VIE DE BLAIR
BLAIR (Hugues), célèbre prédicateur et littérateur, né à Edimbourg, le 7 avril 1718. Destiné dès son enfance à l'état ecclésiaslique, il fut placé dans l'université de celte ville : il était encore en logique lorsqu'il composa un Essai sur le beau, qui obîititles suffrages de tous les professeurs, et qui fut désigné pour être lu publiquement à la fin de la session. Cette distinction fit une telle irapression sur son esprit, qu'elle détermin.i son goût pour la belle littérature. En 17!i^2, il entra dans les ordres sacrés, et fut aussitôt nommé .ministre à Collésie, dans le comté de Fisc, ensuite d'Edimbourg : enfin, en 1758 il fut nommé ministre de l'église cathédrale, l'une îles plus éminentes dignités de l'Eglise anglicane. L'année auparavant, l'université de Saint-André lui avait conféré le titre de docteur, et l'emploi de professeur, qu'il quitta pour occuper la chaire de rhétorique et de belles-lettres que le roi venait de créer à Edimbourg. Ses leçons furent suivies avec un empressement toujours croissant.il remplissait en même temps tous les devoirs d'un ecclésiastique, et continua à prêcher avec un prodigieux concours, jusqu'à sa mort arrivée le 27 décembre 1800. On lui doit : Dissertation crilùjue suvles poèmes d'Ossian, qui parut en 1763, et eut un grand nombre d éditions; des Sermons, dont le premier volume parut en 1777 et les autres successivement. Ils eurent le plus grand succès et obtinrent plusieurs éditions. La dernière est de Londres, 1801, 5 vol. in-8°. Ils ont été contrefaits en Irlande et en Amérique. Il y en a deux traductions françaises: l'une par M. Froissart, Lausanne, 1791, in-12; l'autre par M. l'abbé deTressan, Paris, 1807, 5 vol. in-8'. On les a traduits en hollandais, en allemand, enes- «iavon et en italien. Ce qui les distingue par-
ticulièrement est une éloquence, douce et persuasive; son style, s'il n'est pas véhément, est toujours animéet rempli d'images heureuses, il paraît avoir pris pour modèle Massillon, celui de nos orateurs qu'il admirait le plus ; un Cours de rhétorique et de belles-lettres, Londres, 1783, 3 vol. in-S% réimprimé plusieurs fois en Angleterre, en Amérique et en Irlande, et traduit dans plusieurs langues de l'Europe. Nous en avons deux traductions françaises ; la première est de M. Cantwel, 1797, k vol. in-8°; la seconde, de M. Prévôt, professeur de philosophie à Genève, 1808, i vol. in-8°. Cette dernière paraît la meilleure pour l'exactitude et le style. Il est vrai que le nouveau traducteur a de grandes obligations à l'ancien, dont il adopta souvent des phrases entières et quelquefois d'assez longs morceaux. Quant à l'ouvrage anglais, il est digne de la plus haute estime L'auteur y traite successivement du goût et de la source de ses plaisirs, de l'origine, des progrès et delà structure du langage, de la théorie générale du style et de ses différents caractères, de l'éloquence considérée dans tous ses genres ; enfin des meilleures compositions eu vers et en prose. Des principes judicieux présentés avec méthode et éclaircis par des applications heureuses, recommandent cet ouvrage écrit d'ailleurs îivec beaucoup d'ordre et de clarté. Il n'est cependant pas exempt de défauts On y remarque quelqu s traces de partialité nationale, et des jugements quelquefois faux sur nos principaux écrivains. Par exemple, il proclame Voltaire le chef des historiens du dernier siècle, et c'est le genre où ce philosophe a le moins réussi. Blair l'appelle aussi le plus religieux et le plus moral de tous les poètes tragiques.
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