A DAHOMEy NIGER^ TOUAREG
ceux qui oat tenté foptuDfi en pays neufs y ont réussi, y ont même édifié de colossales ibrtiin«0. Non, ce n'est pas de la philosophie, c'est de l'histoire eontempocaine, c'est peut-être malheureusement l'histoire de demain pour tes trc^ audacieux.
Sans doute les Swansea, les Régis et bien d'autres; ont réussi en pays neufs! mais au temps où. ils opéraient, ni la vapeur, ni le télégraphe, ni le service des rensc^nements commercisttix n'avaient atteint le développement qu'ils ont aujourd'hui.
Une maison, qui prospérait sur la côte d'Afriqpae ne voyait pas comme aujourd'hui ses procédés ' étudiés et dévoilés par un touriste qui peut être, en six semaines^ parti puis revenu^ ni ses chargements, inventoriés par les statistiques des dowanea,, publiés et répctudus aux quatre coins du monde par la presse maritime et commerciale, ni ses prix dévoilés par des nMarcu-
riales.
Après la période des déhoûres, des recherches, de» dépenses infructueuses, quand arrivait la période de. rendement, l'éloigneaittit,. ki lenteur des communicatiions, l'obscurité des reikseiigp«aaa«»t& recueillis, fournis^ saknt ài Fheureux cokm un répit, de dix^ quinœ, vingt asis pour jouir en paix dut résultat de soû opéralioïk. Ces eonditioDS particulières de son établissement lui permettateat ainsi^ l'exploitafeioa du véritable bre&eè éHnixemon eoloniaie qui devrait être acquis à qpaiconque isdt acte de fondateur dans un pays neuf.
C'est un imenùeuw «bas tous les sens du xmÂ. Il lo at fiàlhi la recherche avant la découverte, Le flair ou* fe géme suivant l'impcfrlaiace de la clMise découverte ; il lui a fallu les longs effofflis et les saicriâces d'argent qui sont le lot de l'inventeur, même du plus heureux.
Phia, qpui'aueun inventeur il a aftronté les risques de mort, et en tout cas sacrifié dêlibéréanjent sa santé.
Aussi, après avoir vu les Mtdividus isolés échouer,
les associés échouer, les sociétés en commandite et les sociétés anonymes échouer, on a dû recourir, après Tère des découvertes qui s'est ouverte depuis 1875, comme après celles de F Amérique et des Ind«s, à la création de sociétés plus fortes que tc^ates les antres, les sociétés privilégiées; on est arrivé aux compagnies à charte^ aux compagnies soureraines, à droits régaliens.
Dn coup on est allé trop loin.
Quand Stephenson a eu construit sa loeomofeire, on* hti a do»Dé un brevet et non un royaume ; quand une compagnie de chemin de fer construit une ligne, oul lui garantit 'qu'aucune antre ne sera autorisée à construire la même ligne à côté, mais on ne lui donne pas droit de haute et basse justice sur les cantons qu'elle traeverse, mi même survies voyageurs qu'elle transporte.
Qu'un prospecteur revenu d'une forêt tropicale examine avec anxîéié les aubstanices qu'il a recueillies, qall rechercha à grand'peine les moyens d'en retirer du caoutchouc, de la gutta-percha, de l'huile, des textiles,, des minéraux, de faire jaillir du néant quelque chose qui, sans lui, restait inconnu ou inïproductif, ce n'est point là une raison pour lui doimer, suivant la formule de Colbert, « le droit de faire la paix, de déclarer lia guerre, « battre monnaie, fondre boulets et canons », mais c'est pure justice de lui dire : Vos recherches oat porté sur tel pays où vous dites avx>ir inventé un eooimerce ou une industrie ; vous avex les ressources nécessaires pour en exploiter telle surface : je vous donne permission d'essayer et vous garantis que pendant tant d'années personne ne viendra vous y faire concurrence. Voilà votre brevet d' invention, coloniaie.
C'est pure justice, et c^est aussi l'intérêt général, car qui dooc oserait faire les dépenses nécessitées par l'ouverture d'une mine, par exemple, d'une exploitation commerciale quelconque, avec cette seule alternative,
OU de se ruiner si ses essais sont infructueux, ou, si son entreprise prospère, d'avoir travaillé pour enrichir autrui, c'est-à-dire, encore, pour se ruiner.
Quant aux droits régaliens, un bon commerçant, un bon industriel, un bon colon n'en a que faire. Qu'il puisse faire chez lui une police restreinte comme celle du garde particulier dans un domaine ou des agents de chemin de fer sur leur réseau, c'est tout ce qu'il peut et doit désirer.
Sans vouloir faire ici le procès de personne, il faut reconnaître que les droits régaliens comportant des magistrats et des corps de troupe pour lés faire respecter sont tellement onéreux que la concession de pareils droits cache toujours quelque secrète pensée, quelque projet inavoué, soit de la part de ceux qui les concèdent, soit de la part de ceux qui en acceptent l'aléatoire bénéfice.
On a dit par exemple que toutes les Chartered africaines créées par la Grande-Bretagne avaient pour but de former rideau * et de permettre sous le couvert de ces Compagnies des invasions commerciales de territoires, disponibles ou non, sans engager ni dépenses ni responsabilité pour le gouvernement de la Reine. En tout cas, si les chartes n'ont pas été concédées dans cette intention, le but n'en a pas moins été atteint, et supérieurement, et l'intérêt de l'État britannique a été bien servi par ce moyen détourné. Quant à l'intérêt que peuvent trouver les Compagnies à entretenir des troupes, on ne peut guère critiquer que je l'aie qualifié de peu avouable, si l'on songe au dernier et criminel usage qu'a fait de sa force armée la Chartered de l'Afrique du Sud.
De tels exemples ne sont pas faits pour nous séduire, et c'est par des concessions très limitées en dehors des droits industriels et commerciaux, que nous désirerions