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PROPOSITION VIII

Un parallèle entre le Christ et Mahomet, et entre lexirs religions respectives, nous mène â conclure que comme lu religion de ce dernier est évidemment une invention de Chomme, celle du premier au contraire vient de Dieu.

Il y a dans le monde une religion appelée mahométane, qui est professée dans une partie de l'Europe et dans beaucoup de contrées de l'Asie et de l'Afrique. Le fondateur de cette religion, Mahomet, a prétendu être un prophète envoyé de Dieu ; mais il est universellement avoué par tous ceux qui ne sont pas mahoiuétans , et qui ont fait un examen approfondi des prétentions de ce prétendu prophète, qu'il fut tout à la fois un enthousiaste et un imposteur, et que sa religion fut son ouvrage. Ceux même qui rejettent le christianisme n'en croient pas davantage à la vérilé du mahométisme, et nous n'avons jamais entendu dire qu'aucun déiste ait embrassé celte religion par conviction.

Nous avons ici deux religions co-existanles dans ce monde, et qui prétendent toutes deux à l'honneur d'être des révélations venues du ciel : pour l'une, nous sommes bien sûrs que c'est une imposture ; quant à l'autre , nous osons affirmer et nous croyons qu'elle est vraie. S'il en est ainsi, nous devons nous attendre, en les comparant, aussi bien que leurs auteurs, à trouver entre elles des différences très-marquéos et vraiment essentielles ; des différences telles que nous pouvons naturellement supposer qu'il en existe entre un imposteur et un envoyé de Dieu, entre la vérilé et l'imposture. On va voir que tel est l'état des choses relativement à Jésus-Cht-ist et à Mahomet, et à leurs religions respectives.

Mahomet fut un personnage occupant un rang considérable dans son pays ; il était petit-lils d'un homme d'une des familles les plus puissantes et les plus honorées à la Mecque ; et quoiqu'il ne fût pas né avec de la fortune , il en acquit bientôt par son mariage. Ces circonstances devaient d'ellesmêmes, et sans aucun secours surnaturel , contribuer puissamment au succès de sa religion. Un homme considérable par sa rii:h esse, d'une haute naissance, allié à presque tous les chefs de son pays, revêtant le caractère d'apôtre d'une nouvelle religion, dans un siècle d'ignorance et de barbarie, ne pouvait manquer de s'attirer l'attention de ses concitoyens et de se faire des sectateurs.

Le Christ ne possédait pas ces avantages du rang, de la fortune et de liaisons puissantes; il était né de parents d'un état trèsinférieur, ses connaissances et ses amis vivaient tous également dans cette situation que méprise l'orgueil ; il avait été nourri et élevé dans la pauvreté, et continuad'y passer ses jours, n'ayant souvent pas de place où il

pût reposer sa télé. Un homme qui se trouvait dans de pareilles circonstances n'était probablement pas propre à introduire dans le monde, par son iniluence personnelle, une nouvelle religion , et bien moins encore une religion fausse.

Mahomet se livrait aux voluptés les plus grossières , il transgressait perpétuellement même les bornes assurément bien peu resserrées qu'il s'était posées lui-même. Il fil usage du pouvoir qu'il avait acquis pour satisfaire ses passions, sans que personne pût les arrêter , cl il prélendit avoir reçu du ciel une permission particulière pour s'abandonner à la débauche la plus effrénée.

Jésus, au contraire, garda pendant toute sa vie une pureté de mœurs et une chasteté sans taches. Non-seulement il ne pécha pas , mais il fut même parfaitement saint et sans aucune souillure. Ses ennemis Les plus acharnés ont respecté son caractère moral, contre lequel ils n'ont jamais osé hasarder la plus légère accusation.

Mahomet fut violent, impétueux et sanguinaire.

Le Christ fut doux , bienveillant et miséricordieux.

Mahomet prétendit avoir avec Dieu et l'ange Gabriel des communications secrètes et des entretiens que personne que lui ne vit et n'entendlH; jamais.

Des voix venues du ciel, distinctement entendues par des témoins qui en firent le rapport, déclarèrent à plusieurs reprises que Jésus était Fils de Dieu.

L'apparition de Mahomet n'avait été annoncée par aucune ancienne prophétie, et à l'époque où il parut, on n'entendait nullement dans celte partie du monde aucun personnage de ce genre.

L'apparition du Christ avait été clairement et fréquemment prédite par plusieurs anciennes prophéties qui s'appliquaient évidemment à lui seul, et ne pouvaient convenir à aucune autre personne. C'était entre les mains des ennemis avoués de Jésus et de sa religion, que ces prophéties étaient en dépôt ; el, à l'époque de sa naissance, il y avait dans tout l'Orient une attente générale que quelque grand personnage extraordinaire allait se manifester au monde.

Mahomet n'eut jamais la présomption d'annoncer aucun événement à venir, par la raison toute simple qu'il ne pouvait les prévoir, el que s'il eût annoncé quelque chose qui ne fût pas arrivé, cela aurait enlièrement perdu son crédit chez ses sectateurs.

Le Christ prédit plusieurs choses qui se réalisèrent, entre autres sa mort et sa résurrection', ainsi que la destruction de Jérusa~ lem.

Mahomet ne prétendit jamais faire de miracles ; au contraire, il désavoue expressément d'avoir aucun pouvoir de cette espèce, et se justifie de ne pas posséder ce caractère de fondateur de religion dans plusieurs apologies captieuses el soigneusement Ira vaillées pour produire leur effet.

Jésus , comme nous le savons tous , fil , à

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la face du jour et à la vue d'une grande multitude de peuple, un nombre considérable de miracles les pins élonnanls. 11 fit entendre les sourds, parler les muets, marcher les boiteux, voir les aveugles, et même sortir du tombeau les morts.

Mahomet, durant les douze premières années de sa mission, n'employa pour argument que la persuasion, et ne s'acquit qu'un très-petit nombre de disciples. Il ne fit en trois ans que quatorze prosélytes, et en sept que quatre-vingt-trois sectateurs, auxquels les femmes, quoique naturellement plus crédules, ne se joignirent qu'au nombre de dixhuit.

Dans le même espace de temps, notre Sauveur et ses apôtres convertirent des milliers d'hommes, et la religion chrétienne se répandit sur une très-grande partie de l'Asie.

Mahomet déclara aux Juifs, aux chrétiens et aux Arabes qu'il ne leur enseignait pas d'autre religion que celle qui avait été autrefois enseignée à leurs ancêtres, par Abraham,

Ismaël, Moïse et Jésus. Cela devait naturellement leur donner une présomption favorable à sa religion.

Le Christ prêcha une religion qui s'opposait directenient aux opinions et aux préjugés favoris des Juifs, et qui renversait de fond en comble tout le système de la superstition païenne.

Mahomet fit la cour aux faiblesses et aux penchants particuliers doses disciples. Dans ces climats brûlants , où toutes les passions sont d'une ardeur et d'une violence extrêmes, il accorda aux plaisirs des sens tout ce qu'ils pouvaient désirer, et se montra sur ce point de la plus grande indulgence; il ne leur permit pas moins de quatre femmes, avec la faculté de divorcer trois fois d'avec chacune ( Voyez le Coran, c. IV, p. 42 ; Ibidem, c. II, p. M).

Dans le même climat et parmi des hommes doués des mêmes passions, Jésus ititerdit à tous ses sectateurs l'adultère, la fornication, et toute espèce d'impureté. Il les borna à une seule, et défendit le divorce, excepté pour le cas d'adultère. Il fit |)lus, il exigea d'eux de gouverner leurs yeux et leurs pensées, et d'étouffer dès sa naissance dans leur cœur le premier mouvement de tout désir criminel. il leur enseigna que tout homme qui regardait une femme en la convoitant, était déjà coupable d'adultère dans son cœur; il les assura qu'il n'y avait que ceux qui le conservaient pur qui fussent appelés à voir Dieu. En un mot, il déclara ouvertement la guerre à toutes les passions criminelles, à tous les mauvais penchants du cœur humain, et exigea expressément de tous ses disciples de renoncer aux péchés pour lesquels ils avaient le plus d'inclination, et qui les maîtrisaient le plus aisément; même de quitter père, mère, frères, sœurs, maisons, terres , et tout ce qu'ils avaient de plus cher, et de prendre leur croix pour le suivre.

Mahomet , toujours , comme nous l'avons dit, pour capter les hommes et leur faire embrasser sa religion, promit de récompenser

ses sectateurs par les délices d'un paradis voluptueux où les objets de leurs affections devaient être innombrables, et tous doués d'une beauté transcendante et d'une jeunesse éternelle (Voyez le Coran, c. LVl , p. 413).

Le Christ désabusa ses disciples de tout espoir de jouissance des sens dans l'autre vie, en les assurant que dans le ciel il n'y aurait point d'union conjugale, et en ne leur promettant que des joies pures, célestes, spirituelles, telles cependant que l'œil n'en a point vu, l'oreille entendu, ni le cœur de l'homme conçu de semblables.

Indépendamment des puissantes attractions des délices sensuelles, Mahomet avait encore une autre manière bien efficace de produire ou de paraître produire la conviction, et de se faire des prosélytes. C'était la force et la violence. Il prêcha sa religion à main armée, et propagea sa doctrine par l'épée ; et il faut avouer que jusqu'à ce qu'il eut pris cet instrument de conversion, le nombre de ses adhérents ne valait pas la peine d'être compté. Il Tut tout à la fois prophète, guerrier, général et conquérant. C'était à la tête de ses armées qu'il prêchait le Coran. Sa religion et ses conquêtes firent des progrès simultanés, et la première n'avança jamais d'un pas sans les dernières. Il commanda en personne daiis huit batailles rangées, et fit par lui-même ou par ses lieutenants cinquante expéditions militaires. Mourir ou croire fut le seul choix ofl'ert aux idolâtres; se convertir ou payer le tribut, le seul laissé aux Juifs et aux chrétiens [Coran, c. 111, p. 91 ; et c. IX, /). 242).

Jésus n'employa pas d'autres moyens de conversion que la persuasion, le raisonnement, les exhortations, les miracles et les prophéties. Il ne fit usage d'autre force que de celle de la vérité, d'autre glaive que du glaive spirituel, c'est-à-dire de la parole de Dieu. Il n'avait ni armée ni légions pour combattre en faveur de sa cause. Il était le prince de la paix et prêcha la paix au monde entier. Sans pouvoir, sans appui , sans sectateurs que douze pauvres pêcheurs, sans rien qui attirât, influençât ou pressât les hommes, il triompha des préjugés, de la science, de la religion de son pays ; il remporta la victoire sur les anciens rites, l'idolâtrie etla superstition, sur la philosophie, la sagesse et l'autorité de tout l'empire romain.

Le grand objet de Mahomet était de faire de ses sectateurs des soldats, et de leur inspirer la passion de la violence, de l'effusion du sang, de la vengeance et de la persécution. Il les exhortait continuellement à combattre pour la religion de Dieu, et pour les encourager à le faire, il leur promettait les plus hauts rangs et la plus grande opulence dans son paradis : Ceux qui auront souffert pour ma cause et qui auront péri sur le champ de bataille, je me charge, disait-il, d'expier leurs offenses el de les délivrer de leurs péchés. Il est certain que je les transporternï dans un jardin arrosé d'eaux courantes. Ln récompense de Dieu et avec Dieu est la plus excellente récompense. Ce devoir de combattre

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RÉSliMÉ DES PREUVI

contre les infldèles <!St fréquemment inculqué dans le Coran, et les tliéologiens mahoinétans qui appellent répée la clef du ciel et de l'enfer, en font un grand mérite à leurs dévots, et cherchent à leur persuader que la inoin.ire goutte de sang versée dans la voie de Dieu, ainsi qu'ils la nomment, est plus .Tgréable que de défendre le territoire des mahométans pendant une journée entière, et même qu'un jeûne de deux mois {Sale, Dissert, preiim., s. XI. p. 189). Il est aisé de voir à quel degré de férocité de pareils moyens devaient élever toutes les passions vindicatives et furieuses, et quelle horde de sauvages et de barbares ils devaient déchaîner contre le genre humain.

Les directions que le Christ donnait à ses disciples étaient d'un caractère bien différent; il leur défendait positivement d'user de violence contre qui que ce fût. 11 ordonna de remettre dans le fourreau lépée qu'un de ses disciples avait tirée pour le défendre : Bemettez, lui A\\.-\\, votre épée dans le fourreau; ceux qui tirent répée périront par répée (Matthieu, XXVI, ^2; Jean, XVIII, 11). Il ne voulut pas consentir à faire descendre le feu du ciel surles Samaritains, qui avaient réfusé de le recevoir: /,e Fils de /'ifomwie, répondit-il, n'est pas venu pour faire périr les hommes, mais au contraire po^ir les sauver. Je vous laisse avec ma paix, je vous donne ma paix ; ne faites violence à personne, ne résistez pas au mal qu'on veut vous faire ; soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux. Heureux ceux qui sont miséricordieux, parce qu'ils obtiendront miséricorde.

La conséquence de ces différentes doctrines fut que les premiers sectateurs de Mahomet se montrèrent des hommes de sang, vivant de rapine, de mi urtre et de pillage, tandis que les premiers sectateurs de Jésus furent des hommes de mœurs douces , tranquilles, paisibles , ne faisant de mal à personne, irréprochables et exemplaires dans leur morale.

Après avoir comparé, comme nous l'avons fait, les fondateurs des deux religions, si nous jetons maintenant un coup d'oeil rapide sur leurs livres sacrés, le Coran et l'Evangile, nous trouverons entre eux une différence aussi frappante et qui ne fera pas moins ressortir la vérité de l'une et la fausseté de l'autre.

Mahomet, lui-même, et ses sectateurs ont singulièrement vanté leur livre pour l'exquise beauté, l'élégance et la pureté du langage, qu'ils voudraient même faire passer pour un miracle toujours subsistant, bien au-dessus même de celui par lequel on ressuscite les morts. Mais quand on admettrait cette supériorité de style, que quelques savants leur ont contestée, on aurait à répondre que si la beauté du style et de la composition doit être regardée comme la preuve d'une inspiration divine, les écrits de Platon, de Xénophon, de Ciréron et de César, ainsi que d'une foule d'aulres auteurs inimitables dans les difiëvenles langues de l'univers, auront autant de droits que le Coran de prétendre aux hon-

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neurs d'une origine miraculeuse. Dans le fait, ces grâces de la diction, loin d'être une circonstance favorable pour le Coran, font naître, et légitimement, le soupçon que ce livre pourrait bien n'être qu'une invention humaine faite pour charmer et captiver les hommes éblouis des charmes de la diction et des prestiges de l'éloquence, et à l'attention desquels on a su dérober ainsi la faiblesse du fonds et la futilité de ce qu'il contient, futilité trop réelle et trop évidente, malgré toutes les prétentions de l'éloquent imposteur. L'Evangile n'a pas besoin de tous ces ornements étrangers. Il dédaigne les secours de l'éloquence humaine, et ne s'en repose de ses succès que sur l'entraînement de la vérité et la puissance de Dieu. Je ne suis pas venu , dit saint Paul d'une manière si sublime, avec l'excellence du langage et les paroles séduisantes de la sagesse humaine, mais avec la force des démonstrations de l'Esprit-Saint et de la puissance de Dieu, pour vous prouver que votre foi ne doit pas s'appuyer sur ta sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu {Cor., IL 54, 5).

Mais quels que puissent être la pureté du langage, la matière et le fonds du Coran, ils ne peuveut soutenir un seul instant le parallèle avec l'Evangile. La partie historique du premier est lourde, pesante, monotone et sans intérêt; elle est surchargée de répétitions sans On, de fables ridicules et qui n'ont pas le sens commun, de préceptes triviaux,dégoûtants, et même quelquefois d'une immoralité révoltante. Ajoutez à tout cela qu'il y a bien peu de neuf et d'originalité pour le rendre recommandable, la majeure partie étant empruntée , mais avec maladresse, des écrits de l'Ancien et du Nouveau Testament, encore ces plagiats sont-ils tellement altérés et défigurés en passant par les mains d'un imposteur qui gâte et dégrade tout ce qu'il touche, qu'à peine pouvez-vous y reconnaître les faits ou les choses qui vous ont fait tant de plaisir à lire dans la Bible.

L'Evangile, au contraire, est partout concis, simple, original, animé, intéressant, rempli de dignité. Ses préceptes sont importants, sa morale parfaite, ses sentiment's sublimes, ses vues nobles et vastes, la sanction qu'il porte avec lui est pleine de quelque chose d'auguste qui inspire le respect que l'on éprouve à l'aspect de la Divinité.

Dans le Coran, Mahomet est perpétuellement occupé à vanter son propre mérite, ses hauts faits et l'exellence suprême de son livre. Rien de tout cela dans l'Evangile ; ses auteurs ne font le panégyrique ni d'euxmêmes ni de leur ouvrage. Ils ne s'arrêtent pas même à tracer distinctement et à spécifier les vertus de leur divin Maître ou à les meltre en évidence et dans le jour où elles sont susceptibles de briller davantage; ce n'est que par ses actions et ses discours, et non par les observations de ses historiens , que nous pouvons recueillir les divers traits vraiment transcendants de l'excellence de son caractère. C'est bien là qu'on peut voir la

DEMONSTUATION KVANGELIQUi:. t'OIVIEUS.

modestie de la vérité, mise en contraste avec la vaniteuse ostentation de l'imposture.

Le Coran est minutieux, extravagant, et se perd en détails ridicules dans le tableau des châtiments et des récompenses à venir, soit qu'il dépeigne les horreurs des uns et les délices des autres. Il décrit des choses qu'on ne peut et qu'il ne faut pas décrire, et il entre dans des détails trop épouvantables ou trop licencieux pour qu'on puisse les présenter à l'esprit.

Dans l'Evangile, au contraire, les peines et les félicités de la vie à venir sont représentées brièvement, en termes expressifs, mais généraux et indéfmis, qui suffisent pour leur donner une influence bien marquée sur l'esprit, mais qui n'est pas faite pour le troubler.

Il y a encore une autre marque vraiment capitale de distinction entre le Coran et l'Evangile. Mahomet décèle, malgré lui, dans tout le cours de son livre, la plus grande inquiétude sur l'objection assez naturelle de ne pas prouver sa mission par des miracles, et il cherche souvent à se justifier des inculpations qu'on peut lui faire. C'est toujours là l'^embarras où se trouve l'imposture : elle est constamment soupçonneuse et en crainte d'être démasquée, toujours sur le f/ui vive à la plus légère apparence d'hostilités, empressée d'aller au-devant des accusations de ses adversaires, et prompte à les repousser, même avant qu'ils les lui fassent.

•^a vérité n'ayant aucun besoin de pareilles précautions, ne les emploie jamais. Nous ne voyons rien de ce genre dans l'Evangile. Les historiens sacrés ne montrent point la moindre inquiétude, ne prennent pas la plus légère peine pour aller au-devant des cavillalions ou écarter les difficultés. Ils racontent bonnement et simplement ce qu'ils savent être vrai. Eux-mêmes n'en doutent point et ne paraissent pas avoir la plus légère crainte que les autres puissent en douter. Ils laissent les faits parler pour eux-mêmes, et les lancent dans le monde pour y percer, comme ils l'ont fait eux-mêmes, sans protection, avec leur seule force nalui elle qui consiste dans leur incontestable vérité.

Tels sont les traits caractéristiques de Mahomet et de sa religion, d'une part, aussi bien que du Christ et de sa religion de l'autre ; et jamais on n'a vu en pareil cas de contraste plus fort ni plus frappant. Ils sont, en un mot, dans tous les points essentiels, les opposés directs l'un de l'autre ; et comme il est généralement reconnu que Mahomet n'était qu'un imposteur, on a droit de conclure que le Christ, qui fut tout le contraire de Mahomet, est véritablement l'envoyé du Ciel. Nous trouvons, dans Mahomet, toutes les marques dislinctives de la fraude ; on n'en rencontre pas une seule dans Jésus : bien loin de là, c'est qu'on y reconnaît toutes les indications et tous les caractères possibles de la vérité.

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