‹ Dâemonstrations âevangâeliquesChapitre 95 sur 202 · DES AFFAIRES HUMAINES · texte numérisé non relu

DES AFFAIRES HUMAINES

nombrables nous forcent de remarcjuer que la Providence parait se jouer de la prudence humaine.

Ces réflexions pleines de vérité devraient suffire au pécheur pour lui montrer le danger de ses systèmes et leur peu de sûreté; mais des motifs encore plus puissants devraient les lui faire abandonner. Ses plans criminels lui suscitent un ennemi fort et terrible qu'il ne peut trop redouter. Il est impossible que sa raison ne l'avertisse pas que le Dieu de la justice qui gouverne l'univers ne doit point voir d'un œil égal les projets de l'homme vertueux qui l'honore, et ceux du méchant qui méprise ses lois ot traite ses serviteurs avec injustice. C'est contre lui quo la Providence dirige ses traits et qu'il tend son arc dans les cieux. La face du Seigneur est contre ceux qui font le mal. Les desseins des méchants ne sont point du nombre de ceux que Dieu laisse indifféremment échouer ou réussir; il est de son intérêt de les surveiller. Ce n'est pas toujours pendant la saison de la vie qu'il rend à chacun selon ses œuvres ; mais quoique le pécheur ne soit pas toujours à l'instant moine puni de ses crimes, il ne doit pas espérer qu'il n'en recevra jamais la punition sur la terre. L'histoire nous apprend sans cesse que les méchants sont pris dans leurs propres pièges ; que les artificieux sont enveloppés dans les œuvres de leurs mains, et que les pécheurs tombent dans la fosse qu'eux-mêmes ont creusée. Combien de fois Dieu ne s'est-il pas visiblement entremis à l'instant où des crimes affreux allaient s'accomplir? Combien de fois son bras n'at-il pas étendu son bouclier au-devant du juste? Combien de fois n'a-t-il pas énervé le bras de l'assassin , et jeté son esprit dans la plus profonde obscurité? Ainsi donc tous les dangers environnent continuellement le pécheur. La même incertitude qui se fait remarquer dans tous les événements humains menace de renverser ses projets ; la vengeance du ciel l'atteint souvent pendant qu'il est encore sur la terre, et lorsqu'elle attend qu'il soit descendu dans la tombe, elle n'en est que plus terrible; car alors elle est éternelle. Quel est donc l'étrange et fol aveuglement qui l'entraîne hors de la voie de l'intégrité ?

Quatrièmement enfin. Tout ce qui vient d'être dit sur ce sujet nous montre clairement combien il nous importe de remplir nos devoirs avec toute la soumission et la fidélité que nous devons aux ordres de la Providence, et combien nous avons besoin de mériter la protection du pouvoir qui dirige tout et dispose de tout. Rappelons-nous continuellement cette incontestable vérité : Si l'homme seul choisit sa route , pendant que Dieu dirige ses pas et gouverne ses projets, il est bien plus important et bien plus sûr pour lui d'obtenir la faveur divine , que de compter sur son adresse et sur son habileté Sans le secours de la Providence, le plus sage ne rencontrera qu'erreur et ruine; mais sous sa protection et sous sa direction, les [Vingt et une.]

DEMONSTRATION ËVANGÊLIQUE. LE FRANC DE POMPIGNAN

plus simples strivent toujours une roule facile et sûre.

Vainement les hommes légers et profanes affecteraient-ils de repousser la pensée de la Providence; vainement essaycraicnl-ils d'agir comme si tout dépendait d'eux-mêmes, tôt ou tard ils sont forcés de reconnaître l'insolence et l'inutilité de celte présomption. Il vient, pour les plus audacieux, des moments de crise et de sujétion qui les contraignent d'implorer le secours ou la clémence du ciel. Tandis que les affaires humaines poursuivent leur marche au milieu du calme, sans faire naître aucun présage alarmant de changement ou de danger, Ihoinmc du monde peut rester conttînt de lui-même et se confier dans ses propres facultés ; mais quel est celui dont l'existence est longtemps exempte de troubles ? Que \<i choc des éléments le menace de sa destruction; que les afl'aires publiques prennent un aspect terrible; qu'un changement soudain dans ses affaires le nienace de la perte de sa fortune ; qu'une maladie grave et des symptômes mortels lui montrent sa fragilité ; c'est alors que son cœur demandera vivement à la Providence de venir à son aide et de le soulager. La religion n'est pas une vainc théorie qui laisse facilement naître les doutes. Ses fondements sont profondément jetés dans la nature et dans la condition de l'homme : elle s'empare de tous les sentiments humains; elle en fait les irréfragables témoins de son importance et de sa réalité; elle a établi leur demeure au fond de la conscience et dans le cœur de tous les hommes.

Ne néglig ons donc aucun des moyens qui peuvent nous obtenir la grâce et la faveur de

cette divine Providence de qui toutes choses dépendent. Remplissons tous les devoirs auxquelsdessujetsdcDieusonl astreints. Livrons nos cœurs à l'ardente dévotion. Chantons les louanges du Seigneur, et témoignons-lui la reconnaissance que nous inspirent ses bienfaits. Ayons une humble confiance dans sa bonté; soumettons-nous sans réserve à ses volontés, et montrons continuellement notre joyeuse obéissance à ses lois. Remercionsle de nous avoir fait clairement connaître. tout ce qui pourra nous rendre agréables à ses yeux. Non-seulement il nous a révélé la règle de nos devoirs, mais l'Evangile nous a fait connaître que nous pouvons nous réconcilier avec lui par notre foi dans notre Seigneur Jésus-Christ. La Providence elle-même a daigné nous instruire sur ces grands objets ; nous avons appris par elle comment nos péchés peuvent être pardonnes, comment nos services imparfaits peuvent être acceptés, et comment notre rédempteur nous a donné des droits à la grâce divine. Qu'elle serait inexcusable, la folie qui nous ferait refuser tant de grâces qui nous sont offertes.

Travaillons courageusement pour nous assurer une place de repos dans ce monde si rempli d'incertitudes et de changements ; travaillons pour obtenir une habitation qui ne puisse pas nous être enlevée ; méritons la bonté du Très-Haut par la piété , par la foi, par la prière, par le repentir et par une vie vertueuse. C'est en agissant ainsi que co> lui qui dirige maintenant les pas de l'homme, conduira notre roule dans une course qui nous mènera jusqu'à lui.

YIEDE LEFRANC DE POMPIGNAN

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FRANC (.Tean-Georges le), marquis de Pompignan, né à Montauban le 22 février 1715, évêquc du Puy en Velay en 174^3, archevêque de Vienne en 1774, est mort à Paris le 30 décembre 1700, après avoir longtemps servi l'iiglise par son zèle, éditié la France par ses vertus, et éclairé par ses savants écrits, dont les princi|)aux sont: Questions diverses sur rincrédulilc , in-12 ; ouvrage très-bien écrit, quoique d'une n)anière un peu prolixe, et plusieurs fois réiujprimé. Il y examine: 1° s'il y a beaucoup de véritables incrédules ; 2" Qu'elle est l'origine de l'incrédulité; 3" Si les incrédules sont des esprits forts; 'i-'' Si l'incrédulité est comjjatible avec la probité ; 5° Si elle est pernicieuse à l'Etal. Toutes ces questions sont traitées avec autant de profondeur que de sagesse. L'incrédulilé convaincue par les propitctics, Paris, 1759, 3 vol. in-12 L'accomplissement des prophéties dans l'expiisilion claire et précise qu'en fail le savant préiat, en fixe le sens, et met la vérité de la religion dans le plus grand jour. Ln religion vengée de l'incrddulilé parlUncré'

dulité elle-même, Paris, 1772, in-12. Il a l'avantage d'y combattre des ennemis qui se détruisent eux-mêmes par les contradictions et les absurdités que renferment leurs systèmes comparés les uns avec les autres ; il n'a besoin, pour les terrasser, que des propres traits qu'ils se lancent eux-mêmes, et il en fait résulter le triomphe le plus complet et le plus glorieux pour la cause qu'il défend. La dévolionrcconciliée avec l'esprit, 1754, in- 12. Il y prouve, contre les détracteurs de la dévotion, qu'elle s'allie très-bien avec l'esprit des belles-leltres, des sciences, du gouvernement, des affaires et de société. Le véritable usage de l'auloriié séculière dans les matières qui concernent la reli(jion , Avignon, 1782, in-12, k' édit. On y trouve la même solidité qui caractérise les ouvrages du savant évéque du Puy, car tous ces ouvrages ont été publiés avant qu'il ait été élevé sur le siège de Vienne : il trace avec précision la ligne de démarcation qui sépare les deux pouvoirs. Il a paru oub.ierles principes qu'il y établit, lorsqu'il a voulu jouer un rôle dans ce au'oft

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