‹ Dâemonstrations âevangâeliquesChapitre 183 sur 202 · PROPOSITION X · texte numérisé non relu

PROPOSITION X

Les prophéties faites pur notre Sauveur luimême prouvent qu'il avait cette prescience des événements à venir qui n'appartient qu'à Dieu seul , ou à ceux qui sont inspirés de lui.

Le Christ annonça, d'une manière trèsparticulière et à différentes reprises, sa propre mort et les circonstances particulières qui l'accompagneraient; que le prince des prêtres et les scribes le condamneraient à mourir et le livreraient aux gentils, c'est-àdire au gouverneur Ponce-Pilate et aux soldats romains, pour qu'ils le baffouassent, le ballissenl de verges et le missent en croix ; qu'il serait amené entre leurs mains par trahison ; que Judas Iscariote était celui qui devait le trahir; que tous ses disciples l'abandonneraient pour prendre la fuite, et que Pierre en particulier le renierait trois fois en une seule nuil. 11 prédit de plus (ju'il ressusciterait le troisième jour; (ju'après son ascension au ciel, il enverrait sur ses apôtres son Saint-Esprit; qu'il les mettrait en état d'opérer un grand nomi)re de miracles. Il prédit également un grand nombre de particularités relatives au succès futur de l'Kvangile, ainsi que ce qui arriverait à quelquesuns de ses disciples ; il leur annonça quelle opposition et quelle persécution ils auraient à combattre et à vaincre pendant qu'ils prêcheraient sa doctrine; il particularisa le genre de mort dont mourrait Pierre, ei voulut que saint Jean survécût, comme il le fit, à la destruction de Jérusalem; il prédit que nonobstant les oppositions et les persécutions de tout genre, l'Evangile aurait un tel succès, qu'il se répandrait dans tout l'univers : enfin, il annonça le sac de Jérusalem avec des circonstances si particulières et des détails si minucieux , qu'on trouve aux vingt-quatrième chapitre de saint Matthieu, treizième de saint Marc et vingt et unième de saint Luc, que personne des gens qui lisent la description de cet événement dans les historiens du temps, ne peut douter le moins du monde de la divine prescience de notre Sauveur. Nous avons un narré fort authentique, trèsexact et très-détaillé du siège de cette ville par les Romains, qui nous a été transmis par Josèphe, historien juif contemporain ; et la description qu'il nous fait de cotte épouvantable calamité correspond si parfaitement avec la prophétie de notre Sauveur, que l'on serait tenté de croire, si l'on ne savait positivement le contraire, que ce morceau a été écrit par un chrétien , précisément pour mieux faire ressortir la prédiction. Ce pouvoir de prédire les événements futurs est une preuve évidente et claire que le Christ venait de la part de Dieu, et qu'il en avait reçu celte connaissance anticipée de l'avenir.

PROPOSITION XI. Les miracles faits par Notre-Seigneur démon-

irenl qu'il était doué d'une puissance divine.

Quoique les propositions précédentes contiennent des preuves infiniment convaincan-

tes de la divine mission du Christ, ainsi que de la divine autorité de sa religion, il faut avouer néanmoins que le plus irrécusable de tous les témoignages à cet égard, est celui qui résulte dos miracles étonnants et bien attestés, par lesquels il a fait l'ouverture de son ministère et l'a terminé. Il guérit les maladies les plus invétérées , il fit marcher les boiteux, il ouvrit lesj^yeux des aveugles et les oreilles dos sourds, il chassa les démons, il marcha sur les flots, il nourrit cinq mille hommes avec quelques morceaux de pain et quelques poissons; enfin il rappela des morts à la vie. Ces miracles furent tous opérés à la face du jour, à la vue d'une multitude de témoins à qui l'on ne pouvait en imposer sur des choses qu'ils voyaient clairement de leurs propres yeux, de témoins qui avaient la faculté de les vérifier autant qu'ils le trouvaient bon, et qui les examinèrent en effet plusieurs fois avec la plus grande exactitude, et mémo l'intention do les trouver faux, pour peu qu'ils eussent prêté matière au doute, comme on le voit dans l'exemple très-remarquable de l'aveugle guéri par Noire-Seigneur, au neuvième chapitre de saint Jean, fait que je recommande plus particulièrement à la sérieuse attention de mes lecteurs.

Je conviendrai que les miracles étant des faits très-rares et extraordinaires, exigent que les témoignages que l'on produit en leur faveur soient d'un grand poids; d'un beaucoup plus grand poids, il faut l'avouer, que ceux dont on appuie les événements ordinaires dont l'histoire nous transmet le souvenir : aussi les miracles de Jésus-Christ ont-ils ce témoignage d'une force extraordinaire pour les soutenir; témoignage d'une force telle qu'il serait impossible de produire d'exemple où elle ait été égalée; témoignage tellement compétent enfin, pour suffire à démontrer la réalité du plus grand miracle qui ait jamais été exécuté.

Indépendamment d'une foule d'autres personnes qui furent témoins oculaires de ces miracles, auxquels ils rendirent hommage en se convertissant, d'après la conviction opérée en eux, il y eut douze hommes surnommés apôtres, simples, honnêtes, candides £t sans préjugés, que Notre-Seigneur choisit pour l'aocompaguer incessamment, et être ses amis, qui se trouvaient toujours autour de sa persoime, qui suivaient ses pas dans tous ses voyages, entendaient tous ses discours, voyaient tous ses miracles, et assistèrent enfin à toutes les différentes scènes de sa vie, de sa mort et de sa résurrection, jusqu'au moment où il monta au ciel. Ces hommes étaient parfaitement en état de juger si les œuvres qu'ils virent faire à leur maître étaient ou non des miracles réels; ils pouvaient assurément bien dire si quelqu'un qu'ils avaient connu pendant toute sa vie dans l'état de cécité avait soudainement recouvré la vue par l'intorvention de Notre- Soigneur, qui s'était borné, pour celte cure merveilleuse, à prononcer un mot ou à lui toucher les yeux : ils pouvaient encore dire si on l'avait vu ou non marcher en plein jour

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