INTRODUCTION XIII
que nous possédons depuis longtemps le Sénégal, que nous y avons envoyé successivement plusieurs hommes remarquables, dont le premier — le seul qui ne soit plus vivant — a été Faidherbe, et que ces hommes ont agrandi le domaine de la France dans le champ qui se trouvait à portée de leur activité, c'està-dire dans le prolongement du haut Sénégal vers le haut Niger.
La deuxième raison tient à la croyance dans laquelle on était, depuis le commencement du siècle, que le Niger était absolument innavigable au-dessus de Rabba, point situé à environ 700 kilomètres de son embouchure.
L'exposé de cette erreur géographique se trouve revêtu du caractère auguste et solennel que la diplomatie sait donner aux procès-verbaux de ses grandes assises et se résume dans la conclusion du mémoire déposé par sir Edward Malet, ambassadeur d'Anglelerre,à la conférence de Berlin.
En voici le texte : « De sorte qu'on peut dire sans u porter atteinte à la vérité, que depuis Rabba, au « pied des chutes de Boussa, jusqu'à Borroum, il « existe 1850 kilomètres du fleuve impropres à la
navigation. »
Comme je viens justement de naviguer pendant plus de cent jours sur ce parcours réputé innavigable, et que je ne suis ni sorcier, ni même marin, on m'accuserait certainement en faisant ce rapprochement d'oublier le respect que je professe pour les agents de Sa Majesté Britannique, si je n'ajoutais