V. Zozime, I, 2 de son Hist., au commencement
(111) Cicéron cite cette loi romaine : (Jue personne n'ait en particulier des dieux nouveaux, et qu'aucun ne révère, même dans le secret, des dieux étrangers, à moins que leur culte n'ait été admis par l'autorité publique (Cic, de Leg., l. II, n. 19).
Mécénas parle ainsi à Auguste : Honorez toujours et partout les dieux de la manière usitée dans l'empire. Punissez par des supplices les auteurs de religions étrangères, non seulement par respect pour les dieux, mais encore parce que ceux qui inlroduisen; de nouvelles divinités engagent plusieurs à suivre des lois étrangères, d'où naissent les conjurations, les sociétés particulières, qui sont très désavaniageuses au gouvernement d'un seul. Ainsi vous ne souffrirez personne qui méprise les dieux , personne qui s'adonne à la magie (Dion Cassius, l. LU).
Voyez les pages 389-391.
(Dix-sept.)
hiZ
Ceux f|iii iiilroduisenl des religions nouvelles et iiicomiiies, s'ils sonl (l'iiiie honiiêie (ondilioii, c|u'ils siiienl exilés; s'ils n'en sont jkis, qu'ils soioni punis de mort (/. V des sentences reçues de J ulius Pmilus, l- XXI, §2).
Mnis comme, lorsque vous (les p;iïeiis) n'avez plus "rien à ré|pondre à la véiiié qu'on vous oppose, vous ne mnnqncz jamais de produire l'anloi iié de vos lois conire nous, et (|ue vous savez si bien dire que ce n'csl pas à vous d'examiner ce que les lois condamnent, et (|ue c'est malgré vous que vous leur obéissez pré'érablenient à la vcrilé, je veux, avant tout, vous parler de ces lois dont vous êtes les protecleurs. Pi'emièrement, lorsqn'avcc une duielé impiloyable vous proférez ces par(des, « Les lois condamnent votre religion, i el que vous |)rononecz contre nous sans nous pernietire de nous défendre, n'est-ce pas avouer publiquement (joe vous usez de violence? n'est-ce pas déclarer votre tribunal lyranniqne {TerluUien, Apolog., c. 4)?
(112j Voyez ce que nous avons rapporté des manichéens à la page 407.
(H3) Depuis r|ue la couronne de la Chine fut annexée à celle des Tarlares, les Chinois n'ont plus qu'un toupet an liant de la tête. Plusieurs (]|iinois ne voulurent pas obéir à l'ordre de l'emiiereur tariare, qui leur commandait de couper leur chevelure, et choisirent plutôt la mort que la diminuiioii du nombre de leurs cheveux (Description yénér. de remp. de la Chine, à la suite des ambassades des Hollandais dans cet empire, p. 47).
Les Chinois, plutôt que d'abandonner leur ancien habil, ont renouvelé une cruelle gu<'rre conire les Tartares, et la plupart ont mieux aimé perdie la lêlc que de permettre qu'on leur coupât les cheveux (Nouv. Ménwir. sur l'élut préseul de la Chine, par le père le Comte, t. I, p. 290).
(1 14) Nam quid rancidius, quam quod se non piilat ulla Formosam, nisi qiia; de Tiisca Grtecida facta est. De Sulinonensi niera Cecro lis? Ornnia gra;ce, Cuui sil lurpe inagis noslris iicscire latine. Hoc serinone pavent, hoc iram, gaudia, curas, Hoc cuncta elTuudunt auimi secreia.
{Juv. sut. 6.)
Pudentille, épouse d'Apulée, parlait grec et écrivait en cette langue, Elle éiait de la ville d'Oiéa, en Afrique.
Le grec était aussi en usage dans les Gaules. On lit dans Suétone que Caligida donna à Lyon des. jeux inélés, et qu'il y firoposa des prix pour l'éloiinence grecque et latine (dans lu Vie de Cuîigulti, n. 20).
Les (idèlesdes Lghses de Lyon et de Vienne écrivirent en grec l'histoire des martyrs de ces deux villes (Eus., Hist. ecclés., l. V, c. 2).
Saint Irénée écrivit en grec conire les hérésies. Son ouvrage n'est pas seulement pour réfuter les hérétiques, il est encore pour faire retenir de l'erreur jusqu'aux femmes qu'ils avaient séduites le long du Rhône ( /. 1, c. 15, n. 7).
Après la mort de l'empereur Constantin le jeune, qui fut tué en 540, un anonyme fit son oraison funèbre en grec devant le peuple d'Arles, lieu de la naissance de ce prince. Nous avons encore cette pièce.
, Le grAftiétait commun à Arles encore aux quatrième, cinquième et sixième siècles. Ce n'élaienl pas seulement les ecclésiasli(|ues et les gens de lettres qui l'y entendaiiuit; c'élaienl aussi les simphîs laïques et le petit peuple {Vie de saint Césaire, l. I, »). 11).
Enlin, les noms propres d'hommes qui sonl originairement grecs, et qui ont été si communs dans les Gaules, comme llilaire, l'hébade, Pliœbilins, Alèthe, Musée, Anaslase, liucher, Dtdphidc, Dynanie et tant d'autres, sont des preuves que la langue grecque y était eu usage.
J'ai cru qu'il serait utile de mettre nos concitoyens tiu fait de la philosophie, et que d'ailleurs il y allait
de noire gloire que de si belles et de si grandes matières fnssenl aussi traitées en notre langue, ,1e me sais d'aulant meilleur gré d'y avoir travaillé, que déjà mon exemple a eu la force d'inspirer à beaucoup d'autres l'envie d'apprendre, et niênie d'écrire; car jusqu'alors plusieurs de nos Romains qui avaient été instrnits dans les éeides des Grecs n'avaient pu faire part de leurs connaissances à leur patrie : et cela parce (pi'ils craignaient de ne pouvoir dire en latin ce qu'ils ne savaient qu'en grec. Mais j'en suis venu si bien à boni ce me semble, (|ue les Grecs ne l'emportent pas sur nous, même pour l'abondance des expressions (Cic, de la nai. des dieux, l. I, c. 4).
Voyez encore le même auteur, au commencement du premier livre de ses entretiens sur les vrais biens et sur les vrais maux.
(115) Celse, qui reproche plusieurs fois aux chrétiens que leur société n'est composée (jue de simides, d'ignorants et d'idiots, reconnaît cepiMidant en un endroit (pi'il y en a aussi plusieurs parmi eux qui sont prmicnts et éclairés (Origène, l I, n. 27).
Porphyre vante l'érudition d'Origènc, la profonde connaissance qu'il avait des philosophes grecs el de tout genre de littérature, (dans Eus., Hist. eccl., l. VI, c. 19).
Il nous raconte, dans la vie de Plotin, qu'Origéne entrant par hasard dans l'école de Ploiin, ce philosoph(ï rougit à l'aspect d'un tel auditeur, disroiiliniia son discours, et ne le reprit, à sa prière, (jue pour saisir l'occasion de faire sou éloge.
Un homme du peuple dit à saint Pionius : Comment vous qui êtes si savant, courez vous à la mort avec obstination (Acles des Martyr, de D, Ruinarl, p. 129) ?
Le président dit à saint Rogatieii, que les dieux lui ont donné une abondante sagesse ( Ibidem ,
Voyez à la page 405, des philosophes qui ont embrassé le clirisiianisme.
Voyez pag. 595, un consul, des personnes de la maison impériale, el une illustre dame romaine; à la pag. 10, des citoyens romains ; à la pag. 405, de» sénateurs, des personnes qualifiées, des chevaliers romains; à la pag. 407, des personnes constituées en dignité, qui font profession du christianisme.
Voyez dans la collection des Actes des Martyrs de D. Ruinarl, saint Marcel, centurion, p. 813 ; saint Hermès, décurion, pag. 447 ; saint Andronique, de race noble et du premier ordre de la ville d'Èphèse, pag. 462.
Sicinius /Einilianus accusa Apulée de magie devant le procoii ul d'Afrique. H par.iît, par les divers reproclies qu'Apulée lui fait dans ses deux Apologies, qu'il élait chrétien.
1° 11 lui reproche la sévérité de sa vie : jErniliO'
nus agicslis qiiideni seniper et barbarus , verum
longe ausierior , ul puiat, Serrunis. Curiis et Fabriciis (Apol. 2, p. 511, 1. XIV, XV el XVI).
Tu vero /Emiliane, et id gcnus homincs, uti lu es, madli et agrestes (Ibidem, p. 522, /. XXVll et XXVIII).
^Emilinnus pro sua severilate exemplum dédit (Apol, 2, p. 358, /. II).
C'éiaii là un des reproches que les païens faisaient aux chiéliens.
Voyez la preuve 9.
2° Apulée reproche à Emilien que sa bouche est semblable à celle de Thyesle ( Apol. l , p. 416 r^317).
Les païens reprochaient aux chrétiens de renouveler dans leurs assemblées le repas de Thycste, et de manger des enfants.
Voyez la preuve 120.
5° Apulée dit (|u'Emilicn, de même que plusieurs antres, se moqiniit des divines cérémonies. Car, comme je l'ai appris de ceux qui le connaissent, il n'a jiisr|u'à présent sacrifié à aucun dieu ; il n'est entré dans aucun icinple : s'il passe devant quelque
HISTOIRE DE L'ÉTABLISSEMENT DU GIIUISTIANISME
lemple, il regarde comme un crime de parler sa imiii à se- lèvres, pour adorer le dieu (pii y esi révélé ; il n'offie poinl aux dieux de la campagne les prémices de ses moissons, de ses vendantes, de son troupeau. 11 n'y a pninl dans sa maison de campagne de temple, point de lieu on de bois consacré aux dieux. El pouniuoi parlé je de lemple et de liois ? Ceux qui y ont éié disent qu'ils n'ont pnjnl vu, dans tout le territoire qu'd possède, une seule pierre ointe, ou un rameau couroimé ; c'est pourquoi on lui a donné deux surnoms, le premier, celui de Cli;iron , à cause de s(ui liinneiir farouche ; le second qu'il s'entend domier avec [ilaisir, est Mézence, à cause de son mépris pour les dieux {Ajwl. i, p. 349 ei 550).
Lt à la page 555, Apulée reproche encore à Emilien, <|u'd ne l'ail inicun cas des simulacres des dieux (L. XXIII et XXIV)
Peut on à ces traits méconnaître un clirélien, puisque tons ceux qui vivaient alors dans reiM|)ire romain, même les philosophes , de queli|ue secte qu'ils fussent, rendaient un cuite public aux dieux? Pudentille. épouse d'Apulée, éiaii d'une famille considérable, comme on la peut juger :
V Parce (|ue Pontien, son (ils, éiait chevalier romain ;
2" Parce que Pudentille , quoique veuve, d'une beauté médiocre, ayant des enfaoïs, et âgée de piès de cinquante ans, élaii recherchée en mariage par les premiers de la ville d'Oéa ( Apol. 2, p. 359); 3° Pudeiiiille était exlrêiuen)ent riche. On a lien de conclure de là ([ue Siciniiis .^miliânus, qui avait épousé la sœur de Pudentille, était un homme de considération. Voilà donc un bonmie de manpie, clirélien en Afri(ine, au milieu du second siècle. Il n'était pas seul, pnisqn'Apulée dit qu'il y en avait plusieurs qui méprisaient les dieux comme lui.
On a trouvé dans les calacoud)es, an cimetière de Calixie, les deux épilaplics suivantes, en caractères majuscules latins du hanl-enipire. Au-dessus de la première est une croix, à »\\ des côiés le monogramme de Jésus Clirisi, à l'autre une palme, an bas un pot plein de feu flamlt:<nl. A un des côtés de la seconde, est une palme, à l'autre le monogramme de Jésus-Christ.