‹ Dâemonstrations âevangâeliquesChapitre 27 sur 202 · CHAPITRE VIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIL

CONCLUSION DE L'oUVRAGE.

Résunions ici tout ce que nous avons dit. il est certam qu'il y a un Dieu. S'il y a un Dieu, il faut une religion aux hommes pour l'honorer et pour lui montrer leur obéissance. On a vu déjà que , hors du sein de l'Kglisc catholique, il n'y a aucune religion de vraie,

ni parmi les hérétiques ni parmi les infidèles. 11 n'y a aucun homme de sens qui ne reconnaisse que l'ancienne religion des pa'i'ens n'était qu'une impiété, un amalgame de fourberies, comme avant nous l'avaient reconnu les philosophes païens eux-mêmes. La religion juive a été vraie jusqu'à la venue de Jésus-Christ. Mais depuis, si l'on examine les prophéties inscrites dans les Ecritures que les Hébreux ont conservées et qu'ils nous ont transmises; si l'on songe qu'elles ont été toutes accomplies et confirmées par les événements, tant en ce qui concerne Jésus-Christ, qu'en ce qui concerne la suite, le châtiment des Juifs, la dispersion de leur nation, la destruction de leur temple , l'abolition de leur règne, et l'anéantissement de leur patrie; qui ne verra , par ces seules preuves , que leur religion aujourd'hui , surtout depuis qu'ils ont embrassé la loi du Talmud, si pleine d'erreurs et d'impiétés, n'est plus une religion, mais une secte d'impies et d'obstinés, qui ne veulent pas voir, malgré l'évidence, que tout ce qui leur avait été prédit sur le Messie a été accompli. La religion mahométane n'est autre chose, comme chacun sait, qu'un mélange d'hébr.risme et d'hérésie, propagé par un homme digue du dernier mépris, un voleur couvert de crimes et de cruautés, qui, avec une bande de scélérats de son espèce, est parvenu à forcer des peuples à embrasser une loi faite plutôt pour des bêtes que pour des hommes raisonnables. Les cultes, ou pour mieux dire, les nombreuses sectes d'hérétiques qui se sont révoltés contre l'Eglise catholique, ne doivent leur origine, comme nous l'avons déjà vu, qu'à l'esprit d'orgueil et d'insubordination.

Ainsi toutes ces religions , ou pour mieux dire ces sectes , sont empreintes de marques de fausseté. Nous avons vu , au contraire , que la religion catholique a tous les caractères qui peuvent en démontrer la vérité. Elle enseigne une doctrine toute sainte et des mystères qui, à la vérité, sont obscurs et supérieurs à l'intelligence humaine , car autrement il n'y aurait point de foi , mais qui ne sont point contraires à la raison ; elle nous donne à accomplir des préceptes saints et raisonnables. Elle a été toujours invariable dans ses dogmes , depuis qu'elle fut établie par les apôtres , et tandis que les autres sectes ont toutes modifié , de temps en temps, leur doctrine , elle est demeurée constante et unifornje dans la sienne. Sa vérité est prouvée parla conversion du monde, qui a abandonné des cultes où il trouvait toutes sortes de liberté , et qui approuvaient tous les vices , pour embrasser la loi de Jésus- Christ , qui nous commande de faire la guerre à nos passions , et qui non-seulement nous défend tout acte vicieux, mais nous ordonne même de nous abstenir de toute pensée coupable. Sa vérité est prouvée encore par l'accomplissement des prophéties , par des miracles et par la constance des martyrs, qui sans les secours surnaturels qui les ont soutenus, n'auraient pu résister aux artifices cl à la cruauté des lyrans. Enfin les preuves

VÉRITÉ DE LA FOI

qui établissent que notre Eglise catholique est la seule véritable Eglise , sont si claires, que , comme le dit Richard de Saint-Victor, chaque catholique pourra justement dire à Dieu , au jour du jugement : Domine , si error est quem credidimus , a te decepti sumus ; ita enitn signis doctrina hœc confirmata est, quœ , nisi a te, fieri nonpotuerunt [Lib. \de Trinit., cap. 2).

Ainsi donc , de même qu'au temps de Noé tous ceux qui furent hors de l'arche devinrent la proie de la mort; de même , depuis la propagation de la loi de grâce , quiconque sera demeuré en dehors de l'Eglise catholique, doit perdre tout espoir de salut. Tamerlan avait tort de dire que , comme il est glorieux à un prince d'avoir sous son empire beaucoup de nations, de mœurs et de coutumes diverses , il convient à la gloire de Dieu d'être honoré par plusieurs cultes différents. Quand les sectaires n'auraient que cette seule raison, que, comme ils le confessent, on peut- faire son salut dans l'Eglise catholique, elle devrait sufGre pour les porter à embrasser notre foi ; car si leur religion est fausse , comme on ne peut pas le mettre en doute, ils sont sans excuse, et ils se perdent; car si notre foi est véritable , et si ce qu'elle enseigne est vrai , nécessairement les autres religions sont fausses , puisque notre Eglise réprouve et condamne toutes les autres. Ce motif a convaincu plus d'un mahométan et plus d'un protestant , qui ont réfléchi sur ce danger. En effet, d'après l'Alcoran et d'après la doctrine des hérétiques , il n'y a point de péril de notre côté , et d'après la nôtre il y a, non- seulement péril dans les sectes, mais il y a certitude de mort éternelle. Ce fut pour cette raison qu'Henri IV, dans le congrès des catholiques et des protestants, qu'il assembla , voyant que les protestants avouaient qu'on pouvait se sauver dans l'Eglise catholique , et que les catholiques soutenaient qu'on ne le pouvait pas faire dans les sectes protestantes , se décida à se faire catholique.

In causa sahf^ts (dit saint Augustin,^écrivant contre les hérétiques de son temps) hoc ipso quis peccat, quod certis incerta prœponat{Lib. I de Baptism., c. 3). Nous avons vu beaucoup d'hérétiques et d'infidèles , au moment de la mort, embrasser notre foi, mais il ne s'est jamais trouvé aucun catholique qui, dans ce même moment, ait embrassé une autre secte. C'est pour cela que Mélanchton répondit à sa mère , qui lui demandait quelle était la religion qui était la meilleure , de la catholique ou de la réformée : La religion réformée est la meilleure pour vivre, la religion catholique est la meilleure pour mourir.

Page 1