‹ Dâemonstrations âevangâeliquesChapitre 53 sur 202 · CONTRE UN PUANT · texte numérisé non relu

CONTRE UN PUANT

Un cxorchle à bouche puante, parlant beaucoup, citasse un démon, non par la force de ses cotijuralions, mais par celle de ses ordures.

Le terme d'ex<n'cisle, qui n'était d'usage que parmi les cliiéliens, no nous permet pas de douter (pu; Lucien n'aitaque i<'i quelqu'un de nos exorcistes. Il lui reproche la mauvaise odeur de sa liouchc, reproche qui convient tiès-bien aux premiers ehrélii'us, qui, par leurs jeûnes fréquents, et les mauvais aliments dunt ils se nourrissaient, pouvaient contracter une odeur désap;réal)le.

Tertullien parle anisi : Mais je n'ai employé jusqu'ici (|uedes raisons pour vous prouver que vos dieux et les démons sont une même chose ; venons à iirésent à dos faits. Qu'on amène devant vos tribunaux un homme ([u'on saclie certainement possédé du démon : si un chrétien l'iiitcrroge, il eonfessera avec autant de vériié devant lui qu'il est un démon, qu'il a coutume de dire faussement devant les autres qiril est un dieu; qu'on y amène de même quelqu'un de ceux que vous dites possédés de (juelque dieu , qui se soit rempli de l'csiu'it cpii l'agile à la fumée (les sacrifices, et qui profère ses oracles pir des sanglots et des paroles entrecouiécs : si la déesse Célesiis, qui prédit la pluie; si Eseulape, l'aiileur de la médecine, qui a reiulu la vie à Socordius, à Thanasius et à Asclé|iio(lore, pour la perdre une seconde fois , si tous ces dieux ne confessent pas qu'ils sont des démons, parce qu'ils n'osent mentir à un chrétien , répandez vous mêmes le sang de ce chrélien impudent. Pnis-je vous donner une preuve plus évidentiî, plus certaine, où la vériié éclate avec plus de simplicité ? elle y paraît dans louie sa force, et exemple de tout soupçon. Vous direz que cela se l'ail par magie ou parartilice, si vos yeux et vos oreilles vous permettent de le croire {Apoloyel., n. 5).

Martien dii à saint Vcliaie : On sont les magiciens, compigiions de ton art? C'esl ainsi que ce juge désigne les chrétiens {.\cles de S. Acitale, dans le Recueil de D. Hninart, pag. 112).

Porphyre, en atti ihuant à la magie les miracles qui se font aux Kunheaux des martyrs, reconnaît par la leur réalité {Pug. 407).

Les païens, dans Arnohe, reconnaissent que les chrétiens font taire les oracles et chassent les démons , puiîqu'ils se conlenlenl do dire que si ces génies s<uil mis en fuite par les fidèles, ce n'e.>l pas qu'ils les craignenl, mais qu'ils en ont horreur. Unus fuit e nobis , qui deposilo corpore innuuieris li.minuni prompla se in luce de.exil.... citjus noincn uudilmn fugat nuxios sjiiritus, imponit silentiuni vaiibus, uruspices inconsulios reddit, arroganlium magurum frustari e/ficilactiones, non liorrore, ul dicilis, nominis, scdmujoris liccnlia poieslalis {Liv. I).

Los puïens, dans Laclance, conviennent que les démons fuient loi sijue les chrétiens fonucul le signe de la creux sur <pielqu'uii de ceux qui eu sont possédés ; ils eouvienneni (pie si, lorseju'on fait des sacri- (ices aux dieux, (piehpi'im fail le même signe, ces dieux ne rendent point de réponse, et ils se conlcn-

la

tent de dire que les dieux en agissent ainsi par haine, q l'ils portent aux liih'^le';.

Quaiilo terrori si dœmonibus hoc signum (crucis) sciet, qui videril quaieiius adjuraii pcr Clirislinn , de corporibus, qnœ obsedcrint, fuqiant. ISam sicnt ipse, cum inler homines agerel, universos dœmones verbo fuqabat , hominumque mentes emolas, el mnlis incursibus (iiriu' tas, in sensus prislinos repunehal; ila nunc sectatorcs ejus, eosdem spirilus iiiquinalos, de honiintbus , et nomiiic maqislri sni, et signo passioiiis excludunl : cujut rei non difficiliscsl probalio. iVftm cuni diis suia iniiuolanl, si nssisifil aliquis signalinn fronteni gerens, sacra nullo modo litanl. iVec responsa pulesl considlus red-

dere vatcs Sed ainnt , hos deos non nutu , verum

odio faccre {Liv. IV, chap. 27).

Saint Aihaiiase , après avoir dit que le seul signe de la croix lait évanouir tous les prestiges et l(uiles les illusions des dénions, ajoute un peu a' rès : Que C(îlui ([Mi en veut faire l'expérience vienne, el (pi'au milieu des prcsliges des démons, des impostures de leurs oracles et des prodiges de la m:ig:e, il se serve de < e signe de la croix dont lus païens se moipienl ; et il verra comnient les démons effrayés prennent la hiilo, comineiil les oracles cessent ans>i!ôl, coinuient tous les enchantements de la magie demeurent sans cffel. Quel esl donc ce (-hrisi qui, par sou nom et par sa présence , renverse et déiriiil tout ce qui lui est opposé , qui seul est plus fort (|ue tous, et qui reinphl tout l'univers de sa docirine? Que les païens, qui se moiiueui si impudemment de lui , répondent. Si ce n'est qu'un homme , comment se peut-il faire qu'un homme surpasse en pui>sance ceux qu'ils adorent comme des dieux, et fasse voir qu'ils ne sont rien? que s'ils disent que c'est un magicien, comment peiii-il se faire qu'un magicien n'affermisse pas , mais détruise , au contraire , tout art magique [Liv. de llncarn. du Verbe, ». 47 ei 48)?

Théodoret raconte que Julien étaiu possédé du désir de monter sur le trône, courut toute la Grèce p(uir consulter les devins, el pour leur demander s'il serait assez heureux pour le voir un jour aecoinpli. Il en trouva un qui lui promit de lui prédire ce qu'il ■souhaitait; cl l'ayant mené dans un temple, et jiiMju'au lieu le plus secret , il invoqua les démons. Quand ils parurent sous d'épouvani^ibles ligures, cmninc ils (Uit accoutumé de faiie , Julien eut peur , et lit le signe de la croix sur son Iront. Les démon» s'élaiit enfuis à la vue du signe de la croix, par laquelle le Sauveur les a vaimus, le devin reprit Julien d'avoir ainsi troublé la cérémonie. Il avoua qu'il avait eu peur , el (lu'il admirait la puissance de la croix, dont la seule ligure avait mis les démons en fulie. Ne vous imaginez pas, lai dil l'imposteur, que ces esprits appréhendent la croix, ni ipie ce soit la ligure de ce siijne qui lésait chassés d'ici; c'est qu'ils oui délesté votre action, et ils se sont retirés pour témoigner l'horreur qu'ils en avaient (ffjst, codés., liv. 111, chap. 5).

Saint Grégoire de Nazianzc rapporte aussi cette dél'aiie du devin deJnlien (Discours 111, contreJuUen).

Julien dit qu'il est vraisemblable (|ue les apôtres ont exercé la magie avec plus d'habileté que leurs disciples, à qui ils ont laissé ces secrets pernicieux {Dans S. Cyrille, liv. X).

Il esl donc certain, par les témoignages des païens mêmes, ({ue les miracles n'ont point cessé dans l'Eglise chrétienne, jiisipi'au temps de Julien.

(49) On ne peut douter, dil avec raison M. de Tillemont, que celle constitution ne soii de l'empereur Antonin, ainsi qu'on le lit dans l'exemplaire qui se trouve à la fin de la première apologie de saint Justin, d'où ce savant conclut que le litre de Marc .Xu relu Anlonin, (ju'elle porte dans Eiisèbe, a élé corrompu.

Il n'est pas nécessaire de recourir à cette solution, puisque M. Maïindrell rapporte une inscription où Anlonin est nommé Marc-Auièle Anlonin le Pieux, {Voy. d'Alep à Jérusalem, p. Gl).

HISTOIRE DE L'ETABLISSEMENT DU CHRISTIANISME

IMP. C;ES. m AURELIUS ,

ANTONINUS, Plus, FELIX, AUGUSTUS,

PARTU., MAX., BRIT., CFRM. MAXIM5JS;

POiNTIFEX MAXIMUS

MONTIBUS IMMINENTIBUS

L\CO FLUHlKi CJES,\i, VIAJI DILATAVIT.

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