Fusil Lebel
3. Ils étaient formés en deux groupes, de la compacité et de llmportance d'une colonne de compagnie aux grandes manœuvres, leurs boucliers en cuir placés jointivement et formant muraille au premier rang. Une cinquantaine d'irréguliers, armés de javelots, se tenaient en dehors du rang, dansant, hurlant et faisant des sauts de carpes ou des sauts périlleux comme des saltimbanques.
4. Arrivant au galop, le chef touareg campa son cheval à environ 50 mètres de nous et cria : « Allah, illa Allah, Mohammed Rassoul Alla-Nassara » « Il n'y a de Dieu que Dieu,
Mahomet est son prophète; Nazaréen, mon père a décidé qu'aujourd'hui tu reconnaîtrais le seul Dieu et que tu cesserais de vivre en chien et en kéfhr. » Pendant qu'on me traduisait ce petit discours prononcé en peuhl, le chef, peu confiant dans le succès de son ambassade et de 8a sommation, retournait à sa troupe.
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leurs armeg tombent à nos pieds sans avoir blessé personne.
« J'ouvre alors le feu. A la première drchar^M*, tuus se jettent à terre, se couvrant de leurs boucliers de cuir, avec l'ensemble d'une manœuvre concertée *, puis ils cherchent à progresser dans cette attitude gênante. Obligés de se disposer, vu l'étroitessc du champ d'attaque, sur une grande profondeur, ils offrent un but très vulnérable. Au bout de cinq à six minutes, quelques forcenés se lèvent encore pour danser sur leurs boucliers : mais peu à peu, les chefs, les guerriers qui se signalent à courte portée pour entraîner les autres, tombent sous les coups des trois blancs, de Sédira surtout, que j'y employais spécialement. Enfin, après vingt minutes de tir, les plus avancés reculent et, dans une bousculade générale, tous les fantassins disparaissent. Quant aux cavaliers, l'étroitessc et l'âpreté du terrain ne leur permettaient d'agir qu'en colonne, le sort de leurs camarades ne devait pas laisser de les impressionner, aussi furent-ils beaucoup plus mous. Quelquesuns furent démontés, les autres prirent la fuite, à l'exception de leur chef, qui vint bravement, tout seul, à la fin. se faire tuer sur nous*.
1. Les Touartî^ ne prennent pas la position du combattant couché de la même manière que nous. \u lieu de s'agenouiller, puis de s'accouder sur le sol, en allongeant tout le corps en avant, ils tombent brusquement à gauche en s'appuyant sur leur bouclier et le rabattent sur eux.
A la distance où nous étions (50 mètres), cette masse d'Iiommes tombant de côté, les jambes en l'air, nous donna l'impression que notre décharge les avait tous tués.
Cette illusion, pour imbécile qu'elle fût, car nous n'en avions pas touché quatre, fut pourtant ce qui nous sauva, car mes hoinnit^s rassurés par le prodigieux elTet de leur première -.il\. -.' mirent à tirer avec le plus grand sanp-froid et la plus grande attention.
2. Ce Ois de Boubakar était un joli garçon, blanc comme du lait, aux attaches très fines : son bracelet de poignard, que j'ai
« Le terrain déblayé, nous nous félicitons tous du heureux hasard qui nous avait fait découvrir l'embuscade avant d'être engagés dans les manœuvres de force nécessitées par le passage des roches. Nous avions évidemment obligé l'ennemi à nous attaquer plus tôt qu'il ne l'avait d'abord décidé et cette circonstance qui l'avait forcé à livrer combat dans des conditions de terrain si défavorables, devait encore lui causer d'autres déboires. Les Touareg avaient en effet armé des pirogues pour transporter nos bagages après notre capture. Les bateliers, ignorant l'issue du combat, et croyant encore arriver en temps utile, apparurent en aval, au moment où, disséminés sur la rive, nous ramassions des armes et des boucliers. Ces malheureux, qui faisaient force de rames pour arriver sur nos embarcations, offraient, au milieu du fleuve, un but si visible et si vulnérable, qu'au bout de deux minutes, ceux qui n'étaient pas morts cherchèrent leur salut en sautant dans l'eau. Ils n'en furent pas moins, presque en totalité, tués ou pris.
« Enfin, lorsque nous n'eûmes plus personne autour de nous, je fis remonter les pirogues pour franchir la chute. Après avoir disposé les chargements sur la rive, nous transportâmes les pirogues à bras dans le grand bief où nous étions rendus tous, sains et saufs, à une heure et demie. Le soir même, nous arrivions ici, où la nouvelle de notre engagement nous avait précédés, et avait produit une profonde impression*.
ramassé après la lutte, est trop petit pour qu'un homme puisse y engager le poignet; je n'ai trouvé que des femmes qui fussent capables d'y passer la main.
1. J'ai eu en rentrant en France la très rare bonne fortune de trouver ce qu'on ne rencontre presque jamais dans ces sortes d'engagement, c'est un compte rendu de l'attaque des Touareg, version de Vennemi.
Le capitaine Destenave, venu par le Sénégal et le Soudan français jusqu'à Dori, se trouvait là dans l'intérieur des terres
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« Quelques remarques s'imposent au sujet de cette rencontre. D'abord, il est certain que si les Touareg, au lieu de manifester à peu près sur place, s'étaient élancés sur nous, comme leur magnifique courage permettait à leur chef de le tenter, ils nous auraient tous tués ou pris, sans perdre plus d'une dizaine des leurs.
€ Il ne faudrait donc pas craindre, dans une guerre d'Europe où des détachements de force aussi inégale se trouveraient en présence, de foncer sur l'ennemi.
c II faut ensuite tenir compte du caractère spécial aux troupes noires que nous employons : les Sénégalais ne séparent point l'idée de combat de celle de capture. Ils ne combattent pas pour tuer, mais pour prendre. Aussi, lorsque la débandade des Touareg se produisit, la moitié de mes laptots s'élancèrent à leur poursuite. Cette folie spéciale qui porte dix hommes à courir isolé-
à cinq ou six jours de marche de Zinder. Il apprit qu'un parti de blancs remontait le Niger au nord de Saye, et persuadé faute de renseignemt^nts que ce ne pouvaient être que des Allemands, il demanda au roi de Dori de le renseigner sur leurs faits et gestes.
On lui amena le propre forgeron de Boubakar qui avait pris part à l'engagement et le lui raconta ainsi :
« Boubakar ayant envoyé des émissaires au blanc apprit par eux qu'il avait une quantité de bagages ou de marchandises et résolut de s'en emparer.
- Nous n'avions nullement l'intention de tuer le blanc, mais seulement de l'elTrayer pour lui prendre ses bagages. Alors nous nous réunîmes un grand nombre de guerriers et de cavaliers près de l'endroit où il devait amener ses pirogues.
- Au lieu d'aller de l'autre côté du fleuve c'est justement sur notre rive qu'il débarqua. Alors nous nous avançâmes contre lui, bien décidés pourtant à ne pas lui faire de mal. Mais avec nos guerriers se trouvaient un certain nombre de jeunes gens, inconsidérés et qui obéissaient mal. Ceux-là n'écoutèrent rien et se mirent à jeter leurs javelots sur les hommes du blanc.
• Alors il se mit à tirer sur nous avec des fusils dont les balles nous ont poursuivis pendant cinq jours. — C'est ce qui t'explique qu'il a pu pa>ser malgré nous. •
ment après deux cents autres, a déjà été la cause de la perte totale du détachement commandé par M. l'enseigne de vaisseau Aube.
« Il importe de prévenir le retour de semblables accidents, soit par des instructions, soit par une exacte discipline.
« J'ai pu, heureusement, retenir les quinze hommes qui étaient de mon côté, et, les faisant mettre à genoux, les déterminer ainsi à poursuivre l'ennemi avec leurs feux et non avec leurs jambes.
a Le tir continua donc, frappant dans le tas aussi bien les poursuivants que les fuyards. L'adjudant Doux se montra encore dans cette circonstance ce que je le connais depuis neuf ans. Se précipitant, avec toute la vigueur et l'agilité dont il dispose, en avant même des laptots mélangés aux Touareg et entraînés par leur fanatisme à une mort certaine, il leur fait face, frappe les uns, menace les autres et finit par les ramener à leur rang, restant ainsi pendant plusieurs minutes au milieu même de l'ennemi, et sous notre propre feu.
e Sa conduite pendant ces derniers jours, en dehors même du combat, mériterait d'être signalée. J'étais malade d'une dysenterie à accès qui, d'origine évidemment paludéenne, me prenait surtout le matin. L'adjudant devait alors me remplacer dans les palabres avec les Touareg. Certain, comme il l'était, que toutes leurs invitations n'étaient que des guets-apens, il n'y allait pas moins sans arme, ni escorte, et il a dû leur inspirer à tous cette salutaire pensée que, moi mort, ils trouveraient encore à qui parler.
< Tout le personnel s'est d'ailleurs, à part la fugue des laptots, très bien comporté. Sédira a été remarquable de sang-froid et de précision. Les Dahoméens sont toujours les admirables soldats qu'a révélés leur défense, au point de vue de la conduite, de la tenue, de la discipline, de l'endurance et du courage personnel.
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« Le rapport que je vous en ai fail au sujet des rapides de Boussa a dû vous édifier à leur sujet.
« Armés d'un fusil ridicule pour notre temps, ils déchiraient la cartouche comme les grenadiers de l'an Vlll, répétant à chaque décharge en guise de refrain : « Fusils français y a bon ça » ; ce qui est vrai, c'est que les tireurs valaient mieux que les fusils ».
< J'ai trouvé ici l'organisation sociale dont j'ai déjà eu l'honneur de vous entretenir : le chef de Zinder est un PouUo dégénéré. Il est d'ailleurs sans autorité sur ses concitoyens sonnerayes, qui constituent la masse de la population.
« Tous nous apportent à l'envi des vivres de toute nature, et j'ai, dès maintenant, ce qui me serait nécessaire pour descendre sans tarder juscfu'à la côte. J'écris au commandant de Tombouctou pour linformer de ce fait, lui faire connaître que je n'ai plus d'intérêt à remonter jusqu'à son poste, et que je me contente de poursuivre encore quelques jours pour accentuer l'etTet moral produit par notre succès d'hier. Je liniorme en outre de la trahison de Boubakar.
c Bien que M. le colonel JolTre m'ait dit avoir reçu la soumission des gens de Gogo et que, par conséquent,
l. Les gros fusils à piston donnaient un tir fort lent, mais en revanche ils al)altaient leur homme. Les 200 coups qui ont été tirés p.ir les Dalioméens ont jeté bas plus de monde que les 3o00 cartouches tirées par les laptots avec leurs armes perfectionnées.
La balle du dernier modèle, qui transperce tout ce qu'elle frappe, ne produit pas sur le combattant le même elTel de commotion foudroyante que le gros projectile de la cami>agne de Crimée et d'Italie.
L'homme est blessé, blessé mortellement parfois, il n'en continue pas moins, pour peu qu'il ait de nerf, à combattre ou à marcher en avant ou en arriére.
Le relevé de ces elTets du tir a été communiqué à M. le docleur Delorme, professeur de blessures de guerre au Val-de- Gràce.
il n'existe plus au-dessus d'ici de ville importante qui ne nous connaisse, j'estime qu'il m'est moralement impossible de commencer à redescendre le lendemain même du jour où j'ai rencontré les Touareg. Il est certain que ceux-ci se prévaudraient de mon mouvement de descente pour déclarer à tous qu'ils me l'ont imposé.
« Les gens de Boubakar vont et viennent autour de Zinder et entrent même en ville où ils sont réellement maîtres de tout et de tous *.
1. Ces allées et venues de Touareg dans la ville n'étaient pas sans m'inquiéter.
Le soir de mon arrivée, accueilli en vainqueur et en libérateur, je pouvais faire à Zinder tout ce que je voulais, mais je commis la faute — ainsi que je le sus plus tard — de ne pas punir tout de suite ceux des gens de Zinder qui avaient assisté Boubakar dans son coup de main contre moi.
Cette impunité enhardit certains d'entre eux au point qu'on toléra petit à petit l'accès dans la ville de quelques Touareg.
Divers incidents me montrèrent quelles influences ils y avaient conservées.
Pendant la nuit qui suivit notre arrivée, le roi m'envoya dire de me bien garder, car il répondait de ses sujets et non des autres. Il avait donné l'ordre que personne ne passât par notre camp après le coucher du soleil et peu après que le crieur public eut fait connaître cet avis, j'étais prévenu que quiconque se présenterait serait un ennemi.
Vers minuit, un de mes factionnaires tira un coup de feu sur un homme qui, s'avançant le long de la berge, avait voulu s'introduire près de nos prisonniers.
A la pointe du jour on m'informait qu'on venait de retrouver le cadavre de ce noir. C'était un des enfants du roi.
Pendant que je courais chez ce dernier pour lui dire combien j'étais désolé, on apprenait que ce jeune homme, ignorant ou méprisant les instructions'de son père, avait quitté la maison au milieu de la nuit pour un rendez-vous galant et, afin d'éviter d'être rencontré, avait pris par le terrain vague où nous étions campés. — Le roi me dit simplement : « Dieu me l'a donné, il me le reprend. C'est sa faute et non la tienne. »
Aussitôt rentré je réunis les laptots et leur exprimai mon mécontentement de cette méprise : sans doute il était prescrit de tirer sur quiconque voulait forcer le camp; mais il fallait
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c Je continuerai donc à remonter jusqu'à ce que je n'en rencontre plus aucun et qu'il soit notoire pour tous, Touareg, Foulbéset Sonnerayes, que j'ai traversé le territoire soumis à Boubakar sans qu'il lui ait été possible de s'y opposer efficacement. Lorsque cette démonstration sera faite, et alors seulement, je commencerai à descendre, et me dirigerai sur Ouari, branche occidentale du delta du Niger.
« En vous notifiant dès maintenant par télégramme l'intention où je suis d'arriver à la mer par le rio Forcados, j'ai pour but de vous permettre d'envoyer audevant de moi, le cas échéant, une embarcation ou un bâtiment battant notre pavillon. Il se peut en effet qu'à la suite d'incidents de toute nature (qui se reproduiront
être aveugle pour confondre avec un Touareg ce noir inoffensif. Ce n'était point parce que, la veille, nous avions dû tirer des coups de fusil, une raison pour massacrer les gens paisibles.
Celte semonce terminée, ils se dispersaient lorsqu'un nouvel et affligeant spectacle s'offrit à nous. Un beau mulet arrivait dans notre campement porteur d'une blessure horrible. Il était littéralement fendu d'un coup de sabre depuis l'épaule jusqu'à la queue. Pensant que c'était là un nouveau méfait de mes hommes, je les rappelle à la hâte et, leur reprochant amèrement une pareille brutalité, je leur donne cinq minutes pour m'en livrer l'auteur.
A leur mine déconfite et ahurie, je vis qu'ils n'y comprenaient goutte. Le délai n'était pas écoulé que Boubakar Mody venait à moi et d'un ton pénétré : • Commandant, c'est pas laptot qui faire ça; n'a pas moyen laptot faire comme ça. » — En même temps un nommé ElHadj Ali, qui me servait d'interprète, et un Peuhl, factotum du roi, arrivaient près de moi et me racontaient l'incident suivant :
- Un Touareg vient de se présenter sur la place, il a dit qu'il n'était pas content de voir que nous te traitions en ami, et il a terminé son discours en donnant un grand coup de sabre à un mulet qui passait et en disant : - Voilà comme nous ferons à • Mandan et à tous ceux qui sont ses amis. »
. Et vous l'avez laissé partir?... — Sans doute, il était trop furieux et aurait fait mal à ceux qui l'auraient approché.»
De nombreux témoins me confirmèrent la scène, elle n'en resta
tant que la Royal Niger n'aura pas été mise à la raison), les autorités qui la représentent entre Lokodja et la mer me reçoivent assez froidement.
« Je suis outillé pour me dispenser de leur concours : mais je serais humilié, et partie de cette humiliation retomberait sur mon pays, si, parvenu à la côte, j'étais obligé d'avoir recours à leurs bons offices pour gagner la haute mer.
« L'état d'esprit de la Compagnie sera d'ailleurs connu en France avant que je puisse le soupçonner. Cet état d'esprit dépendant de nos relations diplomatiques avec l'Angleterre, vous l'apprécierez bien mieux que je ne serai en état de le faire moi-même sur les lieux. Si les agents anglais jugent plus digne de faire contre mau-
pas moins inconcevable pour nous, et on ne peut guère s'imaginer un étranger venant sur une place publique, dans une grande ville, se livrer à une pareille boucherie, proférer de telles menaces à l'adresse des habitants et se retirant impuni.
Le soir du deuxième jour un autre incident se produisit.
J'étais allé chez le roi demander un échange de pirogues, et je me trouvais depuis trois quarts d'heure tout seul chez lui avec Suleyman et El Hadj Ali, lorsque Suleyman qui regardait dans la cour me dit : « Commandant, il y a plus de cent cinquante hommes en armes dans la cour par où nous sommes entrés. •> Gomme, depuis notre arrivée, aucun Sonneraye ne se promenait plus avec sa lance, il ne fallait pas douter du caractère touareg et menaçant de cette manifestation.
M'adressant au roi, je lui reprochai sévèrement de permettre à des gens de son entourage de suivre les modes touareg. Ainsi un jeune homme qui était parmi les assistants avait un poignard engagé dans son bracelet. « Est-ce un Sonneraye ou un Touareg? Si c'est un Sonneraye — comme tu le dis, — ne sent-il pas qu'il me fait un affront en portant son arme comme le font des gens qui m'ont attaqué il y a trois jours? Va donc, Suleyman, et enlèvelui son poignard, et si j'en rencontre d'autres en cette tenue, je ne me contenterai pas de leur enlever leur arme! »
Suleyman se rendait auprès du jeune courtisan, éperdu, et procédait à son désarmement : ce fut très long, car les poignards de bracelet sont ajustés très serrés. Pendant ce temps je continuais mes récriminations : « Croyez-vous que je tolérerai plus
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vaisc fortune bonne figure, et manifestent leur résignation en m'accucillant comme il convient, il n'y aura plus lieu do prendre la précaution dont je viens de l)arler.
« Veuillez agréer, etc. »
longtemps que vous restiez le visage voilé, comme les Touareg? Vous vous imafiinez peut-ùtre suivre la loi du Prophète. C'est tout le contraire. Il a voulu que la femme fût voilée parce qu'elle est la perdition du genre humain, mais l'homme doit parler à visage découvert; seuls les Touareg se cachent parce qu'ils veulent menlir et ont peur d'être reconnus. Osez-vous faire comme eux devant moi? •
On traduisait ces mots, lorsque, impatienté de la lenteur de Suleyman, je me levai brusquement, bousculai ceux qui me séparaient de l'homme au poignard et lui arrachai sans précaution son arme que.je remis à Suleyman.
Quand je me retournai, tous les voiles étaient tombés, les hommes se tenaient devant moi, face nue.
Sédira accourait à ce moment, tout essoufflé, venant du camp : - Mon capilaine, il y a plus de quinze cents hommes armés dans les rues d'ici au camp. •
Il n'y avait pas un instant à perdre pour profiter de nos avantages. Me tournant vers le roi, je lui dis : • A présent que tu t'es montré à moi le visage découvert, viens m'accompagner à ma maison pour montrer à ton peuple que toi et tes serviteurs vous ne vous cachez plus comme des Touareg. »
Vingt minutes après nous étions tous de retour au camp : Nous n'avion>^ pas rencontré, ni dans la cour du roi. ni din^ les rues, un seul lancier.