‹ Dâemonstrations âevangâeliquesChapitre 179 sur 202 · RKSUMIÎ DES PREUVES DU CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

RKSUMIÎ DES PREUVES DU CHRISTIANISME

pour tous les hommes ce que nous voudrions qu'ils fissent pour nous : règle admirable qui comprend la somme et la substance de toutes les vertus sociales, et sur laquelle l'homme ne saurait se méprendre.

A l'égard des devoirs envers nous-mêmes, il nous est ordonné de nous préserver de la corruption du monde , d'être tempérants en tout , de maîtriser noire corps et de le tenir dans rassujettissemcnt, de garder uu empire absolu sur toutes nos passions, de mener dans ce monde une vie sobre , juste, et qui nous rapproche de Dieu.

Voilà les directions générales pour nous conduire dans les différentes situations et les divers rapports de la vie. Des injonctions particulières nous sont données dans différents passages de l'Ecriture, pour compléter ce corps d'enseignement , et spécialement dans l'admirable sermon que Notre-Sauveur prêcha sur la montagne , où nous trouvons un grand nombre des plus excellentes règles de vie, courtes, senteotieuses, solennelles et importantes, remplies de sagesse et de dignité , et néanmoins intelligibles et claires. Mais la principale excellence de la morale de l'Evangile, et ce qui lui donne une supériorité infinie sur toutes les autres instructions morales, c'est ceci : que celte loi de grâce préfère un caractère doux , complaisant, disposé à céder et à pardonner, à ce tempérament violent, exigeant, impérieux , inflexible , qui se manifeste en général dans le monde; qu'elle règle non pas seulement nos actions, mais nos affections et nos goûts, et qu'elle met le frein à la licence, précisément où il doit être placé, c'est-à-dire dans le cœur; qu'elle nous défend de rechercher les éloges des hommes dans nos pratiques pieuses, nos aumônes et toutes nos autres actions vertueuses ; qu'elle présente des règles et des principes de conduite pour tous les devoirs relatifs de la vie sociale; des maris et des femmes; des parents et de leurs enfants ; des maîtres et des serviteurs; des prédicateurs chrétiens et de leurs disciples; des gouvernants et de leurs sujets ; qu'elle nous commande d'être comme des espèces de flambeaux dans ce monde, et des exemples du bien à faire pour tous; de n'injurier personne, mais de supporter patiemment les injures ; de ne jamais chercher à nous vonger, mais de rendre le bien pour le mal ; d'aimer même nos ennemis et de pardonner comme nous espérons qu'il nous sera pardonné ; d'élever nos pensées et nos vues au-delà de cette vie présente, et de fixer principalement nos affections sur la vie à venir.

Ajoutez à tout cela la manière adoptée par Notre-Seigneur pour transmettre aux hommes toutes ses doctrines et tous ses préceptes ; les maximes concises, sentencieuses, solennelles et imposantes , dans lesquelles il lî's resserrait ordinairement, les paraboles faciles, fJimilières , naturelles et pathétiques, don! il les revêtait quelquefois; celte autorité divine et ces augustes sanctions qui leur imprimaient la force de loi ; ces circon-

stances qui letir prêtaient du poids et de la dignité, et ieur rapport avec les préceptes contenus dans des écrits déjà réputés sacrés, avantages dont nulles autres règles morales ne peuvent se vanter.

Si l'on demande maintenant, comme il est naturel de le faire, quel pouvait être ce personnage extraordinaire auteur d'un code demorale si supérieur à tous les autres ? Nous répondrons qu'il était, suivant toutes les apparences extérieures , le fils putatif d'un charpentier, vivant avec son père et sa mère, relégué dans un coin obscur et éloigné du monde, jusqu'à l'époque où il revêtit son caractère public. « D'où cet homme avait-il donc ces choses , et quelle est la sagesse qui lui a été donnée ? » Il n'avait eu évidemment aucun des moyens, aucune des écrasions ordinaires de cultiver son intelligence et de perfectionner son esprit. Il était né dans une condition basse et indigente , sans éducation , sans savoir, sans aucun document ancien d'où il ait pu tirer sa sagesse et sa morale , et qui aient dû probablement tomber entre ses mains. Vous trouverez peutêtre dans quelques Ecrivains grecs et romains quelques-uns de ses préceptes ou quelque chose qui leur ressemble. Mais qu'est-ce que cela prouve? Certainement il n'avait jamais lu ces auteurs , il n'avait jamais étudié à Athènes ou à Rome ; il ne connaissait ni les orateurs ni les philosophes. Il n'entendait probablement pas d'autre langue que la sienne, et n'avait eu rien de plus que ce qu'avaient ordinairement le reste de ses concitoyens et des hommes vivant dans cet humble rang , pour se procurer des notions plus justes de religion et de vertu. Ses coopérateurs dans son entreprise, les personnes qui l'accompagnèrent durant sa vie, et dans les mairs desquelles tomba le dépôt de sa religion après sa mort, étaient un petit nombre de pauvres pêcheurs du lac de Tibériade , aussi ignorants, ayant reçu aussi peu d'éducation, et qui promettaient aussi peu que lui-même, pour la haute entreprise de réformer la morale du genre humain. Est-il donc possible que des hommes tels que ceux que nous venons de dépeindre fussent en état de produire de leur chef, et sans aucun secours étranger, des règles de vie aussi parfaites et aussi incomparables que celles de l'Evangile. En un mot, des règles tellement supérieures en pureté, en solidité, en clarté et en utilité générale, à toutes les leçons que tous les philosophes de la terre mis ensemble ont jamais pu dicter aux hommes sur la morale? Certes, il ne faut que le bon sens le plus ordinaire pour s'apercevoir de l'impossibilité absolue d'une pareille chose, et l'on ne peut expliquer son succès d'une manière raisonnable qu'en admettant ce qu'assuraient constamment les hommes qui prêchaient cette religion, que leurs doctrines et leurs préceptes venaient de la source de toute perfection , c'est à<lirf de Dieu lui-même.

DFMONSTHATION EVANGELIQUE. P0R7EUS.

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