‹ Dâemonstrations âevangâeliquesChapitre 57 sur 202 · scène · texte numérisé non relu

scène

Celse nous envoie, dit Ongene, dans les temples de Tropbonius, d'Ain phiaraiis et de Mopsus, où il dit que les dieux apparaissent eu lorme humame, non point trompeuse; mais réelle et évidente {Dans Origène, l. VU, n. 35).

Voyez dans les preuves 91 et 92, plusieurs passages (jui attestent ces apparitions des dieux.

(96) La Sibylle, après avoir écrit toutes les cérémonies religieuses i|>'e Rome devait observer dans les jeux séculaires, linil ainsi son oracle :

I C'est par l'exacte observance de ces cérémonies, que non-seulement le pays Laliii, mais encore l'Iialie entière, seront pour toujours soumis à ton empire {Zoime, l. 11).

Voyez la preuve 87.

\97j En ce temps, les Juifs étaient soumis aux Romains , ils étaient dépouillés de tome souveraiiieié et de tome magistraime: c'était là, selon eux, l'époipie de la venue du Messie , sur ces paroles du cliapitrcXL de la Genèse, verset 10 : Le sceptre ne sortira point de Juda, et le législatriir (s<-lon d'autres, le Bcribe), d'enire ses pieds, jusqu'à ce ipie vienne Siloh, ei. les peuples s'asseinbleronl aupré-. de lui (ou, ■ selon d'autres, lui obeiroiu). Ou lit dans la paraphrase d'Onkélos, qui vivait avant Jésus Clirist, qu'il y aura toujours dans Juda quebpi'un i|iii dominera... jusqu'à ce que le .Messie arrive. Dans la paraplira-e de Jonathan : Les roi» ne cesseront point dans Juda... jusqu'à ce que vienne le Messie roi.

Dans le Talmiid, au traité du Sanhédrin, chap. XII, on demande quel sera le nom du Messie, et on répond qu'il s'appellera Siloh, parce qu'il est écrit dans la Genèse, que le sceptre ne sera point ô é de Juda, jusqu'à ce que vienne Siloh. Dans le Béiésiih Rabba, ou grand conamoulaire sur la Genèse , après ces i>a-

rôles : Jusqu'à ce que vienne Siloh, on ajoute : C'est le Messie. Dans Ècha Rabbeihi, on grande explication des laiiieuiations de Jérémie, sur le premier chapitre, on demande quel est le nom du Messie. Ceux (|ui étaient de la maison de Rabbi Scéla, dirent : Siloh est sou nom, comme il est dit dans la Genèse, chap, XL, jusqu'à ce cpie vien e Siloh , c'est-à-dire le Messie (Galal., de Arcli. calh. verit., p. 199).

Le rabbi ALase iiadaisin, dans son comiueniaire sur la Genèse, sur ces paroles : Et te scrtbe de sa posléiité, dii : Ceux ci sont le Sanhédrin , siégeant dans le consistoire Gazilli, pour porier di'S semences capitales, (pii ne seront jamais enlevés de la (crrtî de Juda, Jus(|u'à ce ([ue vienne Siloh , qui est le Messie (Ibidem, }>. "200).

Dans le T.iliniid de Jérusalem, an traité du Sanhédrin, on lit que ipiaianle ans avant la des'ruction du temple, les juges furent chassés du consistoire Gazith; et que lorsqu'on le-i chassa de ct: consistoire, on leur ôia le pouvoir de juger à mort; cpi'alors ils se couvrirent de ciiices, s'arraeliérent le> cheveux, plciirani et disant : Malheur à nous, p.rce que le sceptre a cessé dans Juda, et que le (ils de David, c'est-adire le Messie, n'est pas encore venu (Ibidem, p. 205 et iOG).

Dans le Talmud de Jérusalem, livre Bérachol nu des Béiiédiitious, chap. H.iiba Kore.onlii qu'un Juif étant occiii)é à labouier la terre, un de ses bœufs mugit; le inugisseinenl du bœuf aimonre l'avéueinent du Seigneur. Un Arabe ipii pa-sait , ayant enteihlii ce mugi-seiiient, d.t au Juif: Dételez vo-, bœufs, iiarcc (pic voue sanctuaire va être démit. Le bœuf ayant mugi une S''co;,de l'ois, l'Ardie dit au Juif : Liez vos bœufs et tenez vous prêt, parce que votre Messie est né (Uaits Jér. de S'iiiitc-Foi, L I, c. 2).

Ce passage du Taluind est transcrit dans Eclia Rabbeihi, ou grau le explication des lainentaiions do Jéiéinie. (Jn le lit aussi dans lîérésitli Rabba, ou gr.iud loiniiienlaire sur la Gi-nése, en ces termes : Lin Juif étant iiccii|é à labourer la terre, un de ses bœufs (il un grand mugisse iieiii; un .Vrabe tpii passait, ayam ent^ ndii ce inug ssemi'iit, dit au Juif : Dételez Vos liœul's et ne tardez pas, parce que le temps de la desiriiciioii de votre leniple et de voire sanctuaire est ai rivé. L'autre bœuf ayant ensuiie poussé un semblable mugissement, l'Arabe dit au Juif: Liez vos boeufs et tenez vous prêt, parce que le roi Messie est né (Ibidem, p, 219 et 220).

Le labbiii Moï-e Uadarsan , dans la glose hébrai jne sur le dernier chapitre d'Isaïe, dit que le Rédempteur est né avant la naissance de celui qui réauirait Israël dans sa dernière servitude {Ibidem, j). 219).

Le rabbin Moïse, dit l'Egypiien dans le livre Sopliriii, du i)ue Jé-us de Nazareth a iiarii être le Mes- .sie, ipi'il a éié mis à mort par le Smhédrm ; ce qui a é é la cause qu'Israël a été détruit par l'épée (/6ideni, p. 279}.

Dans le ialiiiud, au traité du Sanliédriii, chapitre dernier, on lit que l'école d'rJii;, qui fut un maître fameux parmi l.s monde .^-er.nt de premier.^ ont été vaiiis le lemps de du .\le->sie.

On lit la même chose dans le traité Avoda Zara (Galtii., de Arc. veiil., p. 259. 2(j0 et 261).

Quant au .Messie, s'il est venu, et s'il est quelque part, il est e^co e me. nuu , et il ne se connaît pas encore lui-inème, ct il n'a aucune puissance jusqu'à ce qu'Elie vienne roiiidie ou le sacrer, et le faire connaîire à lout le monde (Trijphon, dans saint Justin, p. 110).

Ou voit par ce di-cours que les Juifs, forcés par les prophéties et par la .raditioii de leurs ancêtres, qui marquaient le temps du Messie, n'osaient dire qu'il

Juifs, assurait que la durée du si\ mille ans, dont les deux le temps du lohu, les deux suia loi, les deux derniers le lenipa

DÉMONSTRATION ÉVANGELIQUE. BILLET.

ne fflt pas venu, et cherchaieni des subliliiés pour éluder dns léinoignagps si précis.

Le Juif que Cclse inlroduii dispiilanl contre Jésus, dit (|<i'il y en a plusieurs qui blàuieul Jésus, (lisant que ce sont eux qui sont le llis de Dieu ei le Messie qui a éié prédit {Dans Origène, l. l, n. 57).

Avant Jésus, il n'.ivail paru personne qui se dît le Messie, de|)uis lui, plusieurs, selon le léuioiguage du Juif de Cfisf, se sont d(nuié-> pour lels , marque certaine qu'on était yénéralcmenl pcr>uadé chez les Juil's, que le Messie devait i).ir;iîire alors.

A la vue de tous ce.-< téuioignages, on ne peut douter que les Juifs n'aiiendissent alors le Messie. Ceux que Ton va rapporter coulirmeut cette vérité, et prouvent de plus qu'ds l'aiteudaient comme un roi puissant qui subjuguerait runivers.

josèpliedil que ceipii porta le plus les Juifs à faire la guerre a\ix Koni.iius, ce lut tni oracle ambigu qu'un trouva p:ireilleuu;nl dans les livres saci'és , (pii auMOuçaii (jue d.-ns t'e temps quelqu'un devait sortir de leur pays, quiconnnauderaii à (ouie la terre. Plusieurs Juil's entendaient cet oracle de quebpi'un de leur peuple, et plusieurs des suges de la nation se sont irouipés en cela (Hisl. de la guerre des Juifs, l. VU, c. 28).

On ne relèvera point ici l'impie flatterie de Joséplie, qui a|iplif|ue ensuite cet onu le à Yespasieu. Il nous suMit de faire reuiai(pier dans les paroles de cet auteur, que les Juifs croyaient (pi'cn ce temps iJ oortirail de leur pays un prince puissant qui se sounict- Irail l'univeis.

Zunaras nous apprend qu'A ppien, dans le liv. XXII de l'Histoire romaine ( cet ouvrage d'Appius n'est pas venu jusqu'à nous), faisait mention de cet oracle que Josèphc attribua à Vc^pasieii. Voici ses paroles ; José|ibe, comme il le raconte lui même, ayant trouvé dans les livres saints un oracle qui annonçait que quelqu'un de Judée régnerait sur Kuite la terre, il assura (pie cet oracle regardait Vcspasién, et il lui prédit l'empire (Anuules, 1. 1, p. 57u).

Suéione écrit ([u'il y avait longtemps que dans l<iut l'Orient on tenait pour chose assurée, que les destins promettaient alors l'empire à ceux (pii viendi aient de Judée. Cet oracle, coiitiuuet-il, devait s'entendre d'un empereur romam, ainsi (ju'il a paru par l'événeinenl; mais les Ju l's se l'attribuani , eu prirent occasinn de se révolter ( Vie de Veapusieii, c, 4).

'lacite, décrivant le siège de Jéi usalein, dit que les Juil's furenl peu t-fl'i ayé^ des prodiges que l'on vit alors, cl (jui jiaraissaient anii(in( er la ruine de cette ville, parce que la plupart disaient (pi'il était prédit dans les livres (le leurs piètres, (jiie rOrieul aurait le dessus, et ipi'd sortiiaii des gens de la Judée (pii deviendraient les maîtres dunr nde( W/s/., /. V, c. 15).

Li; Juif, sous le nom du(|uel Ce'.se parle, dit que le Messie qui doit vemr, doilcire, selon les prophètes, un roi irès-pui^sant, seigneur de tonte la terre et de toutes les nations (Duiis Origène, liv. Il, nuiii. 'idj.

(1)8) Dioguet, païen , demandait h saini Justin quel était le culte des chrétiens, quel éiaii le dieu dans |e(iu(d ils mettaient leur conliance., pour lequel ils niépri>aieul le nmnde et la nn)ri ; poiuMpioi ils ne regai'daieiil pas comme dieux ceux ipii étaient crus tels par les Grecs; pouKpioi ils ne suivaient pas la superstition des Juil's; quel éiait cet amour que les cliiéiicus avaient les uns pour les autres; cl pour(pi()i lecliri;-tiani>me vlmi. lit seulement de naiire, et n'avait point paru 'Mip'dvuMkul (lipiire de suint Justin à Divgnei, n. \).

Ciiiids. Par qui veux-tu donc que jeté jure'

Triéplion. Par le Dnru qui cunmiande en haut , graml , immortel , demeinani dans les ci(!ux , le lils du père, l'cspriL procédant du père, un des trois, et trois d'un. Pense que ces trois sont Jupiter et qu'il est Dieu.

Çritias. Tu m'apprends à compter, et ton jurement

câl une arithmétique ; car tu comptes aussi bien que Nicomaque le Gérasénien ; je ne sais ce (|uc lu dis : un trois , trois un. iMilcnds-tii parler du nombre qiialernaire de Pylhagore, ou du nombre huit, ou du nonibie trente?

Triéplion. Ne parle poini des choses d'ici-has , qui doivent être envcliippc(!s dans un profond silence : on ne peut ici mesurer les traces des poux ; car je t'apprendrai qu'est-ce (pie c'est que cet univer-, quel esi celui qui a èié avant tout, ei (|uel csi l'arrangcment de ce monde. J'ai éprouvé ci; qu(r tu épr> iives quand je rcncdiiirai ce Gdiléen chauve pai-(le\ani , au nez aqnilin , qui a été enlevé au Iroisièine ciel à travers les airs, où il apprit les plus belles cboves : il nous a rcnouveiés par l'eau, il nous a fait niareher sur les traces des bienheureux , et il nous a rachetés delà sociélédes impies; et je te ferai, si lu m'écoule^, un Innnme véi iiablemenl homme.

Criiius. Parle, 6 liès-savant Triépbon ! car je coni menée à avoir peur.

Triéphun. As-tu lu la comédie d'Aristophane intitulée les Oiseaux?

Critias. Sans doute.

Triéplion. On y lit qu'au commencement était le chaos et la iiiiii, le noir Erèbe et l'ample Tartare , sans qu'il y eiit ni lerK!, ni ciel.

Critias. Tu dis bien. Qu'y eut-il après?

Triéplion. Il y avaii une lumière incorruptible, invisible, incompréliensilde, qui dissipa les lénèbres , qui débrouilla le chaos par un seul mol qu'elle prononça, (;oinme l'a écrit le Bègue (Moïse), qui aireiinit la terre sur le-, eaux, qui étend. l le firinainenl , (|ui forma les étoiles lixes, ces astres que tu aiJores comme des dieux, et leur prescrivii leur roule, qui embellil la terre de fleurs, et tira l'homme du néant; elle est dans le ciel, d'où elle toiiiemple les justes et les injustes, éciivani dans des livres les aciions de chacun, pour rendre h tous selim leurs œuvres , au jour qu'elle a mari|ué pour cela.

Critias. I{é|)onds-moi , Tnéphon : ce qui se passe en Scylhit^, s'éeri(!-t-il aussi dans le ciel ?

Triéplion. Oui, tout s'y écrii , puisque Christ a été parmi les nalions.

Critias. Il faut (|iril y ait bien des écrivains dans le ciel |ionr écrire lout ce qui S(î passe ici-bas.

Triéplion. Parle mieux , et ne dis rien de bas ou de vil de la Divinité; mais le Taisant mou caihécuniène, crois ce que je le dirai, s' lu veux vivre éternelltinent. Dieu a étendu le ciel (Ommeune peau, .'"oiidé la terre sur les eaux, formé les .stres , et tiré l'homme du néaiil. Qu'y a-t il de siirprenani si les aciions de tous les liomiiies sont écrites? car si tu avais bâti qiielipie |)eiite maison, dans laqu(;lle tu aurais assemblé plusieurs domesiiipies de l'un et de l'autre sexe, lu serais instruit de tout ce «pi'ils feraient, (pieli|ue peu considérable (pi'il lût : combien donc esi-il plus probable (|ue D.en, qui a tout créé, connaisse toutes choses, et (pi'il fasse aiientiou aux pensées ei aux ucliuns de chacun? (ur pour les dieux , ils passent pour des cliinières dans l'esprit des sages.

Critias. Tu parles à merveilles; mais tes discours ont produit dans moi lout le conlraiic de ce «pli arriva à Niobé; car de sialue, ils m'ont lemlu lioinme ; c'est pour(|uoi je te jure par le dieu dont lu m'as parlé, (|ue je ne le feiai aucun mal.

Triéplwn. Si tu m'aimes véritablement , tu ne me traiteras point coniine un étrangei', et la parole ne sera point contr, lire à ta pensée : disnioi donc ces choses admirables, alln (pie j'en soi^ aussi surpris , et ipie j'en sois changé, non de la manière que le lut Niulié, (pii perdil la |iarole . mais (|uc devenu rossigmd, j'aille chanter dans un pré fleuri ton admirable surprise.

Critias. Cela n'arrivera pas, je te le jure par le lilà issu du père.

IIISTOIUE DE L'ÉTABLISSEMENT DU CHRISTIANISME

Triéplion. Parle :. après en avoir reçu la puissance (le remplit, je l'enl(Midr:»i paisiblomenl.

Criiias. J'étais allé dans une îles rues do la ville acheter ce dont j'avais besoin : j':i perçus une troupe de gens assemblés qui cbucbolaieni à l'oreille les uns des antres , et qui , pour mieux entendre , collaient leur oreille sur la bonciie de celui (|ni parlait. Je regardai avec soin ions ces hommes , pour voir si je n'y découvrirais point quelqu'un de mes amis . lorsque j'aperçus le politique Craton , avec qui je suis ami dès l'enfance, et avec lequel j'ai mangé fort souvent.

Triéphon. Je sais qui tu veux dire : c'est celui qui est proposé au département des tributs. Qu'arriva-t-il ensuite?

Criiias. Je m'approchai de lui après avoir fendu la presse : et l'ayant salué, i'enli'oiiïs un petit vieillard tout cassé, nommé diitèiie, qui commença à dire d'une voix grêle et parlant du nez, après avoir bien tousse ei csaciié : Celui dont je viens de parler, dit il, paiera les restes des tributs, acquittera loiiies les dettes, tant publiques que particulières, ei recevra tiiut le monde sims s'iidormer de la profession. Il dit idiisieurs :iutres fadaises, qui fureiii ég. dément applaudies par ceux qui étaient présems, que la nouveauté des diiises rend:iil fort attentifs. Un autre, uoiumé (lévocarme , sans cbape^iu ni souliers, et couvert d'un manie.iu tout |iourii, pat lait entre ses dents ; ce fut un liomme mal velu qui vcn:iit des iimntagncs, et i|ul avait la tète rase, qui me le montra. Ce (>lévocarme, dis-je, applaudissant au di-cours de Caricèue , du (|ue le nom de ce libérateur était écrit dans le tliéàre en lettres liiéniglypliiques, et qu'il couvrirait d'or le graïul cliemiii. Ces song<;s , leur dis-je, selon !a doctrine d'.\ristandre e( d'Arlémidore , ne vous pronoNiii|uent rien de bon; car il faut prendre tout le eontiaire, et croire que. les d<;tles de l'un multiplieront, et (|ne l'uulre n';iura scnivent pas mie obole. Il me semble que vous vous êtes endornds sur le rocher de Leucade, ou p;irmi le peuple des songes, de l'aire de semblables rêvericss si pmciic de la Muii. Mais me tourn;uil veis Craton : IN':ii-je pas bien deviné, lui dis je, et n'ai je pas expliqué ces simges suivant les règles <pie dorment .\nst;indre et ArlémidoreV Tais-toi , me dit-il , Crilins; car si lu veux m'écoMier, je t'apprendrai les plus gr;in(U mystères, et je le ler;ii conuaiire l'avenir : Ce ([non t'a ?'acoulé ne sont pas des songes; ce ^onl dus choses qui arrivennit véritaldenieni dans le mois qu'on nonmie Messori. Ayant entendu Craton parler ainsi , et connaissant par là le peu de solidité d'esprit de ces gens, je rougis et me retirai tout triste, b. amant beaucoup Craton. Mais l'un d'entre eux, qui avait le regard farouche , me tira par le manle.iu , croyant que je fusse des leurs ; et à rinsiig.iiioii de cette ancienne divimié, me persuada à la inaleiieiire de me trouver à l'assemblée de ces magiciens; cai il disait qu'il savait tous leurs mystères. Nous avions déjà pas^é le seuil d'airain et les pories de fer, comme dit le poète, lorsqn'après avoir grinij é au liaui d'un logis par un escaliei tmtu, nous nous lioiivâmes. non pas dans la salle de Ménéiaus. tonte bri lante d'or el d'ivoire : aussi n'y vîmes-nous pas Hélène; mais dans un niécbant galetas, où ccmlemplanl tout, coiiune ce jeune étranger dans ilomère , j'aiiCiçiis des geos pâles, délails, conibés contie lerri-, qui n'enreiii pas pinlôt jeté" leurs le^aids sur moi, (ju'ils nous abordèrent joyeux , en nous demainiani si nous n'apportions pas qiiel(|ue mauvai-e nouvelle; eai' ils par lissaient désiier desévéneinenl- fach'Mix, et senildables aux furies, ils se réionissaienl de^ inaliieurs. Après » s'être quekpie temps pané à l'oreille, ils me deniandéient qui j'étais, d'où j'étais, quelle était ma p. trie, quels étàeiit mes parents? Car à vous voir, me dirent- ils, on vous prendrait pour un Ciiresl. Je leur répondis : A ce que je vois , il y en a peu qui soient Ghrest. Criiias esi mon nom ; j'ai la même patrie que

vous. Ces hommes qui marchenidans les airsm'ayant demandé des nouvcllesdela ville etdu monde, je leur dis : Tous sont dans la joie, et y seiontde même à l'avenir; mais fronçanl le sourcil, ils me répondirent qu'il n'en serait pas ainsi, et qu'il se convali quelque mal dans la ville , ipii était tout prêt à éclore. Feignant d'enirer dans leurs seuliments , je leur dis : S'on-i qui êtes élevés dans le ciel , et qui de là voyez toutes les choses d'ici-bas , vous avez découvert ce qui devait arriver dans la ville ; mais diies-moi , je vous prie, ce qui se passe dans le ciel? N'arriveral-il point bientôt quelque éclipse du soleil par l'inlerposition de la lune? Mars regarde- t-il Jupiter de travers, et Salurne le soleil en diamètre? Ne se fern-t-il point (piel(|nc ccwijonclion de Mer( ure et de Vénus? Qui sont ceux que vous aime/ ? qui envei ra de la grèie et des orages , qui causera la pesle on la lamine? Ce grantl vaisseau suspendu qui enferme le lonnerre el la foudre , ne crèvera l-il point sur nos téli'S? Là-dessus, comme s'ils enssenl eu cause gagnée, ils comnieneèieiil à débiter les choses où ils se plaisenl , (|ne les affair(!s allaient changer de face, Uome être Iroublée par des divisions, et nos années être défiiles. Alors ne pouvant plus me contenir, et tout eiill iinmé de colère, je m'étri i : 0 misérables ! ne vous repaissez pas de vaines paroles , aiguisant vos dents contie des hommes qui ont le courage des lions, et qui ne respirent que les armes. Que les maux (|ue vous annoncez toinbent sur vos léles, puisi|iie vous aimez si peu votre patrie; car vous n'avez pas appris cela dans le ciel, ei n'êtes pas fort versés dans l'astrologie : que si vos divinations et vos prestiges vous ont persuadé cela, c'es; pour vous une double ignorance ; car ce smil des coules de vieilles dcuit ou fait peur aux petits enfants : ces sortes de clio>es sont du goût des femmes.

Triéphon. Ll (|ue le répondireul ces hommes à lè;e rise, et qui ont l'esprit de même?

Criiias. Ils passèrent cela doucement, et eurent recours à leurs éeliappaioires oïdiuaires; ils dirent (|n ils voyaient toutes ces choses en songe , après avoir jeûné dix soleils , et passé les nuits à chanter leurs hymnes.

Triéphon. Et (pie leur répoudis-lu; car ils le dirent des choses bien exlraordinaires ?

Criiias. Sois tranquille : je lem" répondis bien ; je leur dis ce qu'on a cotitunie de leur dire , que ce qu'ils annoncent ne sont (|ue des songes: alors, avec un f ux souris, ils s'avancèrent un peu hors de leur pelil lit sur leipiel ils se reposaieul. 0 hommes célestes 1 leur di.N-je, si ce que je vous dis est vrai , jamais vous ne déciuivrirez sùr<'inciii les clio>es à venir; mais fiussement persuadés par vosiévcries, vous débiterez ce qui n'est point et qui n'arrivera jamais : je ne sais poiir(|uoi vous vous allacliez à ces bagatelles, et pour(|uoi \ous croyez à des songes : je ne sais poiircpioi vous avez en horreui- ce qui est bon, et que le mal seul vous pl.iîi; mais vous n'avancez rien par là. C'est | oui ipioi qniUez ces imaginations , ne débitez plus ces oracles qui n'annoncent (pie du mal, de peur que Jupiter ne vous donne en proie aux corbeaux, à Cause des maux ipie vous souh. liiez à votre pairie, et parce que vous la déchirez par \()s discours. Mais ces hommes, tous animés d'ui* même esprit, me léprimandèrent lorlement; et si tu veux, je l'ajouterai ce qu'ils me dirent, qui me rendit muet comme une statue, jusiju'à ce que tes discours m'ont l'osu.-îCité.

Triéphon. Tais toi, Criiias , ne me débite pas davaiiiai^e de ces bagatelles; car il me semble que j'eiille comme ceux ipii oui avalé du poison, ou qui ont élé mordus de quelque bête venimeuse ; ei si je ne prend» quel(|ue breuvage qui me fasse reposer et oublier lout cela, le seul aouvenir m'en demeurani dans l'esprit, est capable de me causer bien du mal. Laisseles donc là, commençant ion oraison par le père,

DEMONSTUAHON EVANGELIQUE. BULLET.

avec le célèbre cantique à la fin (Lucien , Dinl. Philopuiris).

Que ce dialogue ne soil pas de Lucien, mais d'un aiiicur plus ancien (|ue lui. coniuic queltiues-uiis le vciiU-iil. cela, loin d':ill':iil)lir, auguienic le poids du ,léni(iignai;e que nous eu lirons.

Cécilins dit que les clnéiiens croient f|tic leur Dieu voit loul, jusqu'aux plus secrcles (jcnsées des lioninies [Dmis Mm. Félix p. 20).

Cclsc ilit que les clnéiiens .naieiit les dieux Cl les idoles en exécration {D/dis Urigèite, l. Vil. n. ôG).

il dit que les clnéiiens ne peuvent souffrir les temples, les auiels , les idoles , et il les appelle impies pour cetle raison (L. VU, n. 6''2).

Les païens disaienl (jue Jésus-Christ élait digue de haine, parce ([u'il avait banni du inonde les religions, et (iélendu (|u'(ui lionoràl les dieux {Uans Arnobe, t. 11, ;;. 4G).

Volusieii parle ainsi à saintAiiguslin : Pcul-nn croire que le niaiire du monde, qui l'a laii cl qui le gouveriif, s? soii rinlermé dans le sein d'uiuî vierge , (prelle l'y ail porté neuf mois, (pi'ehe l'ail enlaulé au leiine ordinaire de la grossesse des remines, et que loul cela se soil passé en elle sans intéresser sa Virginilé {Lettre 155 parmi celles de suint Auyuslin).

Trj pilon reciuniaîi que le> ciirélieiiS enseignent «|Ue Je.-îiis est né d'une vierge (Diul. de S. Jusiin avec Tt'iplwii, II. 67).

\oy<:z les preuves 12, 13, ^^, In ; la disserialion sur ce i\u'oii lil dans Jo^èplie de Jésus-Chiisl, la leilre de Pline à Tiajan, l'hisloire de l'éiégrin.

Celse parle >le l'anue vie que les chrétiens se proineileni (Liv. VU, ». "28).

Il dit (pie les chiéiieiis attendent la résurrection des corps, et il se nioipic de leurs espérances (Liu. V, )). 14;/iu. VUL H. 49).

Céeilins reproelie aux chrélieiis de souffrir la mort dans l'espérance d'une vie liilure. SpernuiU larincnid prn'sentia , duin iiicerta iiicluttnl til [uliira, et diiiu mon posl morlein timeiil, iiileriiii iiwri uoii linie)U. lia illis pavurem fcdlux spes suialia rediviva blanditur (Min. Félix, p. 21).

Il dit (pie les ehréliens débiieiil des coules de \ieiiles, en disaul (pi'ils ressuseiieronl [Ibid., p. •11],

11 (lit que les clnéiiens se promeiicil, coinnie bons, une vie éiernelle aprè.^ leur mori, el diseiii (pie les antres, Cdinine injiisies, éprouveront des peines qui ne liuitont poml (Ibidem, p. 28).

L(;s païens diseiii (pie les cliiétiens sont deinimorls Cl épuisés par leurs longs jeûnes el leurs veilles (Diiiis a. Grég. de Niiz . dise. A, cotit. Julien).

'yj) Dans le Midras Lolieleih, ou ex|)licatioii de TEci lésiasie, ch ip II, il esi dit (pie la loi de ee siècle ou de iMoïsi!, (!Si vanité devant la loi du siècle à venir; Cl au cha|). XI, on dit que la loi de ce siècle est vaniié devant la loi du Messie. Par où l'on voii ipic le siè( le à v(;nir et le temps du Messie sont la méiiie chose (Gulai., de .\rc. cuJi. veril., p. GlJ'J c( 010).

'Jiyplion lepioclie aux clnétiens de ne \>:i> ol).-)Crver la ( iieiuicision de la loi ; et il du (pie, par celle raison, ils ne (lillèient pas des geniils [Diuluij de S. Jusiiii avec Tryplion, >i. 10).

Le Jiiil sous le n 'in duquel parle Celse, reproche aux eiiréiiens qui s'éiaieni eonveiiis d'entre les Juifs, qu'ils avaient aliaiidonné \i lui de leurs pères [Dans Orujèni:, liv. Il, »/. 5 el 4)

Julien reproche aux chi ('liens de ne pas obseiver la I )i de M..ï.ie (Dans S. Cyrille, lio. X).

Il dit (pie les clnéiiens -ont de lanx Hébreux, révoltés contre la loi de leurs pères (Lettre ol, aux liabit.mtt d'Alexuiuhiej.

(iOM , lui) Tiyplion dit que les préceptes de rEvangilesohl si ji.r.ails. (pi'uu ne penlles ob.server (iJi'il. de S. Jhsiiii avec Trijplivn, n. 10).

Vo:u tell dit i|ue les ni.ixiines de Jé.n< Cbi'isl sont contraiies au bien de la s.ciélé, à cause de leur trop [grande peilticiioii . La doctrine de Jé.^us ne convient

nullement à ce qui se pratique dans les républiijues, piiisiiuc l'on dit (pi'iiu de ses précepies est qu'il ne laul reiidie à personne le mal pour le mal ; ou'après avoiiélé happé :<nr une joue, il f.iiii tendre l'aulic; que quand on non, venl (jier notre rolie, il faut encore donner le manteau ; ipie si (pielqu'iin nous veut forcer de faire mil'e [las de chemin avec lui, il en faui taire deux mille. Or tout ecla est contraire aux mœurs et aux usages de la léiiubliqne ; car, (pii cslce qui se laisse enlever smi bien par son ennemi ? (pii est-ce qui ikï eheiclie pas à rendre le mal jiour le mal aux barbares qui viennent ravager les |iroviiices de l'enipiie? el ainsi du reste : car votre sainlelé voit bien qu'on eu peut diie amant sur chacun des autres articles. Ce soiii donc auianl de nouvelles difhculiés qu'il croit que l'on pourrait ajouter à celles (lu'il vous propose, et (jni d'elles-ménes sauient aux yeux, quand on n'eu dirait rien , puisipi'on a vu, à ce qu'ils prélendent , combien les empereurs ehréliens oui lait de tort à la république, pour avoir voulu se conduire selon les maxiim^s de la religion chrétienne (Lettre 136, parmi celles de saint Autjustin).

On inuivera dans la 138« lettre de saini Augustin, une réponse solide à la difficulté que Volusien propose contre le christianisme.

(102)Les païens parlaienlainsi aux chrétiens : Les philosophes enseigin.'iit cl prol'essenl de même que vous, riiiiiocince, la justice, la patience, la lenipérance et la chasieté (Uuus Terlullieu, Apol., n. 40).

Lors(pril se iroine (piclqiics inéclianis parmi nous, vous (païens) laites connaître par vos discours qu'ils ne sont pas ebrétieus ; car vous parlez ainsi entre vous : Pourquoi, diies-vous, uîi tel est-il un trompeur, puiscpie les ehréliens s'interdisent loule injustice? poniquoi esl-il cruel, puisque les clircriens sont miséricordieux et conipatissanls {Tcrtul' lien, liv. I, aux Nations, n. 5).

Celse du (jue les clnéiiens méprisent les biens de la vie présenle {Orighie, liv. 111, ii. 78).

Il dit que les clnéiiens n'assistent point aux fêtes cl aux festins publics {Dans Origène, liv. Vlll, >i. 21, 24 Cl 28).

Ceci bus dit que les chrétiens renoncent à tous les plaisirs de la vie ; (jii'ils sont pâles, défaits, dignes de compassKMi ; (|ue, pour lessuhciler, ils ne vivent pas: Vus vero suspcnsi intérim aique sotlxili , Itoncslis volupuiiibus ubstmelis : non siieciacula visitis, non pom-

pis intcrestis; coiivivia publica ubsqtie vobis pullidi,

trepidi, misencordia digni itu nec resurgilis miseri,

ncc intérim vivilis (l)iiiis Min Félix, p. 31),

Cécilius parle ainsi des clnéiiens : Us s'unissent par des assemblées nocturnes et des jeûnes solennels {Ibid., p. 20).

Les païens disent (jne saint Pionius était toujours ]iâle el blême. Quid est lioc quod isie semper albus ac luridtis, p'illureni subito in ruborein mutavil (Actes des Martyrs de D. liuinart, p. I29j,

Julien dit (pie si l(!s clirétieus ne s'éiaieni pas séparés des iiébreiix, ils eu.^seul adoré un Dieu, non |)as pinsieuis hunimes misérables, qui ont prali<pié une loi dure, ansiêie, tpii respire une agreste barbarie {Dans a. Syrille, liv. M).

Voyi z la leitic de Pline, page 394, et la preuve précédenle.

(105) Celse dit ipie les clnéiiens enseignent ipi'il ne fait pas se venger des injures {dans Origène, l. \l\,n. 58).

(104; Cécilius dit que les ehréliens s'aiment avant que de se comiaîiic ; Occuttis se noiis et insigiiibut uvscuni, el amant iiintuo pêne ante<iuain iwveiinl {dans Mil. Félix, p. 21).

Lucien, dans son lappoit où il fait l'Iiisloire de Péiégriii, dil que le premier législa cur des cliré:ieii3 leur a mis dans l'esprii (|u'ils méprisent tous les bauis de la leiaa;, el (pi'ils les meltent tous en coinmiin (Hiàtuire, p. 400j.

Voyez, disent les païens , conunc les clirétieus

HISTOIRE DE L'ÉTABLISSEMENT DU CHRISTIANISME

s'enire-ainient, voyez comme ils sont prèis à mourir les uns pour les autres (dans Tertullien, Apol., n. 59). Julien parle ainsi aux liabilanls d'Anlicclie, contre lesquels il était irrité à cause qu'ils faisaient profession du clirislianisme : Vous permettez à vos femmes de vous ruiner en laveur des Galiléens. Elles font admirer l'impiété à une foule de misérables qu'elles nourrissent à vos dépens (Misopogon, p. 98).

(105) Julien dit qu'il est honteux qu'aucun Juif ne mendie, et que les impies Galiléens, outre leurs pauvres, nourrissent encore les nôtres, que nous laissons ntauquer de tout (dans sa lettre à Arcasius , Itist., p. 49).

(106) Personne, dit un païen, au christianisme près, n'est plus homme de bien que Caius Séius. Je guis surpris, dit un antre, qu'un homme aussi sage que Luciiis se soit fait tout d'un coup chrciien (dans tcrlullien, Apol, c. 5).

Une troupe de païens s'efforçant de persuader à saint Piouius de sacrifier aux dieux lui disaient : Pionius, cédez à nos vœux ; ca-r vous êtes digne de vivre, tant par votre probité que par votre douceur (Act. des Mart. de D. Ruin., p. 127).

Libanius s'écrie par admiration : Ha ! quelles sont les femmes chez les chrétiens (Lettre a une jeune veuve).

(107) Lucien dit que les chrétiens méprisent la mort avec un grand courage et s'offrent volontairement aux supplices (page 400).

Marc-Aiirèle, dans la troisième réflexion du liv. II de ses Réflexions morales, parle ainsi : Telle est l'âme, etc.

Tryphon dit que les chrétiens meurent pour Jésus Christ (Dial.de saint Juslinavec Tryphon, n. 8).

Le Juif sous le nom duquel parle Ceise reproche aux chrétiens qu'ils meurent pour Jésus (dans Origène, l. H, n. 45).

Cécilius dit que les chrétiens méprisent les tourments et la mort, dans l'espérance d'une vie future : Spernunt tormenla prœsenliu, dnm incerta metuunt et fulura; et dum mori post mortem timent, intérim mori non liment (dans Minucius Félix, p. 21).

Le président dit a saint Quirin, qu'il court avec empressement à la mon (Actes des martyrs de D. Ruinart, p. ÎS54).

Le président Maxime dit à saint Jules : Tu (e hâtes de mourir (ibid., p. 616).

Le président Maxime dit à saint Nicandre : Tu désires de mourir (ibid., p. 618).

Diorléiien dit à ceux qui l'incitaient à persécuter l'es chrétiens, que ces hommes là mouiaieiil de bon cœur (dans Luc. Cécil., de la Mort des persêc, p. 21).

L'empereur Julien dis;iit que tous les chrétiens volaient au martyre comme les abeilles à leurs ruches (saint Jean-Chrys., panég. des saints Juvent. el Max.).

(108) Celse reprochait aux chrétiens la nouveauté de leur religion (dans Orig , I, I, ;i. 26).

Les païens disaient que la religion chrétienne était nouvelle, que les chrétiens n'auraient pas dû quitter l'ancienne religion, la religion de leurs pères, pour prendre des rites barbares et étrangers (dans Arnobe, p. 91 et 92).

(109) Celse dit que la doctrine des chrétiens vient des barbares (dans Orig., I, I, n. 2).

Porphyre dit iju'Origène, étant né gentil et ayant été instruit dans sa jeunesse des sciences des gentils, renonça à sa religion pour embrasser la téméraire superstition des barbares (dans Eus., Hist. ecclés., l. VI, c. 19).

(110) Les oracles appelaient les chrétiens des impies. In vatibus profanis nos impios Dodonœus nominal (dans Arnobe, p. 19).

Le philosophe Crescent appelle les chrétiens des impies et des athées (dans saint Justin, Apol. II, n, 3).

Un crieur public criait à haute voix, lorsqu'on conduisait saint Euplc au supplice : Ëuple chrétien, en-

DÉMONST. Etang XII.

nemi des dieux et des empereurs (Act. des Martyrs de D. Huin., p. 440).

Les païens avaient les chrétiens en horreur. Quid ul omnis pessimi nostri nominis inliorrescitis mentione (dans Arnobe, p. 24).

Les païens pensent que l'accroissement du christianisme est la cause des grands troubles qui agitent l'empire (dans Orig., I, III. n. 15).

Ils disaient que les chrétiens étaient la cause des famines, des pestes et des tremblements de terre. Fréquenter enini (amis causa cliristianos culparunt gentiles, et quicunque sapiebant quœ genlium sunt : sed et peslilentiarum causas ad Clirisii ecclesiam reluhrunt (dans Orig., traité 28, sur saint Matthieu).

Tertullien dit que les païens pensent que les chrétiens sont la cause de tous les malheurs qui arrivent. Si le Tibre se déborde jusqu'aux murailles, si le Nil n'inonde pas assez les campagnes d'Egypte, si le ciel refuse de la pluie, si la terre tremble, s'il arrive une peste ou une famine , on entend aussitôt crier : Que les chrétiens soient exposés au lion (dans Tertullien, Apol., c. 40).

Démélrien, magistrat païen, dit que les chrétiens, par leur impiété envers les dieux, étaient la cause de tous les maux dont le monde était accablé ; que s'il s'élevait plus souvent des guerres, si l'on était affligé parla peste et par la famine, c'était à eux qu'il fallait imputer ces calamités. Sed enim cum dicas plurimos conqueri qnod bella crebrius surgant, quod lues, quod famés sœviani, quodque imbres et pluvias serena longa suspendant, nobis imputari.... Dixisti per 7ws fieri, et quod nobis debeant imputari omnia ista, quibus nunc viundus qualilur et urgelur, quod dii veslri a nobis non colantur (dans saint Cypr,, liv. à Démélr ., au commencement).

Les païens disent que, depuis que le christianisme a commencé à paraître, le monde a, pour ainsi dire, été détruit et le genre humnin accablé de différents maux. C'est à cause devons, disaient-ils aux chrétiens, que les dieux, outragés par votre impiété, nous affligent par des pestes, des sécheresses , des guerres, des famnies, des sauterelles, des rats, des grêles, et par toutes sortes de calamités (dans Arnobe, p. 7 et 9).

Voyez les paroles de Porphyre, col. 407.

Dans la première des inscriptions que nous avons rapportées, col. 408 de l'histoire, on lit que les chrétiens causaient la ruine de la république.

L'empereur Maximin, dans la lettre qu'il écrivit pour confirmer les décrets que plusieurs villes avaient faits contre les chrétiens, s'exprime ainsi : Nous ne sentons aucune de ces calamités publiques qui n'étaient autrefois que trop fréquentes et trop ordinaires. Il est vrai que ces calamités ne nous avaient été envoyées par les dieux qu'en haine de ces scélérats, dont l'erreur et l'impiété s'étaient répandues par tout le monde et l'avaient rempli de confusion et d'infamie.

Voyez cette lettre, qui est rapportée en entier à la preuve 64, pag. 491.

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