‹ Dâemonstrations âevangâeliquesChapitre 32 sur 202 · LIGUORI · texte numérisé non relu

LIGUORI

un qui nous apprend, à nous chrétiens, que Jésus-Christ est vrai Dieu : au contraire les Juifs le regardent conmie un malf.iiteur. Donc, de deux choses l'une, ou Jésus-Christ est vrai Dieu, ainsi que nous le croyons, et alors, comment Dieu peut-il permcllre au\ Juifs de le blasphémer, en en faisant un malfaiteur? ou, ce que croient les Juifs est vrai; mais Dieu peut-il voir avec plaisir que les chrétiens adorent un malfaiteur comme un Dieu? Ah! s'il en était ainsi, notre Dieu serait un Dieu bien absurde.

Le Païen. C'est juste. Mais j'ai entendu dire par d'autres que Dieu se contente délie adoré dans telle ou telle religion , commandée par le prince ou bien par les magistrats sous lesquels l'on vit.

Le prêtre. Voilà encore un système, plus ridicule que le premier. Celui donc qui habile l'Italie où règne la religion catholique est tenu de croire que Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme tout ensemble ; que le même individu aille ensuite à Constantinople , où domine le mahométisme, il faudra qu'il croie que Jésus-Christ n'est qu'un homme, dont la personne n'a aucun caractère divin. Si vous habitiez Rome, vous devriez, avec un pareil système croire comme nous le croyons, nous autres chrétiens, que Jésus-Christ est dans la sainte eucharistie; allez ensuite à Londres, et ce ne sera plus qu'un morceau de pain ordinaire. De cette manière, le même homme dont l'existence sera un peu cosmopolite, aura à se faire une croyance particulière toutes les fois qu'il changera de domicile, de province, de royaume, si ces différentes localités ont différentes religions. Si ce système était vrai. Dieu ferait d'une fausseté manifeste un article de foi. Car si un symbole de foi était diamétralement opposé à un autre symbole de foi, l'un ou l'autre serait vrai , et pas tous deux ensemble.

Le païen. C'en est assez : Je suis convaincu. Réjouissez-vous; dès ce moment je vous appartiens. Je vois maintenant que de toutes les religions contraires à celle que je professe, nulle n'est la véritable, excepté la vôtre. Du moins est-elle la plus certaine, n'y aurait-il que cet avantage, quand il s'agit du salut éternel, c'est folie de ne vouloir pas embrasser le parti le plus sûr. Quant à la mienne, depuis longtemps je nourrissais bien des doutes. Je suis maintenant tout à fait persuadé qu'elle ne peut être vraie. Ce qui se passe parmi nos prêtres détermine encore ma conviction. Il y a dans leur doctrine tant de mobilité, tant de différence et de confusion, que l'un enseigne comme point capital ce que l'autre rejette comme absurde. Je vous remercie donc de m'avoir éclairé.

Le prêtre. Ah I ce n'est point moi qu'il faut rem rcier, mais le Dieu de toute bonté, qui veut vous sauver. C'est lui qui vous a éclairé de sa divine lumière ; c'est sa grâce qui vous a porté à ouvrir les yeux à la vérité. Sans son assistance, mes paroles auraient retenti inutilement à vos oreilles.

Laissez-moi donc accomplir en vous l'œuvre de ce Maître adorable, en achevant de

vous instruire sur tout ce qui concerne notre sainte Religion ; puis je vous administrerai

DtFENSE I>Ë L'EGLISE ROMAINE.

le Baptême ; par la vous deviendrez chrétien et enfant chéri de Dieu.

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