‹ Dâemonstrations âevangâeliquesChapitre 47 sur 202 · OU L'ON TROUVE UNE PREUVE SOLIDE DE LA VÉRITÉ DE CETTE RELIGION · texte numérisé non relu

OU L'ON TROUVE UNE PREUVE SOLIDE DE LA VÉRITÉ DE CETTE RELIGION

vHacc.

Pour s'assurer de la vérité des faits sur lesquels noire sainte religion est élablie, on a exigé des témoins qui n'aient pas été chrétiens ( Pensées philosnphiques, n. k(î ). Nous les produisons avec confiance. Dieu , qui a voulu revêlir le chrisîianisp.ic de tous les genres de preuves, n'a pas permis qu'il manquât de celles qu'il peut tirer de la bouche de ses ennemis. Ce n'est pas que les Juifs et les païens aient eu en vue de conserver la mémoire de l'établissement et des progrès de l'Eglise. La haine ne leur permettait pas d'écrire avec exactitude ce qui regardai! une société qu'ils se sont toujours efforcés d'anéantir. Mais, ô profondeur des conseils de Dieu ! les calomnies, les salires, les railleries, les injures, les édits de proscription, les arrêts de mort que celte aversion leur a dictés, nous font connaîire de quelle manière l'Evangile s'est répandu : et voilà les seuls mémoires qui nous restent pour coaiposercelte histoire, conformément au dessein que nous nous sommes proposé.

M. Huet dans sa Démonstration évangélique, et tant de savants qui, depuis deux siècles, ont écrit pour la défense du christianisme, oiU presque tous inséré dans leurs ouvrages ce que plusieurs pa'icns ont dit d'avanlageux pour n(tlre religion. Le père de Colonia, ajoutant à ces divers témoignages ce «lui pouvait contribuer à faire connaître

les auteurs d'où ils claicnl tirés , en a composé un traité entier (1). Ce livre, dépouillé des ornements étrangers au sujet, ne fait (lu'une petite partie de celui que nous présentons au public. On trouvera ici : 1" un plus grand nombre de monuments lionorables au christianisme; 2" nous ne rapportons pas seulement les aveux que la force de la vérité a heureusement arrachés de la bouche des pa'ïens en noire faveur , mais encore les caloiwnies que la passion leur a dictées contre nous, et nous montrons que, par les faits que ces imposteurs indiquent ou supposent, elles ne contribuent pas moins à la gloire de l'Eglise, que les éloges que plusieurs d'entre eux lui ont dcne.és ; 3* nous joignons les Juifs aux païens d:ins cet ouvrage, puisque les uns n'étant pas moins nos ennemis que les autres, leur déposition pour nous doit élre d'un poids éga.l. Nous lirons de Josèphe une preuve invincible de la réalité des prodiges de Jésus-Christ, même en abandonnant lo fameux passage qui se lit dans cet hisloricn louchant ce divin Sauveur. Nous rapportons plusieurs textes du Talmud, des Midrascim, des plus anciens rabbins, d'amples extraits des Sepher Toldos, d'où naissent des conséquences très-avanlagcuses à la cause que

(I) Col ouvrage du P. do. Coloiii:i a pour lilre . La reiiflioii cil élienne autoihée pur le témoignage des anciens au^ {cnrs paiens.

HISTOIRE DE L'ÉTABLISSEMEiNT DU CUUISTIANISME,

nous défendons ; k" on ne se contente pas de transcrire ici quelques passasses isolés, on forme une histoire suivie de l'établissement du christianisme; 5' on détaille dans un discours tout co que cet établissement présente de surprenant, et on montre qu'il ne peut être que l'ouvrage du Très-Haut ; C eiiiin, comme parmi les monuments que nous aurions pu employer, il y en a quelques-uns que des personnes habiles ont estimes douteux ou suspects, on n'en a fait aucun usage et on les a renvoyés à la tin do l'ouvrage, sous le lilre de Preuves conlcsiées, mais parce que la censure qu'on en a portée nous a paru trop sévère, nous nous sommes oiïorcés de rétablir leur autorité, et de répondre à tout ce qui a été allégué pour la leur ravir.

En ne nous permettant point d'user d'autres matériaux que de ceux que nous fournissent les Juifs et les païens, on doit s'attendre à trouver des vides dans la narration. Nous n'avons pas voulûtes remplir par les récits les plus assurésdes auteurs chrétiens, pour ne pas priver notre ouvrage du plus précieux de ses avantages, ce.ui de ne faire connaîlre les miracles et les vertus de Jésus, de ses apôtres et do leurs disciples, que par le rapport de leurs ennemis, ce qui met ces faits au-dessus de toute censure.

On présente donc ici à ceux qui attaquent le christianisme, la seule espèce de preuve qu'ils aiïoctenl de nous demander, et à laquelle ils consentent de se rendre, l'aveu de gens qui n'étaient pas prévenus pour notre religion, qui non-seulement ne cherchaient pas à la favoriser, mais qui faisaient encore tous leurs elïorts pour la combattre. Ils verront, par la candeur avec laquelle nous rapportons les objections de nos anciens ennemis, par l'attention singulière que nous avons de nepointdissinmler leurs sentiments, que nous ne cherchons à surprendre personne, mais uniquementà montrer la vérité. Ils reconnaîlronti'injustice du reproche qu'ils ont si souvent fait aux chrétiens, d'avoir tâché d'anéantir tous les monuments contraires à notre créance. Loin de craindre qu'ils ne soient connus, nous les produisons nousmêmes, parce qu'ils forment en notre faveur la démonstration la plus complète.

Je prie les simples lidèles qui liront cet ouvrage, de ne point perdre de vue mon dessein, de se souvenir que ce n'est pas moi, mais les Juifs et les païens, qui parlent dans celte histoire. Ainsi loin d'être scandalisés des blasphèmes qu'on y rapporte, ils béniront la Providence de Dieu, ils s'alTermiront dans la loi en voyant les avantages que nous tirons de ces impiétés.

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