‹ Dâemonstrations âevangâeliquesChapitre 180 sur 202 · PROPOSITION VII · texte numérisé non relu

PROPOSITION VII

L'heureuse et rapide propagation de VEvangilc, par ses premier s . prédicateurs , dans une grande partie du monde , est la preuve qu'ils étaient assistés et soutenus par la Divinité même.

Nous lisons dans los Actes des ai)ôtrcs et dans leurs Epîtrcs, quo le nombre des lionimes convertis à la religion chrétienne commença à prendre un accroissement considéxablepresqu'immcdiatemenl après l'ascension |de notre Sauveur, et qu'il continua ses pro- 'grès d'une manière vraiment étonnante dans la suite de siècles qui précéda l'établissement complet du christianisme par Constantin. La première assemblée où se réunirent les disciples du Christ, dont il soit fait mention, et qui eut lieu peu de jours après qu'il eut quitté la terre , consistait en cent vingt personnes {Actes, I, 15); une semaine après, il y en eut trois mille d'amenées en un seul jour à cette croyance (Actes, Il , XLI) ; et le nombre des chrétiens baptisés et s'assemblant en public ne tarda pas à monter à cinq m\\\i^[Actes, II , h). Peu d'années après, on nous peint les convertis comme «'accroissant en nombre considérable, en multitude et même en myriades , et par des dix millers [Actes, XXI , 20). Chaque jour amenait à la nouvelle religion .ijne quantité prodigieuse d'hommes et de femmes ; de sorte qu'environ trente ans après la mort de Notre-Scigneur, l'Evangile se trouvait répandu non-seulement dans toutes les parties du vaste empire romain, mais même chez les Parthes et jusque dans les Indes. Il paraît, par les Epîtres écrites à différentes Eglises par les apôtres, qu'il y avait des rassemblements considérables de chrétiens tant à Rome que dans les i)riucipalcs villes de la Grèce et de l'Asie. Ce point est confirme par les historiens romains du même temps , et Pline se plaint, environ 80 ans après l'Ascension que cette superstition (1), car c'est ainsi qu'il l'appelait, s'était emparée non-seulement des grandes villes, mais mémo de celles du second ordre, et qu'elle s'était répandue jusque dans les campagnes : qu'on voyait les temples des dieux presque déserts, les solennités sacrées suspendues, et à peine quelques-uns de ceux qui leur étaient restés Ddèles faisant les frais des victimes pour les sacrifices Trente années après, Justin, martyr et écrivain chrétien, déclare qu'il n'y avait pas de nation, soit Grecs, soit barbares, sans mêmeen excepterles Sauvagesoulcs Scythes, dont les tribus erraient à l'aventure d'un pays à l'autre et n'avaient point d'habitation fi\e, qui n'eût appris à offrir des prières et des actions de grâces au Père et à l'Auteur de tout ce qui existe, au nom de Jésus crucifié. Ainsi, l'Eglise du Christ alla s'accroissant de plus en plus jusqu'à ce que, sous Constantin, l'empire devînt chrétien; époque à laquelle il y a de fortes raisons de croire que les chré-

(1) (jVsl, rncore le nom que les païens niolernes tlonnenl au clirislianisme, ïi l'cieinple île leurs prédécesseurs es idolâtres de l'aniiquilé.

tiens étaient plus nombreux et plus puissants

que les païens.

De quelle manière expliquer maintenant ce progrès merveilleux et sans exemple de la religion chrétienne?

Si cette religion eût percé en flattant les passions corrompues du genre humain, si elle eût attiré les hommes par l'espoir de la puissance, de la richesse, des distinctions ou du plaisir, comme récompenses de leur conversion ; si elle eût Halte leurs vices, caressé et renforcé leurs préjugés, et encouragé leurs superstitions; si ses prédicateurs eussent été des hommes doués de talents brillants et d'une éloquence entraînante; s'ils l'eussent proposée d'abord dans des siècles de ténèbres et d'ignorance, et parmi des nations sauvages et barbares; s'ils eussent été secondés par loule l'influence et l'autorité de grands potentats de la terre, ou qu'ils eussent propagé leur doctrine à la tête d'une armée victorieuse ; on trouverait dans toutes ces circonstances des jnoyens d'expliquer ce succès extraordinaire.

Mais il est de la plus grande notoriété que tout le contraire de ce que nous venons d'exposer fut l'état réel des choses. 11 est bien connu que les premiers prédicateurs de l'Evangile déclarèrent une guerre ouverte à toutes les folies, à tous les vices, à tous les intérêts, à tous les préjugés invétérés, et à toutes les superstitions favorites de l'univers ; qu'ils étaient , si l'on en excepte un petit nombre , des gens sans habileté, sans science, sans rhétorique ou moyens de persuasion empruntés de l'art de la parole; que leurs doctrines furent promulguées dans un siècle éclairé et au milieu des nations les plus polies, che^Iesquelles ils eurent à lutter contre tout l'esprit, le savoir , toute l'éloquence et la philosophie du ironde ; et qu'au lieu d'être aidés par l'autorité et l'influence des puissances, ils n'éprouvaient de leur part qu'opposition, embarras et persécutions, qui furent même portées jusqu'à les faire périr dans les plus cruels supplices, après les avoir torturés avec un acharnement sans exemple r on sait que tous ceux qui embrassaient leur doctrine étaient exposés aux mêmes souffrances et aux mêmes supplices.

Est-il croyable maintenant que dans de pareilles circonstances, douze pauvres pêcheurs de la Galilée, sans lettres , aient pu, avec leurs seuls moyens naturels , répandre leur nouvelle religion dans un aussi court espace de temps, dans une partie aussi étendue du monde alors connu, et cela sans aucun secours quelconque et sans aucune coopération venant de quelque part que ce pût être? Est-il jamais arrivé sur la terre, auparavant ou depuis, quelque chose de pareil? Non certes , et la chose est entièrement sans exemple comme sans possibilité. Or, puisque tous les moyens humains de succès étaient contre les apôtres, quels autres moyens leur restait-il que les surnaturels? Il est donc aussi clair que le peut être le résultat d'une démonstration, (lu'ils avaient réellement été doués de ces pouvoirs miraculeux, et qu'ils

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