INTRODUCTION XXIII
lerre entrevue. Au demeurant, il semble que celte mer bleue ait imprimé un caractère commun i\ toutes les terres qu'elle baigne. Il n'y a pas à proprement parler de cùte française, italienne, algérienne, il n'y a qu'une côte méditerranéenne. Collines sèches, finement découpées, arbres rares au feuillage foncé, villas blanches et roses aux petites et rares fenêtres, aux toits absents, c'est le même paysage qu'on retrouve tout autour de ce grand lac.
La côte d'Espagne, que je longeais pour la première fois, n'a pas modifié cette impression. Aussi, après quelques coups d'oeil distraits sur les caps les plus saillants, revenions-nous vite à nos réflexions et à nos entretiens sur ce qui nous intéressait le plus, c'est-à-dire sur l'objet de notre mission.
Nous n'étions, ni les uns ni les autres, initiés au monde noir. Avant d'aller au Tonkin, j'avais bien fait campagne en Afrique, mais j'étais resté exclusivement tunisien et algérien, ayant limité à Ouargla mes tournées dans le sud.
M. de Pas avait remonté le Nil en dahabieh jusqu'à la deuxième cataracte, mais ce pays n'est pas encore l'Afrique noire ; les visages u couleur de suif » qui firent le cauchemar de Gordon forment le fond de la population jusqu'au delà de Syène.
Quant à Doux, rentré à Avi,gnon après quatre ans
de campagnes en Annam, prévenu par moi que je
complais partir et l'emmener, il s'était préparé avec
enthousiasme : quelques jours seulement avant notre
dé[»arl, il était venu à F^aris, et, reçu en mon absence