DEMONSTRATION
successifs par lesquels elles doivent avoir passé pour arriver à celui où nous les trouvons maintenant.
Cet objet seul, quand on vient à le considérer dans son ensemble, embrasse toutes les connaissances naturelles déjà acquises qui doivent s'aider les unes les autres pour l'éclairer. Le champ, au premier coup d'œil, paraît ou inaccessible, ou facile à parcourir, suivant les idées générales qu'on s'est formées des opérations naturelles, en ne les envisageant ou que de loin ou que dans quelques détails , parce qu'alors c'est l'iniaginalion qui décide ; mais si on l'aborderéellement, ctqu'on y entre par de vraies routes, on en voit d'autres s'ouvrir qui conduisent dans l'inlérienr : alors sans doute on aperçoit qu'il esl immense, et qu'il exige le concours de bien des observateurs attentifs; mais on conçoit en même temps que chaque partie bien déterminée conduira à en découvrir de nouvelles, et c'est l'une des études dans lesquelles l'observateur réfléchissant se trouve entraîné avec le plus de force.
Rien n'est d'un intérêt plus général, que ce qui concerne la demeure des hommes, parce que les événements physiques qui s'y rapportent embrassent nécessairement leur propre histoire, qui peut conduire à leur origine, et par elle à la connaissance de ce qu'ils sont. Or quand on a suivi sous ses différents rapports l'étude de nos couches minérales, on reconnaît que leur histoire est intimement liée à celle-là; et si c'est un aiguillon pour le philosophe dans les recherches, c'est en même temps pour lui un préservatif contre la séduction de l'imagination, qui crée aisément dans le néant, avant que des connaissances réelles la tiennent en bride.
Les continents qui forment la demeure des hommes sont sortis de la mer, c'est un premier point que tous les observateurs reconnaissent ; mais comment cela est-il arrivé? et depuis quel temps ? Ce sont là deux questions nécessairement liées à l'origine des peuples qui habitent ces terres, et ainsi aux objets les plus importants concernant le genre humain.
On avait cru d'abord que ces déterminations seraientaisées, et de là sont nées bien des erreurs. Les monuments de l'histoire de la terre sont très-variés, et ils ne peuvent être déterminés avec précision , qu'en les éclairant les uns par les autres. Il fallait donc rassembler les observations de tout genre en divers lieux, les comparer, et les vérifier en d'autres lieux analogues , pour constater d'abord les laits. V.Ctis de plus , ces monuments naturels étant l(>s plus grands effets des causes physiques présentes et passées sur notre globe, on ne pouvait les bien entendre eux-mêmes , sans étudier la nature de ces causes, et les modifications dontelb^s son! susceptibles suivant les circonstances; pour parvenir par ces secours à distinguer sûrement les opérations qui continuent d'avec celles qui ont dû avoir lieu dans le pdisé, jusqu'à certaines époques