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d'oripeaux, barbouillés de sang et tenant en main un tibia, une corde ou un instrument quelconque de supplice. Ils parlent peu et en contrefaisant leur voix. Ce sont, dit-on, les âmes des' morts ; on les appelle les gunjuiis. Ils inspirent une grande frayeur et à leur approche les habitants s*écartent et s'enfuient, chacun dans sa maison.
Au Dahomey et à Porto-Novo une autre apparition nocturne est celle d'un revenant appelé za/vjbeto, ou gardien de nuit. Cest une grande femme en paille ayant une robe à traîne, ornée de grosses coquilles tenant lieu de grelots. Un individu la porte sur ses épaules et parcourt ainsi au pas de coui*se les rues de la ville. Il est accompagné d'un orchestre de gongons et de tambours qui font un vacarme infernal. Le porteur parle dans une corne de hœxiï et sa voix est rendue formidable par cet instrument. Son apparition sème la terreur parmi les gens simples ; dès que Thabitant entend ses cris plaintifs et lugubres il se renferme chez lui. S'il est surpris par les rues, il est roué de coups par les gens de Torchestre au service des féticheurs.
La crainte inspirée par le revenant servait au gouvernement indigène à faire sa police de nuit dans les villes ; les zangbetos y faisaient deux apparitions par semaine, à des intervalles irrégiiliers, niais leur devoir était surtout d'empêcher les incendies elles vols de nuit. Les féticheurs sen servaient aussi pour écarter les habitants lorsipi ils avaient l'intention de faire des processions, de se livrer à des sacrifices humains ou à de mystérieuses oi'gies.
Les Kuropéens n'étaient pas toujours à l'aigri des persécutions (le ce genre de ])olieiers lorstju ils s iittardaient dans les rues, iniiis aujourd'hui les temps sont changés et nos agents de police remplacent les charlatans indii^ènes ; cependant, il est prudent de se faire précéder d une lanlernc; dans ses promenades nocturnes surtout à cause des r^erpents.
ETHNOGKAPHIE DKS PEtPLES DU DAHOMEY
Chaque ville possédait un ou plusieurs de ces revenants; le jour, ils repartaient pour Tautre monde, en abandonnant leur enveloppe terrestre sous la protection de la paille fétiche, dans un petit hangar qui lui était alFccté dans chaque quartier.
Parmi les sortilèges on connaît le chougoudou à Porto-Novo et Varcade de bambou au Dahomev.
Le chougoudou était Tendroit où était enterrée à lleur de terre la victime d'un sacrifice, quelle qu'elle fût. Sur cette tombe très sommaire était placé un pot renfermant un peu d'huile de palme, des plumes de poule, du sang et des poils. Cestumulus existaient un peu partout, et on les évitait autant par la mauvaise odeur qu'ils répandaient que parce que les mauvais esprits étaient censés les garder, (^elui qui aurait la témérité de passer dessus, risquerait fort d'être tué ou tout au moins d'être persécuté le restant de ses jours.
L'arcade de bambou existe encore à l'entrée de presque toutes les villes dahoméennes. De la paille fétiche, des plumes, des pattes de poules, des os, etc., sont suspendus après. Celui qui passerait dessous avec des intentions hostiles contre le roi serait immédiatement terrassé.
Quant aux évocations, sortilèges, enchantements et opérations magicjues, ils sont subordonnés aux caprices des féticheurs, qui forment une secte nombreuse et qui, avant notre occupation, était puissante et redoutée des indigènes.