VI INTRODUCTION
politique, soit plus généralement dans le domaine économique. On lui demande de travailler, suivant une formule aujourd'hui consacrée et qui a eu des fortunes diverses, « à l'expansion coloniale de son pays ».
Il s'est même établi depuis une quinzaine d'années un courant d'opinion qui tend à exagérer d'une façon singulière les résultats possibles d'une exploration. La soif de conquêtes qui a poussé les nations européennes à la curée de l'Afrique, la disproportion existant entre leurs ambitions et les moyens mis au service de ces ambitions, l'abus de mots grâce auquel les explorateurs à leur retour laissent grossir les conséquences de leurs moindres actes, l'ignorance réelle ou complaisante avec laquelle les chancelleries prennent acte et tirent conséquence de ces exagérations, tout a contribué à instituer une sorte de formulaire de la procédure d'expropriation employée contre les Etats nègres qui ont commis l'imprudence de donner l'hospitalité à un voyageur blanc. Voici cette procédure, qu'on peut qualifier de sommaire.
L'homme blanc prend généralement la peine avant son départ de recevoir, en même temps que les subsides de son gouvernement, l'autorisation de traiter en son nom. Disons tout de suite que s'il a négligé la deuxième partie de cette formalité ', les actes d'exploration diplomatique qu'il rapportera ne seront pas moins reçus avec faveur et revêtus de l'autorité de son souverain. Lorsque ce souverain a délégué ses droits