‹ Dahomey et dépendances (volume 2)Chapitre 24 sur 70 · NAISSANCE · texte numérisé non relu

NAISSANCE

Quoique le noir se soucie fort peu de sa progéniture, une naissance est cependant accueillie avec joie, parce que le baptême donne toujours lieu à des réjouissances.

Les liens de famille n'existent guère entre enfants et parents ; ceux-ci veillent sur eux quand ils sont jeunes, mais aucune aiîection n'inspire les soins qu'on leur donne.

Les accouchements sont, pour la plupart, faciles et heiu^ux chez les femmes qui ont atteint leur complet développement. On voit des négresses suspendre leurs travaux quelques heures seulement à l'occasion de leur délivrance.

Les enfantements de jumeaux sont très fréquents et ils sont considérés comme une bénédiction du ciel.

En moyenne une femme n'a qu'un ou deux enfants ; une femme stérile est très méprisée au Dahomey, et le mari s'en débarrasse à la première occasion. La stérilité est considérée comme une malédiction du ciel.

A la naissance d'un enfant, le féticlieur, après plusieurs sima<i^rées proportionnées aux moyens des parents, le pare d'amulettes destinées à le préserver des maladies. C'est ordinairement un sachet en peau autour du cou, un anneau aux chevilles et plusieurs morceaux de bois autour du poignet. Ces petits fétiches ne doivent pas quitter l'enfant pendant plusieurs années.

La plupart des noirs ont un nombril énorme qui provient de la scission défectueuse du cordon ombilical. Jusqu'à 1 âge

Tant qu*il ne mapche pas, elle le porte à cheval sur ses reins ; jusqu*à Tâge d*un an, le petit est assis dans une ceinture entourant le pagne maternel et il dort même dans cette position.

Ainsi chargée, la mère travaille aux champs ou dans sa case sans aucune gêne. Lorsqu'elle veut allaiter son rejeton, elle se contente de relâcher un peu son pagne et fait passer le corps de Tenfant sous son bras.

Dès que les enfants sont assez robustes pour travailler, ils doivent aider leurs parents dans leur industrie ou dans lés travaux de culture.

Tous sont très précoces; aussi la fille se marie de bonne heure et le garçon abandonne la case paternelle dès <ia*il en trouve l'occasion.

On reconnaît les enfants d'un Européen et d'une négresse par la chevelure qui n'est jamais crépue ; quant à leur teint il peut être très foncé ; mais les unions entre blancs et noirs sont très rares.

Page 1