XXII INTRODUCTION
éviter de faire connaître au public et notre départ et notre direction '/Les journaux envoient toujours des reporters aux courriers de la côte, or j'avais — on le devine — les meilleures raisons pour me soustraire à leurs investigations, et pour épargner à mon personnel les inévitables ambassades et les non moins inévitables questions qui se font au départ de tout paquebot. L' « Isly » partait de Marseille dans la nuit du 20 au 21 ; nous n'allâmes même pas sur le quai, mais, comme le navire, presque entièrement chargé à destination de Cotonou, devait aller faire du sel à Port-de-Bouc, c'est dans cette bourgade que nous le rejoignîmes le lendemain, après un court trajet en chemin de fer.
Je ne trouvai à bord d'autre passager que M. Borelli, de la maison Mante frères et Borelli, de Marseille, qui allait faire un voyage d'inspection dans les factoreries de cette maison établies sur la côte. Il avait le même intérêt que nous à ne pas être trop tôt annoncé.
On n'attend pas de moi le récit d'un voyage en Méditerranée; les carnets des jeunes miss que l'Angleterre envoie soigner leurs gorges délicates aux îles Ioniennes ou au Caire, fournissent une ample moisson de renseignements à ceux qu'intéressent les détails de la vie du bord, le charme des couchers de soleil sur la mer toujours bleue, et les couleurs de la
1. La compagnie de navigation mixte n'avait pas encore organisé le serfice régulier de paquebots entre Marseille et la côte occidentale d'Afrique dont elle est aujourd'hui chargée.