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SERMON SUR L'UNION DE LA PIETE ET DE LA MORALE

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pins coupable encore, si elle s'est fait entendre, par quel funeste aveuglement t'efforcestu d'étouffer les sentiments qu'elle cherche à réveiller en toi ? Tu veux que l'on te croie bon fils, bon citoyen, bon ami ; tu proclames que tu mérites ces titres, qu'ils font ton bonheur, et tu crois ne rien devoir à ton premier père, à ton premier souverain, au plus grand de tes bienfaiteurs ! Celui qui s'arroge le droit de ne choisir parmi les obligations que celles qui peuvent lui plaire, a perdu le droit de dire qu'il est Adèle à l'honneur et à la vertu. Quoi 1 le seul instinct, les seules lumières de la raison portent le Tartare et l'Indien à joindre la prière à l'aumône pour se rendre propice celui qu'ils regardent comme la source de tout ce qui est bon ; et loi, que toutes les connaissances humaines environnent, toi que la religion la plus parfaite éclaire, tu te crois dispensé de toute reconnaissance envers le ciel ! et tu refuses de croire à l'existence du vrai Dieu ! Non, tu ne possèdes aucun sentiment généreux ; ton cœur insensible et froid n'est susceptible d'aucune affection tendre ; tu touches au dernier degré de la dépravation, et ton cœur , semblable aux sources empoisonnées, corrompra toutes les vertus dont tu te crois encore capable.

Ce serait une grande erreur de croire que celui qui néglige les préceptes de la religion pourra s'attacher fortement aux devoirs de la morale et qu'il saura les remplir avec fldélité. Son caractère est sans force, il est sans constance pour le bien; et la vertu, pour n'être jamais faible ni vacillante, a besoin d'être appuyée sur une base plus solide. Le vice nous attaque do toutes parts ; les besoins, les désirs de l'homme sont si nombreux, si séduisants, qu'il croit ne pouvoir les satisfaire entièrement que par des excès. Il lui faut donc, pour le maintenir dans de justes bornes, un frein plus puissant que celui de la raison. Le sentiment du juste ou de l'injuste, les principes de l'honneur ou les mouvements généreux de la bienfaisance, sont des barrières trop faibles pour résister aux chocs redoublés des passions. Lorsque rien n'interrompt la tranquillité de la vie, ces soutiens naturels des lois sociales pourront peut-être lui suffire; mais qu'il tremble au Ijour de l'épreuve et lorsque toutes les pasisions à la fois viendront l'assaillir. Peut-être [un malheur imprévu va l'accabler, peut-être lun déchirement affreux, des émotions terripies vont bouleverser son cœur. Que leur lopposera-t-il ? Ah I c'est alors qu'il sentira la nécessité d'appeler la religion au secours I de son impuissante vertu; c'est alors que I privé de sa défense la plus sûre, de son appui le plus solide, de son encouragement le plus puissant, on le verra succomber sous le poids du malheur ou s'abandonner sans réserve à l'ivresse des crimes.

Puisqu'il faut des moyens si puissants pour combattre nos passions, considérons ceux que la religion nous présente. Elle nous montre un Dieu législateur, dont la science connaît tout, prévoit tout, et dont la voix

tonnante se faitentendre jusqu'au fond de nos retraites les plus profondes ; un maître dont la. puissance est sans bornes, dont le regard embrasse l'univers et pénètre jusqu'au fond de nos cœurs ; un maître dont la magnifique bonté donne au juste des récompenses éternelles, et dont le bras vengeur, armé par la justice, sait en tous lieux atteindre le coupable. Voilà le pouvoir qui commande à l'homme do résister à ses fougueux désirs ; voilà le Dieu de justice et de bonté qui console et protège l'innocence : voilà le Dieu fort et terrible qui terrasse le coupable. Ces grandes pensées donnent à la vertu une sorte de solennité qui la rend plus majestueuse et plus belle; elles sont pour la conscience une loi dont elle reconnaît l'infaillible autorité; elles viennent s'unir aux dispositions soumises de l'homme religieux, et leur influence lui donne une nouvelle force pour faire le bien„ j

Les aumônes que laisse tomber l'indifférence ou la simple commisération, peuventelles se comparer à celles que la piété consolante répand en y joignant ses tendres supplications, pour demander à Dieu de finir entièrement le malheur qu'elle ne peut que soulager? Ah 1 voiià comment l'humanité, agrandie par la religion , devient plus régulière, plus constante, et se ressent delà source pure et sacrée d'où elle émane. N'en douions point, sans la religion nous verrions bientôt s'écrouler les fondements de la morale humaine, l'empire de la vertu s'affaiblirait dans tous les cœurs, et la surface de la terre ne serait plus habitée que par une multitude in« capable de bien. i

Après avoir reconnu que la morale, sans la religion, est insuffisante, considérons combien il est indispensable d'unir ensemble les aumônes, la prière, la religion et la morale.

Dans tous les temps, des hommes séduits par une déplorable erreur, ont cru pouvoir se dispenser de remplir le premier dos devoirs de l'humanité, ou se sont bornés à couvrir leurs actions des apparences de la piété; quelques-uns même ont osé espérer qu'ils obtiendront grâce aux yeux du Juge suprême , quoiqu'ils aient toujours négligé d être justes envers leurs semblables. Mais du haut de son trône, l'Eternel rejette cette piété mensongère sur laquelle ils s'appuient. Cette invention de leur cœur , la raison la désavoue, l'Evangile la condaume. Ils seront jugés sur leurs œuvres , leur répète sans cesse la sainte Ecriture , sur leur amour pour Dieu , sur leur justice et leur charité pour leurs frères. La piété, nous dit-elle, est un principe sacré qui purifie notre cœur , et nous rend capables de toutes les vertus ; les hommages que nous offrons au Sauveur du monde seront vains (Luc, V, 46), si nous ne faisons les choses qu'il nous commande; la charité, la joie , la paix , un esprit patient, la bonté , la fidélité , la douceur et la tempérance sont non-seulement ordonnés par sa loi , mais [Gai,, V, 22) ils sont les fruits naturels de son esprit. Est-elle ardente la piété que vous,

DÉMONSTRATIOiN EVANGELIOUE. BLAIR.

prétendez suivre en conservant des mœurs dépravées ? Espérez-vous obtenir dos grâces, vous qui repoussez l'indigent? Si voire cœur était brûlant d'amour pour Dieu , serait-il rempli d'injustice et de fausseté pour les hommes . Vous dont le cœur est sans pitié , TOUS qui ne jugez vos frères que pour les accabler par la dureté de vos censures, vous qui n'êtes que leur oppresseur, cessez de profaner le nom de la piété, en le donnant à des actions, à des senlimcnts que le ciel condamne. C'est vous que l'Ecriture peint en ces ternies : // coulerait des eaux amcres d'une source pure, plutôt que de voir la piété produire des effets si funestes.

Le nom qu'il faut donner à vos actions, la vérité va vous l'apprendre. C'est un masque hypocrile avec lequel vous espérez en imposer au monde. Si vous trouvez cette définition trop sévère, la religion daignera compatir à votre faiblesse. Elle vous avertira que votre piété n'est qu'une impression passagère, une émotion d'un instant qui s'évanouit aussi promptcmenl que la vapeur du matin ou la rosée de l'aube du jour. Peut-être espérezvous, dans votre ignorance et votre superstition, que les pratiques extérieures delà piété deviendront pour vous un asile où vous pourrez obtenir grâce, malgré la corruption de votre cœur. Vous é[>rouvez que les hommes même les plus dépravés ne peuvent entièrement se soustraire aux remords de leur conscience, et qu'ils n'ont pas le triste pouvoir d'imposer un éternel silence à cette voix impérieuse qui leur crie de demander grâce au souverain Maître de l'univers. Sans aucune force pour renoncer à vos passions criminelles ; effrayés par cette loi sacrée qui vousenjoint unedroilure rigoureuse, vous croyez pouvoir composer avec le ciel: n'osant cependant vous abandonner à l'audace d'énoncer hauteiiienl de si coupables vœux, vous vous'bornez à les former en secret. Si Dieu, dites-vous, n'exigeait de nous que des hommages, nous lui rendrions un culte solennel. Pourquoi la foi, sans les œuvres, ne peut-elle nous suffire? L'abondance de nos prières ne pourrait-elle pas réparer les oublis de notre charité?

Vœux insensés 1 attento^aussi vaine qu'elle est impie ! La seule lumière de la raison vous répond que Dieu rejette avec horreur tout culte que n'accompagnent point la vertu , la charité, la justice. Que m'importe la multitude de vos sacrifices , dit l'Eternel , ne continues plus à m' offrir les ablations du néant ; leur parfum m'est en abomination. Vos nouvelles lunes, vos sabbats, la publication de vos assemblées, je ne puis les supporter ; elles me sont fâcheuses ainsi que vos fêtes solennelles {Isaie. I, 11, 14). Cesse donc, homme insensé et impie, de croire que le Très-Haut se plaît comme toi dans la vainc gloire, et que, pour l'apaiser, il suffit de te prosterner et de t'hunillier devant lui. Que lui importe l'appareil de ton culte et tes inutiles offrandes ? Man^et-il la chair de tes sacrifices? ou s'abreuve-t-il du sang des taureaux que lu lui immoles ? Penses-tu qu'il a besoin de tes prières ?

Crois-tu follement que tes adorations peuvent ajouter à sa gloire, à sa félicité ? Trop aveugle mortel ; ah ! flatle-toi plutôt qu'un flambeau allumé de ta main aura plus d'éclat que la lumière du soleil, ou que les faibles sons de ta voix égaleront le fracas du tonnerre. C'est pour toi, c'est pour ton intérêt que Dieu l'impose la loi de le prier et de l'adorer; c'est par pitié pour ta faiblesse qu'il t'apprend les moyens de devenir meilleur. C'est pour t'élcver au plus haut degré de la perfection et du bonheur, qu'il te ramène sans cesse au souvenir de ta dépendance. La religion n'a point de principes plus évidents, ni de vérités plus certaines , et cependant ses avertissemonts les plus redoublés ne suffisent pas pour t'inspirer la volonté de leur obéir! Quel est le but de ton Créateur en te plaçant au milieu de la société? Quelle loi te prescritil? Colle d'être bon et juste pour tout ce qui t'environne , d'employer tes moyens et tes forces pour contribuer au bonheur général. 11 veut que tu sois époux fidèle, frère tendre et désintéressé, fils respectueux, père vigilant, ami sincère, tel enfin que tu désires que l'on soit pour toi. Son exemple te presse d'imiter sa bonté , qui veille sur toutes ses créatures , et dont les tendres miséricordes s'étendent srir toutes ses œuvres. JLl toi qui ne crains point de sacrifier à les plaisirs la timide et confiante innocence; toi qui troubles sans cesse le repos de la société par ton ambition sans bornes ; toi qui, pour accroître tes trésors , dépouilles sans pitié la veuve et l'orphelin, crois-tu que les prières et les adorations, inspirées par la terreur, fléchiront le Dieu vengeur ? Comment espères-lu qu'il l'accordera la paix ? N'est-il pas le Dieu de la justice, et ne doit-il pas punir la violalion de ses lois? Ce Dieu d'amour accorderal-il ses récompenses à l'impitoyable ennemi de ses créatures ? Le corrupteur de la société prétend habiter le séjour des esprits saints et glorifiés I Renonce à cet espoir : celui qui dit qu'il aime Dieu, doit aimer son frère; cesse de faire le mal , apprends à faire le bien, recherche la justice, relève l'opprimé, protège Vorphclin , plaide la cause de la veuve ; alors ap-' proche-toi de Dieu, et il s'approchera de toi ; invoque-le au jour de ta détresse, et il te répondra ; alors tes aumônes et tes prières monteront jusques à lui et il y aura égard.

J'ai montré les maux qui nous menacent lorsque nous voulons faire plier la religion au gré de nos passions, et lorsque nous voulons séparer de l'adoration que nous devons à Dieu, la charité que nous devons aux hommes, .l'ai prouvé que la véritable piété rend toutes les vertus inséparables; je vais à présent considérer les heureux effets de leur réunion.

Le vrai chrétien, l'homme digne du respect universel, e>,t celui qui chérit et pratique également toutes les vertus. Si vous supprimez l'une d'elles pour mieux observer les autres, vous cesserez d'être entièrement digne d'estime. Quelque brillantes que soient quelques-unes de vos actions, colles qui seront imparfaites ou coupables mériteront de

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SERMON SUR L'UNION DE LA PIÉTÉ ET DE Lk MORALE.

justes reproches. Vous aurez à la fois blessé l'honneur et la religion. Kn effet, négliger quelques-uns de ces précoptes, c'est annoncer au monde qu'ils peuvent être l'objet de sa censure. Le crime audacieux qui ne cherche point à se cacher, serait peut-être moins funeste à la religion. L'incrédule se rira de \otre piété , si vous outragez les devoirs de la morale ; et l'hypocrite , en vous voyant coupable envers la Divinité, s'élèvera contre votre morale, et ne croira point à votre vertu. Ce n'est qu'en réunissant la justice et la bienfaisance avec la crainte de Dieu , que vous ferez connaître à l'univers la sublimité de la religion chrétienne. Votre conduite la fera briller de toute sa gloire , et ses rayons rejailliront sur vous. Nul reproche alors ne pourra vous atteindre ; digne d'amour et de respect , vous serez à l'abri des poisons de l'envie, et les méchants eux-mêmes vous honoreront au fond de leurs cœurs.

Si vous voulez que tous vos jours s'écoulent dans la paix et le bonheur, ayez une piété sincère , et remplissez tous les devoirs de la morale. L'oubli d'une seule vertu vous causera trop de remords. C'est en vain que vous voudrez vous reposer sur celles qui vous restent. Ce calme d'un instant, vous ne le devrez qu'à la légèreté de votre retour sur vous-même. Mais dans les jours de la solitude et de la douleur, la réflexion reprendra son empire ; vous reconnaîtrez que remplir une partie de ses devoirs ne justifie point d'en avoir transgressé quelques-uns. L'espérance et la paix n'accompagneront plus vos prières ; le souvenir de vos torts vous remplira d'inquiétude et de tristesse. Vous verrez même s'altérer pour vous le bonheur que vous éprouviez en secourant le malheureux; ses prières au ciel pour qu'il vous récompense de vos dons, vous diront avec une foudroyante éloquence, que vous êtes coupable d'ingratitude envers Dieu, qu'il invoque pour vous. Une main céleste écrira dans le fond de votre conscience , comme sur la muraille du palais de Babylone : Tu as été pesé dans la balance , et tu as été trouvé léger ; mais si vous avez et la foi et une bonne conscience, si vous remplissez vos devoirs envers Dieu et envers vos frères , avec autant de zèle et de fidélité que le peut la faiblesse humaine , le repos qui régnera dans votre cœur vous élèvera au-dessus de tous les maux qui pourront vous assaillir.

L'homme qui se borne aux devoirs de la morale est loin de concevoir les biens purs et réels qui sont attachés à la piété. Il donne avec bonheur, car la bienfaisance a toujours un véritable charme; mais il n'est point embrasé de ce feu brûlant, il ne connaît point cette joie pure et sans mélange que ressent celui dont lame s'élève jusqu'au Père de l'univers et s'efforce de l'imiter.

Il est tout aussi étranger à la piété, celui qui se borne à ses pratiques extérieures et ferme son cœur aux sentiments de l'humanité. C'est en vain qu'il cherche le bonheur, et qu''il croit le saisir en s'abandonnant à ses passions criminelles; il ne trouve que les

malheurs et les remords qui marchent à Inir suite. Celui-là seul goûte toutes les jouissances d'un cœur pur et bon, qui joint aux bonnes actions de la morale une foi vive et ardente ; ses aumônes sont les liens qui l'attachent aux hommes et ses prières J'unissont à Dieu. Il regarde sans effroi le monde qui l'en vironne et l'éternité qui l'attend. Toute la nature et tous les événements s'embellissent pour lui. Lorsque sa vie laborieuse l'entraîne parmi les hommes, il ne rencontre que des amis ; et qui mieux que lui sent tout le prix de cette amitié que l'estime et la reconnaissance croient lui devoir? S'il vit dans la retraite, il ne voit que Dieu dans toute la nature ; chaque objet lui paraît animé par la présence divine. Partout il reconnaît , il adore la main puissante et bienfaisante du Dieu de l'univers. Lorsque son cœur s'élance vers lui, il croit entendre sa voix lui répondre. Ses regards s'éièvent vers le ciel, il contemple avec ravissement la demeure du Dieu qu'il sert, du Sauveur dans lequel il a placé tout son espoir, de l'Esprit-Saint dont les inspirations peuvent seules entretenir en lui les ferveurs de la piété et les doux sentiments de la charité; et lorsque ses yeux retombent sur la terre, il sent ranimer sa confiance et sa joie par lo souvenir du bien qu'il a faits ou qu'il a voulu faire , car il sait que rien n'est perdu devant Dieu. Quelle force ne trouve-t-il pas dans la certitude que les droits du faible ont toujours été respectés par lui ; que l'infortune, loin de lui reprocher de l'avoir délaissée dans ses douleurs, soulève ses faibles bras pour le bénir, et sollicite pour lui des récompenses avec des prières qui sont toujours écoutées par le ciel!

De pareilles dispositions étendent le bonheur au delà des bornes de la vie. Le ciel a préparé pour elles des récompenses éternelles; mais il fait plus encore, il semble nous en mettre en possession sur la terre, en permettant que la foi vive et l'espérance répandent la paix et la joie sur tous les instants de notre existence. 'Tels sont les grands privilèges de la régénération chrétienne ; voilà le sceau de lEsprit-Saint dont les hommes de bien sont scellés pour lejour delarédemplion.

Le texte de ce discours nous prouve combien Dieu chérit et recommande la réunion des prières et des aumônes. Au milieu de l'infinie variété des mouvements des hommes, sa bonté remarque et daigne accueillir les prières et tes aumônes de Corneille. Il lit au fond du cœur de cet homme de bien ; mais ses vertus, pour ne pas rester imparfaites, ont besoin d'être éclairées par le flambeau de la religion chrétienne. Un messager céleste reçoit l'ordre de dissiper tous les nuages qui le rendent encore indigne des grâces du Très-Haut. Corneille, instruit par un ange, apprend le vrai nom du Dieu de l'univers, et comment il pourra l'honorer. Rois de la terre, vous qui n'avez que votre faible sagesse pour présider à vos conseils ; et vous, conquérants fameux, qui n'attendez les palmes de la victoire que d.u hasard de la fortune et

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de la force de votre courage, humiliez-vous devant le centurion Corneille. Le Dieu sage par-dessus les saffes, le Dieu fort par-dessus les forts envoie l'un de ses anges pour l'instruire.

L'homme méprise souvent ce que Dieu honore. Le monde admire le puissant, le héros, le savant; mais celui dont les pensées ne sont I pas nos pensées, s'élevant au-dessus des qualités dont la splendeur nous éblouit, juge les motifs secrets des actions ; et si ces motifs sont coupables, il les rejette avec horreur, tandis que notre vaine sagesse leur paye un long tribut d'admiration et d'éloges.

Dans l'étal le plus humble, au milieu de la vie la plus obscure, s'il est un homme r/ui craigne Dieu et rende In justice, un homme d'un cœur droit et religieux, répandant des aumônes sans affectation, adressant ses prières avec constance et ferveur, ses aumônes

et ses prières arriveront jusqu'à Dieu, qui n'a égard à Vapparence de personne. Le Très- Haut le regarde avec complaisance; une lumière divine achève de l'éclairer; un ange est son ministre ; il marque déjà la place qu'il occupera près de lui dans les cieux ; il prépare déjà dans le séjour du bonheur éternel cette rose blanche, ce sceptre, cette palme du juste.

Méritons ces honneurs et ces récompenses par les efforts que feront nos cœurs jusqu'au dernier de nos jours, et que les paroles solennelles avec lesquelles je vais terminer ce discours soient toujours présentes à nos pensées, et dirigent invariablement notre conduite. 0 homme, V Eternel ton Dieu Va déclaré ce qui est bon ; et qu'exige-t-il de toi, sinon que tu fasses ce qui est juste, que lu aimes la miséricorde, et que tu marches en toute humilité avec ton Dieu?

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