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PROPOSITION IV

Les écrits composant V Ancien Testament, liés avec ceux dont est composé le Nouveau , sont réellement les ouvrages originaitx des Auteurs dont ils portent les no)ns, el nous présentent un tableau fidèle de la dispensalion mosaïque ou de l'économie religieuse sous la loi de Moïse, aussi bien que des faits historiques, des commandements de Dieu, des préceptes moraux el des prophéties quils contiennent.

La partie de la Bible qui porte le nom

(l) Il n'y a pas jusqu'au style mônift de rEv;in,iiile (dit l'aiiiiiblL' et élégant auteur du Miustrel) qui ne porte eu lui-uiêiue la pr;uve de la véiité de ce livre. Nous n'y trouvons pas la plus légère apparence d'artiûre on d'esprit de parti ; point d'c^nvie d'exagérer d'un côté et de rabaisser de l'autre ; point de ces remarques de précaution qui veut au devant des objections; rien de cette réserve q\ii ne manque jamais d'arguer de faux le témoignage de ceux qui sont coupaljles d'unposlure ; point d'eifori pour capter le jugement du lecteur, el le réconcilier pour ainsi dire avec ce qu'il peut y avoir d'extraordinaire dans le nairé : tout est naif, candide et simple. Les historiens ne fout point de réflexions de leur che! ; ils se bornent aux faits, c'est-à-dire , a ce qu'ils ont euiendu el vu. Ils rappellent même avec franchise leurs propres erj eurs el leurs fautes, aussi bien que louie autre particularité de l'histoire qu'ils écrivent.

Vovez les Preuves de Beallie, l. I, p. 89.

d'Ancien Testament contient une grande variété de compositions très-diverses, les unes historiques, les autres poétiques, quelquesunes morales, et qui donnent des préceptes aux hommes, et quelques autres prophétiques ; ces morceaux ont été écrits à diflërentes époques et par différentes personnes , mais recueillis en un seul corps par les soins de la nation juive.

Il n'y a pas la plus légère raison de douter que ces livres n'aient été tous écrits par ceux dont ils portent les noms : ils ont toujours été regardés comme les ouvrages de ces hommes par la totalité des Juifs, qui étaient le peuple le plus intéressé à leur authenticité, et le p|lus à portée de connaître à cet égard la vérité. Cette opinion subsiste chez eux depuis l'époque la plus reculée jusqu'à présent, et l'on n'a jamais encore pu produire de preuve qui l'infirme.

Tout nous autorise à croire que ces écrits sont parvenus jusqu'à nous dans le même état où ils avaient été composés, du moins quant à tous les points essentiels. Les manuscrits originaux avaient élé longtemps conservés chez les Juifs : on gardait dans l'Arche une copie du Livre de la loi, et l'on ordonnait d'en faire une lecture publique tous les sept ans, à la fêle des Tabernacles : on les lisait aussi fréquemment en particulier dans chaque famille juive.

Il existe encore une copie des cinq livres de Moïse, que l'on nomme le Pentateuque, faite dans le temps par les Samaritains, ennemis mortels des Juifs, et toujours en discord avec eux; et cependant cette copie est conforme dans tous les points importants à celle qui nous a été transmise par les Juifs. Ces écrits ont été traduits en grec près de 300 ans avant la naissance de Jésus-Christ ; et cette version, connue sous le nom de celle des septante, s'accorde dans tous les points essentiels avec le texte hébreu. Prodigieusement répandue dans le monde, elle a rendu extrêmement difficile toute altération considérable de l'original, elle est même devenue presque impossible par la dispersion des Juifs dans toutes les différentes régions du globe.

Les Juifs se' firent toujours remarquer comme les plus fidèles gardiens de leurs livres sacrés, dont ils faisaient souvent des copies qu'ils collationnait soigneusement avec les originaux, et dont ils allaient même jusqu'à compter les mots et les lettres. Ils ne se sont permis d'altérer aucun des écrits de leurs prophètes; cela est d'autant plus évident que nous prouvons que Jésus est le Messie, par un grand nombre de ces prophéties , qu'ils ont eux-mêmes conservées, et que leur haine contre le christianisme leur aurait fait altérer ou supprimer, si leur inviolable fidélité à se transmettre intact d'âge en âge le dépôt de leurs livres sacrés, ne les en eût empêché. Une circonstance qui contribue singulièrement à prouver l'exactitude des livres des Juifs, c'est que Notre-Seigneur, malgré les reproches graves qu'il fait aux scribes et aux pharisiens, ne les a jamais accusés une

seule fois d'avoir corrompu ou falsifié aucun do leurs livres saints.

Il n'y a pas moins de certitude que ces écrits nous 'lonnenl un énoncé véritable et fidèle des (!iv(!rs objets qu'ilsconliennent.|Plusieurs dos principaux faits et des circonstances dont ils en accompagnent le récit, sont également rapportés par les plus anciens auteurs païens. La première origine et la création du monde tiré du chaos, telles que Moïse nous en fait la description ; la formation du soleil, celle de la lune et des étoiles, et ensuite de l'homme même; l'empire qui lui a été accordé sur les autres animaux ; l'accomplissemont de ce grand ouvrage en six jours ; la destruction du monde par un déluge ; les circonstances de larchc et de îa colombe ; le châtiment de Sodome par le feu ; l'ancien usage de la circoncision ; un grand nombre de particularités relatives à Moïse; la promulgation de la loi ; le rituel des Juifs ; les noms dv, David et de Salomon, et leur alliance avec les Tyriens ; ces choses, ainsi que beaucoup d'autres du même genre, se trouvent expressément mentionnées ou indiquées dans divers auteurs païens de la plus haute antiquité, et des plus croyables.

Un des plus ardents ennemis des Juifs, conmie des chrétiens, l'empereur Julien, est contraint, par la force de l'évidence, à cet aveu remarquable, qu'il y a eu chez les Juifs plusieurs personnes inspirées par Dieu, et que le feu descendit du ciel sur les sacrifices offerts par Moïse et par Elie. Ajoute/ à tout cela que les renvois aux livres de l'Ancien Testament et les passages cités par notre Sauveur et ses apôtres fournissent une preuve complète qu'ils reconnaissent l'autorité de ces écrits et la véracité de leurs auteurs. ' Il faut convenir que l'on trouve dans les livres historiques de l'Ancien Testament la peinture de quelques caractères vicieux, et le récit d'actions non-seulement mauvaises, mais même, pourrait-on dire , de quelquesunes extrênieuient cruelles. Eh bien, qu'en conclure? Ces choses ne sont rapportées que comme des faits historiques : elles ne sont approuvées en aucune manière, ni proposées comme des exemples à suivre ; et à l'exception de ces passages, qui sont en très-petit nombre, le reste de ces livres sacres, spécialement leDeutéronome, les Psaumes, les Proverbes, l'Ecclésiaste el les Prophéties sont remplis d'une foule de tableau sublimes de Dieu et de ses attributs, d'excellentes règles de conduite et d'exemples de pros(iue toutes les vertus qui peuvent honorer la nature humaine. Et à quelle époque ces choses ontelles été écrites? dans un temps où tout le reste du monde, même le plus sage et le plus instruit, était tombé dans la plus grande ignorance de Dieu et de la religion ; où l'on adorait des idoles et des animaux, et où toute chair ayant corrompu sa voie, se livrait aux vices les plus abominables. C'est une circonstance bien étrange, qu'un peuple relégué «lans un coin obscur du monde, un peuple fort au - dessods dii beaucoup de nations ijuï«?nnt's jiour l insiruclion, la philosophie,

DEMONSTKATION KVANGIiLlQLIi. PUlilECS.

le génie, le savoir et tous les beaux-arts, se soit trouvé néanmoins si supérieur aux autres par ses idées de l'Etre suprême et de tout ce qui regarde la morale et la religion. Sans doute, on ne saurait expliquer ce phénomène historique d'une manière satisfaisante autrement qu'en supposant qu'il a été instruit dans toutes ces choses par la Divinité ellemême, ou par des hommes envoyés et inspirés par clic , c'est-à-dire que ce peuple a été réellement favorisé des divines révélations dont nous parlent l'ancien et le nouveau Testaments.

Quant aux prophéties que contiennent ces livres, leur vérité, du moins pour la plus grande partie, s'est trouvée démontrée d'une manière irréfragable par Pexact accomplissement de ces mêmes prophéties dans les âges suivants, surtout de celles qui concernent notre Sauveur (comme nous n'allons pas tarder à le montrer plus particulièrement), Babylone, l'Egypte, lldumée, Tyr et Sidon. Pour celles qui ont spécialement rapport à la dispersion des Juifs, elles sont si claires et si nombreuses, et leur accomplissement dans l'état actuel de la nation juive est un fait qui se présente à tous nos sens avec un tel caractère d'évidence, que je ne puis m'empêcher d'en présenter quelques-unes des plus remarquables aux lecteurs, telles qu'un trèshabile écrivain les a réunies en corps, el eu a fait une masse de preuves irrésistibles qui accable l'incrédulité.

11 avait été annoncé d'avance par Moïse que quand les Juifs oublieraient le vrai Dieu, ils seraient écartés de leur pairie et transportés dans tous les royaumes de la terre; quils seraient dispersés parmi les idolâtres, parmi tous les peuples, d'un bout de la terre à l'autre ; qu'ils deviendraient un objet d'élonnement, le sujet d'une expression proverbiale et insultante, et un sobriquet parmi toutes les nations, et que chez ces nations ils ne trouve' raient point de tranquillité ; que la plante de leurs pieds ne pourrait s'y appuyer oour avoir du repos, mais que le Seigneur mettrait en eux un cœur tremblant, des yeux affaiblis, du chagrin dans l'âme; qu'il enverrait de la débilité dans leurs cœurs lorsqu'ils seraient dans le pays de leurs ennemis, de sorte que le bruit d'une feuille les ferait fuir (Z)eMf., XXVIII,'25; Lévit..XWl, 33; Deut.. IV, 27; XXVIII, 37,64,65; Lévi., XXVI, 36).

Les mêmes choses se trouvent continuellement prédites dans les prophètes suivants : Que Dieu les disperserait dans les pays habités par les païens ; qu'il les vannerait parmi k .• nations, comme le grain est vanné dans un crible; que dans tous les royaumes de la terre où ils seraient entraînés, ils se verraient un objef. de reproche, de proverbe, de moquerie et d'. malédiction ; qu'ils y seraient regardés avet étonnement , qu'on les sifflerait par mépris, eô qu'ils demeureraient une longue suite de jours sans roi, sans prince, sans sacrifice, sans éphod et sans téraphim [Ezéch., XX, 13; XI, 15; Amos, IX, 9 ; /cremie, XXIV, 9; XXIX, 18 ; Osée. 111, /i).

Etait-il jamais arrivé l'ien de pareil à au-

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WÈ^mW. DES PREUVES

ctioc nation de l'univers, au temps (i« Moïse ou ilans celui où vécurent les prophètes? Y avait-il dans la nature aucune probabilité que rien de pareil arrivât jamais à aucun peuple? Que quand ils auraient été conquis parleurs ennemis et conduits en captivité, ils ne confinueraient pas d'habiter le lieu où ils se trouvaient réduits en servitude, et ne seraient pas non plus absorbés et perdus dans la popuiation de ceux qui les auraient conquis, mais qu'ils se verraient dispersés parmi touk's les nations du monde; l'objet de leur haine et de leurs persécutions pendant un grand nombre de siècles, et continuant néanmoins déformer un peuple à part et distinct? Peut-on faire aucun tableau des Juifs qui offre une représentation plus exacte et plus vivante; oserai-jc le dire, de l'état où ils ont vécu pendant une longue suite de siècles, que ces descriptions prophétiques que nous en avons rapportées, et spécialement celle de Moïse, tracée il y a plus de trois mille ans ( Voy. Clarke, dans ses Preuves, p. 176, 2T7) ?

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