ARMÉE DE RÉSERVE
Les contingents de réserve étaient constitués par tous les hommes et femmes valides qui, sur un simple appel du roi, quittaient leurs villages pour prendre les armes.
Le service était obligatoire ; tout homme qui pouvait tenir un fusil était soldat, et toute femme de seconde ligne était employée au transport des vivres et des munitions, quand elle ne prenait pas part au combat.
11 ne restait dans les villages déserts que les vieillards exemptés du ser\ice militaire par leur âge.
Ces troupes de réserve étaient encadrées dans les troupes régulières qu'elles étaient loin de valoir.
Leur concentration avait entièrement lieu h Abomev, où elles se livraient pendant plusieurs jours à des exercices préparatoires de combat.
En temps de paix, les bandes dahoméennes portaient un semblant d'uniforme; en temps de guerre la levée en masse
était vêtue à sa guise. Les guerriers étaient couverts d'amulettes pour se préserver des balles ennemies.
Les amazones avaient pour costume un pantalon bleu court arrivant aux genoux, et une petite jupe qui le couvrait en grande partie. Un morceau d'étoffe bleu ou gris leur couvrait les épaules et la poitrine ; il était maintenu à la taille par une cartouchière tenant lieu de ceinture.
La tactique dahoméenne a toujours été basée sur l'instinct du pillage qui domine chez le Dahoméen ; elle consiste à s*assurer le succès par surprise et avec le moins de danger possible. Quand la surprise était éventée et qu'il fallait combattre en rase campagne, ces bandes de brigands montraient cependant un courage féroce.
Les guerres avaient lieu sans déclaratiou préalable. Dès que les rois avaient besoin d'argent ou de prisonniers et que le moment des basses eaux était proche, ils donnaient Tordre de mobilisation au Mingan ou ministre de la guerre qui le transmettait au moyen de messagers dans toutes les parties du royaume. En peu de jours les hordes dahoméennes étaient sur pied ; elles tombaient alors à Timproviste sur leurs malheureux voisins, inconscients de l'attaque et du danger; elles razziaient les villes et les villages sans défense, incendiaient les cases en se retirant, emmenaient en esclavage les prisonniers tombés en leur pouvoir, et qui servaient à la traite ou de victimes pour les grandes coutumes d'Abomey.
De retour dans la capitale, le roi distribuait à ses chefs et à ses soldats des cadeaux pris sur le butin pour récompenser leur courage et leur bravoure. Puis, les guerriers se livraient à des pantomimes et à des danses accompagnées de chants pour célébrer leur victoire.
Au moment de notre guerre avec le Dahomey, Tarniée avec sa réserve était forte d'environ 12.000 à 13.000 guerriers.
LA CONQUÊTE Dl' DAHOMEY 111
Les hommes formaient 14 régiments d'un eiTectif de 800 soldats chaque, et les amazones étaient divisées en 3 brigades de 1 .000 combattantes chacune.
Chaque brigade comportait des espingolières, des chasseresses d*éléphants armées de couteaux, des coupeuses de têtes munies de gigantesques rasoirs, des archèfes armées d'arcs et de flèches empoisonnées, mais surtout des mousquetaires munies de fusils à pierre.
Les femmes de la réserve portaient une petite massue destinée h frapper l'ennemi aux jambes pour rcmpêcher de fuir; elles étaient, en outre, munies de cordelettes pour garrotter les captifs, et de sacs pour rapporter les têtes coupées sur le champ de bataille et pour lesquelles le roi leur allouait une prime.
Ces régiments possédaient des drapeaux immenses et en grande quantité. Ils étaient ordinairement à fond blanc et portaient en application des armes, des animaux et des sujets macabres; quelques-uns étaient ornés de mâchoires humaines cliquetant au vent.
Les chefs ou cabécères portaient la hache, insificiie du commandement.
L'armement de Tinfanterie était très varié et parcourait toute la série des armes portatives, depuis le fusil à pierre jusqu'aux systèmes les plus récents et les plus perfectionnés : Snider, Winchester, Chassepot, Spencer, Werndl, Peabody, Malinneher, Martini, etc..
L'artillerie était traînée à la bricole; elle se composait de pièces de différents modèles très modernes.
Le service des ambulances fonctionnait également : seulement au lieu de brancardiers, on traînait les blessés sur le sol, jusqu'à ce qu'ils fussent en sûreté. Inutile de dire (jue la plupart moururent des suites du voyage fait en des conditions si peu confortables.
lli LE DAHOMEY
Compérat, sous-lieutenant Toumané-Aï-Sta. — 6 sous-officiers et 60 soldats. •
Un détachement des 25* et 26® batteries d'artillerie de marine : i sous-officier, 1 artificier et 10 artilleurs.
A POUTO-NOVO
3 sections de la 10® C'® de tirailleurs sénégalais : capitaine Arnoux, médecin de 2® classe Roux. — 3 sous-officiers et 121 soldats dont 8 artilleurs et 3 infirmiers.
A AGOL'É
Un détachement de la 10* G'® de tirailleurs sénégalais : Un sous-ofïïcier et 9 hommes.