INVICTE IMP. ANTONINE : P. FELIX AUG
MULTIS AiNMS IMl'ERA.
L'empeieur désigné dans ces inscriptions ne peut èireM:irc-Aurèle, qui ne poria jamais le surnom de nipux; ainsi elles ne peuvent indiquer qu'Antonin, à qui ce litie lut donné. Cet einpi'ieur (it lailler un chemin sur le côlé d'un rocher pour aller à Béryle , le long de la mer. Ce ( i pour conserver la mémoire du prince à qui on devait un ouvrage si utile , que r.m giava les deux inscriptions que nous avons rap- P'.)i tées. D'ailleurs , nous a|q)ieiions par la ehronographiede Jean Malala, qu'Antonin éleva dans la Syrie et la Phcmcic de magniliques nionnmenis ; .qu'entre autres il lit hâtir à Jupiter, dans la ville .d'iléliopolis, un temple si superbe, qu'il méritait dëlie mis au nombre des merveilles du inonde. Ce sont les restes de ce temple que roii admire sons le nom de ruines de Balbec , ([ui et le nom qn'Héliopolis porte aujourd'hui.
(oO) Telle esi l'àme ijui est prête, s'il faut se séparer du corps, soit qu'elle doive être éteinte, ou être dissipée, ou subsister encore : mais que cette disposition vienne de son propre jugement, non à la manière de la troupe ;.rmée à la légère , comme les chrétiein ; de surte qu'elle se comporte alors avec maturité, avec gravité, eu sorte qu'elle pui.-se persuader les antres sans em|iloyer paiir cela rien de tragique. OU iinv -h 'p^x'f ^ fVoiiMot , Èàv vjSij a^sAu-
UJ/jifAzh'ii. rà Se t-roi/yto-^ roDro ivt «Ttà iStxv.j xpiasoiç 'fXOr'^i,
3t*i aziM-hi s x"i ô'iszs X'-; à/Xoï rcsia'-i. 'ÀTf'yi'Scaç [tiéllex. jDior. de Ceiiip. Marc-Aurèle, lit), 11, réflex. 3J.
Xylander, Gataker, ont rendu ces mots grecs x*Tà •dro» rt"f- T«5'V, ipie nous avons Iradinls, à lu manière de la troupe armée à lu léyèie, p;ir ceux-ci : par une obsliiiaiim; M. DaCicr : pm- une opiniàireié obsiinée; M. LecJerc : par une pure obslinalion ou trouble.
M. Dugazest le premier (pii ait découvert le véritable sens de ces mois; nous avons suivi sa traduction , et nous allons l'appuyer de quelques remarques.
rilo-piTO-Ç'c n'a jamais signilié obstination ou trouble. Valla , builée, Henri Etienne, ConstaiiUn , Se.ipula, ne lui ont jamais troiné ce sens dans aucun des auteurs grecs ; eux ipii les avaient lus avec tant de Soin. Ces savants n'aitribuent point d'autre sigmliealioii à ce terme, que celle de disposition d'armée, de troupe, d'armée rangée en bataille, de troupe disposée pour le combat. D'ailleurs, l'analogie de la langue ne permet pas de lui donner un autre sens : K'psT-^is est lormé de Tt^pâr^rrùt, qui est le même {jac Tirrw, et qui sigiiilieiil l'un et l'autre ranger eu bamillc, d'où était venu chez les Grecs le terme t'^ktuy,, que nous avons adopté dans notre langue, et ipii désigne la science de ranger une armée , une troupe en bataille.
^° Quand ««-joàroÇts aurait quelquefois signifié obstination, trouble, il ne pourrait è're pris en ce sens dans cet endroit, parce que 'piM , qui est l'adjectif de 7t*piTé'|t{, ne formerait alors aucun sens raisonnable.
\M( signifie petit, grêle, mince, menu, agile, vite, nu; on ne peut le joindre avec obblinalion ou trouble dans aucun des six premiers sens : ainsi, ce doit être à cause de la dernière de ces siguilications que les savants dont nous avons parlé auront rendu ce terme
par pure, en le prenant mélapboriquement ; mais quelque recherche que l'on ait faite pour trouver quelque exemple d'une pareille acception, on n'en a découvert aucun.
Y(>6j, dans Aristote (/. du Monde), signifie un soldat armé à la légère. Ou trouve dans Thucydide (/. IV, p. 355 de la seconde édiiion d'Henri Etienne) ^ààv ô/mIov. L'interprète de cet auteur dit qu'il désigne par ces mots ceux que les Latins appellent veilles, c'est-à-dire les soldats armés à la légère qui étaient à la tête de l'armée pour commencer le combat ; ceux (|ue nous pouvons appeler en notre langue les enfants perdus. Suidas dit que les ^o.oi sont ceux qui ne sont pas couverts d'armes défensives; ipàol ol /a-à K'/TcotrXtV/xEvoi. Henri Etienne et Gesner , dans leurs diciionuaires latins, rendent vêles par jiiAôf. Ils rapportent l'un et l'autre un passage d'Elien (|ui prouve inaiiifesiement la vérité de leur traduction.
TtXr nr^pÂT-'^iç était doiic ce que les Latins appelaient velites. C'étaient des soldats qui, pour être plus agiles , ne se couvraient point d'armes défensives ; que l'on plaçait au devant des rangs de l'armée , et qui, dès que l'on avait donné le signal du combat, s'éançaient avec iinpétuo>iié sur runnemi , dont ils essuyaient ainsi la première décharge et la première vigueur. Ceux qui lormaieni cette troupe étaient doue plus expo:és que le reste de l'armée; et il fallait qu'ils affrontassent avec intrépidité une mort presque certaine; disons mieux, il fallait qu'ils y courussent. Tel est, selon Marc-.\uièle , le modèle que les chrétiens suivent en allant au dernier supplice pour leur religion : ils le bravent, ils l'affrontent, ils y courent.
(51) Ac jam, ut fœcundius Jiequiora proveniunt, serpcntibus in dies perditis moribus, per univemum orbeni sacruria isla Iclcrnma impiœ coilionis adolescunl (C'ecilius dans Minulius Félix, p. 21). |
Home, disent-ils, est assiégée; les chrétiens sont les mailles de la campagne, des châteaux et des îles. Lorsqu'on voit embrasser le christianisme à tant de per.-onues de tout sexe, de tout âge, de toute condition , et même aujourd'hui à des personnes du premier rang, on les |ileure comme perdues pour l'Etat {dans l'Apologel. de Tcri., c. I).
Quelques lignes après, dans le même chapitre : *i Mais , dites-vous , est-ce une preuve ( ce sont les paroles des | aïeiis) ((ue votre religion soit un bien, parce que tant de personnes l'embrassent? Combien en voii-un tous les jours aller du bien au mal et quitter un bon parti pour en prendre un mauvais?
(5-2) Cécilius du que les chrétiens méprisaient les tourments et la mort. 11 dit qu'ils étaient exposés aux supplices, aux croix et aux feux (dans Minuiius Félix, p. 21 et 50).
Cet auteur a vécu sous les règnes de Sévère et de Caracalla. , ■
(So) Fronlo non ul afftrmator teslimonium fecit, I scd convicium ul oralor asj,ersil { dans Minuiius Félix, ' p. 92).
Voyez les crimes que les païens imputaient aux chréiiens, depuis la preuve 115 jusqu'à la M 7.
(54) Voyez dans la preuve 62 la lettre de Sabin, où il dit qu'il y a déjà longtemps ([ne les empereurs ont commandé à leurs sujets de renoncer au christianisme.
(55) Maximin fit mourir ceux qui avaient servi Alexandre, soit dans son domestique , soit dans son conseil. Il se délia de tous ceux qui avaient eu part à son amitié ; il changea les règlements qu'il avait faits. Ayant pour maxime qu'on ne peut conserver l'empire que parla cruauté, il la poussa aux derniers excès. Il invitait les délateurs, il suscitait des accusateurs, il supposait des crimes , il condamnait tous ceux qui éuient traduits en justice , il faisait niûiirir même des hommes consulaires et des chefs de troupes, quoiqu'ils fassent innocents. 11 en Ut metire en croix , enfermer dans des animaux fraichement
DEMONSTRATION EVANGELIQUE. BULLEÎ.
tués , exposer aux lions , hriser à coups de l)âlon ; il n'y avait point de Ijcie féroce si cruelle que lui. On l'appelait Cyclope , Busiris , Sciron , Phalaris, Typhon, Gypes. Le sénat le craif^nait si fort , qu'on faisait des vœux dans les temples pour qu'il ne vînt jamais à Rome. Enfin, après trois ans de règne, les soldats, irrités de sa cruauté, le tuèrent avec son fils, et envoyèrent leurs têtes à Rome où l'on (il des réjouissances extraordinaires de se voir délivi^é de ce tyran. C'est ainsi que Capitolin nous dépeint ce monstre. Hérodien et Zozime en parlent de même.
Les auteurs chrétiens contemporains écrivent que Maximiii persécuta l'Eglise. Je ne crois pas que la critique la plus sévère puisse suspecter leur témoignage, puisqu'il se trouve soutenu par le portrait que les païens ont fait de ce prince. En effet, aura-t-on de la peine à se persuader que ce tigre altéré de sang , qui ne respectait ni celui des innocents , ni celui des premières personnes de l'empire, ait épargné celui des fidèles , que l'on regardait comme les ennemis des dieux et de l'Etat? Au commencement du règne de Maximin, on éprouva diverses calamités, entre autres des tremblements de terre qui alùmèrcnt des villes entières : autre sujet de les persécuter; car c'était la coutuine des païens, loiS(|u'il arrivait quelque malheur public , d'en rejeter la f.mte sur les chrétiens. Enfin, Alexandre les avait favori>cs : nouvelle raison pour les haïr.
(56) Parmi les actes authentiques des martyrs qui sont venus jusqu'à nous , il y en a que l'on appelle proconsulaires et présidiaux. Ces actes sont des interrogatoires en bonne forme et des proLès-vei baux de questions qui feraient preuve en justice. Us étaient conservés dans les greffes putilics. Les chrétiens obtenaient par argent la liberté de les transcrire. Ce sont les seuls actes des martyrs que nous citons. Ayant été rédiges par des païens , on ne peut nous contester le droit d'en faire usage (Voyez les Actes de saint Pionius , les AcUs de li dispiile de saint Aciiaie, de saint Maxime , des saints martijrs Pierre , André, Paul et Denise , des saints Lucien et Marcien , qui tous ont souffert sous Dèce , dans les Actes des Martyrs de D. Ruinari).
(57) Voyez encore la lettre de saint Denis d'Alexandrie , les Actes de saint Cyprien évè(iuc et martyr, les Actes des saints Fructueux, Augure et Enloge, qui ont souffert sous Valérien, dans les Actes des Martyrs de D. Ruinart.
(58) M.DWCLETIANUS ET M AXI MI ANUS.
Nobilissimi, Aiigusti ,
JULIANO PROCONSULI AFRlCiE.
Otia maxinia interduni liomines in commiinioneni conditionis natiirœ lwmi)ium modunt excedere liorlantur, et quœdavi gênera immanissima ac turpissima doclrinœ superbliltonis induccre suadeiit ; ut sni errons arbitrio perlruliere et alios multos videantur, Juliune carissinie. Sed dii immortales providenlià suâ ordiniire et disponere dignali sunt , lit quw bvna et vera sunt , et multorum , et bonoruni, et egregiorum virorum cl sapieniissiviorum consilio et iraclatu inlibata proburentur et ttaïuerentur : quibus nec obviant ire, nec resistere t'as est, neque repreliendi a nova velus rcliyio deberet. Maximi enim criminis est retraclare , qiiœ semel antiquitus tructala et de/inila sunt , et statuni et cursuni tenent cl possident; unde et pertinaciam pravœ mentis ncqitissimorum Iwmiiium punire, inde ingens uobis studium est. Hi enim qui novellas et inaudilus seclas veterioribus religionibus opponimt, ut pro arbitrio suo pravwn excludant. quw divinilus concessa sunt.
Quomam itobis de quibus solertia tua Serenilali nos- Irœ retulit, manicliœos audivimus eos nuperrime, veluli nova , inopinata prodiyiu in hune mundum de Persica adversuria nobis tjente progressa, vel orta esse, et mulla 'l&cinora ïbi committere ; populos namque quielos per^
turbctre, nec non civitatibus maxima detrementa inscrere, et verendum est , ne forte ut fieri assolct , accedente lempore , conentur execrandas consuetudincs , et istas luis leges Persarurn innocenlioris nattirœ hommes, romanam genlem modestam atque tranquiliam, et universum orbem nostrum , vcluti venoiis de suis malevuUs inficere. Et quia omniu quœ pandit prudcntia tua, in relationem religionis illorum , gênera maleficiorum slatutis evidentissimorum exquisita et adinventa commenta: adeo cornm minas atque pœnas dcbitas et condignas illis statuimus.
Jubemus namque auctores quidem ac principes , una cum abominandis scripturis eorum , severiori pœnœ subjici , ita ut flammeis iqnibus exurantur : consectaneos vero et usque adeo conlenliosos capile puniri prœcipimus, et cornm bono fisco nostro vindicuri snncimus. Si qui sane cliiim honorati , aut cujuslibct dignitatis , vel majoris persona: , ad hanc inaudilam et turpem atque per onmia infamem sectam, vel ad doctrinam Persarurn se tratntulerunt ; eorum patrimonia fisco nostro associari faciès , ipsosque forensibus , vel proconesibus melnllis dari. Ut iijitur siirpilus amputarimala et nequitiœ de seculo bealissinw nostro possint , devoiia tua jussis ac slatutis Tranqniliitalis nostrœ malurius débet obsecundare. iJal. prid. kiil. april. Alexandriœ {Dans Baronius, à l'année 287).
(59) Le feu était le supplice des chrétiens qui n'claient pas constitués en ilignité. Galère avait même ordonné qu'après leur avoir fait soullrir divers tourments, on ne les brûlerait quelenteiuent ( Dans Luc. Cécil., de la Mort des perséc. , n. 21),
(GO) « Parmi tous les soins que nous prenons pour le bien et l'utilité de la lépubliriue, nous avions voulu tout rétablir suivant les anciennes lois et l'usage public des Romains, et pourvoir à ce que les chrétiens qui avaient quitté la religion de leurs pèies , revinssent à un meilleur senlunent ; car ils avaient eu la téiiiériié et la lolie, non-seulement de ne plus suivre les pratiques établies par les anciens , et peut-être par ceux de (|ui ils étaient descendus , mais encore de se faire des lois selon leur caprice , et de tenir des assemblées particulières. L'édit pir lequel nous avions ordonné qu'ils observassent les lois et les maximes des anciens , ayant été public , plusieurs ont été effrayés du péril qui les menaçait ; plusieurs n'ayant pas voulu obéir, ont été punis de mort: mais connue un grand nombre persiste dans leurs sentiments , et que nous voyons qu'ils ne rendent point aux (lieux le culte ((ui leur e^t dû, et qu'à raison de nos édits ils n'ont pas la liberté d'adorer leur dieu ; poussés par notre très-douce clémence et notre cou lume éternelle de pardonner à ions les hommes , nous avonsbien voulu répandre proniptemeni, même sur eux , les effets de notre bonté , en sorte ((u'ils puissent continuer d'être chrétiens, et tenir leurs assemblées, pourvu (ju'il ne s'y passe rien contre les lois. Nous ferons savoir , par une autre lettre aux juges , la conduite qu'ils doivent tenir envers eux. Ils seront donc obligés, à cause de notre indulgence, de prier leur dieu pour notre santé, pour le salut de la république, et le leur propre , afio que la république demeure partout en bon état, et qu'ils puissent vivre chez eux sans crainte (Edit. de Galère, dans Luc. Cécil., n. 54). i
(Gl) Le panégyriste païen de Constantin parlant de la guerre entreprise parce prince contre Maxenee, lui adresse ces paroles ;
Ayant à peine vingt-cinq mille hommes contre un ennemi qui en avait cent mille , vous avez passé les Alpes pour aller Tatlaipier , montrant parla à tous ceux qui faisaient attention à vos démarches, que vous marchiez à une victoire certaine , et (|ue Dieu vous avait promise... Dites-nous, je vous jirie, qu'estce qui a pu régler vos démarehes , sinon Dieu '.'
Vous marchiez par les ordres de Dieu, et Maxenee s'ajipuyait sur les promesses des magiciens {Panegyrici veleres, p. 125, 126 et 127)
HISTOIRE DE L'ÉTABLISSEMENT DU CHRISTIANISME
Nai^nirc , dans le panégyrique de Conslanlin, s'exprime iiiiisi :
Tous les peuples des Gaules diseut qu'ils onl vu des arniées accourir à voire secours, nui se disaient envoyées de Dieu ; et quoi(iue les sulistiinccs célestes m; puisscui être vues des lionimcs, ( elles-ci ont bien voulu se f;iiie voir et se faire entendre ; et après avoir marqué, par les services <|u'elles vous onl rendus , coriilden vous éiiez ciier à Dieu, elles oui disparu Vous avez loujours eu de signwuls succès
dans tonlcs vos guerres préccdenies, qu'il y a lieu de croire que ce n'e!>t pns ici la |ircuiière fois (lue vous avez été secouru pur ces :irniécs célestes, mais «itie c'est seulement la luemière fois qu'elles se sont fait voir :iux liommes (Ibid., p. \1^1, 175).
Les paieus convienueul donc avec les chréiiens que Couslaniin recul un secours exiraordinaire de Dieu (Outre Maxeiice. Na/.aire le f.iil consister en des armées célestes ; mais Coustaniin racontait la chose aulicmenl : il assurait avec seinieiii , qu'éiaui en campagne , suivi de son armée , un peu ajuès midi , il avait vu lui-même au-dessus du soleil une croix de linnièie avec celie inscription : Vainquez par ceci. Toute son armée vil la uiéiiie chose, et en l'ut clounée aussi bien (pie lui. Il était fort en peine de ce que voulait dire celte vision , jusqu'à te (|ue la unit élant venue , et s'éiaut endormi dans cette in:]uiétude , Jésu.i-Chrisi lui ai.parnl avec ce même signe qu'il avait vu au cnil , et lui commanda d'en fiire faire un senihlahlo , et de s'en servir pour comhatlre ses eniKMnis el le- repous^er. Dès le lendemain, il dit à ses conlideuts ce (pi'il availvu , et lit venir des orfèvres l'our tr;iv.iiilei- àcelte croiv, el en l'aire une d'or , ornée (le pierieriC'', de la m: mère ((u'il la dépeignait [Euscbe , vie de Constunlin , /. 1. c.'-lQel 50).
Après la délaite el la mort (i(! Maxeuce, les lUiinaiiis leçnreni (>i nsiaul.u comme le lesiaiiraiiMir de la répul)li(pie; ils élevèrent un arc de iriomphe av(;c celle insci'iption : i Le Sénat et le peuple remam a dédié cet arc triomjilril à l'emper. t'.ÉSAU Flavf. CoN>iANTiN Alglste , ic iiès-graiid , le pieux, le li • liér.ileur de la vdle . el le fouJateur de la répuldiipic romaine, à cause (|ue, par riiisp;ralioii de la Divini'é, par la i;randeur de son cmirage, el |iar ses justes armes, il a vengé la répuiilii|ue dans im jour, etiju'il l'a délivrée du tyran el de toute sa l'aciion {Baron. MU. ;j. 9ti).>
Constaiiliii se (it ériger à Rome une statue , qui le rcpréseiilaii icnani de la main une lance terminée par un travers eu foiine de croix, avec ces paroles: < Par ce signe salutaire, (|iii esl la vraie mai (pie de la force, j'ai délivré voire ville du joug delà lyiaunie, el rétabli le sénat et le peuple romain da.is leur première digi.iiè el dans leur ancienne splendeur {Eusibe. Vie de Consiantin, t. I, c. 48). >
Ces deux nioinimenis sonl encore une preuve du secours accordé par le ciel à Conslardin contre Maxence.
(tii) Nos seigneurs el no-; très-saints princes avaient pris, il y a déjà loi.gtemps, un soin particulier de remettre dans le bon chemin ceux cpii s'en éiaienl écariés , el de les obliger à renoncer aux religions éiiangéres , pour adorer les dieux de l'euipiie. Mais Poputiàlreié de quelipies-un-> est uiomée à un tel excvs, qut, de iué|)ri.->er les ordres de leurs souverains, el la ligueur des >,uppiice)i. Nos princes ne jugeant pas que leur clémence ni leur piété leur pùl perinelire (jue leuis sujets fuiseiU expoaés pour ce sujet aux derniers périls , où quelques uns se précipiluieni d'eux-ménies avec une léinériié pleine d'itveu- (jleineiu, m'oiii couiniaudé de voUj écrire de ne plus iiiipdéier les cbréiieus qui î>eroiil smpris dans Texercicc de leur religion, le temps n'ayaui lait (pie trop couuaitre qu'il n'y a aucun inuy'en de vaincre leur ûbsiinution. Avertissez donc les juges el Itx-; officiers particuliers des tieux , de n'en luire plus aucune recherche (Lettre de Sabin aux gouverneurs de
DÉMONST. ÉVANS. XII.
dans Eusèbc
Hist. ecclés., lie. IX
provinces cil. I).
.Maximin continua donc la persécution àsonsvcnement à l'empire, puisque celle lettre fui écrite par son ordre pour la faire ci'sser.
Aj luiez (pie Lucius Cécilius, auteur contemporain, écrit de Maximin. dès ipi'il fut devenu le maître de l'Orient parla mort de Galère, ôla aux chrétien» la libenéde profe-s-r leur rebgiou.
(63) Pline avaiidéjà traité la constance des chrétiens iVopiniàireié invincible { Voy. sa leil., p. 594).
Au comineiicemenl du second siècle. Epicléle, fameux stoïcien, faisait des leçons de celte phiio o;;hie à Nicopolis. Arrien, sou disciple, (jui les écrivit, nous les a conservé(;s. Dans le chapitre 7 du livre |V de cet ouvrage, Lpictèle, parlant de celte fermeté d'âme (pii fait (pie l'on ne craint ni la mort ni nueini objet de terreur, se plaint de ce que la pliiloopliio n"a cncoie donné celle disposition à personne, c» sorte (pie sans aucune crainte il ypiireniie (pie Dieu est le créateur du monde el de tout ce qu'il renferme, lamiis (|u'oii voit (|ue la manie et la coiilu>iie donnent aux Galiléeus celle conslaïae inébranlable pour soutenir celle \ériié. Voici les propres paroles de ce phil()soi)lie :
« Par manie el par coutume on peul être afiecté de telle série qu'on ne craigne p inl la mort ni aucini objet de teneur, comme lesgaliléeiis ; mais aucun ne |)eul acipiérir par le sec "iiis de la philosophie celte feriiieié, en sorti! (pi'il enseigne sans crainte que Dieu a laii tuui ce qui ol dans le monde el le monde même, et ipie tout ce que le monde ren.''erme esl à l'usage de tous- »
Ou ne peut ici méconnaîlre les chrétiens sous le nom de ga iléeiis, par leipiel l'empereur Julien, plus de deux siècles après, les désignait encore, à cause que Jésus, leur maître, était de Gaiilée. L'héiésianpie 'Valenlin, ()ui ré|>andil sou erreur vers p-.in 150, se moquait de ce (pie les galiléeus reconnaissaient deux natures eu Jé^ns Christ [Pliuiius, XXX).
Il esl évident ipie par le nom de galiléeus Valenlin désignait les callioiiqiies ; car les galiléeus dilfèient des chréiiens, ou les gai. léens juifs n'ont jamais reconnu Jésus-Christ ni ses deux natures. E.iliii, du temps d'l'j|jiclèle, il n'y avait point degaliléens autres (pie les chréiiens (jui fusscnl perséeuiés, parce qu'ils reconnaissaient un seul Dieu, créateur du ciel et de la terre.
M. Dasnage (Hisl. des Juifs, l. VIII, c. i, n. 21) se trompe lorsi|u'il cite le passage d'Hégésippe qui se lit dans riiisioire ecclésiastique d'Ensèbe, livre IV, cliaiuire 2i, pour assurer (jue cet auteur a reconnu que de son temps il y avait nue secle de galiléeus parmi les Jiiils; car ilégésippe se servant du lernie il y avait (v^av) parmi les enfants d'Israël plusieurs sectes, savoir : les cssénieiis, les guliléens, les liéniérobaptisles, les masbotliéens, les samaritains, les suducéens, les pluirisieiis, montre assez qu'il parle d'un temps passé; Eusèbe l'a entendu de la sorte. D'ailleurs, vers le milieu du second siècle, temps auquel écrivait Ilégésippe, on ne distinguait plus ces sectes parmi les Juifs.
G ilien, voulant marquer l'opiniàlre attachement de quelques médecins à leuis sentiments, dit qu'on verrait pluiôl les chrétiens renoncera leur religion, que ce.* homines-là changer d'opinions. Liv. 111 de la différence des pouls.
Vous nous accusez d'obstination de ce que méprisant la mort, nous ne craignons ni les glaives ni les croix, ni les Lêies féroces, ni le feu, ni tous les lourmenls que vous nous faites souffrir {Dans TerliU. L 11, aux nations, ii. 18).
Porphyre dit que quelqu'un ayant demandé à Apollou à quel dieu il devait s'adresser pour retirer sa femme du christianisme, Apollon lui répondit : il \uu3 serait peul-élre plus aisé d'écrire sur l'ciu ou
- — a •• {Seize.) ^
démonstratioln evangelique. billet.
de voler, que de guérir l'esprit de voire femme impie (S. Augusl., de Civ. Dei, l. XIX, c. 25).
Dio(;léllcii, pressé de persécuter les chrétiens, s'ea déleiidait, di>;iiit qu'il émit dangereux de troubler l'univers, de répandre lo sang d'un grand nombre de personnes; que les chréliens avaient coutume d(! mourir avec joie, qu'il suifisait d'ciapéclier les ol'li ciers'du palais et les soldais de professer cette religion {Dans LuciusCécilius, de Mon. persec, p. 21).
.Voyez encore le passagede Libanius.àla page409
Les |)Aiens ontété forcés d'approuver eux mèiuci la lermelé des chiétiens à soutenir, aux dépens de leur vie, la doclrine (pi'ils croyaient véritable ; car Celse, après avoir dit {dam Oiigcne, l. I, n. 5) (pic les chrétiens se cachaient pour éviter la peine de mort décrrnée conti'e eux, après avoir comparé les dangers auxquels ils s'exposaient pour défemlre leur doclrine avec ceux (|ue Socrale courut, et sous lesquels il succomba, il ajoute peu après {n. 8), ea disant ceci : Je ne préiends pas (pie celui qui a une lois embrassé la bonne doclrine doive l'abjurer ou dissimuler qu'il la professe, lorsqu'à cause d'elle il est exposé à perdre la vie. '
(64) Les ténèbres de l'erreur, dont l'esprit des hommes élait couvert par un effet de leur malheur plulôi (pie de leur inipiéié ayant enlin été dissipées malgré toute la faiblesse el tonie la téniéiiié dont ils sont remplis, ils ont pu reconuiiîiri; tiès-claiiemenl le soin que les d.eux ont la bonté de piendie de leur conduite ; ce qui m'a dinnié une joii; d'aulani plus sensible, qu'il a fait éclaier le zèle dont vous biûlez pour leur gloire : il n'y avait personne qui ne fût convaincu dès auparavant du soin et du rospeci avec lequel vous les honorez, non par de vaines pir^les, mais par de solides etfeis qui fonl regarder voire ville comme le lieu particulier où ils oui établi leur demeure, et où ils font seniir leur piésence par une continuelle protection. Dès que vous vous éies aperçus que des hommes remplis d'une détestable vanité commençaient à se multiplier et à se répandre, el à allumer un feu qui avaii paru éteiiil, vous avez ou- Llié vos propres iniéiêts, et, au lieu d'implorei' comme auparavant noire secours dans vos besoins, vous avez eu recours à notre piété, comme au plus ferme appui de la religion, pour ariéier le mal dans sa naissance ; ce que je ne doute point (pii vous ait été inspiré par les di<ux. Jupiter, qui préside à votre ville, (|ui conserve vos fiinibes, vos leinmes et vos enfanis, vous a fait prendre celle louable résolution, et vous a l'ail connaiire combien le culte des dieux est mile el avantageux aux boniuifs. En ell'ei, y a-l-il quelqu'un assez insensible et assez aveugle pour no pas voir que c'est par l'ordre de leur providence et de leur bmilé (jue la terre, au lieu de, tromper l'espérance des laboureurs, rend avec iimuic les semences (pi'ils lui coiillent, que la guerre ne change |)oinl la face du monde, que l'air conserve notre santé par une juste lenipér.ilure, au lieu de la corrompre |)ar un souille empesté, que les vents n'excitent point de leinpêies sur la mer, que les exii.ilaisons irébianicnt point la terre et n'ouvrent point ses cntiniiles pour abimer les montagnes; el enlin, »iue nous ne sentons aucune de ces calamités publnpies i|ui n'ét.iient autrefois (|ue trop fréquentes et trop ordinaires 't il est vrai que ces calamités ne nous avaient été envoyées par les dieux qu'eu haine de ces scélérais doni l'erreur el l'iuipiélé séluient répandues preaque par tout le monde, et l'avaienl rempli de conliision el d'inlainie .. yu'ils considèrent les blés dont les camp. ignes sont couvertes, les prairies dont la tei le est éin.uliée, (|ue l'on voie la pureté de l'air, tpie chacun se réjouisse deceque la piété avec laquelle vwus rendez aux dieux le culie qui leur est dû a apaisé la puissance de Mars, el vous l'ail jouir des fruits de la paix. Ceux qui ont été si heureux que de reeonnaire leur erreur el d'emhrasser la vérité, ont un plus grand sujet de se réjouir que les autres, comme des gens battus par la
in
tempèle qui ont évité le péril, et comme des malades, qui ont recouvre leur santé; que s'il y a encore quelques-nus assez obstinés pour persister dans l'er-' reur, qu'ils soicnl chassés, comme vous le deiiiaii(lez,| hors (le cette ville el du lerriioire, alin (|u'étant délivrée de la contagion de toute stine de crimes, elle ne s'appliiiue (pi'au cnlie des dieux. Au re>le, pour vous faire C(uiiiaître combien votre demande m'a élé agréable, et combien je suis porté de moi-même à faire des faveurs aux gens de bien sans (pi'ils lesdeniandent, je vous pcrmels, en considération de cette pieuse résolution que vous avez prise, de me demander loiil ce (pie vous souliaiierez ; la prom|itiiudo avec laquelle vous l'obtiendrez sera un monument clernel de vone piété, que vos descendants sauront que nous aurons réi ompen.ée {Lcll. de Maxiniin à la vilU de Tyr, dans Eusèbe, Uist. ecclésias., liv. IX, C» i u
(G3) JOVIUS MaXIMIN AlGUSTE A SADIN
< Je crois que vous savez, et que chacun sait aussi de quelle manière Dioclélien et Maximicn, nos pères et nos prédécesseurs, ayanl vu (|ue presque tous les liommes renuuçaknl au culie des dieux, pour se faire de lu secte des cliréiient, ordoniiérenl, avec très-grande justice, que ceux ipii auraient quitté leur religion, seraient cuniraiiiis par les supplices, à la re|)ienilre. Qnaiil à moi, lorsque j'arrivai en Orient, et que j'appris (pie plusieurs personnes, qui pouvaient servir irès-nlilemenl l'Etat, avaient élé ré éguées pour ce sujet, je maiulai aux juges de n'exercer aucune ligueur, mais d'user de raisons et de caresse* pour ramener au culte des dieux ceux qui s'en étaient éloigiiés. Tant (pie cet ordre a été exécuié, plusieurs ont été attirés à l'ancienne religion |)ar la douceur dont o» usait envers eux. Llanl allé l'année dernière à Niconiédie, lesh.djiiants vinrent avec huis d.eux me supplier de ne plus peinietire que ces iiersomies là demeuras^enl dans leur ville Comnie je savais qu'il y avait en ces quartiers-lii un grand nombre de chrétiens, je leur lis réponse ipie si leur demande élait faite généralement, je la leur ai corderais Irès-volon ■ liers ; mais (pie puisijue quelques-uns étaient attachés à la snpersliiioii des chrétiens, je laissais à (oui le monde la libellé de tenir tel sentiment qu'il lui plairait, rséoiinoiiis les liabiiants de Nicomédie el de quelques aiilres villes m'ayaiii demandé, avec des instances très-|iressantes, (jue je ne souifrisse plus de chréliens parmi eux, je lus obligé de leur répondre que, puisque tous les enipereuis précédents l'avaient ainsi ordminé, et que les dieux iiuniortels, qui gouneut le monde el conservent l'empire , l'avaient agréable, je voulais bien le coulirmer; c'esl pourquoi, bien (pie j'aie commandé ci-devant, de vive voix et par éeril, (pie les gouvei netirs de provinces n'ordonnent rien de ruile contre ceux qui voudront demeurer dans la religion chiétienne, de peur pourlanl que, nonobslanl cet ordre, ils ne soient traitée avec ipielqiie dureté, j'ai bien voulu vous avertir (.'iicore de vous coiitcn er d'user de douceur et d'adresse pour les attirer au culie des dieux; que si ((uehpi'un l'enihrasse de soi-même, il le faut recevoir avec joie, et laisser les autres dans leur liberté. Suivez exaclement cet ordre, sans peiineiire (jue les ofliciers cxeicent aucune violence .-.ur les habitants des provinces, puis- (pie, comnie j'ai déjà dit, il ne laui user que de douceur pour les ailirer au culte des dieux. Faites publier C: lie lettre, alin (pie tout le m iule suit inlormé de mes intentions {Leiire de Maximicn aux gouvciiieurs des provinces de son obéissance, dans Eus., llisl. ecclés., L l\, c. DJ. I
((>()) « Moi Constantin Auguste, et moi Licinius Auguste, mnis étant heureusemeni trouvés ensemble à Milan, cl traitant de tout ce (pii [louvait conlribuer à l'avantage el à la sûreté de l'Etat, parmi les choses qui nous onl paru devoir être utiles à plusieurs, nous
HISTOIRE DE L'ÉTABLISSEMENT DU CHRISTIANISME
avon<î cru que ce (jiii reçtanlait le culte de In Diviniié niérilait iiolie >)riiici|ialc allentinn; c'est pourquoi nous avons jugé di'voir ncrorder aux cliiétieiis et à tous nos sujets, l;\ liluriéde professer la religion (|u'ils voudront. Qu'uin^ telle disixisition nous reudede même qu'à tous nos sujets, la Divinité qui est dans le ciel, propiccelf:ivoial)!e. Nousavons jugé i|u'il était, raisonnable et avantageux à l'Einl, de ne priver personne de la liberté de faire profession de la relig ou clirélii'une, ou de telle aiure qu'il aura voulu choisir, aliii (|ue la Divinité Sduveraine que nous honorons par un culie libre, daigne toujours nous accorder la bienveillance et les faveurs dont elle nous a comblés jusqu'ici. Votre dévouement saura que nous voulons que, sans avoir dés(U'mais aucun égard à tous les rescriis qui ont élé donnés au sujet des chrétiens, vous vi'iliifz à ce que tous ceux qui fout profession de cette H'iigiiui, ne soient en aucune fnçon incjuiéiés pour cela. Nous avons cru devou- vous faire connaître que nous avons accordé une pleine et entière liberté aux cliréiicnsde professer leur religion. Connaissant donc que nous avousdonné celle liberté auxchréiieus, voire dévouenieul concevra p.ir là que, pour procurer la paix de l'einpiie, nous avons pareillenieui accordé la liberté à ceux (le nos sujets (jui piofesseut uneauire religion... Déplus, nousavons trouvé à propos d'ordonner, au sujet des chrétiens, que si quelques-uns des lieux où ils avaient coutume de s'assendtler, ont été réunis au domaine ou vendus à quelques. particuliers, ils leur soient rendus sur-iechauip, sans (|u'on puisse exiger d'eux la somme que l'on aurait donnée pour les acquérir. Pareillement nous voulons «pie ces lieux soii.'ul remlns par ceux qui les auiai.-iiil reçus en don ; et si ceux à (pii ils avaient élé donnés, ou qui les avaient acbelés, croient devoir atiendre quelque déilomniagcmi ut de notre bonté, (pi'ils s'adressent au vicaiie de l'empire, par le(|uel nons pourrons leur donner des marques de notre clémence. Vous ferez pari de toutes ces dispositions à l'a^sembléi! des cliiéliens, sans aucun retardement; et comme l'Eglise des chrétiens possédait encore d'autres lieux (|U(! ceux dans les(|uels ils s'assemblent, vous li!S leur ferez rendre aux mêmes conditions que leurs lieux d'as>eml)lée. Vous einploirez toute aniorilé pour faire exécuter pronqiteuicni les ordres que nous vous dormons, et i|ue imus avons crus nécessaiies à la iranipiillité publique. Par ce moyen, nous esjiérons continuer d'attirer sur nous la l'avi ur divine, <pie nous avops déjà éprouvée tant de fois ; et alin que cette présente ord(uinauce puisse être connue de tout le monde, vous en ferez publier des copies signées de votre main {Edil. de Conslaut. et de Lkiii., dans Luc. Cec, de la Mort des perséc. n. 48). >
(67) i L'empereur César Caïus Valérius Maximiii, germaui(iue, ^arlnatique, pieux, heureux invincible, Auguste;
« Je crois qu'il n'y a personne qui ne soit Irès-persuadé du soiiupie je prends conlinuelleiiieul de tout ce qui regarde le bien et rinléiél de mes sujets. .^yant été autrefois iidbrmé des iu)uslices et des concussions (pie nuïs ofdciers faisaient, sous prétexte de la loi par laquelle Dioclélien et Maximien, mes prédécesseurs, avaient ordormé (pie les assemblées des chiétieiis fussent entièrement abolies, je défendis, l'amiée dernière, d'iir(|uiéier' ceux (|ui désiraient vivni dans l'exeieice de celle religion ; mais j'ai reconnu depuis que (pieUpies juges, (|ui n'avaient pas bien compris mon iniention, oui éié cause que ceux (pii approuvaient celle religion dans leur cœrrr, n'.isaient en faire pniic'.ssioir publupie. Alin donc de di>sipcr enlièremeril leur crainte et leur défiance, je leur pei'nieis, par cet é>iil, de l'exercer liiiremenl, cl de célébrer le dirnauclie; et, pour leur faire sentir de plus grands elTels de ma clémence, j'ordonne ([ue, si quelque maison de chrétiens a éiéconfisquée sur eux, donnée à d'autres par les empereurs, ou usurpée par
mi
les villes, elle leur soit rendue {Edit. de Max., dont Eus., Ilist. eeclés., t. iX, c. 10). »
(68) Par imc sirperstiiion de vieille, ConstantiiiS mit le trouble et la confrrsion dans le christianisme, dont les dogmes sont .-.impies et précis. li s'orcirpa plus à les examiner avec uneiriipriéiude scrrrimlense, qu'il ne travailla séiieusemeut à rétablir la paix. De là naquirent une irriiuitè de nouvelles décisions, qu'il eut sniir de fomenter, et de perpétuer par des (lisputesdemols: il ruina les voilures publiques, eu faisanl aller et venir des troupes d'évê(|ues pour les conciles, où il voulait dominer sur la foi (Armnicii MarcelUn. liv. XXI, c. 1;i).
(69) La nirii qui précéda le jour où Julien fut proclamé empereur, il eul un songe dont il fit le récit à ses amis les plus intimes. II vit en durmant un jeune homme tel qu'on peignait le génie de l'empire, qui lui dit d'uir Ion de reproche: Il y a longtemps, Julien, qu(î je nie liens caché à la porte, et «pre m'occupe de ton élévatiorr. Tu m'as forcé plusieurs fois de me retirer. Si encore à préseni , contre l'avis de tout le niorrde, lu refirses de me recevoir, je m'en ir.u triste et abattu. Mais, au reste, souviens-toi bien que j'ai peu de temps à être avec loi {Ammien Marcelin, liv. XX, vay 156()).
(70) « Jupiter, le Soleil, Mars, Minerve el tous les dieux, savent que je n'avais pas eu le moindre soupçon du dessein qu'avait formé l'armée d(! m'élever à l'empire, jusqu'au coucher du soleil que j'en reçus quelqires avis.
« .4ussilôi le palais fut environné par les soldats, qui, avec de grands cris, me proclamaient Auguste. Ne sachant à rpioi nie déterminer, j'étais monté d.ms mon appartement, d'où, par une lenêiie j'adorai Jupiter ; comme les cris augmentaient, et qire lout le palais était err trouble, je priai ce dieu de me donner nu présage; il le fii, et m'ordoinia de ne point m'opposer à l'affection de l'armée. Je ne cédai cependant |ias à un signe si manifeste de la volonté de Jupiter ; mais je résisiai autant qu'il me fut possible (Lef/.rfeJwlieii au sénat el uu peuple d'Ailièues). »
(71, 72) Dioclélietr, pressé de persécuter les chrétiens, s'en défendait, disant (ju'il était dangereux de troubler l'univers, de répandre le sang d'un graïui noirrbre de personnes ; (pie les cbiétiens avaient coutume de mourir avec joie ; (|u'il sirlfisait d'empêcher les officiers du palais el lessold.its de professer cette religion. (Luc Céc, de Mort, persec, p. 21).
(75) « Non content de composer des satires contre moi, vous les avez calomnierrsement attribuées aux villes voisines, (pri sont des villes saintes, el (pii servent les dieux avec moi. Je sais que je suis plus ciier à ces peuples rpie leurs propres enfants. Leur zèle, impaiiertt de détruire les tombeaux des alliées, n'atlendait que le signal pour éclater. Dernièreirieul, ils ont saisi mes ordi'es avec tant de chaleur, qu'ils ont poussé le chàiiinenl des impies plus loin que je ne voulais (Misopogon, p. 95). »
(74) Julien, dans sa lettre à Aristomène, se plaint de ce (pi'il ne trouve presque personne qui revienne avec joie au culte des dieux : Faites-nous voir au milieu des Cappidociens un vér-iiahle hellène (adorateur des dieux); je ne trouve encore presque personne qui ne sacrifie à regret. Ceux qui le font de bon cœur sont en petit nombre, et ne savent pas les règles des sacrilii es {Lett. i).
Dans sa lettre à Libauius, il lui marque que le discours (|u'il avait fait aux habitants de Bérée, pour les encourager à reprendre la religion de leurs ancêtres, avait été sans succè-; : « Je fus à Bérée un jour entier; j'allai voir la citadelle, et j'offris solennellement à Jupiter le sacrifice d'un taureau blanc. Je fis au sénat de la ville un petit discours toucharit la religion, discours qui m'aaira des louanges de loul le monde, el ne gagna presque personne : il ne produisit d'effel que sur ceux qui passaient déjà pour èiro dans les bons senliments. Les autres me parièien;
DÉMONSTUATION ÉVANGELIQUK. BULLET.
' avec une extrême imprudence, qu'ils prenaient pour une lionnclc lili(MMé(Lp». 27).
(75) I Vers le dixième mois, selon voire manière «le compter (c'est, si je ne me trompe, celui que vous appelez loûs), arrive laucienne soli-nnilé d'Apollon, et la ville devait se rendre à Daplmé pour célébrer cette féie. Jei|iniie le lomple de Jupiter Cassins, et fjircoMis, me ligurani rpie j'allais voir toute la [lompe dont Aiilioclic est. capable. J'iivais l'imagination remplie de victimes, de liUalions. de pat l'unis, de jiMiues gfus vèins de mag!iifii|ues rolti'S lilunclies, symiiole de la pureté de leur c(eur : mais loin cela n'éiaii qu'un beau soui^r;. J'arrive dans le lemple, et n'y trouve pas une victime, pas im gà'eau, pis un grain d'encens. Je suis èionné : je crois pouriaiil que les piéparatifs sonl au dehors et que, par respect pour ma (|nallié de souverain ponlife, on attend mes «rdres pour entier. Je demande donc au piélie ce ^uc la vdle oITrira danscejoiirsi solennel: « liien.me ré|iondil il; voilà seiilemenl une oie que j'apporte de chez moi; c'est loul ce iiu'aura le tlieu pour aujourd'hui. I Alors (regardez, je vous prie, combien je suis de mauvai-e humeur, combien je cherche à eue liai), je lis à votre sén^t une forte réprimande, qui ne sera peut être pas ici déplacée.
« (VeA un ijraiid scandale, lui dis-je, qu'une ville comme la \ôiie traite les dieux avec plus <ie mépris que ne ferait la pins cbétive bourgade «les exirémiiés du Pont. Une ville «pu possède uii tciriioire si vaste, dans no icmps où les dieux ont dissipé les léiiebrcs de i'ailiéismc, voit lianquiliemenl arriver la fèie du dieu doses pères, sans taire la dépense d'un oiseau, elle(|ui devait immoler un bœuf jiar tribu, bi l'on craignait la dépense, la ville entière ne devait-elle pas sacrilier un taureau? Ne le pouvaii-elb; pas? Quand vous donn<'Z un festin, qiniml vous célélucz la fête de la maïume, vous i6))audez l'argent h pleines mains; aujourd'hui que l'on uoit faire des vœux pour le salut public et pour celui des particuliers, nul sacrilicc au nom de la ville, nulle olfrande au nom des citoyens! Le prêtre, au lieu d'emporter sa part des sacriliccs, est le seul <|ui ail saciifié !
c .Mener une vie irréprochable, praiiijuer la vertu, 8'aC(|uitlcr dignement des fondions du mii:islére, c'est tout ce «pie les dieux exigent des prclics. Le devoir des peuples est de présenter dis viclimes ; mais non : vous permettez à vos femmes de vnus ruiner en faveur des galdéens; elles loiit admirer l'impiélé a nue loule de mi>érables (|u'elles nonrrisstnl à vos dépens ; vous donnez vous-mêmes à vos femmes l'exemple de mépriser les dieux, el vous osez vous croire innncenls! c'est peul-êire parce que vous éles dai'.s rnidigence, que vous n'aviz rien apporté. Eh! (|uel est celui d'entre vous qui ne trouve de t|uoi célébrer splendidement le jour de sa naissance? Dans une si grande solennité, perstuinc n'a ofl'ert un peu d'huile pour la lampe, une libation, nii grain d'encens! Je ne sais te «pu; les gens de bien, s'il en était parmi vous, penseraient de celle conduite; mais je sais que les dieux mêmes en sont indignés (Misopogon, p. 98 cl 99). i
(76) Ammien Marcellin racmite que Julien, encore plus curieux de connaître l'avenir «pie ses sujets, entreprit de déboucher la fontaine de Casiabe (il y avait à Daphné une foniaiue de ce nom, de même qu'à Delphes), dont les eaux, lorsqu'on en buvait, donnaienl la connaissance de l'avenir On disait «pie rempereiir Adrien l'avait fail boucher d'iiiu; masse énorme de pierres, dans la crainie que qneltpiesuns, en buvant de ces eaux priq^liélnpies, n'apprissent i'avenir, comme il avait a|)pris lui-même, p:ir ce moyen, qu'il serait un jour empereur; et tout aussitôt Julien ordonna qu'on transporlerait de là les corps qui étaient iiiliumés autour, avec la mêiiu; cérémonie que les Athéniens purinèienl l'ile de Délos. Au nuime temps, le onze des calendes de novembre, c temple d'Apollon, qui ét;ùl dans le bocage de
Daphné , hit réduit en cendres par la fioudaine violence des flammes. L'empereur fut si irrité de ce! incendie, qu'il voulut qu'on eiu|iloyàt des tortures plus sévères que celles «pii étaient d'usage, pour en coimailre les auteurs, cl il lit même fermer la granile église (rAiili«)clie, parce qu'il soupçonnait que les chréiiens avait commis cet allental par envie, à cause qu'ils voyaient à regret ce temple entouré d'un superbe péristyle. Il courait cependant un bruit '.rcsléger, que le philosophe .\sclépiade avait occasionné cet incendie, lorsqu'éiant venu voir Julien au fauhonrg de Daphné, avec une petite slaïue d'argtuil de la déesse Céleste, il la plaçii devant la statue d'Apollon, et se relira api es avoir allumé plusieurs cierges : sur le minuit, coinme il n'y avait plus personne dans le leiii|ile, quelques éiincellcs de ces cierges volèrent sur de vieilles boiseries, y luirenl le feu. qui, de là s'éiendant pirloni, réduisit en cendres icuit cet édilice, qiioi(|iril lût ioit élevé (Lf(<. 22, p. 1629).
Julien |iail:i ainsi aux habilanls d'Anlioche, contre lesquels il était Ion iiri:é, parce qu'ils faisaient presque tous profession du christianisme. (Voyez la noie jjrécédenle):
( Depuis que nous avons renvoyé le mort qui était à Daphné, les inlidèles minislres «pii desservaient cl gardaient le temple par manière d'acquit, l'ont sacrifié à II venijeaiice «le ceux que l'injure faite au cadavre avaii mis au «lé-espoir Ces derniers ont alliiné le feu a l.i faveur di; la négligence des premiers, peulêtr<! d'iulelligence avec «-iix .• speciacle horrible pour les étrangers, mais agréable au peuple, indifférent au séiiai, qui jusipi'à ce jour néglige de rechercher les inceiidiaiies. Pour moi, des av:un Pincondie, j'élais persiMdé (pi'Apollon avait abaiidouné sou tem|)le. La première fois que j'y entrai, la statue me le lil coiiii'îtn; d'ab«)rd. Si «piel«iu'uu refuse de m'en croire, je prends le .soleil à léniom de la vérité de ce que j'iiv;in«'e {M'isopoijun, p. UGj. t
Libaiiiiis, dans la lamenlatiou qu'il composa sur l'ini riidie du lem|)le de Daphné, se plaint ainsi à Apoll iii :0 Apollon! lorsiju'oii n'a point ofl>rt de saciiiices sur vos autels, lor,s«iue vous avez é'é négligé, (jnelipiefois méiiie iiiMilié et «lépouillé de vos oriiemeMis, vous avez cependant demeuré conslanimenl dans votre lem|)h! de Daplmé; et à présent «pi'on vous immole une si grande (iiiaiitilé de brebis el de bœufs, (|iic vous voyez ii vos pieds l'empereur dont vous aviez jirédit l'élévation, à présent qua vous êtes délivré du fàclieux voisinage d'un certain mort dont la prnximité vous faisait de la peine, vous vous éles relire du milieu de nos sacriliccs, vous vous êles dérobé à notre culic {Libanius, l. II, ». 18o).
Dans CCS témoignages réunis, on voit : 1* que parmi ces morts qui étaient inhumés autour du temple d'.Vpollon, il n'y eu avait «priiu ipii causât du chagrin à ce dieu; 2" «pie ce mort éiail chrétien; 5' que, malgré les lortines les plus sévères, on ne pul point découvrir iiiie les chrétiens éiaienl les auteurs de rinceudie du temple de Daphné . car, si par la voie de la «piestioii «ui avait eu «pielipn: preuve contre eux, Ammieii .Maicelliii, «pii était païen, ne se serait pas c«)nlenté de dire qu'ils en avaii'iil éié soupçonnés par l'empereur; il n'anr.iit pas ra[ipiuié le bruit «pii eu cliaigeait le philosophe As«:lé|>iade. -4° Julien dit «pie, dès a\ai>l rmcendic, .'\|iolloii :ivail abandonné s(mi temple : il n'avait |iu connailre cei ab.imloii que de la bouclie de ce dieu, ou par la cessation de ses «uacles ; abandon «pii ne peut être atiiiliiié (pi'au voisinage lie ce un II (pii lui eau-aii du cli igin, ainsi «pie parle Libanius. 5' Apiè> reiilèvenienl de ce là' lieux mort, .Apollon se relire du milieu «le> s.K:rilie«:s i|u'oii lui «ilfie daiii sou temple, selon les expr«'ssioi.s de Libanius, et ne peut empêcher le feu de réduire cet cdilice en cendres.
Nous pouvons à présent rap|>orler ce que les auleurs cliiéiieiis ont é<rii «le cet événeineul, puisque
1,-il
niSTOlRE DE L'ÉTABLISSFJiENT DU CHRlSTIAiNiSME.
leur récit soi trouve soiilcnn de coliii des païens, oi qu'il peut lui servir (i'éilnircissemeiil. fjC corps de c? clirélien que Julien (irdouna de ir.uisporter de Dapliné, élnil celui de saini B:iliylns. I.e Césnr Gallus, frère de Julien , avait l'ail placer les reliipics de ce saint uiarlyr dans ce bourg en 331, pouranèter les désordres qui s'y commettaient. La pré^encîe de saint Bahylas rendit Apollon ninei , en sorte (pi'il ne rendit plus d'oracles. Les choses denieurèrent en cet état, jus(|u'à ce rpie l'empereur Julien étant venu à Antioclie en 562 , et offrant ini grand nond)re de sacrifices à Apollon pour en retirer quelque réponse , le démon demeura toujours muet. Dieu lui permit néanmoins enfin de parler , pour rendre quelque raison de son silence. Il dit donc (|u'il ne pouvait rendre d'oracles, à cause que le lieu de Oaphné était plein de corps nions, qn'd lallaii les ôter ei les transporter ailleurs. Julien comnvinda alors aux chrétiens d'ôler le corps de saint Babylas. Les lidèles allèrent en foule à Daplmé chercher ces saintes reliques . et les transporièreiit à Antioclie. Apics li; transport des Xelicpies de saint Baliylas, Dieu permit iiu'ApoUou rendit diverses réponses. Peu de teiiii)s après, le l'eu du ciel tomba sur le temple d'Apollon, et le réduisit en cendres avec la statue de ce dieu. Jidien s'en prit aux prêtres du temple, qu'il fit foueili'f. On mil en justice le grand prêtre, et on lui lit souffrir heauciuip de tourments : car on voulait lui faire dire que ce feu était venu des hommes , et non du ciel. Mais il ne put jamais dire autre cliose , sinon que ce feu était descendu du ciel ; il vint même des paysans d'alentour, qui aitestèrent ([u'ils avaient vu tomber le tonnerre.
( Voyez Pliilosiraie, Sozomène, Ruffin, Théodoret et saint Jean Chrysostonie , tous auleiu's con'emporains et lort voisins du temps de ce grand événement ).
Ou aperçoit à présent quel a été le fondement des jugements 0|>posés que Julien ei Lihanius ont portés sur la piési-nce d' Vpollon à Daplmé. Le piemier , voyant qu'il ne s'y rendait plus d'oiailis , voulut attribuer ce silence à r:d)and()n que ce l>ieu avait fait de son temple. Le second , sacliant (pi'.Apollon avait (le nouveau rendu des oracles nprè-^la translation de saint Bahylas, jugea (pie ce dieu n'avait point qintté Daphné avant l'incendie, quoi(pi'il élit par chagrin gardé le silence pendant tout le temps que le corps du s.aint martyr avait été dans son voisinage.
Voyez la noie 48.
(77) « Sous les règnes précédents, rien n'a pins appesanti le joug de voue e.-clavage que les ordre» surpris , en vertu desquels on vous forçait de payer au trésor public des sommes exorbitantes. J'nvais souvent été témoin de ces exactions ; mais je ne les ai bien connues que par ime infinité d'ordonnances que j'ai trouvées toutes dressées contre vous dans les papiers de l'Etat. On allait même vous imposer une nouvelle taxe , si je n'avais arrêté cette vexation impie qui déshonorait le gouvernement.
« j'ai jeté au feu toutes ces onloimances, afin que personne ne puisse désormais vous al.»rmer et vous vexer en répandant des bruits fàclu^nx. Au reste, vous devez moins accuser de tant d'injustices mon frère Constance, de gloiiense mémoire, que ces hommes sans principes d'humanité, ni de religion , qu'il faisait manger a sa table. Je les ai précipités de mes propres mains dans des cachots all'reux , pour faire périr parmi nous jusqu'au souvenir de leur mort. Et voul.ini contribuer a votre bonheur, j'.ii exhorté mon frère Jules, votre vénérable patriarche, à ne plus 60ulTrir(pie ceux que l'on nomme apôtres, lèvent des ilrniis sur le peuple. Je veux que désormais , affraiifliis de ces coniribniious injustes, et goûtant sous Jiioii règne le repos le plus profond , vous redoubliez t'os -.csix pour la prospérité de mon empire, auprès ilu grand Dieu créateur qui m'a daigné couronner de ja iiîain iiès-pure. L'inquiétude et les épreuves vio-
lentes resserrent le cceur. Elles ôtent en \ii|oti|ue f.içon la hardiesse de lever les mains pour prirr. Maii lors(prime joie entière et parfaite entrelienl dans l'aine une douce sérénité , on se sent le yréle et la confiance d'adresser de l'ervemes prièrrs h ci* Dieu suprême. C'esL de lui (pie dépi'iid l'exéciiiion des ciojeis que nous avons formes pour ravan!a;^e de l'Et;.'. Obtenez de sa bonté que je revienne viciorieiiv de l.i guerre de Perse, pour reliàtir Jérusalem , cette ville sainte, après le réiahlisseim-nt de laquelle vous soupirez depuis tant d'annces, pour l'habiter avec vous, et pour y rendre gloire au Tout- puissant ( Leilre 2i> de Julien à lu coiumuimulé des Juifs). »
(78) « Que ceux par conséquent qui ont vu on qui ont entendu p nier de ces hommes assez sacrilèges pour insulter aux temples et aux images des dieux, ne forment aucun doute sur la puissance et la supériorité de ces mêmes dieux Qu'ils ne prétendent
pis nous eu imposer par leurs sophismes , et nous épouvanter par le cri de la Providence. Il est vrai que les prophètes parmi les Juifs nous ont reproché tous ces dé^astie^ ; mais que diront-ils eux-mêmes de li'ur propre temple détruit trois fois, et (|u'ou n'a pu rétablir juMpi'à présent '! Ce n'est pas que je veuille iii>nlter à leur fortune, puisque j'ai moi même voulu ridiàtirce temple en l'hoimeur de la divinité (|u'ou y invoquait. Je ne cite cet exemple que pour laire voir qu'il n'est rien de dumhle dans les choses humaines, et que les prophètes, 'pii n'avaient d'aulre occniiaiion (pie celle d'amuser les bonnes g ns, ne nous ont rapporté que des rêveries. Tout cela ne |)rouve |)as à U vérité que leur dieu m; soii grand ; mais il est certain qu'il n'a eu parmi IcsJnifs ni de bons prophètes, ni desavants inlerprèles de sa volonté. L.a raison en esl claire : ils ne se sont janmis appliqués à cultiver et à peiTeclionner lem- esprit par rétiide des sciences ïiuniaines; ils n'ont jamais teuié d'ouvrir des yeux (pie lerm.iit l'ignorance, ni de dissiper les lénèiires qu'i-nlietcnait leur aveuglement. Ils sont semblables à ces hommes qui, à travers des uiiage^ et desexh;ilaisoiis grnssièies, aperçoivent la lumièri'éclataniedu firmament. Ccslte vue trop indistincic leur fait confondre la spl. inleiir élhérée avec un feu terrestre et impur. Aveugles qu'ils sont sur tout ce qui les enviroiiiie, ils s'écrient eomnie des forcenés : i ('craignez, Ireinblez, hahiianis de la terre , le feu, la foudre, Id glaive et la mort; > emiiloyant avec emphase les expressions les plus terribles , pour désigner la chosa du inonde la plus simide, la propriété destructive du feu; mais il est plus conveinble de ne parler qu'en particuler de toutes ces choses, qui , pour le dire en passant, font bien voir que ces prétendus maîtres de la sagesse, (pii se vantent de nous donner les idées les plus simples de la Divinité, sont bien inférieurs à nos poètes (FragmeiU d'un di!iconr& ou d'une lettre de Julien, p. 540, b-il et iiii). »
i° Julien dit que le temple de Jérusalem a été détruit trois fois; il n'aurait pas pu compter trois destrueti.ins de cet édifice, s'il n'eût renfermé dans ce nombre celle qui esl arrivée de son temps, puisque l'histoire ne nous parle ipie de deux autres avant lui; la première faite par les Assyriens, la seconde par l'armée romaine commandée par Titus.
2° Julien dit qu'il avait entrepris de rebâtir le temple de Jérusalem: il insinue parla cpie son dessein n'a pas été accompli. Si celle inexécution était vernie par un changement de sa volmilé, il n'aurait pas manqué de le faire connaître , et en môme temps de le colorerde quelque raison apparente : il aurait prétexté que le.'; circonsiances, l'état des affaires de l'empire, ne lui avaient pas permis d'exécuter son projet. Le silence (pi'il garde sur ce qui a empêché l'accuiuplissement de ses desseins, marque assez qu'il a étariêté par une ( ause supérieure.
5° L'affectation de Julien à dire que la propriété destructive du feu esl la chose du monde la plus simple , montre qu'il voulait faire envisager le déé
Basire causé par cet élément comme purement naturel.
M. Warbiirton {Disxerintion $vr les tremblempnis de lerre et les émplions de feu (jni firent échouer te projet, formé par Vempereur Julien, de rebàiir le temple de Jérukfilem, t.l. p. 107), (|iii re'oimiîi que Julien parle dans ce fraiîmoni du prodifie qui euipêi ha le rci:iblissi>Tnenl du leuiple deJérusileui , ne vi'ut i>as que CCI événement miraculeux soil désigné par ces paroles , trois fois déiriiit ; il [iréieml que ces trois desiructiens que désigne Julien . sont celles qui ont élé faiies, la première p:ir les Assyriens , la seconde pnr llérode le Grand, lorsqu'il leltàlil le leuiple avec plus de niagnilircnce qu'il n':ivait élé construit au retour de la capliviié; la Iroisième par l'armée romaine. Voici les deux raisons sur les(|nelles il se fonde pour s'écarieren ce point du sentiincnicoinmnii.
1° le lerine grec àvarpiitévro; exprime , dii-i' , une démolition propremenl due; or, lors(pte la Providence déconcerta le proji;i de Julien , elle n'aliendil pas pour s'y opposer qu'il lût exécnié ; elle commença par y mettre des obstacles : le lemple ne fut point achevé, et par conséiiuenl il ne fut point détruit. On ne peut donc point à la rigueur se servir des paroles de Julien contre lui-même, sans faire \'ioience an icxle.
2° Les mois lyeip-jfjiîvou Sï (/û5^ vD-j (non rélahli jusqu'à présent ) ne peuvent s'applirpicr à un lemidc détruit depuis deux mois : l'application serait peu naiurelle.
Je réponds qu'on ne convient pas unaninirinent qu'Hérode ait entièrement démoli le ieu)plede Zoiohahel. Plusieurs savants , appuyés sur des preuves solides , prélemlent que ce. prince ne (il (|uc l'augmenter et l'embellir. En cfl'ct , b'S Juils n'ont j;iinais «omplé que deux temple-. La démoliiiiui de celui de Zombahel , pour lui eu substituer un plus somptueux , ne pi'Ui pas piisscr jiour un (lés;islre , pour ime (iémoliiion fà(;heu^e. pour une démolition qu'un peuple souffre avec douleur, puisqu'au contraire les juifs virent avec joie relever leur temple avec plus de magnilic(!nce (pi'il n'en avait au()aravint : or, Julien ne parle ici cpie des desiructions l'àcheu es des desiruciioiis que l'on reginb' cmnine des dés;islres.
Les deux raisons de M Warburton (laraissenl ex- Irémeinent faibles Pour détruire un édifice, il n'est pas besoin (jii'il soil achevé. Le temple de Jérusaieiii ayant éié renversé par les Assyriens, par les Uomains, el ce qu'on avait c<unmencé depuis peu n';iyant pu être conduit à sa perfection p ir l'obsiacle que la main de Dieu y a\ait mis , pour(|uoi esl ce (|ue l'on ne pour rail pas dire, en pillant de ce lemple deux mois après ce dernier événement , qu'il n'a pas été rétabli jusqu'à présent?
(79) Porphyre dit que les dieux habitent dans leurs statues , et qu'ils y sont contenus comme dms nn lieu saint ( Enscbe , Prép. évatig. , liv. V, clinp. 15).
Nous apprenons de Photius, dans sa Bibliolliè(pie, cod. 2i6, que Jambli(iue avait fait un ouviMge par lequel il monlmil que les idoles étaient divines et remplies d'une substance divine.
Un païen parle ainsi à Arnobe : Vous vous trompez; nous ne croyons i)oint que l'aiiiu, l'argeni, l'or et les autres matières dont on forme les simnhicres, soient des dieux ; mais nous honorons les dieux mêmes dans ces simulacres, parce ipie dès qu'on les leur a dédiés, ils y viennent habiter (Liô. VI, n, 27, p. 198).
Ilerdonius s'élant emparé du Capitole avec une troupe d'esclaves el d'exilés, le consul Publius Valérius représenta au peuple que Jupiter, Jimon, les autres dieux et déesses étaient assiégés Tiie-Live. /. III, cl7.
Les Ambraciens se plaignent dans Tite-Live que tons leurs temples ont clé dépouillés, que les simulacres des dieux, les dieux mêmes ont élé enlevés, qu'on a ravi les ornements des murs et des pories,
DEMONSTRATION ÉVANGELIQUE. BULLET.
qu'il ne reste plus aux Ambraciens d'objei de leur culte et de leurs prières [liv. XXXVIII, c. 43].
Le même auteur raconte (pie le roi Attaliis (it un accueil favorable aux députés du peuple romain, qu'il les conduisit à Pessinonie. ville de Phrygie, et qu'il leur donna la pierre sacrée que les li;'ihitaiils disaient êire la mère des dieux, pour qu'ils la transportassent à Uonu! [liv. XXIX. c. H],
Dio;;èii(! écrit fjiie le pliilovop!ie Stdpon fut chassé d'Athènes parce qu'il avait dit que la Minerve de Phidias ii'éiait pas une divinité [liv. \\\
(-ieér(ui dit ipie les Siciliens n'ont plus de dieu» dans leurs villes auxquels ils puissent avoir recours, parce que Veircs a enitné leurs simnlacres <le leurs temples [Disc. 4 contre Verres, au rommencenient].
(80) Li fornication était regardée parmi les païens comme une chose indifférente.
Voyez la harangue de Cicéron pour Cœlius, l'Andrienne de Térence, acte I, scène i.
Cal(m, ce sévère censeur à qui l'on donnait le nom de divin, louait les jeunes gens (pii s'y livraient {Horace, l. I, sal. 2, V. 30 et suiv.)
Les philosophes Théodore et Anlislhènes disaient qiiiî le sage n'en devait point rougir (Diogène Laêrce, L II. c. C).
Ou ne se cachait point de ces excès qui oiilragent la nature {Plante, Citrcullion, scène I; Martial, l. ï, éph. 91 ; /. IV, ép. 42 ; L M, ép. 29 ; /. VII, ép 67 ; /. IX, ép. 92; /. XIV, ép. 205; Maxime de Ttjr, dise. 10).
Sénèqiie, épître 9o, s'exprime ainsi : Transeo puerorum infelicium grèges quos post traiisacta convivia alice cubiculi contumeliœ expeclanl. Transeo agmina exoletorum per naiiones coloresque desrripta.
La loi se mtinie n'avait pourvu qu'à l'honneur des jeunes garçons de condition libre. Les philosophes iiiêmes n'av:iient point honie de ces crimes énormes (voyez ce <pie Pliiiarqne dit de Solon dans sou Erotique, ce que Diogène rapporte de Sociale, de Platon, de Phœdoii, de Zéiioii, de Ménédène, de Bion, de Déuiétrius le phaléréen, d'Eudoxc, d.ins leurs Vies).
Il y avait à Rome des homme-, qui se prosiiluaienl publiquement. Le sage empereur Alexandre, qui avait en horieur des débauches qui outragent la nature, aurait ijien voulu les proscrire, mais il n'osa : tout ce qu'il put faire pour manpier s(ui aversion fut de défendre que l'on ne portât au fisc le tribut que payaient ces inrâmes, cl d'ordonner r|u'il ne serait employé (ju'aux réparations du théâtre et du cirque (Lanipridins, in Alexandre Severo, p. 121).
(81) Voici le comble de rinlamie. Chez plusieurs peuples, dit Philon, it y a des prix proposés à l'iinpiidicité la plus honteuse (ress» à.vct.vzpoyivoiv 1/ sîSst vifiMJ, etc., p. 535, 356).
Tliéocrite, dans la description qu'il a faite de la fè:e Diocleïa, idylle 12, vers. 27 el suiv., souhaite aux habitants de Mégare toute sorte de bonheur, parce que ce sont eux qui ont rendu le plus d'honneur à Diodes, qui s'était distingué par des amours infâmes. 11 ajoute que toutes les aimées les jeunes gaiçins, assemblés à son tombeau, disputent entre eux de lasciveté, el que l'on couronne le plus lascif.
Platon, cet homme que l'on qiia'ifiait de^ divin parmi les païens, a loué ce vice infâme, et Ta jugé digne d'être récompensé en cette vie et «n l'autre. Nous rougirions de transcrire ici ses paroles.
(82) Un jeune hmnme s'-mime, ilans Térence, à corrompre une jpiine personne eu regardant nn tableau qui représentait Jupiter chai-gé en pluie d'or pour corrompre Danaé :
Egomet quoqub .d spectare cœ|)i. El quia consimilem lu»
Jam olim ille ludum , impcndio uiagis aninuis },'audebat
miiii, , Deumsese in homineni convertisse, atque per aliénas legu*
las Fucum factuin raulieri, venisse pcr impluvium clanculum.
HISTOIRE DE L'ETABLISSEMENT DU CHRISTIANISME
At quoni Deiim ? Qui lempla oœli siimma sonitu concutit. Ego hoiimiicio boc non l'accrem î Ego illud vero faciam ac
liibens.
(L'Eunuqtie, acl. III, se. 5.)
Euripide dans l'Ion, introduit un personnage qui dit : Il ne font plus appeler les lioniincs niéclianis quand ils ne lnnt qu'iiniter les aciions des dieux ; ni;iis la h;une en rcfnniie sur ceux qui enseij^nent t'es clmscs (.S. .lusiiit. de la Monarchie, p. iO).
Denis (i'HalJcariMSse reconnaît que tes fahles grecques ciaicnt propres àgâler les mceurs, en ce que le lienple est porlé à \w s'ahsîenir d'aucun vire lorsqu'il voit que les dieux niêuies vsoiil sujets (Li<c, II, p. 'JO ei 9-2).
Séuèque , dans son livre de la Brièveté de la vie , s'exprime ainsi : Croire (pie les dieux ont été sujets au vice, qu'est-ce l'aire autre cliose (pie d'y exciter les iiomnies? (pi'es!-re faire aiitie chose qm^lo fournir aux honmies nu sujet iégiiiine d'excuser leurs désordres par l'exemple ih)s dieux ?
Ovide conseille aux jeunes personnes du sexe de ne point aller dans les temples, parce qu'elles v verraient des lald(iaux on des statues capables de les corrompre. Voici ses paroles :
« Est-il de lien plus saint que les temples! cependant tonte jeune persoime du sexe rpii sera attentive à conserver sa |)udeur, doit éviter d'y entrer; car, si elle all:iil dans le temple de Jiqtiter, c(iml)ieii n'y verrait-elle pas de inai(pies des iuipudicités de ce dieu ? etc. ( Trist., liv. II, v. !2.s7). >
(83) Platon défend de boire avec excès , si ce n'est dans les lèies de Bacclius, et en l'honneur de ce dieu ( Traité des lois, VI ).
Arisiote, après avoir sévèrement blâmé toutes les images malh(Mnièies. en excef.ie celles des dieux qui voulaient être honorés par de pareilles représentations ( Politique, VII, c. 17 ).
(84) Il y avait un lenqile de Vénus à Bahylone, où des fennues se prostituaient en l'honneur de cette déesse (Hérodote, l. I, p. 51 et 52; Strabon , l. XVI, p.lOl).
^ Strabon parlant de Vénus d'Anaïs, dans l'Arménie, s'explique ainsi : Les plus illustres de cette nation consacrent leurs lilles encore vierges à la déesse. La loi veut qu'elles se prostituent pendant longtemps dans le temple de cette déesse; après quoi elles se niarieiil , aucun ne dédaignani de les prendre pour femmes. Hérodote dit que la même chose se pratique en Lydie ( Liv. XI ),
A Byblis, les femmes qui ne veulent pas se raser pour faire le deuil d'Adonis , sont contraintes de se prostituer un jour entier aux étrangers , et l'argent de C(!tie pr.isiuution est consacré-à la déesse Vénus. ( Lucien, déesse de Sijrie, au commencement ).
^ Les Cypriotes avaient coutume , à certains jours , d'envoyer sur le bord de la mer leurs lilles avant que (le les marier, afin qu'elles cherchassent à y gagner l'argent de leur dot en se prosiitiiant, et elles consacraient ainsi leur virginité à Vénus [Justin, l. XYIII, c. o ).
Il y avait à Corinihe un temple dédié a Vénus, si considérable, qu'il renfermait plus de mille jeunes filles, que diverses personnes de l'un et de l'autre sexe avaient offertes à celte déesse, pour tprcUes se prostituassent en son honneur; ce qui attirait à Coriiithe une grande multitude d'étrangers ( Strabon , /. VIII, /;. ZU).
Ces coiiriisaiines étaient célébrées par des monuments publics et par les vers des poêles les plus illustres. On les employait dans les affaires pressantes et dans les besoins de la républi(|ue , iiour implorer le secours de Vénus. Après la défaite de Xerxès et de ses formidables aimées, on mil dans le temple un tableau où étaient représentés leurs vœux et leurs processions, avec celte inscription de Simonide. poêle lameux :
« Celles ci ont prié la déesse Vénus qui , poui l'a-
mour d'elles, a sauvé la Grèce (Athénée, l. XIII, p. 573).
S'don érigea à Athènes un (omple à Vénus la pro stituée, qui ét.iit gardé et entretenu par des femme* de mauvaise vie (Athénée, l. XIII, p. 569).
Tout le monde connaît l'infainii* des mysières de Priape, d'Adonis, de Cybèle, de Flora.
Sénèque. Martial et IMuiarqne nous apprennent qu'on eut honte de représenter ces derniers devant Caion.
(85) Un voleur, dans le seul vers qui nous est resté de la ciinédie de Piaule intitulée Cornicularia , iiivoi|ue la déesse Laverne pour exécuter ses vols avec adresse :
< Puissante Laverne , rendez mes mains agiles et adroites dans le vol. >
On voit eiicoie dans l'Aululaire du même poète, acte lil, scène 2 à la lin, que L^iverne était la déesse des voleurs. Les fourbes , ceux qui voul.iient passer pour gens de bien , sans l'être , imploraient aussi le secours de celle déesse.
« Belle Laverne, faites-moi la grâce de bien tromper les hommes, et d'êire pris duns ie pul)lic pour un homme juste et vertueux, i ( Horace, ep. 16 , /. 1, V. 6o et 61 ).
Les anciens appelaient les voleurs Lavernions , parce qu'ils étaient sous la proiection de la déesse Lav(!r:i(! ( Fesl.us l^onipeius ).
Sirobile iiivo(|iie la déesse Foi , et la prie de lui être favorable iioiir faire un bircin dans son temple {Plaute, CAuhd. , acte IV, se. 2).
Un marchand prie Mercure , dans Ovide , de seconder les tromperies qu'il fait dans son commerce pour s'enrichir :
Damodo hicramihi, da facto gaudialucro.
Et face ut emptori verba dédisse juvet.
(Fast. L V, V. 689 et 690.)
(86) Platon ne place dans le Tartare que ceux qui ont commis de grands crimes (Timée, L X).
Il en est de même de Virgile, {Enéide, l. VI).
(87) Socrate veut que pour toui ce qui regarde la religion , on s'en lieune à ce qui aura été réglé par le dieu de la pati ie (Ptaton, de la République, 1, 4).
Porphyre rapporte nu oracle d'Apollon , ([ui oidonnaii de sacrifier à tous les dieux, el qui prescrivait la qualité des victimes qu'on devait leur oftVir (Eus. Prép. évancj., L IV, c. 8 el 9).
Jupiter plaça sur le iiône de Rome le très-sage Nunia , (pii éiaii toujours avec les dieux. Ce prince régla la religion des Romains ( Julien , dans S. Cyrille, /. VI).
«Je luis la nouveauté en tout, mais particulièrement en ce qui regarde les dieux, persuadé (lue nous devons observer les lois, qui, dès les premiers temps , sont en usage dans la patrie ; car il est évident (pi'elle les a reçues des dieux» (Julien, leitreQo, à Théodore, pontife).
Minos se vantait de tenir ses lois de Jupiter , Lycurgne d'Apollon , Zaleucus de Minerve, el Numa de la nymphe Egérie.
(88) Puisque loutes les nations reconnaissent des dieux d'un commun consentement, je ne peux souffrir l'audace impie de celui qui s'efforce d'anéantir ou d'aU'aiblir une religion si ancienne, si utile et si salutaire (Céciitus, dans Minutius Félix).
Julien dit qu'on a adoré les idoles pendant des années innombrables, depuis le lever lu soleil jusqu'au couchant, depuis le seplentrion jusqu'au midi ; qu'il n'y a eu dans l'univers qin; la petite nation des Juifs, qui n'est l'ornée ipie depuis deux mille ans, qui n'ait pas adoré les dieux (S. Cyrille, l. III).
Dans sa lellie 52 , aux habitants de la ville de Bostres, il parle ainsi : Que ceux qui sont dans l'erreur n'aliaqueni point ceux qui , suivant la tradition de tous les siècles, renient aux dieux un culie légitime.
DEMONSTRATION ÉVANGLLIQUE. BULLET.