‹ Dahomey et dépendancesChapitre 120 sur 133 · HYGIÈNE A OBSERVER DANS LA COLONIE · texte numérisé non relu

HYGIÈNE A OBSERVER DANS LA COLONIE

SOMMAIRE

Les maladies et leurs remèdes. — Habitations. — Nourriture. — Régime. — Équipement.

lies maladies et leurs remèdes.

Par son humidité constante et sa chaleur accablante, le climat du golfe de Bénin débilite fortement l’organisme et amène en peu de temps un affaiblissement général de la santé de l’Européen. Son pouls bat alors plus vite, une moiteur continuelle couvre son corps, ses digestions, rapides et sans aueun profit, sont incomplètes, la production de sa bile est abondante, l’homme s’énerve peu à peu et devient irritable pour ui^rien.

L’anémie et la fièvre guettent sans cesse le blanc et aucun n’en est exempt ; mais on arrive par une hygiène bien comprise à mieux résister aux atteintes du climat.

L’anémie est duc surtout !> la débilité de l'estomac; elle apparaît au bout de quelques mois de séjour à la c6te, la peau devient jaune, les oreilles sont pMcs et transparentes, on citronne.

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LE DAIIOIIET

Pour combattre l’anémie et en atténuer les elTcts, il est bon de prendre périodiquement des fortifiants, des toniques, du quinquina, du fer, etc.

Si l’on veut retarder l’apparition obligatoire de "la fièvre due au jxiludisme du pays, il faut avant tout être très sobre car le moindre excès se paie tôt ou tard.

Ses premières atteintes .se font généralement sentir au bout d’un mois, rarement plus tard que trois ou quatre.

La fièvre débute d’abord par une courbature et une lassitude générales, des douleurs dans les articulations, un manque d’appétit, un dégoût de nourriture, un malaise qui va croissant. Ces symptômes sont accompagnés parfois de fortes migraines, de coliques et même de diarrhée très opiniâtre, mais l’indisposition ne se manifeste pas de la même façon chez les différents individus et tous les malades n’éprouvent pas les mêmes prodromes.

La fièvre vient graduellement ; elle consiste d’abord en une sensation de froid, on grelotte puis l’on a chaud, l’on étouffe et finalement l’on rend de la bile. Les vomissements durent plusieurs heures, et plus ils sont abondants plus ils soulagent.

La violence des accès de fièvre dépend des tempéraments; leur durée est parfois de quelques heures seulement, comme elle peut être de plusieurs jours.

Pour atténuer les accès de fièvre il faut, dès que l’on éprouve un symptôme quelconque, prendre chaque jour, en deux fois, 80 centigrammes ou un gramme de sulfate de quinine délayé dans un demi-verre d’eau dans lequel on jette un cristal d’acide tartrique. De cette façon, le médicament agit presque instantanément ; mais il faut l’absorber deux heures au moins avant le repas ou trois heures après, autrement il passe dans la digestion et reste sans effet.

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lAirsque les indices de fièvre diminuent, on doit réduire la dose de quinine de 15 centigrammes par jour pendant plu sieurs jours encore. Si, au contraire, les symptômes continuent, on portera la dose jusqu'à un gramme et demi, en deux fois, et on prendra au réveil un bon purgatif de sulfate de soude (50 grammes délayés dans de l'eau).

11 est inutile de prendre la quinine pendant l'attaque de fièvre ; elle ne doit être prise que comme remède préventif ou bien après l'accès, pour en prévenir le retour. Il est prudent de continuer à en absorber pendant plusieurs jours encore, mais en diminuant chaque fois la dose.

Pour mesurer la dose de quinine, les habitués savent que le contenu d'une feuille de papier à cigarette repliée à ses extrémités équivaut à un gramme.

Si la fièvre n’est pas trop fréquente, il est préférable de la laisser suivre son cours, car elle préserve d’autres maladies. Les vomissements et la transpiration qui en résultent soulagent toujours ; il est vrai qu’on reste un peu affaibli, mais l'appétit revient ainsi que le sommeil et l’on est tranquille pour quelque temps.

Plus l'anémie augmente, et moins l’on a de force pour résister aux atteintes de la fièvre, mais à la longue, la maladie n’apparail plus que rarement; c'est le cas des vieux côtiers qui, complètement anémiés, n’ont même plus la force d'être fiévreux.

liicn souvent aussi, il est bon de ne pas dédaigner les remèdes indigènes qui donnent jwirfois d'excellents résultats, au contraire des drogues d’Europe souvent avariées par l'humidité et la chaleur.

Les insomnies persistantes se combattent avec un peu de chloral.

Les infusions d'herbes du pays sont très curatives dans les

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cas d’éruptions cutanées très fréquentes, résultant de l’excessive chaleur des tropiques.

Pour éviter les insolations, il est indispensable de porter en toutes circonstances le casque en liège. Une insolation est très mauvaise, et souvent elle est accompagnée d’un accès pernicieux de fièvre.

Dans ce cas, outre la quinine que l'on fait absorber au malade, il faut encore lui envelopper la tête de compresses froides constamment renouvelées pour arriver à faire diminuer la fièvre.

Les accès bilieux hématuriques sont combattus par de l’antipyrine absorbée à très haute dose ; les cas en sont assez fréquents au Dahomey ainsi qu’à Lagos, c’est le mal du pays. L’alcoolisme prédispose à cette maladie, généralement mortelle.

Dans tous les postes français, les Européens sont assurés de trouver une boîte de médicaments périodiquement renouvelés, et les instructions nécessaires pour soigner les maladies ordinaires du pays.

Habitations.

Les habitations européennes doivent être isolées des cases indigènes et comporter un étage ou un rez-de-chaussée .surélevé, autant pour éviter les rhumatismes et les douleurs provenant de l’humidité, que les rats, les serpents et les insectes qui pullulent dans le pays.

Quoique les voleurs ne soient pas à craindre, la maison doit être entourée d’une forte palissade ou d’un mur; néanmoins il est bon de ne jamais rien laisser traîner.

Comme il est très malsain de coucher dans une chambre close, il faut dormir avec fenêtres et portes ouvertes la nuit ; les courants d’air auxquels l'on peut être exposé sont bien

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attc'nués par la moustiquaire dont l’usage est indispensable aux colonies.

11 faut surtout éviter de faire de la lumière dans la chambre où l’on repose à cause des moustiques et autres insectes qui y seraient vite attirés et dont le bourdonnement seul est déjà désagréable.

Nourriture.

Dans les pays chauds, une nourriture substantielle est la base de la santé. 11 faut surtout varier son ordinaire et prendre des aliments frais. Mais la sobriété est indispensable, aussi bien sous le rapport des aliments que de la boisson. L’on doit boire le moins possible et manger modérément. Se lever de table avec une pointe d’appétit est une e.xcellente recommandation, car en ne surchargeant pas son estomac les digestions sont plus régulières, et, par suite, plus profitables.

Comme viande, l’Européen au Dahomey peut facilement se procurer du bœuf, du mouton, du chevreau et même du gibier s’il le commande aux indigènes.

Comme volailles, il trouve des poules, des canards, et, par suite, des œufs.

Quant au laitage, on consomme du lait concentré en boîte, dans les postes où l’on n'en trouve pas d’autre.

Les légumes européens sont communs sur la côte ; dans toutes les localités, on trouve des plantes comestibles indigènes.

En outre, le paj-s offre à l’étranger une diversité de plats dont plusieurs ne sont pas dédaignés des gourmets.

On mange le cochon de lait, l’agouti, 1e jeune singe rôti, la queue du crocodile à la daube aux carottes, l'iguane qui a le goût du lapin, l’écurcuil ou rat-palmiste, le rat d’amandes de

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palme, les roussettes, énormes chauve-souris fructivores, des grosses sauterelles rôties, des escargots du pays, etc., etc... Le python est un manger délicieux, fort prisé des mahométans.

Les conserves aliinentaircs importées dans la colonie s’achètent partout, mais il faut se méfier des boîtes avariées qui sont facilement reconnaissables h leur fond déformé, qui est convexe nu lieu d'être plat, et dont le bombement provient des gaz qui se sont accumulés h l'intérieur.

Régime.

Malgré la chaleur qui règne aux colonies et l'anémie qui vous mine, il faut éviter de dormir après le repas du matin.

La sieste est une mauvaise habitude, contraire h la santé, et l'exercice h l'ombre est indispensable après manger pour obtenir une bonne digestion. On doit absolument réagir contre la somnolence qui vous gagne, car, autrement, on risque de n'avoir plus d'appétit pour le soir, et cependant il faut se nourrir si l'on veut résister au climat. Du reste, dès que la digestion est commencée, l'envie de dormir disparaît.

Celui qui se laisse aller au sommeil se réveille avec la bouche péteuse, la tête lourde, des aigreurs d’estomac, et il reste indisposé pour toute la soirée.

Il est toujours très dangereux de sortir sans casque et surtout de séjourner au soleil pendant les heures les plus chaudes de la journée. Dès que l’on éprouve le moindre malaise après une sortie, avoir bien soin d'avaler un peu de quinine à titre de préventif contre la fièvre.

Quand on le peut, il est bon de se doucher au réveil, avant de prendre le café noir ou le thé chauds du déjeuner.

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LE DAIIOUET

Six OU sept heures de sommeil doivent être suffisantes; l’on doit se coueher une ou deux heures après le repas du soir et se lever avec le jour ; c’est le moment le plus agréable, car l’air est alors d’une fraîcheur délicieuse.

En observant un pareil régime et les précautions sanitaires indispensables, on a beaucoup de chance de bien se porter au Dahomey, surtout si l'on conserve sa gaîté et que l'on sait se procurer quelques distractions. Mais il ne faut jamais avoir la nostalgie du pays, autrement l’on est perdu.

Apres chaque séjour de deux ou trois années dans la colonie, il est prudent de venir se refaire la santé quelques mois en Europe. Une fois l’anémie disparue, on peut y retourner pour une nouvelle période de même durée.

Équipement.

L’essentiel, au Dahomey, est d’avoir de fortes chaussures, un peu de linge, des gilets de flanelle, des chaussettes.

Les tailleurs indigènes confectionnent à bon compte des habits avec les étoffes du pays.

G)mme arme, un simple revolver sufllt.

Un bon conseil à ceux qui seraient tentés de chercher la fortune au Dahomey, c’est de s’assurer au préalable d’une position quelconque, sinon ils s’exposeraient à la misère et à la maladie dès leur arrivée. '

En se conformant à ce qui précède, ils reviendront un jour dans la mère patrie, satisfaits d’eux-mèmes et de l’emploi de leur temps.

Plan général do rExj>osUion du Dahomey.

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