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Le requin, c'est-À-dire Behanzia

Les femmes et les enfants des villages où nous passions! se groupaient au bord du chemin que nous devions suivre et à peine étions-nous aperçus que la chanson éclatait et, comme dans « Frères Jacques sonnant les matines », des groupes successifs de chanteurs enton-j naient le début des couplets au moment où d'autres chantaient les deuxième, troisième, quatrième vers, et aii lieu de la cacophonie à laquelle on devait s'attendre, il n'en résultait qu'un entrain et une chaleur communicatifs.

Comme les gros villages sont très rapprochés tout le long de la route, nous commencions déjà à entendre les chants de l'un d'eux, tandis que nous entendions encore les refrains qui saluaient dans le village précédent la queue de notre longue colonne, et nous acceptions — quoique indignes — ces hommages dus à nos prédécesseurs, mais adressés en somme à la nation libératrice.

La santé de tout le monde était excellente ; Sédira et Suleyman, qui avaient eu des accès de fièvre très graves dès le début, paraissaient guéris. Le système d'approvisionnements que j'avais organisé avec Mahmadou, Reïss et les autres courtiers, fonctionnait aisément et nous donnait l'abondance à bon marché.

Au lieu de la disette prédite et prévue, au lieu de populations ruinées et chagrines, nous tombions dans une pléthore de vivres et nous avancions au milieu d'ovations perpétuelles.

En prévision de jours moins heureux, je profitais de tant de circonstances favorables et imprévues pour faire des économies sur les vivres que je portais avec moi et qui, en prolongeant mon séjour dans l'Hinterland du Dahomé. devaient me permettre de donner à ma mission toute l'envergure compatible avec les instructions que j'avais reçues.

Enfin le 22 janvier, à onze heures, nous arrivions à Tchaourou, où une organisation nouvelle s'imposait.

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