‹ Dâemonstrations âevangâeliquesChapitre 80 sur 202 · SERMON CONTRE LES · texte numérisé non relu

SERMON CONTRE LES

pouvoir de la conscience ; et la pernicieuse liberté qu'elle met à sa place, détruit le soutient le plus puissant des sociétés humaines, en frappant (l'un coup mortel l'ordre public et le bonheur général. Ils reposent l'un et l'autre sur la croyance à l'Etre qui voit tout , et sur la respectueuse soumission à celui qui gouverne tout avec un pouvoir sans bornes. La foi du serment n'a point d'autre garantie sufûsante, et sans elle les gouvernements seraient sans force, la justice ne pourrait agir , les différends seraient interminables , et les propriétés cesseraient d'être sacrées. Notre seule assurance contre les crimes innombrables que les lois humaines ne peuvent pas empêcher, est la crainte d'un vengeur invisible qui réserve les peines de l'avenir pour punir les coupables. Débarrassez l'homme de ce frein , les mains du méchant deviendront plus fortes, plus redoutables, et vous n'aurez que multiplié les dangers qui menacent la sûreté des sociétés humaines.

Comment, en effet, les impressions qui nous portent à concourir au bien général, pourraient-elles se maintenir et subsister, si l'on supprimait les assemblées religieuses , les institutions sacrées et les jours de culte solennel qui ne sont établis que pour rappeler aux hommes l'existence de Dieu , sa suprême domination et le compte qu'ils auront à lui rendre de leurs actions ? Les sentiments que le culte public tend sans cesse à fortifier sont salutaires à tous les rangs, ils tournent à leur avantage ; on peut même assurer, sans manquer aux égards dûs aux classes inférieures de la société, qu'il est bien reconnu que ce n'est qu'en fréquentant les assemblées religieuses que les hommes du peuple acquièrent les principes qui les détournent du mal. Privés de l'avantage des éducations soignées et régulières, ignorant le plus grand nombre des lois, inhabitués aux idées de bienséance et d'honneur plus familières à ceux dont l'esprit est cultivé, s'ils désertaient les temples de la religion, au milieu desquels ils viennent chercher des secours et de nouvelles lumières, on les verrait bientôt dégénérer en une race féroce, dont la violence serait sans respect pour les lois, et répandrait partout le désordre et l'épouvante.

Qu]il apprenne donc, celui qui parle avec mépris et légèreté des objets religieux, que sans en avoir le dessein , et peut-être sans le savoir, il devient l'ennemi le plus cruel et le plus dangereux de la société. 11 ressemble à ce furieux, dépeint dans le livre des proverbes , qui jette des tisons, des flèches et la mort , et qui dit: Ne suis-je point dans mon divertissement ? De quel droit se plaint-il si. vivement de la désobéissance de ses enfants, de l'infidélité de ses serviteurs , du tumulte et de l'insolence de la populace, tandis que peut-être lui seul est la cause du plus grand nombre des désordres qui le blessent? Par le funeste exemple de ses insultes contre la religion, il s'est rendu complice de tous les crimes que ce mépris peut produire. Ses

Page 1