‹ Dâemonstrations âevangâeliquesChapitre 51 sur 202 · OBJECTIONS · texte numérisé non relu

OBJECTIONS

Première objection. — Non , disaient les païens, il n'y a rien de surnaturel dans l'établissement du christianisme. Ses succès sont dus à l'adresse de Jésus et des apôtres. C'étaient, pour user de l'expression de Celse, des charlatans, qui par leurs tours ont su faire illusion et persuader à la populace qu'ils étaient des hommes divins. L'histoire du faux prophète Alexandre, écrite si agréablement par Lucien, montre avec quelle facilité on peut tromper les simples.

Il est assez plaisant de voir un artisan comme Jésus , des pêcheurs grossiers comme les apôtres {voyez la preuvel},i]uc Celse traite de sots, destupides, d'idiots,' transformés par ce philosophe en joueurs de gobelets , assez habiles pour en imposer aux personnes les plus éclairées et les plus intéressées à découvrir et à faire connaître leurs artifices. Si les apôtres avaient acquis de l'autorité par leurs tours d'adresse, il était aisé de la leur enlever. Les princes , les magistrats, les prêtres, qui avaient si fort à cœur la conservation du culte de leurs dieux, n'avaient qu'à faire venir d'autres charlatans; en manquait-il dans l'empire? Qu'à les engager à faire devant le peuple les înêmes tours qui avaient accrédité les pécheurs galiléens. Le secret se serait ainsi dévoilé, chacun aurait été convaincu par ses propres yeux que ce n'était rien moins que des prodiges. Le parallèle que l'on fait de Jésus et de ses apôtres avec Alexandre est tout à notre avantage. Los fourberies de ce faux prophète tendaient à autoriser une nouvelle apparition d'Esculape sous la forme d'un serpent. Il n'y avait là rien d'opposé aux idées l'oçues et au système de la religion païenne. On croyait que ce dieu s'était déjà montré sous cette figure. Quelle difficulté y avait-il donc à penser qu'il voulût encore faire celle faveur aux hommes? Si Alexandre avait, comme Jésus et les apôtres , attaqué la religion dominante; si, par ses impostures , il avait voulu renverser les autels des dieux, alors la puissance publique se serait saisie de sa personne; et en faisant voir le serpent prive dont il se servait pour faire illusion, elle aurait détrompé le peuple. D'ailleurs, ce fourbe ne laissa ni sectateurs, ni disciples. Les apôtres au contraire for-

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mèrent, dans toutes les parties de l'univers, des Eglises florissantes qui subsistent encore aujourd'hui. Qu'on jugea présent, si l'on est en droit de comparer Jésus avec le faux prophète Alexandre?

Deuxième objection. — Celse a senti qu'on ne se conlcntorait pas dun dénoûrncnt si ridicule; il a recours à un autre, que Porphyre et Julien ontadoplé ( Voyez les preuves 12 et 20). Jésus, les apôtres et leurs disciples, étaient des magiciens. C'est par le secours de la magie qu'ils ont fait les prodiges qui ont séduit les peuples : défaite aussi vaine que la précédente. Iih ! comment les démons auraieni-ils communiqué leur puissance à des hommes qui venaient détruire leurs autels ? Au ler.ps d<> la publication de l'Evangile , tout l'empire cl la Judée mémo étaient remplis de magiciens (136). Jésus et ses disciples auraient ils pu s'autoriser par des prestiges alors si communs, et s'autoriser assez pour se faire suivre d'uuc multitude inno;;;brable jusque sur les échafauds ? Les magiciens, par les choses surprenantes qu'ils opi raient, ne se conciliaient ui vénération, ni crédit : au contraire, on n'avait pour eisx que de l'horreur (137). Ainsi Jésus et les apôtres n'auraient pu, par cette voie, s'attirer que l'exécration universelle; loin de les sui\re, on les aurait évilés comme dos hommes qui étaient en commerce avec les démons; car tel était le jugement que les païens mê-

mes portaient des magiciens. Mais accordons encore qu'ils aient été assez habiles pour persuader au peuple que ce n'était point par le [)Ouvoir des démons, mais par l'intervention de quelque divinité, qu'ils faisaient des choses surprenantes , ils n'auraient pu, même dans ce cas, persuader personne. En voici la raison : Les dieux avaient opéré, et opéraient encore chaque jour en plusieurs lieux des merveilles que les païens mettaienten parallèle avec celles de Jésus et des apôtres ( Voyez les preuves 91, 92 ), Apollonius, Vespasien, Apulée, Plotin, Jamblique, Maxime et plusieurs autres philosophes platoniciens , firent des prodiges qui tendaient tous à aflermir l'idolâtrie (Voyez les preuves 12,26, 27); on ne croyait point que les prodiges fussent dos opérations des démons, mais on les attribuait à l'intervention des dieux. Dès qu'il n'y aurait eu que des prodiges de même espèce pour l'une et pour l'autre religion, on n'aurait pu se déterminer par là en faveur de la nouvelle, et on ne peut douter qu'alors l'ancienne religion, pour laquelle on avait un attachement si fort, n'eût été préférée à une religion nouvelle, sévère, révoltante, enseignée par des gens autant haïs que mé|)risés, proscrite et poursuivie par les lois. Il fallait donc , pour faire recevoir le christianisme des prodiges d'un ordre supérieur à ceux qui autorisaient la religion païenne, des prodiges qui fissent taire les merveilles opérées par les dieux, des prodiges qui montrassent avec évidence que rrr. merveilles n'étaient que des prestiges du démon, des pro 'ges dans lesquels la main du souverain Etre fût mar-

quée d'une manière si vive et si manifeste , qu'on ne pût la méconnaître : ainsi, puisque la religion chrétienne a prévalu, et qu'elle n'a pu triompher que par ce moyen, nous devons nécessairement conclure que le Créateur de l'univers a déposé en sa faveur, qu'il l'a autorisée par des miracles qui n'ont pu venir que de lui ; d'où par une conséquence également nécessaire, il résulte évidemment que cette religion est véritable, qu'elle est divine.

Troisième objection. — Mais il n'y eut d'abord que la populace qui embrassa le christianisme ; et quel foiul faire sur le jugement (le gens de cette espèce? de quel poids peut être le suffrage? il n'est pas vrai que les premiers qui renoncèrent au culte des dieux aient tous été d'une basse conililion( Foî/e3 la preuve 115j; mais je veux accorder, pour un moment , cette supposition à nos adversaires. Qui ne sait qu'il n'y a personne qui soit plus attaché que le peuple à la religion dans laquelle il a été élevé, à la religion de ses pères et de ses .".ncétres, surtout si cette religion est agréable et pompeuse? Qui ne sait que le peuple a coutume de suivre l'éclat de la forlune, la prospérité, les préjugés de l'éducation, et qu'il abandonne la veritémêmequand elle est privée de ces secours? Si le peuple suit quelquefois aveuglément de nouvelles doctrines, ce ne sont que des doctrines qui s'accoinmodent avec la religion qu'il professe, des doctrines qu'il regarde comme des conséquences de cotte religion, mais non des doctrines ([ui la détruisent absolument. Ainsi, le suiTrage du peuple païen, qui abandonne une religion d^iiis laquelle il est né, une religion qui lui offre tout ce qui peut charmer les sons et flatter le cœur, pour une religion telle que la chrétienne, est du plus grand poids. J'.ijoute que nos adversaires, en ne faisant d'abord embrasser le christianisme que par la populace, augmentent le prodige do son établissement. Ce peuple , qu'on méprise si fort, quo l'on regarde comme livré à l'ignorance et à l'erreur, dans lequel on s'étonne de trouver quelque étincelle de raison, a fait approuver son choix à presque tous les hommes , du temps même des persécutions; il est deve.u le maître des sages, des savants et des philosophes.

Quatrième objection. — Dira-t-on que l'homme se lasse de tout, et que c'est à son inconstance que le christianisme doit ses succès ? J'avoue que Ihomnie est volage ; mais c'est dans le choix des plaisirs. Notre cœur n'est point floltant entre le plaisir et la peine. Fixé au premier de ces objets, jamais il ne se portera naturellement à préférer les souffrances, les supplices, la mort, aux charmes et aux agréments de la "vic. Comn.ent veut-on donc que/, poussé par sa seule inconstance, l'homiiie ait quitté li'iolâlrie, qui ne lui présentait rit n (|U(! d'agréable, pour embrasser le christianisme, où tout ce qui s'olîrait à ses yeux était pénible et fâcheux?

Cinquième objection.— 11 n'y avait rien de si aisé, disent nos adversaires, que d'abattre

lIlSTOmE DE L'ÉTABLISSEMENT DU CHRISTIANISME.

î'yiolâtrie. C'est un système de religion si monstrueux et si ridiiulc, qu'il ne faut point d'olTorts pour le renverser, surfout dans un siècle éclairé et poil. Ici qu'était celui ou parurent les apôtres : il y a scande apparence qucles hommes étaient alors dégoûtés de toutes les fabies et de toutes les chimères qu'ils avaient crues jusque-là.

11 est bien vrai que l'idolâtrie est la honte de la raison, mais Téducation et la coutume, qui cachent aux honunes les plus grands ridicules, voilaient aux païens les extravagances de leur religion.

S'il était facile de renverser l'idolAtrie, pourquoi tous ces philosophes, que la Grèce a nourris dans son sein pendant tant de siècles, et qui étaient dans une si haute considération parmi leurs concitoyens, n'ont-ils jamais tenté de le faire (138j? D'où vient qu'au contraire, ils ont lâchement encensé avec le peuple ces dieux au'ils méprisaient dans leur cœur ? Pourquoi Socrate, que l'oracle de Delphes avait déclaré le plus sage des hommes, fut-il puni de mort pour avoir dit quelques mots contre les divinités d'Athènes, quoiqu'il les eût publiquement honorées pendant tout le cours de sa vie? Pourquoi les Juifs, répandus dans tout l'empire romain et dans la Perse avant la venue de Jésus, faisant hautement profession de n'adorer qu'un seul Dieu, pur esprit, n'ont-ils fait tomber les idoles en aucun endroit? Allons plus loin. S il était aisé d'abattre l'idolâtrie, cette entreprise n'a dû être plus facile pour personne que pour les empereurs Anlonin et Marc-Aurèle : ils étaientl'un et l'autre grands philosophes ; ils ne méconnaissaient sûrement pas le ridicule du paganisme ; ils étaient universellement chéris, respectés, eslimés ; ils étaient les maîtres du monde ; ils régnaient dans l'empire par leur dignité , et sur les peuples barbares par leurs vertus. Quelle déférence ne devaient-ils pas se promettre , puisqu'on a tant d'empressement à entrer dans les sentiments et dans les inclinations des princes? Ils n'ont cependant jamais osé éclairer les hommes sur un point si important. Qu'on voie , par leur conduite , s'ils ont jugé ce projet facile.

Si les hommes étaient lassés des chimères et des extravagances de l'idolâtri;' , ils devaient applaudir aux apôtres et à leurs disciples; il n'en a pas été ainsi. On s'est déchaîné universellement contre eux ; on les a regardés comme des impies ; on les a persécutés pendant trois cents ans avec fureur ; et leur attentai a paru si atroce, qu'on a inventé de nouveaux supplices pour les punir. Dans l'établissement du christianisme, il ne s'agissait pas seulement de montrer le ridicule de l'idolâtrie, et de faire adorer un seul Dieu ; mais il fallait faire adorer un homme crucifié, persuader une doctrine incompréhensible , faire pratiquer une morale révoltante, déraciner des habitudes vicieuses, non -seulement invétérées dans l'homme, mais aussi anciennes, pour ainsi dire, que les nations mêmes; il fallait changer tout l'homme , il fallait changer tous les hommes.

Si l'on trouve cela aisé, que l'on me dise ce qui peut être difficile.

Sixième objection. — Selon nos adversaires, on a engagé les hommes à faire les sacrifices que le christianisme demandait d'eux, par la trompeuse espérance d'une félicité éternelle après leur mort. Ne voit-on pas tous les jours, disent-ils , des marchands exposer les biens dont ils jouissent , et essuyer des travaux sans nombre, pour courir, à travers mille hasards et mille dangers, à une fortune incertaine ?

Il est vrai ; mais l'espérance des commerçants est appuyée sur les succès de ceux qui les ont précédés dans ce même dessein, succès dont ils sont les témoins, succès qu'ils envient; et les hommes ne voient point ces couronnes immortelles que les chrétiens achetaient par tant de supplices. D'ailleurs la religion pa'ïenne promettait aussi après la mort, dans les champs Elysées, un bonheur éternel, formé par la réunion de tous les plaisirs dont on avait fait sa félicité pendant la vie; elle promettait ce bonheur aux gens de bien ; et, selon ses maximes, il en coûtait très-peu pour l'être. Le christianisme ne faisait espérer qu'un bonheur tout spirituel, et il exigeait pour cela les plus grands sacrifices. Promesse pour promesse, le bonheur que proposait le paganisme était bien plus propre à se f"i "^ désirer des hommes dont il était connu, qu'une félicité spirituelle qu'ils ne pouvaient se figurer. Promesse pour promesse, il était bien plus naturel de choisir celle qui coûtait peu, que celle qui coûtait tout. Que nos adversaires nous donnent, s'ils le peuvent le dénoûment du choix incompréhensible des chrétiens.

Septième objcrtion.—Soxis]e règne de Lysi» machus, les habitants de la ville d'Abdère furent tourmentés d'une fièvre chaude trèsviolente, qui finissait le septième jour par une perte de sang ou une sueur. Ce qu'il y avait de singulier dans cette maladie, c'est que tous ceux qui en étaient atteints déclamaient avec véhémence des tragédies, et particulièrement l'Andromède d'Euripide. Toute la ville était pleine de ces acteurs d'une semaine, qui tous, pâles et décharnés, s'écriaient à haute voix : 0 Amour, tyran des dieux et des hommes 1 et continuaient ce qui suit dans le rô'e de Persée. Cela dura jusqu'à la venue de l'hiver, dont le grand froid fit cesser cette maladie. Elle venait, à ce que croit Lucien, de qui nous tenons cette histoire, de ce qu'Archélaiis, acteur trés-célèbre, avait représenté, au milieu d'un été fort chaud, cette tragédie d'Euripide d'une manières! véhémente, que plusieurs sortirent du théâtre avec la fièvre, et tout hors d'euxmêmes se mirent à déclamer la tragédie dont ils venaient d'être les spectateurs.

M. Bayle (art. Abdère), après avoir rapporté cette histoire, fait la remarque suivante :

« Je pense que les premiers qui donnèirent celte comédie dans les rues, après que leur fièvre continue fut passée, gâtèrent plusieurs

DEMONSTRATION ÈVANGELIQUE. BULLET.

autres convalescents (a). Les dispositions étaient favorables alors aux progrès de cette contagion. L'esprit est sujet aux maladies épidéiniques, comme le corps; il n'y a qu'à commencer sous de favorables auspices, et lorsque la matière est bien préparée. Qu'il s'élève alors un hérésiarque ou un fanatique, dont l'imagination contagieuse et les passions véhémentes sachent bien se faire valoir, ils infatueront en peu de temps tout un pays, ou pour le moins un grand nombre de personnes. En d'autres lieux ou en d'autres temps ils ne sauraient gagner trois disciples. Voyezmoi ces filles de Milet, qui furent pendant quelque temps si dégoûtées du monde, qu'on ne put les guérir de la fantaisie de se tuer qu'on menaçant d'exposer nues aux yeux du public celles qui se tueraient. Le remède seul témoigne que leur passion n'était qu'une maladie d'esprit, où le raisonnement n'avait nulle part. On vit à Lyon quelque chose de semblable vers la fin du quinzième siècle. La différence qu'il y a entre ces maladies et la peste, ou la petite vérole, c'est que celles-ci sont incomparablement plus fréquentes. Je croirais volontiers que le ravage que le comédien Archclaùs et le soleil firent dans l'esprit des Abdériles, est moins une marque de stupidité que de vivacité; mais c'était toujours une marque de faiblesse, et je m'en rapporte à ceux qui ont observé quelles gens étaient les plus ébranlés de la représentalion d'une pièce de théâtre. »

Ne pourrait-on pas, diront nos adversaires, se servir de ce dénoûment pour expliquer le progrès de l'Evangile? Les apôtres ayant l'imagination échauffée des prodiges qu'ils croyaient avoir vu faire à leur maître, les auront racontés avec enthousiasme, et auront ainsi communiqué leurs sentiments à des cerveaux faibles, qui les ont transmis à

I (fl) M. Bayle se trompe : ce n'est pas après, mais pendant leur semaine de fièvre, que les abdérilains déclamaient ,des tragédies.

d'autres par la même voie; ainsi le christwnisme ne serait qu'un fanatisme ou une manie contagieuse, qui se serait étendue de proche en proche, et perpétuée d'âge en âge.

Accordons qu'il est des maladies épidémiques sur les esprits comme sur les corps : pourra-t-on nous montrer dans l'histoire quelque peste qui ait constamment ravagé l'univers pendant trois cents ans, et qui n'ait pas encore été éteinte après dix-sept siècles. La manie des Abdéritains, qui ne sortit point de l'enceinte de leur ville, et que l'hiver suivant fit cesser, peut-elle établir la possibilité d'une frénésie universelle, qui dure depuis si longtemps? La crainte de l'infamie arrêta la folie des filles de Milet : comment donc, avec la crainte de l'infamie, celle des supplices les plus affreux, des morts les plus cruelles, n'aurait-elle rien pu sur la prétendue folie des fidèles ? Les païens n'ont pas regardé les chrétiens comme des fous ; ils tâchaient, à force de tortures, de leur faire abandonner leur religion. Punit-on les insensés? on les plaint. Cherche-t-on par la violence des tourments à leur faire quitter leur manie ? en sont-ils les maîtres? Ajoutons que les païens, après des informations juridiques, ont reconnu la régularité des mœurs de» chrétiens: bien plus, ils se sont proposé leur conduite pour modèle. Voilà ceux que nos adversaires voudraient nous donner pour des insensés {Voyez la Lettre de Pline à Trajan, les Lettres de Julien, et ce que nous avons rapporté de l'empereur Alexandre).

On n'oserait supposer assez d'ignorance dans nos adversaires pour leur faire opposer les progrès du mahométisme à celui du christianisme; car chacun sait que la première de ces religions s'est répandue par les armes , et qu'elle ne doit ses succès qu'aux victoires de Mahomet et des califes ses successeurs.

^Londmïon.

Les Juifs et les païens nous font un double aveu : ils reconnaissent formellement la réalité des prodiges de Jésus et de ses disciples, et ils nous fournissent les faits dont nous avons formé l'histoire de l'établissement du christianisme, faits qui supposent nécessairement la réalité de ces prodiges.

Des faits avoués par ceux qui ont le plus grand intérêt de les contredire, sont incontestables. Les prodiges de Jésus et de ses disciples ont donc le plus haut degré de certitude-

I II est prouvé que Dieu est auteur de ces prodiges : Dieu a donc autorisé et établi la religion chrétienne.

Or une religion qui a pour soi le témoignage et l'approbation de la Divinité, qui est l'œuvre même de la Divinité, est certainement vraie (139).

Donc la religion chrétienne est véritable.

Que le Dieu Tout-Puissant qui, pour établir le christianisme, n'a voulu employer que des instruments faibles, daigne continuer ce prodige, en se servant do ce petit ouvrage pour faire sentir la vérité de notre sainte religion à tous ceux qui ont le malheur d en douter ou de la combattre.

HISTOIRE DE L'ÉTABLISSEMENT DU CHRISTIANISME

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