CONTRE LES ATTAQUES DU PROTESTANTISME
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L ouvrage qu'on va lire porte en anglais le compris en France et auquel, nous avons sub-
titre de: The Book of the roman catbolich stitué celui de: l'Eglise Komaittè.
'church, titre qu'on n'aurait veut-être pas C'est l'ouvrage d'un catholique plein de zèle
DÉMONST. ÉVANG. XII. {Sept.)
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et de lumière, d'une foi vive et d'une vaste science, déjà connu, au reste, par divers écrits qui jouissent en Angleterre d'une grande estime, même auprès des protestants, et où la connaissance des livres saints, des Pères, des conciles , l'étude approfondie de l'histoire ancienne et moderne, s'allienl à une pureté remarquable de style et à une grande richesse d'imagination. Sir Charles Butler porte un heau nom; c'est le digne héritier de sir Alban Butler, dont la Vie des Saints doit prendre place dans la bibliothèque de quiconque n'a point appris à rougir du Christ et de son Eglise.
L'Eglise romaine paraît avoir été composée à l'occasion du Livre de l'Eglise da sir Robert Southey, qui est à la fois poé'te, historien, romancier et théologien : ouvrage qui fit beaucoup de bruit en Angleterre, mais dont le ton amer et railleur déplut même aux amis du poêle lauréat. Sir Bubert Southey, s'abandonnant aux inspirations de cette muse mensongère qui revêt de si brillantes couleurs les fabuleuses aventures de Boderik, roi desGolhs, a écrit un roman contre l'Jiglise romaine: c'est ce roman que sir Charles Butler a réfuté avec une supériorité de talent qui a valu à son livre une sorte de succès populaire.
Sans doute la France ne manque pas d'écrits éloquents où la foi catholique est défendue avec talent; toutefois dans un pays comme l'Angleterre, où règne le protestantisme, où la presse jouit d'une liberté illimitée, où le pouvoir religieux relève du pouvoir civil, la pensée et le langage plus indépendants ont dû imaginer quelques objections neuves, d'un ordre plus élevé, plus hardies, plus intimement liées aux formes d'un gouvernement que nous avons adopté nous-mêmes. Ainsi donc, ce ne sont pas ces vieux arguments des sophistes du Bas-Empire, renouvelés depuis par Voltaire et ses disciples, qu'il faut s'attendre à trouver réfutés dans l'ouvrage dont nous publions la traduction ; rarement sir Bobert Southey les appelle à son secours ; il voulait être lu, il parlait à un peuple éclairé; ces arguments
usés n'auraient produit aucun effet. Carliste trouverait peut-être desadmirateufs en France: en Angleterre, c'est de la pitié qu'il excite.
Laissant donc la plupart des dogmes de notre Eglise, dogmes qu'il reconnaît et admet comme nous, Southey a voulu attaquer notre foi, moins dans ses croyances révélées que dans ses pratiques: c'est moins le catholicisme dans son essence que dans son esprit et ses doctrines, qu'il cherche à combattre, et que sir Charles Butler s'attache â défendre, mais avec des armes bien différentes de celtes de son adversaire. Sir Bobert Southey, comme nous l'avons déjà remarqué, et quelques feuilles anglaises lui en ont fait un reproche, est amer, railleur, passionné ; sir Charles Butter est doux, calme, poli: son langage est celui d'un homme qui défend la vérité. Avec quelle puissance de raisonnement il repousse ces imputations de cruauté de superstition, d'intolérance, d'obscurantisme [qu'on nous pardonne l'expression), que sir Bobert Southey reproduit sous toutes les formes contre l'Eglise catholique ! Jamais, nous le pensons, les questions de la vénération due aux saints, du culte des images, des investitures, de la réformation, n'avaient été traitées avec une bonne foi et des lumières semblables. Profondément versé dans les antiquités del'Eglisc d'Angleterre, il jette de vives clartés sur les causes de la mort de Thomas Becket; sur la conduite de saint Dunstan; sur la ré formation opérée par Henri VIII; sur le règne d'Elisabeth, etc., etc.
Nous recommandons comme un modèle de discussion, le chapitre dans lequel sir Charles Butler traite de la puissance temporelle des papes: matière vaste et délicate, et où le savant écrivain a trouvé le moyen d'être neuf.
Le livre que nous offrons au public est un livre de bonne foi; nous apprenons qu'il a éclairé en Angleterre un grand nombre de protestants qui ne marchaient dans les ténèbres que parce qu'on ne leur avait peut-être pas montré ta lumière : puisse notre traduction obtenir en France ce même triomphe, et notre travail sera trop payé. ,