HUILES DE PA-LME
Exportations de la Colonie.
En 1891 6.616.259 kilo-.
L'importance de' ces produits est encore soulignée par des pancartes ainsi rédigées :
Les Grands Produits du Dahomct/.
Amandes de palme. — Huiles de palme.
Les autres produits exposés sont les arachides, le coprah, la kola, les noix de karité et le beurre que Ton en tire, le caoutchouc, le café, le cacao, Tindigo, le manioc, les piments, le poivre du pays (Atakou), le gingembre, plusieurs espèces de coton, un lot important d'ivoire, etc.
SIC) LK DAIIOMKV
Le docteur (louzien, l'éiiii lient médecin en chef du Dahomey, k qui Ton doit In découverte si précieuse d*un remède clUcace contixî les accès bilieux hématuriques, a réuni dans une vin<i^taine de bocaux une collection très complète de plantes médicinales employées par les indigènes.
Des prélèvements ont été faits sur chaque échantillon par M. G. Linas, pharmacien-<'himiste expert, dans le but d'étudier ces plantes dont la plupart semblent présenter un intérêt tout spécial.
Les principaux produits sont répétés dans une petite vitrine placée au centre de la salle, avec des échantillons de riz, de maïs I>lanc et jaune, de Iiaricots, de mil blanc et rouge, de farine de manioc, etc., et d'antimoine de provenance du Haut- Dahomey.
Une autre vitrine, faisant pendant ti la première, contient des instruments de précision à l'usage des explorateurs, exposés par la mais(»n Guyard, Canary et G'**.
La vitrine de droite comprend, entre autres vêtements royaux., un costume complet d'apparat, en velours brodé or. tiré (le la i;arde-ri>l)e du roi TolVa ; sur les bottes, les armes de rorlo-X«)vo. Une (.•ourt)nne surmontée d'un lion et une tiare acc'onipafi^nent le costume.
Dans celle même vitrine, de riches fétiches en or et en ar^^ent, appartenant au roi Aj^-o-li-A^ifbo, la tunique de la généralissime des Amazones, et des bonnets de perles ayant coiffé Hélianzin, rapportés par le p^énéral Dodds.
La vitrine de l'anicle de *;auche contient des poteries, des ainies et des objets iK* cuir travaillés à la manière arabe.
Dans et'lle (jui lui fait face, sont exposes les travaux de vannerie, les l)ois sculptés, les objets de cuivre, etc.
Plusieurs centaines de photo^^raphies sont disséminées dans
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les deux salles sur quatre pieds à pivots supportant chacun des cadres mobiles à double &ce.
Les collections de photographies 'rapportées par M. le gouverneur Ballot de ses explorations dans le Haut-Dahomey ei au Niger, celles du (commandant James Plé et de Tadmiiustrateur Beurdeley se font remarquer par leur intérêt.
Accrochées aux murs quelques jolies aquarelles, originaux de dessins parus dans VlUastruUan au moment de la campagne.
Avant de quitter le pavillon central, le visiteur peut circuler sur les galeries qui Tentourent. Là, des spécimens des Ixns du pays : rocco, coker (ronier) et bois de fer. Des panneaux de marquetterie où ces trois essences combinées sont appliquées sur les murs extérieurs pour montrer le merveiUenx parti que les industries du meuble et du parquet pourraient tirer des bois du Dahomey, à peu près inconnus en Europe.
Un escalier relie le pavillon central à un second bàtim^&t composé d'une salle de rez-de chaussée à galerie circulaire.
Si, pour la construction de ce pavillon, Timagination de rarchitecte a suppléé au manque d'éléments, le pittoresque n'y a rien perdu. Les galeries sont supportées par quatre gigantesques requins — le requin étant Tanimal svTnbolique cher à Béhanzin. — Des serpents, évoquant le souvenir du temple de Zagnanado élevé au culte du serpent, en honneur au Dahomey, s'enroulent gracieusement autour des poutrelles qui soutiennent les galeries.
Ornant les quatre angles, d'immenses parasols de guerre de grands chefs ou cabécères aux étoffes multicolores jettent une note gaie sur cetle salle où le public contemple, non sans effroi, une table de sacrifices! Un des parasols, en soie celui-là, appartenait à Béhanzin.
La table des sacrifices, placée au centre de la salle, est surmontée d'attributs symboliques ; elle est entourée d'une série
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de grands coupe-coupe de différentes formes, fichés en terre par le manche et de deux billots de bois de fer en Y.
Une multitude de fétiches en fer et en bois finissent de garnir cette salle.
Aux murs, des panneaux à parquet en bois du pays, des nattes tressées à Whydah etune superbe toile due au pinceau de M. Druard, élève de Bonnat, représentant notre protégé Toffa, roi actuel de Porto-Novo, dans son costume de gala, la poitrine barrée par le grand cordon bleu clair de Tordre de TEtoile- Noire.
Avant de procéder à la visite des nombreuses annexes, Ton entre dans une pièce formée par le sous-sol du pavillon central. Elle est occupée par l'exposition de la Compagnie Ouémé- Dahomey. Cest un peu la répétition des salles déjà visitées, armes, objets divers, ivoires, tissus et produits.
Une carte du Dahomey montre l'emplacement occupé par les territoires dont cette Compagnie est concessionnaire.
A signaler une profusion de tableaux, agrandissements photographiques très réussis de types et paysages dahoméens par M. Leroi.
Supporté par deux colonnes, un immense tableau occupe le milieu de la salle, il représente les plans du wharf de Kotonou, cette « porte » du Dahomey, construit par MM. Daydé et Pillé.
A gauche des bâtiments principaux une petite pièce d*eau sur laquelle est construite une habitation lacustre comme on en rencontre sur le lac Nokoué. Des filets de pêche sont accrochés à la paillotte.
L'eau de cette vasque s'écoule par des rochers dans un lac minuscule qu'elle alimente. La profondeur de celui-ci est, au milieu, d'environ quatre mètres, afin que les indigènes puissent y plonger au moment des grandes chaleurs.
Trois pirogues creusées dans des troncs d*arbres, munies de leurs pagaies se balancent doucement à la moindre brise sur' ce petit lac où elles se trouvent un peu à l'étroit, remplacement n'ayant pas permis de faire plus grand.
Chaque pirc^e mesure de 7 à 8 mètres et pèse environ 250 kilos. Ce sont ces embarcations qui sillonnent les lagunes et les fleuves de la colonie.
Une plage en miniature où s'ébattent, au soleil, les femmes indigènes, puis une paillote, flanquée d'un mirador, affectée au poste des gardes du Dahomey, terminent ce c6té de la section du Dahomey dont la pointe se dirige vers Texposition du Sénégal.
Dans Tangle opposé, près du pavillon de Tlnde, s*élève une grande paillote où un industriel de Roubaix, M. Victor Vaissier, livre au public des pains de savon dans la composition desquels rhuile de palme du Dahomey entre pour une grande part.
Les savonnettes sont frappées et préparées sous les yeux du public.
Elles sont présentées dans des boîtes portant une vignette représentant TExposition du Dahomey et le titre : Transformation de V huile de palme en savonnerie.
Une notice sur Thuile de palme — récolte, fabrication et application — accompagne chaque boîte.
Cette démonstration industrielle est très intéressante.
Les murs du pavillon occupé par M. Victor Vaissier sont ornés d'armes, de fétiches et de photographies du Dahomey.
Une vitrine élégante, en forme de kiosque, est placée au milieu, elle contient des spécimens de tous les produits fabriqués par cette importante maison et plus particulièrement des essences dont quelques-unes portent des étiquettes d'extraits du Dahomey.
En face, et placée devant le pavillon du Syndicat de la
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Presse coloniale, une grande (viilloteest rêsei^'éo aux ouvriers indigènes.
Les bijoutiers occuiM?nt une pièce carnV où ils confectionnent des bijoux d'or et d'arjjent et des objets de cuivre.
A rextérieur, les tisserands exert^^nt leur petite industrie i\
l'abri du chaume et confectionnent, à Taide de leur métiers
primitifs, des tissus où les lils de coton se mélan^nt à Talfa.
A côté, une serre où se retrouve encore rorijçinalité dont
ions les bâtiments de M. SiiTert sont empreints.
Deux immenses serpents en gardent la porte, enroulant gracieusement leurs volutes autour d'un vase qui en jçarnit le faite.
Dans cette serre, dont la charpente a été construite par M- Oxanne, exposant, et le chauffaj^e installé par M. Lebiruf, la maison Vilmorin, Andrieux et C'** y essaie racclimatation des spécimens de la flore du Dahomey ainsi que des phmtes fptiblesd'v réussir, telles cerUiines variétés de caoutchouc, é et de cacao.
remontant la pente. Ton revient au point de départ, lire vere l'entrée principale du boulevard Delessert. An niveau de cette entrée, une autre paillote a été édifiée le. près d'un bouquet de beaux arbres, au milieu d'un d'arbustes.
petite construction, reproduction exacte d'une case
rnne. est surmontée du pavillon tricolore. Sur un j)an-
[eselit:« Dahomey et dépendances: Direction »,
Bt fici. le bureau.
TaDetit mur protège le bureau contre la foule des curieux. Bt .msâi par là que Ton accède à la paillote où travaillent les
Le aaiilotrr où est installé le bureau se com])ose de deux pit*f;e^- Le bureau proprement dit est à droite. La ])ièce f*î*t alfectée aux échiintillons.
Les échantil (le la coltHlîe d et quecertaiiu
La I
européenne d*i que quelques
caUeot jnaqu'a
E>e8 |ȏce*4 de plier et de
Les prix de quels sont sou |»ortés sur cha
11 «t est de de traite, etc.
Tissus et al i^t allemande.
Nos înduslr iinissance de i toront, car il lonnaître les l>ivfOrenfe sur
Dus public ivnsoîgnemenl insi;;nitinnts.
^'oiIH. tixée dans ces quelques notes, la visite lapide i ]Vx|)osition du Dahomey, exposition complète et bien oompn •l'où lo visiteur, quel qu'il soit, conservera le souvenir et do; il poun-n tirer, s'il le désire, des renseignements profitaUf
Indigènes.
I/intéret oiTert par Texposition du Dahomey est encore rehaussé par h\ présence d'un détachement de 26 indigènes qui achèvent de donner à la section son caractère local, déjà si orif^inal par ses constructions.
Celte exiûhition ethnographique a le charme d'être absolument neuve.
On a vu en France de soi-disant Dahoméens, provenant en réalité du Togo allemand ou du Lagos anglais, mais on ne connaissait pas encore le type véritable du Dahoméen.
(À»s indigènes, soldats et artisans, envoyés à TExposition [)ar le gouvernement local du Dahomey, n'ont donc absolument
rien de la banalité des troupes de noirs que des harnums promènent à ti*avers TKurope et qui pratiquent la mendicité. Le Dahoméen n'est pas mendiant et Ton pourra s'en convaincre à rKxposition où jamais Ton ne verra un noir demander.
(leiix-ci sont principalement de races Nago et Djedji, c'est-îidivo (lu Has-Diiliomev.
L;i pctilc troupe est composée de dix hommes de la garde ii\ilc indii^^rne du Dahomey, dont la plupart, anciens tirailleurs haoussas, ont l'ail partie de nos dernières expéditions color.ialcs et nolamnu'ut de celle de Madagascar ; sept artisans. 1)1 joui icis. tisserands et vannier, et de cinq femmes et ([uatre
A litre de euriositr nous en donnons les noms :
(iardc ei\ile :
lîakarN , brigadier; l^milio, sous-brigadier et sa femme Syé ; Al)ou^n)u, Adérihihé, Alabi, Amoussou, Atéko et sa Irmmc Alimatou; Faehénva, Oveindé, Ovétoundé et sa femme Amahou.
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Artisans :
Aoussou, bijoutier, et son boy Samuel; O^Bassa, bijoutier, sa femme Efryèque et son boy Comoran; François Martin, bijoutier, et son boy Adébéla; Bakary, tisserand. Marna, tisserand et son fils Aïla ; Osseni, tisserand et sa femme Fatoma, et Doté, vannier.
Quelques-uns de ces indigènes ont fréquenté les missions catholiques et comprennent le français, très peu le parlent ; seul^ le sous-brigadier Emilio parle et lit assez couramment. Les trois tisserands, marabouts musulmans, n'en connaissent pas un mot.
Un boy, Samuel, parle et écrit convenablement l'anglais.
Pendant leur séjour à Paris les Dahoméens suivent les cours de TAlliance française et de la Méthode Berlitz.
Rien n*est d'ailleurs négligé pour les instruire et les amuser afin qu'ils emportent dans leur pays un bon souvenir de la patrie adoptive et qu'ils propagent leurs impressions qui ne peuvent manquer d'être excellentes.
Chaque semaine un jour est consacré aux visites à l'Exposition et aux promenades dans Paris ; M. Brunet, qui s'occupe spécialement du détachement avec une grande sollicitude, les accompagne toujours.
La petite troupe excite naturellement sur son passage un vif succès de curiosité, et les badauds s'amusent de l'étonnement de ces grands enfants qui manifestent leur joie et leur surprise avec force gestes et exclamations bruyantes.
Au Trocadéro, le succès des Dahoméens est considérable ; les gardes civils, de très bonne tenue, le partagent avec les ouvriers qui confectionnent sous les yeux du public des bijoux bizarres finement travaillés et des pagnes patiemment tissés.
Les femmes rient et s'amusent au bord de la pièce d*cau et
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dansent quelquefois au son des tams-tams sur lesquels les g'ardes au repos tambourinent consciencieusement en cadence.
Les danseuses ne s'arrêtent que pour fuir devant robjeclif qui les guette. — C'est une manie que les amateurs photogi-aphes ne trouvent pas toujours à leur goût.
Les bijoutiers, au besoin forgerons, sont habiles et fabriquent des bijoux d'or et dargent et des objets en cuivre assez curieux qu'ils ont la faculté de vendre au public. Tous les ouvriers travaillent pour leur compte.
Les gardes sont chargés de la police de la section dahoméenne et ils observent tivs sérieusement la consig'ne ; ils reçoivent ici leur solde ordinaire, c'est-à-dire l fr. 25 par jour.
Le soir, à la fermeture du pavillon, tous les noirs sont conduits cliez eux, dans le logement que M. Brunet leur a fait installer d'une manière aussi confortable ([ue possible, à proximité du Trocadéro.
Le Bastion Tu, dont ils occupent le quatrième étage de Taile droite, est situé boulevard Lannes ; une zone boisée très étendue l'environne et lui amène un air pur.
Les indi^-èiu's de Ma(la«^^asear envovés à l'Exposition habitent le nième bâtiment.
L';uin''nai;(Mneiit ne laisse rien à désirer : cuisines spacieuses. lavahos, sallrs de doiiclies, iulirnierie, etc., rien n'y nian([ue.
La nourriture est saiiu^ et abondante.
Le (l.'taehenienl dalioinéen est placé au Bastion sous la surveiliaiiec <](.* M. (]al)arro([iu's. hrii^adier des douanes du Dalionie\ . (jui a été cliar^^'-é (1(* 1 amener à Paris.
Tous les matins les ^-ardes eivils sont exercés par M. Paul Lanulois, narde prineipai de I"'elassc du Dahomey, également altaelh" i\ la srction.
Tmls lois par semaine, le Douleur 1']. Binet, l'éminent médeein-ad joint de Tllnspiee Xaiional des Quinze-Vingts, qui a
Spécialement étudié les maladies des races noires, visite les Dahoméens.
Arrivés à Paris le 20 avril, il y a eu au début (juelques rhumes sans gravité et les malades sont devenus de plus en plus rares en même temps qu'apparaissait la chaleur.
Les Dahoméens sont tous de santé robuste, ils sont résistants, et le bonheur de se trouver à Paris suiBrait à leur fain» oublier les maux dont ils seraient atteints.
Récompenses.
Des diiïérents Jurys qui ont examiné son exposition particulière le Dahomey a obtenu 49 récompenses.
Ce résultat est merveilleux si Ton considère le nombre insignifiant d'exposants. C'est le Comité local de Porto-Novo qui a fait tous les frais, aussi a-t-il obtenu 32 récompenses à lui seul. Les principaux produits de la Colonie ont reçu un grand prix, et plusieurs médailles d*or et d'argent.
M. Pascal, le distingué gouverneur par intérim quia dirigé, à Porlo-Xovo, la préparation de TExposition, a obtenu une nuulaille d'or de collaborateur, et M. Jean Fonssagrives deux médailles ilargent.
Le succès obtenu auprès des Jurys compétents qui ont examiné les produits dahoméens est la consécration de la participation brillaifle du Dahomi^y à l'Exposition Universelle de lîJOO. M. le gouverneur Ballot et son principal collaborateur M. Pascal peuvent être fiers de ce résultat.
Nous nous sommes étendus peut-être un peu longuement dans cette description, nous arrêtant à une foule de petits détails. Il nous a cependant paru intéressant de faire une monographie complète qui pourra servir de document pour l'avenir.