XII INTRODUCTION
estimation doit être majorée : encore faut-il ajouter que, même à ce prix, on ne peut faire transporter autant de matériel que l'on voudrait.
De plus, notre empire du Soudan, qui avait atteint le Niger à Bamakou avec le colonel Borgnis-Desbordes, s'est étendu progressivement vers l'aval, d'abord jusqu'à Segou, enlevée à Ahmadou par le colonel Archinard (1889), puis au Macina où le même commandant supérieur s'emparait de Dienné en 1893. Enfin, au commencement de 1894,1e lieutenant-colonel Bonnier arrivait à Tombouctou. Depuis lors, notre influence est encore descendue en aval de cette ville. La loi de notre développement paraît ainsi s'affirmer d'une manière inéluctable, et il n'est pas nécessaire d'être grand prophète pour prévoir qu'avant peu nous arriverons à Saye.
Dans ces conditions, au fur et à mesure que nous nous éloignions ainsi de notre point de départ, de notre tête de ligne de ravitaillement, au fur et à mesure que nous descendions le cours du fleuve, se posait plus distinctement la question suivante : « Pourquoi abordons-nous le bassin du Niger par ses sources, et non par son embouchure? Le Nil, le Congo, le Gange, le fleuve Rouge et en général tous les grands fleuves, ont été successivement reconnus, puis utilisés comme la voie naturelle de pénétration dans leur bassin en partant de la mer et non de la source. Pourquoi faisons-nous autrement dans le bassin du Niger? »
Il y a pour cela deux raisons.
La première, qui est une raison historique, c'est