INTRODUCTION XV
l'autre à l'Angleterre en bas, séparés par une zone immense et infranchissable. Il n'y avait plus lieu dès lors de chercher à établir de régime commun le long d'un pareil cours d'eau.
De sorte qu'on ne saurait dire, au sujet de l'innavigabilité du moyen Niger affirmée par l'honorable plénipotentiaire, s'il y croyait plus sûrement, ou s'il la désirait plus ardemment.
Ses collègues, qui ne la désiraient nullement, n'y crurent pas absolument, et ils établirent en conséquence, d'accord avec lui, d'ailleurs, l'acte final de la conférence, stipulant la liberté de navigation sur le Niger, avec la charge pour chacune des deux nations riveraines de faire un règlement pour assurer cette liberté dans les limites de leurs territoires respectifs.
Est-ce le doute sur la réalité de l'obstacle? est-ce le désir d'utiliser une faculté qui ne devait pas rester lettre morte? est-ce l'embarras croissant des communications entre la côte sénégalienne et le Soudan français, progressivement prolongé vers l'aval du fleuve? sont-ce ces trois raisons réunies qui déterminèrent le ministre des colonies à faire examiner la question sur les lieux? Toujours est-il que je reçus l'ordre de l'étudier et d'établir, le cas échéant, un programme de reconnaissance du fleuve.
L'étude ne fut pas longue. Le mémoire déjà mentionné ayant pris soin de citer ses autorités, je m'y reportai. Tout d'abord on y rappelait les voyages et la mort de Mungo Park. Or justement la fin tragique du grand voyageur écossais était placée par sir Edward