‹ Dahomé, Niger, TouaregChapitre 22 sur 66 · INTRODUCTION XXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIX

mettons le cap plus au sud, loni^oanl pour quelque vingt-quatre heures encore la côte du Maroc.

Quel pays que relui que nous côtoyons! Et comme il ne serait pas besoin d'aller si loin de France pour trouver de l'inconnu! Quel mystère enveloppe encore cette immense région, où l'alpe herbeuse alterne avec la steppe; où les hivers de pluie ou de glace succèdent à des étés brûlants ; séparée du reste du monde par la muraille des croyances islamiques et de l'islam lui-même, par un renchérissement du fanatisme; partagée entre des peuples si divers d'origine et de tempérament, qui n'ont entre eux d'autre lien que d'être par le môme empereur rançonnés, pillés et battus, mais qui paraissent, comme la femme de Sganarelle, tenir essentiellement à ce qu'il continue d'en être ainsi.

Mais laissons derrière nous cette contrée qui est à nos portes et nous reste moins ouverte que l'Australie ou la Palagonie.

Après quatre jours de navigation dans l'Océan, nous atteignons les Canaries, et, au matin, nous nous réveillons devant Las Palmas. Aurions-nous déjà fait tant de chemin vers l'Amérique? Devant nous s'étale une immense réclame, écrite en fragments de rochers, à mi-côte d'un joli mamelon vert qu'on appelle l'Islette. Grand Canarian Engineemng Co. C'est une compagnie de charbonniers qui appelle ainsi l'attention des navires passagers. Mais ce parfum d'yankisrae cyclopéen disparaît vite. Tout autour du navire, la langue du karajo fait vibrer ses r et répand

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