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à l'action de la même cause el à l'cfOcacilé de son opération.
Si celte importante vérité pouvait encore avoir besoin de quelques preuves ultérieures pour la confirnicr, on les trouvera dans les aveux mêmes de ceux qui sont, ou les ennemis reconnus du christianisme , ou que l'on ne peut du moins accuser d'avoir des préjugés déraisonnables en sa faveur qui puissent égarer leur jugement.
Ils reconnaissent que l'influence propre au chrisliiinisme, cette influence si pure, peut être remar(/uée dans ses effets bienfaisants, quoique imparfaits, sur les barbares prosélytes du nord, et qu'à la chulc de lempire romain, elle adoucit évidemment le caractère féroce des hordes qui le conquirent {Décadence de V empire romain, t. 111, p. 633).
Ils reconnaissent que Constantin se comporta en politique judicieux, en accordant soutien et prctoclion à la religion chrétienne, parce qu'elle tendait, non-seulement à donner de la solidité à son empire , mais encore à adoucir la férocité des armées et à réformer la licence des provinces ; et en y répandant un esprit de modération et d'obéissance au gouvernement, à étouffer ces ferments d'avarice et d'ambition, dinjuslice et de violence, qui avaient fait naître tant de factions, et par lesquels la paix de l'empire avait été troublée si fréquemment et d'une manière si fatale [Bolingbrooke, t. IV, p. 4-33).
Us reconnaissent, en des termes encore plus exprès et plus décisifs, quil n'a jamais paru dans le monde de religion dont la tendance naturelle fût si favorii)ie à maintenir la paix el à augmenter la féii<ité du genre humain [Bolingbrooke, pp. 281, 282j.
Us reconnaissent que le christianisme, dépouillé de toutes les idées f;inali(iues , et mieux entendu que dans les siècles précédents, a rendu les gouvernements modernes moins sanguinaires, et qu'il a donné plus de douceur aux mœurs du genre humain.
Ils reconnaissent enfin, que ce nest pas à la culture des lettres que ces changements sont dus, parce que ce n'est pas dans les lieux où elles ont le plus fleuri que l'humanité à été le mieux pratiquée , tandis qu'une foule d'actes de bonté et de bienfaisance ont été inspirés par l'Evangile (1).
'iels sont les aveux d'hommes d'un mérite éminent dans le monde littéraire, et qui certes n'étaient pas disposés à céder, sans besoin, des avantages au christianisme. Forts de ces témoignages non suspects, que nous pouvons ajouter aux différents faits déjà établis par nous d'une manière si victorieuse, nous sommes en état d'apprécier les mérites respectifs, et de tracer en peu de mots les véritables caractères de la philosophie et de la révélation.
Nous avons vu que le trait prédominant du paganisme, ou de ce qu'on appelle au-
(!) Voypz Rousseau, daas son Emilp, où il dit, tome TIF, liv. IV de l'édition iii-12, pag. 10:2, «La philosophie ne peut faire auciui bien (jue la religion ne le fasse encore mieux, et la religion eu fait beaucoup que la philosophie ne saurait faire. » Id.,f>. 101,
DU CnRlSTI.\NISME.
jourd'hui philosophie, qui n'est rien moins
que le paganisme purgé de son idolâtrie grossière, est la cruauté portée à l'extrême. Tous ses pas sont marqués par le sang. Nous avons suivi son raraclère féroce dans le gouvernement civil, les lois, les institutions domi'Sli(jues, les guerres, et même dans les riles religieux les plus solennels de l'ancien monde païen. Tel l'ut l'état des choses, nicme parmi les nations les plus instruites et les plus phitosaplics de l'anliquilé : mais son aspect futeîicorc pins effrayant parmi les hommes que CCS nations appelaient des barbares, et il Test demeuré parmi les sauvages do nos jours, ce qui n'est que trop prouvé par leurs cruautés envers leurs femmes, leurs guerres sanguinaires el enireprises par esprit (le vengeance, les torlures qu'ils font sulîir à l'jurs prisonniers et leurs sacrifices humains. Dans un des p'us puissants royaumes d'Afrique, où l'on n'en offre que trop souvent, l'objet du culte de leurs princes est un tigre (F. M. Norris, Enquête sur la traite des nègres, devant le conseil privé, p. 5), divinité certes bien assortie à ses adorateurs, el l'emblème le plus approprié au caractère et aux dispositions du paganisme. En effet, tout l'ensemble et l'appareil de cette religion portent tellement imprimés les traits de l'être malfaisant auquel elle doit son origine, qu'il est impossible d'en méconnaître la source ; elle ne peut avoir d'autre père que celui de tout le mal qui existe, le prince des ténèbres.
D'un autre côté, nous voyons dans la religion du Christ un esprit tout opposé : un esprit de mansuétude, de miséricorde, de douceur, d'humanité et de bonté, qui a combattu, pendant i)lus de dix-huit siècles, contre les maux produits par le paganisme, en a banni actuellement quelques-uns de dessus la surface de la terre, a singulièrement adouci et diminué les autres, mine aujourd'hui tout le reste par degrés, et a déjà donné une teinte si dilïérenle à tout le système des affaires humaines, el introduit une dose si considérable de bienveillance et d'affection réciproque dans les sentiments elles mœurs des hommes, ainsi que dans tous les divers rapports do la vie sociale, civile et domestique, que cette religion montre ouvertement la source sacrée d'où elle découle. La philosophie ancienne et moderne est cruelle el n'a pu être i'auleur de bi.nfails de ce genre : il ne peut donc y en avoir qu'un seul, te Dieu de toute consolation et de toute joie.
Tel est le véritable état du parallèle entre la philosophie et l'Evangile ; el si, après toutes les preuves que nous venons d'en fournir, il se trouvait encore quelqu'un qui affectât de paraître croire que les portraits que l'on a tracés de l'un el de l'autre sont de pures fictions de l'imagination, il resterait encore des moyens de la convaincre, qui se présentent d'eux-mêmes en ce moment et viennent fortifier nos observations : arguments qu'il est impossible de passer sous silence, el auxquels je ne crois pas que l'incrédulité la plus décidée soit en état d*5
DEMONSTRATION LVANGLLIQUE. PORTEUS.
résister. Que l'homme qui nourrit encore des doutes de cette n.iturc, en supposant (]u'il en puisse exister, jette pour un instant les jenx sur l'un et l'autre rivage du détroit qui sépare deux dos plus grandes et doi, plus puissantes nations de l'Europe. Chez l'une, la PHILOSOPHIE a usurpé le trône de Dieu ; chez l'autre, règne le cnuiSTUNisMii, qui s'y est établi depuis longtemps. Ne scmlilc-1-il pas que la Providence, dans ses vues cachées, ait permis à la première de triompher dans un royaume si voisin du nôtre, pour établir un contraste frappant, pour mettre dans le jour le plus évident et pour faire entrer, par tous les sens dont l'homme est doué, la différence d'esprit et la diversité des eflets de l'infidélité et de la religion. Les scènes qui se sont passées assez récemment dans une de ces contrées sont bien connues; elles sont
aussi trop épouvantables pour en faire le récit, et trop fraîches pour être oubliées : les bénédictions du cirl, répandues dans l'autre, sont encore sous nos yeux, et, je l'espère, gravéesdansnos cœurs reconnaissants. Après avoir contemplé ces doux tableaux avec l'attention convenable, disons si Varhre planté sur chacun de ces rivages voisins n'est pas connu par ses fruits [Matth., XII, 33) : si le fruit de la philosophie n'est pas encore aujourd'hui ce qu'il a toujours été, une cruauté implacable, et le fruit de I'Evangile , une bienveillance sans bornes et une charité universelle. Vous voyez donc ici proposés à votre choix deux grands précepteurs delà morale, deux guides de la vie humaine; et suivant que vous approuvez le caractère et goûtez les effets actuels de l'un ou de l'autre, décidez entre eux 1
Epp^nirta*
CONTENANT jjES NOTES ET DES ECLAIRCISSEMENTS AJOUTÉS.
(A) Caton le Jeune, Cicéron et Auguste entre autres personnages furent singulièrement coupables à cet égard. Mais la brutale inhumanité de ce Pompée (surnomme pourtant le Grand) envers sa femme surpasse presque toute croyance, et entraîna après elle les suites les plus tragiques. H répudia, pour se lier avec Sylla, son épouse Antistia, et épousa vEmilia, bclle-fillc de Sylla, vivant dans ce temps-là même avec son mari. Le père d'Antislia avait payé de sa vie son attachement à Pompée. Sa mère, indignée du cruel traitement fait à sa fille, se donna la mort, et TEmilia mourut bientôt après en couche dans la maison de Pompée [Plut., Vie de Pompée).
(B) Les exemples de barbarie vraiment incroyable des anciens envers leurs esclaves, fournis par l'histoire grossiraient trop ce volume; nous avons cru devoir nous borner aux suivants.
Deux mille ilotes, à qui l'on avait promis de les affranchir, et que l'on avait promenés en conséquence dans les rues de Sparte, la télc couronnée de Heurs, ne tardèrent pas à disparaître, et l'on n'en € ntendit plus parler ; mais on n'a jamais su quels moyens on avait pris pour s'en défaire {Thucijd., liv. IV).
11 est généralement connu que les jeunes Spartiates attendaient souvent la nuit les malheureux esclaves dans des embuscades, et que se jetant sur eux à l'improviste, ils massacraient de sang-froid à coups de poignard tous les ilotes qui s'oflraient sur leur passage {Plut., Vie de Lyc).
Les éphores, dès qu'ils entraient en charge, leur déclaraient la guerre en forme, afin qu'il semblât (|ue ce fût légalement qu'on les détruisait {Plut., Vie de Lyc).
Dans le temps que Lucius Domitius était
préteur en Sicile, un esclave tua un ours d'une grosseur extraordinaire. Le préteur, frappé de l'adresse et de l'intrépidité de cet homme, désira de le voir. Ce pauvre malheureux, extrêmement satisfait de cette distinction, vint en effet se présenter au préteur, espérant sans doute une récompense et des applaudissements ; mais Domitius, en apprenant qu'il ne lui avait fallu qu'un épieu pour vaincre et tuer l'ours, ordonna qu'il fût crucifié sur-le-champ, sous le barbare prétexte que la loi interdisait aux esclaves l'usage de celte arme, ainsi que de toutes les autres. Peut-être la cruauté de Domitius est-elle encore moins étonnante et moins atroce que l'indifférence avec laquelle l'Orateur romain raconte ce trait, qui l'affecte si peu que voici ce qu'il en dit : Durum hoc fartasse videatur, neque ego in ullam parlem disputa. Cela paraîtra peut-être dur à quelques personnes ; quant à moi, je ne prononcerai pas {Cicéron, contre Verres, Act. II, /. V, c. 3).
Vcdius Pollion était dans l'usage, lorsque quelqu'un de ses esclaves avait commis une faute, même très-légère, de le faire jeter dans un \ivier où il nourrissait des 1 improies {Sénèf/ue, de la Colère, Ul, kO; Idem, de la Clémence, I, 18; Pline, l. IX, c 23).
Un Uomain ayant été trouvé assassiné chez lui, on punit sur-le-champ du dernier supplice tous ses esclaves au nombre de quaire cents. L'historien ajoute que l'on suivit en cela un ancien usage, vetere ex more {Tacite. Annal. XIV, 42).
(D) Xénophon, dans son traité de la République d'Athènes, rcconnn\\.(\u'\\ fallait faire des présents aux juges, si l'on voulait gagner son procès. Qu'ils favorisaient et soustrayaient aux châtiments ceux auxquels ils étaient attachés, tandis qu'ils condamnaient
il8S
HEUREUX EFFETS OU CHRISTIANISME
ceux qui avaient encouru leur haine. On voit que, presque dans tous les cas, c'était l'usage «onstant du peuple d'Athènes et des Etats voisins et dépendants de celte république d'opprimer les gens de bien , et de sauver, d'encourager même autant qu'il était possible, les gens les plus corrompus.
Thucydide nous assure (liv. VI) que les Athéniens jetaient souvent en prison et condamnaient à mort les meilleurs citoyens sur les délations ou les rapports de misérables débauchés indignes de toute croyance.
Quant à Rome, les faits suivants ne donneront encore au lecteur qu'une bien faible idée de la manière dont on y rendait la justice.
A l'époque où L. GcUius et G. Lentulus furent revêtus de la censure , ils se virent obligés de chasser du sénat soixante-quatre de ses membres, connus pour s'être déshonorés comme juges, en se laissant corrompre par des présents. Middleton, Vie de Cicéron, V. I, p. 117. Ann. de Pighius, Van de la fondation de Rome. 68'î.
La méthode adoptée par Pompée pour rétablir l'ordre et la décence dans les tribunaux de Rome, était de nature à causer une étrange surprise à Westminster-Hall. II y présidait en personne, accomp;igné d'un gros de soldats, et malgré ce soin prudent pour maintenir le décorum et l'inlégrilé des juges dans l'exerce de leurs fonctions, il nélait luimême ni trop scrupuleux, ni trop délicat lorsqu'il s'agissait de ses amis. Scipion, son beaupèrc, ayant été accusé, il fit prier trois cent soixante des juges de se rendre chez lui, et leur demanda leurs voix et leur amitié pour Scipion {Plntarq. dans la Vie de Pompée). C'est pourtant là l'homme que Cicéron appelle : Hominem integrum et castum et gravem, , un homme intègre , incorruptible et grave [EpUres à Alticus, XI, 6).
Telles étaient les idées que Cicéron avait de l'intégrité d'un juge, et il paraît qu'elles étaient partagées par plusieurs autres gr;inds personnages de Rome, car quand Catilina fut cité devant les tribunaux pour quelques meurtres atroces, un grand nombre de personnages consulaires se présenta pour déposer en sa faveur, et le peindre comme un caractère très-estimable, et Cicéron lui-même avoue avoir été tenté de prendre sa défense dans une occasion de ce genre [Epîires à Alticus,\.\, 1,2).
(E) Les Athéniens, dit un historien qui les connaissait parfaitement , avaient été faits par la nature, de manière à n'être jamais en repos eux-mêmes, et à ne pas souffrir que les autres y fussent [Thucyd. liv. I).
La guerre contre Syracuse , qui les conduisit à leurruine, ne prit sa source que dans leur extrême injustice et leur ambition. Les Athéniens se proposaient de soumettre d'abord la Sicile, ensuite l'Italie, et enfin le Péloponèse {Le même, 1. VI).
Ils regardaient comme la tournure naturelle AeV esprit humain, de s'emparer delà domination toutes les fois que cela était possible. Ils avouaient que c'était là le principe
qui les guidait, et supposaient qu'il en élail de même pour toutes les autres nations {Lt même, liv. V).
Ils croyaient que le chemin le plus court pour arriver à l'Empire était d'accorder leurs secours à tous ceux qui sollicitaient leur protection, sans trop s'enquérir s'ils la méritaient {Le même).
Les Spartiates, entre eux, se montraient amis de l'honneur et de la vertu; mais quand il s'agissait des autres, leur principe régulateur de conduite était de regarder comme honorable tout ce qui leur convenait, et comme juste tout ce qui servait à leurs intérêts {Le même) .
t'.'r Je renvoie mon lecteur à la honteuse perfidie de Poslhumius, à l'égard des Samnites {Tite-Live, I. IX, c. 5 et 11) ; et à celle d'Emilius, dont Persée fut la victime (Liv. XLV, c. 8, 39).
(F) Paul Emile ne livra pas moins de dixsept villes de l'Empire en un seul jour au pillage de ses soldats, et 150,000 des habitants de cette malheureuse contrée furent réduits en même temps à l'esclavage (rîYe-Ijve, 1. XI, v. 2, 3/|.). Polybe nous dit (liv. 10, frag. 2), que quand Scipion prit Carthage, il ordonna à ses soldats de se jeter sur les habitants, et de les mettre tous à mort sans distinction, en un mot de n'en pas épargner un seul, suivant la coutume des Romains. L'historien ajoute que les Romains en agissaient ainsi pour frapi)er tous les peuples de la terreur do leur nom. C'est par la même raison, ditil, qu;> quelque part qu'ils prennent une ville, non-seulement on voit tous les hommes passés au fil de l'épée, mais même les chiens et les autres animaux mis en pièces, et leurs membres semés dans les rues.
On a dit de Jules-César qu'il avait subjugué trois cents nations, renversé mille cités, fait un million d'esclaves, et passé au fil de l'épée un pareil nombre d'hommes, soit sur le champ de bataille, soit dans les villes qu'il avait prises {Plutarque, dam la Vie de Pompée). On vantail néanmoins la grande humanité de ce général.
■ Durant le siège de Jérusalem, et pendant le cours de la guerre contre les Juifs, le nombre de ceux qui périient par l'épée, fut d'un million trois cent cinquante-sept mille six cent soixante, et celui des ca|»!ifs de qu itrcvingt dix-sept mille. On vendit comme esclaves tous les individus au-dessous de dix-sept ans; quant à ceux qui dépassaient cet âge, on les envoya dans les travaux publics en Egypte, ou on les dispersa dans les provinces romaines , pour y succomber sous le tranchant de l'épée ou la dent des bêtes féroces. Onze mille de ces malheureux moururent de faim. Titus lui-même, le bon, le sensible Titus, surnommé Deliciœ humani generis, les délices du genre humain, traita ces êtres infortunés avec la barbarie la plus sauvage. Dans les spectacles et les jeux qu'il donna ê^ Césarée, un grand nombre des captifs périt, les uns déchirés par les animaux, les autres forcés de coinbaltre l'un contre l'autre. On en égorgea quinze cents dans la même villq
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en l'honneur du jour de la naissance de Domilion, son frère, cl un grand nombre aussi à B ryte, en l'honneur de Vospasien , son père. Il paraît qu'on en fit autant dans les autres villes de la Syrie. Il réserva, pour fi-
gurer à son triomphe, Siméon et Jean, ainsi que sept autres, remarquables par leur taille et leur beauté {Ncioton, Dissertation sur la Prophétie, Diss., 20' part. 3, vol. il, p. 313j.