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(89) Tarqnin n'eut rien tant à cœur que de bâtir le loiTiple (le Jupiter sur le nionl Tarpéieii, pour laisser un nioninncnt <le s(ui règne ci de sa grandeur ; mais afin que la place ne deincirrât point consacrée aux dieux, et qu'elle fftt lont enlicre à Jupiter, il (il détruire quelques temples qui étaient sur cette nionlagne. On dit que , couiine on conimençaii cet ouvrage, la souveraine diviniié obligea les autres dieux de donner quel(|ue sign(! de la grandeur de cet empire ; car encore qu'on eût connu par les oiseaux que rien ne s'npiiosailà la déinolitii'H des autres tempirs, ils ne se déclarèrent point contre celui du dieu Terme; et l'on en lira ce présage que la domination de Home demeurerait ferme et iiiébraidable, pnis(|ue le temple <lu dieu Terme n'avait point éié démoli, et qu'il avait été le seid de tous les dieux qu'on n'iivait pu faire sortir de la place (|ui lui était consacrée. Ce présage de la longue durée de Rome, fut suivi d'un autre prodige qui annonçait la grandeur de cet empire. Une léle d'bonmie , qui avait le visage entier, apparut (dit on) à ceux qui creusaient les londeuients de ce temple; : cela léiuoignait bien c!:iireuu!ul (jne ce lieu serait quelijiK! joui- la forteresse de l'empire et le chef de tout l'univers. (>i' fut aussi la piédieliou et des devins qui étaient alors d;ins la ville, et de ceux qu'on avait fait venir (rKtrmic , pour les cousrdler sur ce sujet (Tii. I/iv., lib. 1, n. 5o).
En matière de religiiui, je me rends à ce que disent les grands pontifes Coruncanius , Seii)iou et Scjcvola ; et non pas aux scntinu'iil-; de Zenon , ou de Cléanthe, ou de Chrysippe. Je prélcre ce (iireii a écrit Lélius, qui était tie nos angures, et un de nus saaes , à t(uit ce que les plus illuslies sioieiens m'en voudraient apprendre ; et comme la nligiou du peuple romain a d'aboid consisté dans les auspices et jes sacrifices , à quoi l'on a depuis ajouté les pré I clions, »]ni, en conséquence des prodiges , siuil expliquées par les interprètes de la Sibylle, ou par les aruspices, j'ai toujours cru qu'on ne devait rien mépriser de ce qui a rapport à ces trois chefs ; je me suis même persuadé que Homulns , par les auspices qu'il ordonna , et Numa , pai- les sacrilices qu'il éiahlil. avrdent jeté les fondements de Rome (pii , sans doute, n'aurait pu s'éievt;r à ce haut point de grandeur, si elle ne s'était attiré, iiarsiui cidte, la prnlei:lion des dieux (Cic^roH, de ta Nature des dieux, l. III. et 2).
Le môme antein' dans son livre des Réponses des .irus|ii(:('s, ch. 9, met les Romains en paiallèle avec les autres nations, et ne leur donne la supériorité sur elles que par la religion et la piété envers les dieux.
Quain volumus licet, P. C, ipsi nos nmemus : lamen nec intmero Hispanos, nec robore Cullos, nec cnllidiiule Pœiios , 7iec artibus Grwcos , neque deiiiqne hoc ipso Itujiis gentis , ac lerrœ doineslico uativoiiue sensu, Jt(dos ipsus, ac Latinos : sed pietate ac reliçiione, alqiie hue niia sapientia , quod deornm iinniortnliuin numine oiniiia régi gubernarique pers[jexim:ts , onines gentes nationesque superavimus.
Ovide assure que l'empire de l'univers avait été promis ;> Rome par les dieux.
Montibus his olim lotus promillitur orbis {Fast. l. I, V. 317.)
Il n'est pas surprenant, dit Valcre Maxime, que la bonté des dieux ail lonjoms eu une attention particulière; pour conserver et augmenter cet empire , puiscpieRome a toujours apporté le soin le plus scrupuleux à pratiquer les petites cérémonies de la religion , et à ne rien omettre de ce qui regardait le cidie des dieux (Liv. l, c. i . n. 8).
Celse par le ainsi à un chrétien : Ne dites pas que si les Romains, ajnutiint foi à vos paroles, al):mdonnaienl le ctdtc des dieux, et n'adoraient (|iie le dieu suprême (pic vous prêchez, il viendrait à leur secours et les ferait triompher de leurs ennemis; car ce dieu
qui non seidement avait fait cette promesse, mais encore de plus grandes, comme vous le dites, à ceux qui l'honoraient, voyez (piels avantages il leur a procurés, d(; même (pi'à vous. Tant s'en faut (.[u'ds soient maîtres de toute la terre, qu'ds n'ont ni héritage ni maison : et si (piel (u'un d'entre v(uis est encore çà et là, et se tient caché, on le cberche pour le punir de mort (Dam Origène, liv. Vlll, n. bO).
I.es Romains, en adorant le-; dieux, et tous les dieux, ont mérité l'empire de l'univers.
Sic Romanorum poteslas et auctorilax lolius orhit aiiibitns orciipavit , sic imperiiim siium ultra salis nias et ipiius Oceani Uiiiiies propagavit , duiii exeneni in anuis viriuiem religiosam , dum tirbem niniiiunt sacrO' mm ri'ligwiiibus, castis virginibus, mvltis hoiwribits ac tioniiiiihus S'uerdotum : dum obssessi , et citra svlum Cnpii'jiiuin cajiti, colniit deos. qiios aliiis jani sprevisset iratos; et ver (jallorniii acies niirnnliuni supersiiiionis aiuliirinm pergniit letis ivcDnes , sed cullu religioiiii aniKiii : (/»»» capii in hostibus mœiiibns adhuc ferocieiite Victoria lunuiiiu vif ta veiicraiitHr : dnm uiidique hospiies deos qiuvruul et suas faciuni : dnm aras extruuni eliam iqiioiis tiuviiiiibus et maiiibns. Sic dum unirersarum geatium sacra suscipiiiut, eiiain régna meruerunt (Ceciliiis, dans Min. Félix, p. l'j et 16).
Les J.iifs ont adoré un seid Dieu ; mais sa puissuice est si inférieure à celb* des dieux des Romains, que n(uis l'avcMis fait captif avec la nation qui l'adorait (Cec, dans Min. Félix, p. 52).
Un peu plus bas , il ajniiie : Est-ce que les Roniains, s:ins le secours de voire dieu , ne sont pas n:aUies de tout l'univers, et de vous-mêmes (p. 403). Ju veux ré|iOiidie à ce qu'on dit, que les Romains n'uni été élevé- à un si baiil degré de puissance, <|ue par la griuide exaciitude de leur religion, et que leurs dieux sont véritableuKNil il(;s dieux , parce que ceu\ qui leur rernie t le plus d'IiDuneur se trouvent aussi les I lus élevés {Tcriullien, ApoL, »i. 2a).
Nous apprenons de la S byllc et des autres devins remplis di; l'espr.t de Dieu, que Jnpiier donna à Rome des lois par l'eulreuiise de Ninna (voyez les paroles de Julien qui piéc(!deni).. Mettons-nous an rang Ile ses plus grands ou île ses nmindres bienfais , l'ancile ou biuclier tombe du ciel, et i.i tête d'homme trouvée en fouillant sur la c(dline , d'i.ù le Capitule , le siège du grand Jupiter, a pris son nom? Mais vous, chrétiens, les plus malheureux des hommes, loisquc vous ne voulez pas ailorer l'ancile que m)iis avons reçu du ciel , du grand Jnpiier ou de Mars, notre père. Connue un gage certain, gage donné, non par paroles, mais par une chi/se r(^elle et subsistante , qu'il protégerait perpétuellement notre ville , vous adorez le bois de la « roix (S. Cyrille, lit<. VI)!
Jidien parle ainsi irouiquemeiil aux chrétiens : Pourquoi, mépris Mit nos dieux, avez-v(ms eu^brassé la religion des Juifs? eM-ce parce que les dieux ont donné l'empire à Rome , et (lu ils ont tenu les Juifs dans mie cemlimielle servitude, excepté un petit espace de temps? .\braham, Isaac, Jacob, ont vécu dans une tene étrangère. Moïse, avec les siens, a été esclave eu Egypte. Lorsqu'ils ont été dans la l'^destine, tauiôi ils ont eu d(;s juges, plusieurs fois ils cmt été asservis aux princes voisins. Euliu , après avoir eu des rois pendant quatre cents ans, ils ont été assnjeitis aux Assvrieus, ensuite aux Mèdes, après aux Perses, enfin à "nous {D.nis S. Cyrille, liv. M),
Uo peu plus bas, JulitïiKMuitiiiue ainsi: Répnndeimoi, bqnel vaut mieux , d'être loujuuis libre et de conunander pendant deux mille ans à la plus gruide partie de la tene et de la mer, ou d'être assujetti à des étrangers? Je ne crois pas que per onne soii assez insensé pour piéférer le seciid ; car, qui est assez stupide pour croire qu'il vaut mieux è:re v:uncu que de vaincre? Si cela est vrai , monlrez-moi tpielque capitaine parmi les Hébreux, oui puisse être comparé à Alexandre ou à César. Il n'en est sûre-