‹ Dahomé, Niger, TouaregChapitre 4 sur 66 · INTRODUCTION VU · texte numérisé non relu

INTRODUCTION VU

à une compagnie à charte, celte maison de commerce organise généralement l'industrie de l'explorateur comme une machine à traiter à petits frais et à grand rendement. L'agence remet à son envoyé des liasses de traités tout imprimés, il n'aura qu'à signer pour son compte, et si la haute partie contractante adverse ne sait pas signer, à signer pour elle. Comme, en pays nègre, ce dernier cas se présente neuf fois sur dix, la signature d'un traité ne donne lieu à aucune lenteur, à aucune hésitation, et pratiquement, au retour, le voyageur rapporte des traités conclus avec tous les chefs des villages où il s'est arrêté. Il a poussé le plus souvent la condescendance ou l'efTort jusqu'à entrer en conversation avec ces malheureux, et même à leur demander leur nom. Mais s'il a omis ce dernier détail, c'est un vice de forme qu'on serait mal venu de critiquer.

Le texte de ces traités varie peu, sauf toutefois dans le préambule. Ainsi on fait ressortir que la convention est passée, tantôt au uom de Dieu tout-puissant, tantôt au nom de la Sainte Trinité, ou au nom de la Reine, ou plus simplement : « afin d'améliorer la condition d'un peuple bien-aimé ». Quant au corps du traité, il est toujours le même : le roi nègre donne tout ce dont il dispose et même davantage, en revanche la Compagnie le prend sous sa protection, et lui garantit le reste — s'il est bien sage, et si d'ailleurs i'éloignement des protégés permet à la protection de s'effectuer efficacement et avantageusement pour le protecteur.

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