LETTRES SUR LE CHRISTIANISME

dées (que saint Paul ne pouvait pas répeter en toute occasion, mais qu'on ne doit jamais perdre de vue), qu'il dit au chap. \l,y. 12 : Tout ceux qui auront péché sans la loi, périront aussi sans la loi ; et ceux qui auront péché en la toi seront jugés par la loi. Ce qu'il développe ainsi au chap. VII, v. 7 : Que dirons-nous donc ? La loi est-elle péché ? A Dieu ne plaise! Au contraire, je n ai point connu le péché, sinon par la loi. Car je n'aurais pas connu la convoitise, si la loi n'eût pas dit : lu ne convoiteras point. Ce seul passage délruit loul prétexte, pour ceux du moins qui veulent paraître tenir encore à l'Evangile, de réduire la religion de Moïse et Cille de Jésus-Christ à de simples idées intcl'etluolies que pouvait se former la raison, et à une morale qui devait se trouver dans le cœur humain. Et en général, après le discours deNotre-Seigneur sur la montagne, qui porte en tout Tenapreinle de lois positives sanctionnées par un pouvoir suprême , cette Epître de saint Paul est au nombre des parties les plus importantes de l'Evangile, comme retraçant les degrés de la législation suprême parmi les hommes dans les trois grandes périodes du genre humain : périodes que je vais retracer en abrégé d'après leurs caractères distinclifs dans rÈorilure sainte, la seule histoire précise et suivie des religions et qui porte les caractères sublimes de la vérité.

163. La société ne pouvait se former; les hommes, disi-je, ne pouvaient avoir confi;ince les uns aux autres , sans une loi positive de justice, fondée sur la piété, c'est-à-dire sur l'adoration d'un Etre suprême manifesté et reconnu. Ce fut sous cette !oi que la nouvelle race des hommes s'accrut jusqu'au temps d'Abraham ; mais par degrés la piéié changeant d'objet, passant de l'adoration de l'Etre incorrupiibleà celled'étres corruplihies , n'eut plus la même influence sur les hommes; de sorte que l'impiété et l'injustice furent les péchés opposés à la loi positive de cette période. Dieu voulut alors former un nouveau peuple au milieu de cette race perv( rtie ; il choisit Abraham pour faire descendre de lui ce peuple; il se manifesta directement à ce patriarche , et lui accorda cette promesse à cause de sa foi. La postérité de ce saint homme était déjà un grand peuple en Egypte, quand Dieu choisit Moïse pour l'en délivrer miraculeusement et le rendre indépendant en une autre contrée. Par ce chef, Dieu donna de nouvelles lois positives aux Israélites, pour fixer dans leur nation les idées plus étendues qu'il lui révélait de ses attributs , ainsi qu'une morale plus formelle; et c'est cette seconde religion que nous avons d'abord à examiner.

164. La première classe de ces lois positives établissait parmi les Israélites un culte, destiné d'abord à leur rappeler les bienfaits signalés de Dieu à leur égard (je r. viendrai à cette partie, en parlant ci-après de l'éducation de l'enfance) , et sous le voile da tabernacle, il renfermait aussi les avant-coureurs d'une nouvelle manifestation des attributs

oivins. L'autre classe des lois positives concernait la morale. Ici , outre les lois réunies sous l'idée de justice, qui ne pouvaient plus suffire au bonheur et au repos de la société croissante, Dieu fit publier par Moïse un code qui renfermait de nouveaux liens entre les individus , et s'étendait jusqu'aux désirs , premiers mobiles des actions humaines. Tout homme qui réfléchit doit reconnaître que lorsque les hommes se trouvent très-rapprochés, il ne peut y avoir de repos entre eux, ni ainsi de vrai bonheur social, si la législation morale ne s'étend pas jusqu'à la source des actions, les désirs; et qu'ainsi, suivant le sens de saint Paul, de telles lois doivent être positivement prescrites par l'Etre qui lit dans les cœurs, et devant qui seul les hommes peuvent se reconnaître pécheurs quand leurs pensées sont contraires à sa loi. C'est ce que l'Apôtre exprime d'abord, mais il a soin de faire ensuite que, quoique par là les Israélites devinrent coupables d'offenses qui n'étaient pas imputées aux païens, loin que ce fût pour eux une condition pins fâcheuse , c'était au contraire une grande prérogative. "Voici ce qu'il dit à ce sujet, au chap. III, vers. 1 : Quel est donc le profit de la circoncision ? Il est grand en toute manière, en ce que tes oracles de Dieu leur ont été confiés. Car qu est-ce ? si quelques-uns n'ont point cru, leur incrédulité anéanlira-t-clle la fidélité de Dieu ? Non san^ doute.

163. Telle était donc suivant saint Paul, qui lui-même était juif, la prérogative de l'économie juda'ique ; et lorsqu'au chap. VIII de celte même Epître, il revient expressément à l'économie chrétienne, après avoir montré son excellence par l'accomplissement de la promesse du rédempteur, pour exprimer la supériorité de sa morale, alors destinée à réunir enfin le genre humain , et fondée sur la miséricorde divine, par l'effusion du sang de Jésus-Christ, il fait consister sa prééminence dans les lois de charité qui , non plus, ne pouvaient être efficaces, qu'en étant positivement prescrites par le Rédempteur et Rémunérateur des hommes. Voici l'abrégé qu'il donne de cette morale positive de l'Evangile : Rendez donc à tous ce qui leur est dû : à qui le tribut, le tribut ; à qui le péage , le péage ; à qui la crainte , lu crainte ; à qui l'honneur, l'honneur ; ne devez rien à personne, sinon que vous vous aimiez les uns les autres ; car celui qui aime les autres a accompli la loi. Parce que ce qui a été dit : Tu ne commettras point d'adultère, tu ne tueras point, tu ne déroberas point , tu ne diras point de faux témoignage contre ton prochain, tu ne convoiteras point, et tel autre commandement est sommairement contenu dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

L' accomplissement donc de la loi , est la charité.

166. Dans tout ce qui précède, monsieur, je n"ai fait qu'exposer la marche qu'ont suivie Notre-Seigneur et ses apôtres en présentant l'Evangile aux Juifs ; ils ont toujours posé pour principe, une union intime dans toute l'économie divine, depuis la chute du

DEMONSTRATION LVANGÉLIOUE. DELUC.

premier homme et jusqu'à la venue du Rédempteur que Dieu lui promit alors. H n'y a point de religion sans celte base universelle , puisque c'est la base de toutes les religions qui ont existé et existent encore dans le monde, quelque déOgurées que soient cellesdcs païens cl des mahométans : et tous les individus anciens et modernes qui ont cru ou croient se former des religions à leur manière, n'en ont puisé les idées que dans celle-là, en leur ôtant néanmoins toute leur force par cotte séparation de leur unique source. Puis donc que nous avons ainsi un modèle, et le seul infaillible, dans le service que nous pouvons rendre aux Juifs, il ne nous est pas permis de nous en écarter. Il faut premièrement faire tous nos efforts pour ramener à leur propre foi ceux qui Font abandonnée, en leur montrant qu'ils n'en ont été détachés que par des erreurs sur l'histoire de la terre et du genre humain ; erreurs d'après lesquelles, ayant considéré la Genèse comme fabuleuse, ils ont été jetés, malheureusement pour eux, dans un système d'interprétation de leurs documents sacrés qui les réduit à d'anciennes chroniques humaines. Mais s'ils retournaient à la religion de leurs ancêtres lors de la venue de Jésus-Christ , à ce temps même où ceuxci attendaient avec foi le Messie , peut-être que leur attente , vaine dès lors , d'un autre Messie, leur ouvrirait enfin les yeux : nous avons lieu , par l'Evangile , de compter que cela arrivera un jour pour toute leur nation ; mais jusqu'à cet événement, dont le temps est dans les décrets de la Providence , nous ne saurions compter qu'aucun d'entre eux devienne chrétien , et nous ne pouvons pas non plus les recevoir dans l'Eglise chrétienne, sans qu'ils ne soient auparavant vrais Juifs , puisque nous devons continuer nousmêmes de l'être , par la foi de l'Ancien Testament.

167. Toutes les remarques précédentes sont aussi applicables à l'état actuel d'une partie de l'Eglise chrétienne, lequel a même beaucoup contribué à celui qui s'est manifesté parmi les Juifs ; mais comme il nous intéresse plus directement, il exige de nouvelles considérations, que je dois renvoyer à une autre lettre ; et ce cera , monsieur , en revenant à votre dernier ouvrage, Les signes du temps, lequel, comme j'ai eu l'honneur de vous le dire d'abord , m'a fortement intéressé.

Objection contre le titre de Fils de Dieu , donné à Jésus-Christ [Voyez la note du § 137).

C'est, dit-on,''une absurdité que de présenter Jésus-Christ pour modèle aux hommes en le considérant comme Fils de Dieu, puisque les hommes ne sauraient jamais imiter un modèle divin.

Mais si Jésus-Christ est offert à notre imitation en tant que le plus excellent des hommes, c'est alors un modèle que nous pouvons tâcher d'imiter.

Réponse.

Cette objection repose sur une équivoque;

et la règle d'imitation qu'on voudrait établie est tout à la fois, trompeuse, fatale au salut et inconsidérée.

Celle objection repose sur une équivoque.

Jésus-Christ, quoique ayant revêtu la nature humaine, continua de jouir du pouvoir des miracles , c'est-à-dire il commanda immédiatement à la nature, et il transmit une partie de ce pouvoir à ses apôtres, qui le reçurent par le Saint-Esprit: il avait encore le pouvoir de prophétiser, comme possédant la prescience divine ; de ressusciter lui-même , comme maître des événements, et de retourner à la droite du Père. Est-ce là ce qui est proposé à notre imitation ? Non sans doute, on le sait bien ; mais c'est ce qu'on voudrait faire disparaître par le raisonnement que j'analyse , où l'on tâche de rendre l'Ecriture sainte absurde, comme recommandant l'impossible.

Ce que nous avons à imiter, ce sont les vertus de Jésus-Christ en tant qu'homme : sa bonté, sa charité, sa clémence, son pardon des injures, sa tolérance, son équité, sa justice , sa patience , son activité pour faire du bien, son zèle pour le salut des hommes , ses égards pour eux sans distinction de condition, son obéissance aux lois civiles, sa tendresse de fils et d'ami, sa résignation à la volonté du Père divin. Telles sont les vertus chrétiennes ; voilà ce que l'Ecriture sainte nous prescrit partout comme nos devoirs; et c'est sous ce rapport qu'il y est dit entre autres de Jésus-Christ : // a souffert pour nous, nous laissant un modèle, afin que nous suivions ses traces (1 Pierre, II, 21).

Sous le même rapport, c'est-à-dire de perfections morales, l'Ecriture sainte va plus loin encore; car Dieu lui-même nous est présenté pour modèle d'imitation à divers égards précis, tels que sa miséricorde, son support, son pardon des offenses, son amour pour le bien et sa haine pour le mal dont les régies sont prescrites dans sa parole ; et nous pouvons à ces divers égards le prendre pour modèle, puisqu'il nous nomme ses enfants et qu'il nous a formés à son image.

Tout cela est si évident, si clairement distingué dans l'Ecriture sainte des attributs de Jcsus-Christcomme Fils de Dieu, qu'il faut au moins une grande inattention, une inattention même coupable, pour pouvoir s'y méprendre.

La règle d'imitation qu'on voudrait établir est trompeuse.

Si la recommandation d'imiter Jésus-Christ, considéré seulement comme le plus excellent des humains, était suffisante pour déterminer les hommes à l'imitation , pourquoi n'imitct-on pas déjà les gens de bien ? Quoiqu'il ne soit pas au pouvoir des humains, dans l'état de dégradation où ils ont été réduits par 1^ chute d'Adam, d'atteindre l'innocence, 1^ vertu, la sainteté de Jésus-Christ, il y a tou jours eu , et grâce à Dieu il y a encore de^ hommes qui, en s'efforçant de l'imiter, pour, raient devenir des modèles pour ceux qu:

LETTRES SUR LE CHRISTIANISME

n'ont pas encore atteint leur mérite. L'Ecriture sainte même nous invite à ces premiers pas vers la perfection. Saint Paul, par exemple, dit aux Philippiens [chap. III) : Non que j'aie atteint le but ; mais je poursuis ce but pour tâcher d'y parvenir ; c'est pourquoi aussi

j'ai été pris par Jésus-Christ Soyez tous

ensemble mes imitateurs , mes frères, et considérez ceux qui marchent comme rous nous avez ;jOMrmodè/e.Voilàdonc des modèles humains, tels qu'on semble les demander pour que l'imitation soit possible ; et il est bien essentiel d'examiner pourquoi on cherche à rabaisser Jésus-Christ à leur niveau.

Quand l'Ecriture sainte nous propose Jésus-Christ pour modèle, elle nous ordonne de l'imiter : si donc elle est vraie , c'est là un commandement divin ; et en même temps il est vrai que Jésus-Christ sera notre juge. De là naît une obligation positive de pratiquer les vertus chrétiennes, dont Jésus-Christ est le modèle parfait ; et l'on ne peut se soustraire à cette obligation , sans encourir dans une autre existence les peines dénoncées contre les coupables , et renoncer par cela même à la félicité promise à ceux qui s'efforceront de les pratiquer.

Tel étant évidemment le plan de toute l'Ecriture sainte , n'est-ce point à cette obligation qu'on cherche à se soustraire en dégradant Jésus-Christ, notre législateur, au rang d'un simple homme? Par là d'abord on écarte toute révélation positive de Dieu aux hommes ; et alors leurs devoirs se trouvent réduits à une simple recommandation humaine, d'imiter celui que l'on consent d'appeler le plus excellent des hommes ; de sorte qu'il n'y a aucune obligation positive del'imiter. N'estce donc point là, dis-je, le motif secret du système? N'est-il point de pouvoir céder sans crainte à ses penchants favoris? Examinons cependant ce qui pourrait arriver à ceux qui, par cette considération privée, ont introduit et soutiennent hautement ce système , car il s'agit d'abord d'un intérêt prochain.

Ce n'est pas pour son bien propre, que Dieu adonné aux hommes les lois morales contenues dans l'Ecriture sainte, c'est pour leur plus grand bien, même dès cette vie. C'est évidemment par la persuasion commune de l'existence de ces lois obligatoires que la société s'est maintenue jusqu'à présent; ce ! qu'aucune loi humaine n'aurait pu, et ne I saurait jamais produire ; car les souverains, (. les législateurs, les juges, sont des hommes sujets aux passions, et les meilleurs d'entre eux n'ont, pour être obéis, que des forces humaines, auxquelles des forces semblables peuvent résister. Or si des individus se livrent au système que je combals, pour s'affranchir seulement de remords en cédant à des penchants qui ne troublent pas fortement, ou très-évidemment l'ordre social, ne voientils pas que le même prétexte délierait tous les penchants, même ceux qui sont le plus nuisibles au bien commun et au leur propre ? Jamais jusqu'ici il n'y avait eu de nation qui ne se crût obligée, sous des peines dans une autre existence, d'obéir à des lois positives

d'un Etre supérieur qui s'était fait connaître aux hommes. Voudrait-on produire un état qui n'a jamais eu lieu depuis Que le genre humain existe, au risque de rendre général et permanent ce qu'on a déjà vu ! Ce système est donc trompeur, et il est temps que ceux qui le favorisent si hautement pour autoriser leurs faiblesses, songent à ses conséquences pour eux-mêmes, dès cette vie.

Ce système est fatal pour le salut.

Je demande qu'on admette ici pour un moment que l'Ecriture sainte est véritable, afin de considérer quelles en seront les conséquences. Les hommes auront donc un compte à rendre à Dieu, dont les lois, dans l'Ecriture sainte, doivent réglerleurs pensées et leurs paroles comme leurs actions. Or quel est l'individu qui, en se considérantsous ce point de vue, avec la persuasion que c'est ainsi qu'il devra rendre compte de toute sa vie au Juge suprême, pourraitêtre tranquille ? On ne rentrepas souvent en soi-même, quand on se considère comme innocent ! Et pourtant, à n'envisager que nous-mêmes, c'est de là que devrait dépendre notre sort futur.

On compte sur la bonté de Dieu, on va même jusqu'à réclamer sa justice, et l'on a raison , mais est-ce à nous à prescrire des règles aux perfections divines ? Notre devoir est de nous instruire de celle que suivra notre Juge. Or voici comment cette règle est établie dans l'Ecriture sainte. Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique, afinque quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle {Saint Jean, 111, IG).

Telle est donc, en termes exprès la règle invariablement et positivement établie par notre Juge ; et c'est en même temps lerésumé ce toute l'Ecriture sainte. Or si nous n'envisageons pas Jésus-Christ comme notre rédempteur, nous à qui il est présenté sous cette relation par la miséricorde divine, la déclaration de l'Ecriture sainte à cet égard est aussi très-précise: Nous sommes encore dans nos péchés ( 1 Corinth. XV, 17). Si donc l'Evangile est vrai, le système que j'examine est fatal au salut, et il importeà chacun d'entrer à cet égard dans des recherches très-sérieuses.

Ce système est inconsidéré.

L'Evangile dit : Les gentils qui n'ont pas la loi, seront jugés sans la loi; mais ceux qui ont reçu la loi, seront jugés par In loi. Voilà en quoi se manifeste la justice de Dion ; il n'exige des hommes, qu'en proportion de oc qu'ils ont pu connaître de sa volonté; mais quant à nous, si l'Evangile est vrai, nous avons reçu la loi ; ainsi tous nos sophismes ne sauraient empêcher l'exécution de celle sentence : ce sera par ces lois que nous serons jugés. Un coupable amené devant le tribunal de son juge, serait-il admis à se justifier en disant : Je n'ai pas cru que ce fût votre loi ? A. cei égard encore la sentence est prononcée. Qu'est-ce ? dit saint Paul, si quelques-xms n'ont point cru: leur incrédulité anéantira-t-elle la fidélité de Dieu ? Non sant doute {Rom., 111, Sj.r

nÉMONSTRATION ÉVANGÉLIQUE. DELUC.

Mais, objectc-t-on, on ne saurait croire que des lois positives de Dieu soient contenues dans un livre qui renferme tant de choses inintelligibles pour nous. Il csl vrai, nous ne saurions comprendre les mystères du chrislianisinc ; co qui sans doute sutfirait pour justifier le refus d'adm<'tlrc cequonousdiraienldeshommes, quoiqu'il arrive à tantde gens d'acquiescer, sans le comprendre, à ce que disent dos homtnos contr;- l'Ecriture sainte ; mais s'agissanl d'objets qui, par leur nature même sont incompréhensibles pour l'homme dans son état actuel, le refus de les admettre par ce motif, est contraire à la raison qu'on réclame et conduit où bien des gens ne pensent pas aller. Pouvons-nous comprendre par nousmêmes, la nature de Dieu, la création, la cause du mal qui existe dans le monde? Non sans doute, tous mes efforts seraient vains à cet égard. Ce prclcxle peut donc tout aussi bien conduire à l'athéisme : car dès qu'on abauilonne la révélation, on ne saurait s'arrêter avec certitude nulle part, et ce n'est plus que par préjugé ou disposition personnelle qu'on peut ad mettre une religion, aussi diverse et aussi changeante que les dispositions des hommes.

On insiste en demandant: Suis-je maître de croire ? Je répondrai par une autre question. Si pourtant il était vrai que Dieu nous eût révélé des choses que nous ne pouvions trouver par nous-mêmes, parce que nous ne saurions rien découvrir de ce qui n'est pas, ou immédiatement à la portée de nos sens, ou de même nature que ce qui est à leur portée ; et si la nature de ces choses révélées était telle, que nous ne puissions, dans notre état actuel, les comprendre au delà des termes mêmes dans lesquels elles nous seraient enseignées ; ne devrions-nous pas les admettre

dans ces termes, sans prétendre à les pénétrer? Il n'y a aucun doute que nous ne le dussions. Par conséquent tout se réduit à ces deux questions : Dieu s'est-il positivement révélé aux hommes?Ces révélations formentelles l'ensemble de l'Ecriture sainte ?

L'objet amené à ce point est réduit à une question de fait , et non de raisonnement. Mais sans doute qu'il faut travailler à s'éclairer sur ce fait , non en ne prêtant d'oreille qu'à ceux qui attaquent la révélation, mais en recherchant avec autant de soin les ouvrages et les entreliens de ceux qui la défendent contre ces attaques.

En général, il y aurait bien moins de gens qui se laisseraient entraîner aux prestiges de toute espèce répandus par ceux qui attaquent la foi publique, s'ils se disaient fortement à eux-mêmes : Je serai responsable envers Dieu, du soin que j'aurai pris de chercher si en effet il s'est révélé aux hommes , et des dispositions que j'aurai apportées dans cet examen : car rien ne lui est caché ; il sonde les secrets des cœurs; et je ne dois jamais perdre de vue , ni cette sentence : « Ceux qui auront reçu la loi, seront jugés par la loi » : ni cette considération qui nous est présentée :» Que servirait-il à ihomme d'avoir gagné tout le monde , s'il faisait la perle de son âme.... Car le Fils de l'homme doit venir environné de la gloire de son Père avec ses anges , et alors il rendra à chacun selon ses œuvres [Matth., XVI, 26 et 27).))

Je n'avais à m'occuper ici que d'une réponse directe à cette objection, pour montrer combien elle est futile , quoique répandue maintenant avec tant de confiance -.car quant au point où elle se trouve ainsi amenée, savoir la certitude de la révélation , il est le si)jet de tout cet ouvrage.

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