SERMON SUR L'IMPORTANCE DU CULTE PUBLIC
souvent même les impressions de gravité reçues pendant les solennités de la religion ne sont pas sans fruit pour les hommes les plus légers , il en reste dos traces , et lorsqu'elles sont souvent renouvelées, il est possible d'espérer que la grâce divine les fera germer dans le cœur.
Je suis loin de prétendre que les institutions religieuses agiront sur l'esprit avec une puissance irrésistible, et que notre présence à l'Eglise sufflra pour nous rendre meilleurs. Quelque puissants que soient en eux-mêmes les moyens employés pour perfectionner des êtres raisonnables, une grande partie de le'ir succès dépendra toujours de la manière dont ils seront reçus. Je vais terminer mes raisonnements sur ce sujet, en examinant qu'elles doivent être nos dispositions pour proûter des cérémonies publiques de la religion.
Deux motifs nous portent à nous rassembler dans la maison de Dieu, pour l'adorer et pour entendre les instructions religieuses. Le principal et le premier objet de toute assemblée chrétienne est d'adorer Dieu. Souvenons-nous que cette adoration ne consiste pas. seulement dans les paroles que nous prononçons ou dans celles que nous entendons ; le cœur seul peut adorer et prier. Nous offrons le sacrifice des insensé' s, lorsque notre cœur ne s'unit point aux paroles entendues ou prononcées. L'inattention de notre pensée , la curiosité, la légèreté de nos regards ne servent qu'à profaner le temple du Seigneur , et les apparences de notre dévotion ne sont plus qu'une insulte.
Si nous écoutons une instruction religieuse, ce doit être toujours avec attention et respect. Toute connaissance morale et religieuse nous vient de Dieu. C'est une lumière céleste transmise à l'homme d'abord par la constitution originaire de sa nature, et que fait briller ensuite avec un lustre plus parfait et plus beau la révélation de l'Evangile de Jésus-Christ. Son éclat peut nous paraître ou plus brillant ou plus faible en se pro- {lortionnant aux moyens humains qui nous e découvrent ; mais toutes les fois que les paroles sacrées se font entendre, c'est avec le respect que nous devons aux vérités de Dieu que nous devons les écouler. Nous ne devons pas sans doute ces mêmes égards aux vaines subtilités de la controverse ou de la philosophie ; mais lorsque les grands principes de la religion naturelle ou révélée sont discutés , lorsque les importantes doctrines de l'Evangile concernant la vie , les souffrances et la mort de notre divin Rédempteur nous sont développées ; lorsque des ins- .tructions nécessaires sur la conduite de la vie et sur l'accomplissement de nos devoirs sont les objets des discours que nous écoutons; ce n'est plus sur l'éloquence humaine que doit se fixer notre attention , nous ne
devons considérer que l'autorité divine, nous ne devons plus vouloir que nous soumettre à ce qu'elle nous commande.
Que nous importent les imperfections ou les faiblesses de l'orateur ? L'Ecriture nous représente les révélations de l'Evangile, comme un trésor caché mis au jour ; mais patordre de Dieu, nous dit l'Apôtre, nous tenons ce trésor dans des vases d'argile. Ce n'est point l'Esprit de curiosité qui doit nous con- ^ duire à l'Eglise; apprenons à le craindre et cessons de ne nous assembler que pour exercer notre esprit. Trop souvent nous n'y venons que pour juger le langage, les sentiments et le débit de l'orateur. De pareilles dispositions peuvent-elles convenir dans une occasion aussi sérieuse? L'humilité, la décence, la candeur, l'intention de nous perfectionner dans la piété, dans la vertu, la volonté de faire une application de la parole divine à notre caractère ; telles sont les dispositions avec lesquelles nous devons l'écouter.
Lorsque nous entrons dans le temple du Seigneur, considérons-nous comme des créatures environnées de ténèbres, qui demandent au ciel de les éclairer. Présentons-nous comme des créatures coupables qui viennent implorer le pardon de leur juge. Souvenonsnous que fragiles et mortels, nous n'habitons la terre que pour y préparer l'habitation éternelle dans laquelle nous passerons avec une vitesse qu'il n'est pas en notre pouvoir de prévoir et de mesurer.
Si nous nous réunissons avec de pareils sentiments pour adorer le Seigneur dans son temple, si sa parole sainte laisse en nous de pareilles impressions , nous pouvons espérer avec justice que nous obtiendrons la bénédiction divine.
Dieu nous commande expressément de nous rassembler. N'oublions jamais ces paroles de l'Apôtre : Réunissez ensemble le peuple , les hommes , les femmes , les enfants , afin qu'ils entendent , afin qu'ils apprennent à craindre le Seigneur notre Dieu, et qu'ils observent d'accomplir toutes les paroles de sa loi.
Entrez dans les portes avec actions de grâce, et dans les cœurs avec adoration. Rendez au Seigneur la gloire due à son nom {Deut.,XXXy, 12).
Tels sont les commandements de Dieu , et les peuples ne se rassembleront jamais pour l'implorer en vain. Car où deux ou trois personnes sont réunies en son nom, Notrc-Seigneur nous a dit qn'il est au milieu d'elles. Dieu a dit qu'il aime les portes de Sion plus que toutes les habitations de Jacob. La prière des justes fait ses délices {Matthieu, XV1II,20). ;
Il prospérera dans ses affaires spirituelles i et temporelles , celui qui dira avec le Psalmiste : Seigneur , j'ai aimé le séjour de votre maiion et le lieu où votre gloire habite
Demonst. Uyang. XII.
{Vingt.)
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