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VIE DE BULLET

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BULLET (jean-baptiste) , professeur en théologie, doyen de l'université de Besançon, membre des Académies de celte ville, de Lyon et de Dijon, correspondant de l'Académie royale des inscriptions et belics-Iellres, naquit à Besançon le 23 juin 1C99. Son goût pour les livres se manifesta de bonne heure : en faisant ses premières études au collège des jésuites, il jetait déjà les fondements de cette collection précieuse de livres et de connaissances quil augmenta jusqu'au dernier jour de sa vie.

L'histoire et la géographie l'attachèrent dès le premier instant ; mais ayant embrassé l'état ecclésiastique, il fit de la théologie et de la discipline de l'Église les principaux objets de ses études. Toutefois il ne négligea pas entièrement les autres sciences : un penchant invincible le ramenait toujours vers les belles-lettres, et surtout vers l'histoire. L'abbé BuUet avait reçu de la nature presque tous les dons propres à former l'orateur : un grand sens, un esprit juste, une imagination assez féconde, une physionomie douce, une assurance modeste, une voix persuasive, et la mémoire si heureuse qu'il disait à ses amis : De tout ce que j'ai lu je ne crois pas nvoir rien oublié. Tant de dispositions, aidées ilu travail le plus assidu, lui firent une réputation dans le ministère de la chaire évangélique.

Nommé, en 1728, professeur de théologie, ensuite d'un concours où il parut avec éclat, il s'occupadela connaissance des langues, persuadé qu'elle est l'entrée des sciences, particulièrement de la théologie, et il apprit, avec un courage surprenant et sans le secours de personne, non-seulement le grec dans toute sa finesse, mais encore l'hébreu, le syriaiîue, le chalda'ique et l'arabe, toutes langues nécessaires pour l'intelligence du texte primitif de l'Ecriture. Pendant plus de quarante-cinq ans que l'abbé Bullet occupa cette

place, ses leçons furent régulièrement suivies par plus de deux cents auditeurs, et il composa des traités théologiques qui sont trèsestimés des connaisseurs. C'est à son école que se formèrent plusieurs ecclésiastiques que l'on a vus se distinguer, comme leur maître, dans la carrière de l'érudition, se disputer les couronnes académiques, présider avec succès à l'éducation de la jeunesse, défendre en même temps les droits sacrés de la religion et maintenir les rits du diocèse.

Toutes les sciences étaient de son ressort et comme il avait une passion inconcevable pour le travail, tous ses moments étaient remplis, il étudiait même pendant ses repas, lorsqu'il les prenait seul. Cependant il était très-communicatif,et il accueillait avec bonté ceux qui venaient recourir à ses lumières.

L'abbé Bullet a beaucoup écrit, et la plupart de ses ouvrages en ont fait un des apôtres du dix-huitième siècle.

On doit placer dans ce nombre ceux qui ont pour titres : De apostolica Ecclesiœ gatlicanœ origine, Basauçon, 1732, in-12; Histoire de T E inOlisscmenl du christianisme, tirée des seuls auteurs juifs el païens, oùTon trouve une preuve solide de la vérité de cctlereligion, Lyon, 1764, iit-i"; traduit en anglais par Wil-Salisbury. Londres, 1782, in-8- : l'Existence de Dieu, démontrée par les merveilles de la nature, Paris, 17(58, 2 vol. in-12, réimprimé en 1773 ; Réponses critiques aux difficultés p)oposéses par les incrédules sur divers endroits des livres saints, Paris, 1773, 3 vol. in-12.

Ceux des ouvrages de l'abbé Bullet qui n'ont pas pour objet les vérités de la religion sont : Recherches historiques sur les cartes à jouer, Lyon, 1737, iîi-8°; Dissertations sur différents sujets de VHistoire de France, Besançon, 1759, in-8°; Dissertations sur la my thologie française et sur plusieurs points cu^ vieux de l'Histoire de France, Paris, 1771,

in-12; Mémoires sur la langue celtique, contenant l'histoire de celte langue et un dictionnaire des termes qui la composent, Besançon, 1754, 1759 cl 1770, 3 vol. in-fol. Cet <ur/i";ige osl lo produit d'une iinmcuse cnulilion.

La religion et les leltrcs le perdirent le 6 septenil)re 1773, lorsqu'il éîait dans sa soixante-seizième année. 11 laissa une bibiiolhè(iue Irès-nombr; use et bien choisie, dont les bénédictins de Favernay firent l'acquisition,et qui (aitaujourd'hui parlicdeia bibliothèque départementale de la Haute-Saône.

M. Grappin publia, aussitôt après la mort de M. BuUct, dans le Journal ecclésiastique,

une notice historique sur le savant professeur, et M. Droz prononça son éloge dans une séance solennelle de rAcadémie de Besançon.

L'Eglise eut à regretter en lui un zélé défenseur et l'université de Besançon un de ses membres les plus distingués. Sa profonde vcnéralion pour tout ce qui appartenait à la religion caliiolique, sa tendre pieté et la candeur de ses mœurs le firent universellement regretter. 11 fut respecté des pseudo-philosophes eux-mêmes, dont plusieurs n'ont pu s'empêcher de rendi'e hommage à ses vertus et à ses talents.

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