CHAPITRE IX
SÜMMAinE
Inauguration de l'Exposition du Dahomey. — Description générale. — Indigènes. — Récompenses.
Inauguration de l'Exposition du Dahomey.
Le soin de préparer et d'organiser l’exposition du Dahomey et dépendances a été confié à MM. M. Béraud, ancien négociant au Dahomey, commissaire, et L. Brunet, secrétaire général du Comité du Dahomey et secrétaire du Syndicat de la Presse Coloniale, commissaire-adjoint, sous la haute direction de M. J. -Charles-Roux, délégué des Ministères des Affaires Étrangères et des Colonies à l’Exposition Universelle.
La tâche présentait quelque dilllculté, le Dahomey, en raison de sa récente conquête, n'ayant jamais participé à une Exposition.
Pendant près de deux ans, M. L. Brunet s'est entièrement consacré à la mission qui lui avait été dévolue et il a su s’en acquitter à la satisfaction de tous.
C'est grâce au zèle et à l’initiative qu’il a déployés dans la partie active, dont il a toujours tenu à assumer seul toute
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la charfje, que l’exposition du Dahomey et dépendances a pu être complètement achevée en temps voulu.
La confiance qui avait été témoignée h M. L. Hruncl s’est trouvée ainsi pleinement justifiée.
Le 30 mars, au cours d’un grand banquet offert à tous ses collaborateurs de l'Exposition des Colonies et présidé j«ir M. A. Picard, commissaire général de l’Exposition Universelle, M. J. Charles-lloux a pu dire, en parlant dans son discours de l’exposition du Dahomey ; « Et ici Je suis heureux de rendre hommage aux elTorUs persévérants du Commissariat du Dahomey qui est arrivé, je dois le dire, bon- premier. »
El l’expo.sition du Dahomey n’est pas parmi les moins importantes, ainsi qu’on en jugera par la description générale que l’on en trouvera plus loin.
Le 7 avril 1000, la section dahoméenne ouvrait oflîcieusement scs portes h un certain nombre d’invités.
MM. J. Charles-Roux, Victor Rallot, M. Béraud, L. Brunet et L. Siffert, architecte, ont fait à leurs invités les honneura de la section.
Parmi les personnalités présentes, MM. Etienne, le général Dodds, Saint-Germain, Haussmann, J.-L. Deloncle, Camille Guy, le général Chariot, président du Comité du Dahomey, etc. , ainsi que la plupart des fonctionnaires du Commissariat Général de l’Exposition des Colonies, des Commissaires des autres Colonies, des collaborateurs de M. Brunet et des exposants.
Après la visite de l’exposition, M. Béraud a prononcé le toast suivant :
« Je vous remercie. Messieurs, nu nom de mes collabora- « leurs et au mien, d’avoir bien voulu assister à cette réunion.
« Nous'sommes très flattés de nous voir entourés des plus « formes défenseurs de la cause coloniale : au premier rang.
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« M. Etienne, qui a joué un rôle si importantdans la création « et le développement de nos établissements africains et dont « la grande et légitime influence se fait sentir dans toutes les « questions qui intéressent l'eNj^ansion de notre pays au dehors.
« Je suis heureu-T de retrouver à ses côtés, aujourd’hui, deux (I de scs plus anciens et plus actifs collaborateurs, M. llauss- « mann et M. J.-L. Dcloncle. Les situations enviées que le « gouvernement de la République leur a conflées en dehors « de l'administration coloniale n'ont pas fait oublier les ser- « vices qu’ils y ont rendus.
« J'adresse à M. Charles-Roux, notre commis.saire général. Il à M. Saint-Germain, notre directeur, au personnel du Com- II missariat, l’expression de notre gratitude pour la bienveil- II lance et l’appui qu’ils nous ont toujours prêtés en facilitant Il notre tAchc et en aplanissant bien des diflicultés adminis- II tratiyes.
Il Je remercie M. Jean Decrais, secrétaire général du minis- II tére des Colonies, d’avoir bien voulu se joindre à nous, et je Il le prie de transmettre au ministre l'assurance de notre Il entier dévouement.
Il Je suis véritablement heureux de saluer le général Dodds Il qui, lui aussi, nous a fait l'honneur d'assister à cette inau- •I guration.
Il Je n’ai pas besoin, Mc.ssieurs, de rappeler les hauts faits Il du général auquel nous devons la conquête du pays de Il Béhanzin.
« Vous venez. Messieurs, de parcourir notre Exposition. Si Il nous avons pu réunir ici de si intéressants objets du Dahomey, Il nous le devons h son sympathique et distingué gouverneur « M. Ballot.
Il Le Dahomey a eu la bonne fortune, depuis que le Dahomey Il existe en tant que colonie française, d'avoir conservé le
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« même chef qui l’a vivifié, transformé j)ar son initiative tou- « jours en éveil, par son esprit de réforme, par son habileté « comme administrateur. »
Il Les bienfaits de celte stabilité se font sentir par la prospé- II rité du commerce, par le dévclopijcment des res.sources « locales qui ont présenté, l'année dernière, un excédent de Il plus de 800.000 fr. »
Il Ici nous en avons, sous une autre forme, un témoignage « manifeste et bien fait pour étonner ceux qui connaissent les Il préjugés de l'ancien Dahomey. »
Il A l'appel de M. Ballot, les fétiches dn Dahomey, ces Il fétiches qui présidaient naguère aux sanglantes coutumes Il d’Abomey, ont traversé l’Océan pour venir assister à ces « fêtes de la paix que la France célèbre cette année. »
’« Vous les avei vus, alignés en grand nombre, ces fétiches Il qui ne devaient pas s’éloigner de la capitale de l'ancien Il Royaume. C’est à l'influence personnelle du gouverneur. Il à la confiance qu'il inspire qu’est dû ce résultat. M. Ballot Il a promis que les fétiches reviendraient intacts au pays natal : K ils seront rendus fidèlement è ceux qui les attendent — non Il sans quelque anxiété peut-être — et ils apporteront aux Il populations primitives qui croient encore à leur pouvoir un Il redoublement d’attachement pour la France qui les a alTran- II chies en leur faisant aimer la liberté. »
Il Je dois. Messieurs, remercier mes principaux collabora- II tcurs qui ont le plus contribué il la réussite de notre Fxposi- II tion : M. L. Brunet, commissaire-adjoint, pour son activité Il infatigable, son labeur et son dévouement de tous les ins- « tants ; M. L. SitTcrt, architecte, qui a su si artistement dresser Il un plan d'ensemble représentant bien le style des construc- II lions du Dahomey : la tour et la galerie des sacrifices, les Il demeures des anciens rois, et cela malgré les difficultés du « terrain. »
Le Dahomey à l’Eiposilion Univcreelle de 1900. L*cnlréc principale el la tour.
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« Je leur adresse, Messieurs, mes plus vifs remerciements « et je les recommande spécialement k la bienveillance de « riionorable M. Charlcs-Uoux, noti-e distingué commissaire « général. »
« Je lève mon verre à la prospérité de notre chère eolonie n du Dahomey, et k vous tous, Messieurs. »
M. Etienne, en quelques mots, félicite les commissaires de l'ExiJosilion du Dahomey et rappelle l'œuvre féconde du gouverneur llallot. 11 adresse un salut au général Dodds et évoque le souvenir de sa brillante campagne.
M. le général Dodds remercie en excellents termes M. I^tienne et lient à constater que. les grands résultats déjk obtenus dans r.\frique occidentale sont dus surtout et plus qu'k tout autre k M. Etienne lui-même, au grand colonial qui e.st le chef incontesté du parti de la plus grande France.
Avant de commencer la description de l'exposition du Dahomey, il est juste de rendre hommage k M. L. Giethlen, secrétaire, ainsi qu'k tous ceux qui ont été des collaborateurs dévoués et qui ont eu k cœur de s’associer k l'œuvre de vulgarisation et »le propagande que la Colonie a voulu poursuivre par sa ^rarticijiation brillante k l'Exposition Universelle.
Description générale.
L'Exposition du Dahomey est située dans les jardins du Trocadéro, côté de Pas.sy, près la rue Le Nôtre, en boixlure du boulevard Delcssert. Elle a pour voisinage immédiat les pavillons de la Côte d’ivoire, de l'Inde et du Syndicat de la Presse coloniale.
I.a section forme un îlot de 2.11.5 mètres dont l'aspeet est eelui d'un village dahoméen, avec scs constructions imitant la n terre de barre » et recouvertes de chaume.
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Un mur rustique, peu élevé et comme démoli tout exprès, l’entoure complètement d’une ceinture pittoresque.
L’architecte de la section, M. Louis SilTcrt, a su tirer un
Pavillon principal cl pailloUe lacuslr*.
merveilleux parti du terrain, fortement incliné vers la Seine, et il a rendu la « couleur locale » avec une scrupuleuse exactitude.
Les deux principlcs constructions édifiées au centre ne
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sont pas des reproductions fidèles de bâtiments dahoméens. Le souci artistique réclamait une « silhouette » se détachant franchement de l’ensemble des pavillons qui entourent le Dahomey. D'autre part, les c.\igences de la circulation nécessitaient des dispositions spéciales.
Le public a eu vite fait de baptiser la tour de 20 mètres qui surmonte l'entrée de « Tour des Sacrifices », se rappelant sans doute les pratiques barbares de lléhanzin, et la galerie qui abrite une table de sacrifices a été nécessairement appelée U Salle des Sacrifices ».
Si le public français connaît généralement peu la géographie, les histoires fantastiques et cruelles se fixent dans sa mémoire avec une extrême facilité. Il peut avoir oublié la situation géographique du Dahomey, mais il a gardé le souvenir de Béhanzin, qui goûte aujourd’hui h la Martinique les douceurs de l’exil.
Il est vrai de dire que la dernière campagne du Dahomey et la victoire du général Dodds ont laissé dans notre esprit une impression très vive, bien faite pour flatter notre orgueil national.
Si re.\position du Dahomey a eu, dès le début, un immense succès de curiosité, c’est un peu h ces causes que nous le devons et le public s’est porté en masse aû Trocadéro, attiré par le souvenir de Béhanzin, des fameuses amazones et du populaire général Dodds.
Ceux qui savent, ont voulu voir de près la figure que ferait le Dahomey à l’Exposition ; ceux-là connaissent la situation brillante de la colonie au point de vue agricole et économique, ils connaissent sa richesse et ils savent que c’est aux efforts du gouverneur Victor Ballot que l’on doit cette brillante situation.
En somme, le visiteur venu à l’Exposition du Dahomey,
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qu'il soit simple curieux ou initié, n'a pas été déçu et il a reconnu que la colonie avait fait ce qu'on était en droit d'attendre d'elle, et son exposition occupe au Trocadéro, après celle de l'Indo-Chine, de Madagascar et de la Tunisie, la place la plus importante.
Le pavillon central, sorte de tata flanqué d'une tour très élevée, est composé de deux grandes salles principales.
Dans la petite pièce qui sert d'entrée, quelques sièges de cabécères et un comptoir où sont débités les ouvrages sur la colonie, des photographies et des caries postales reproduisant des vues et des types du Dahomey, ainsi que des clichés pris à l'Exposition meme.
La première salle est la plus grande. Parmi les collections ethnographiques dont elle est abondamment garnie, deux choses frappent immédiatement la vue. C'est d'abord, ù droite, une carte du Dahomey de 3 m. 50 sur 2 mètres, occupant le milieu d'un panneau. Celte carte, d’une lecture facile, a été mise à jour d'après les documents les plus récents. Le tracé du chemin de fer, sur le point d’être construit, et qui doit aller de Kotonou au Niger français, y est indiqué. M. le President de la République lors de sa visite au Pavillon s’est longuement arreté devant cette carte sur laquelle il a suivi le tracé de la ligne.
A droite et à gauche, divers documents sont disposés. D'abord, la carte du chemin de fer, établie par la mission d'études~dirigée jMir le commandant Guyon. La première carte gravée du royaume de Dahomé, dressée par Robert Norris, en 1790, puis une série réduite de toutes les cartes anciennes du Dahomey, depuis la première carte hollandaise de 1593 Jusqu'à une carte anglaise du xix* siècle.
Ces deux derniers documents sont dus aux recherches de M. A. Pavvlowski.
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Puis, sur un immense punneau, des renseignements et des statistiques dont les cliilTres étonnent le visiteur qui verra avec quelle rapidité les alTaircs du Dahomey ont progressé, sous l'administration du gouverneur llallot.
Nous reproduisons ci-contre, pour l'édification de nos lecteurs, cet important document.
I‘'nfln, pour les philatélistes, un tableau des difTérentes émissions de timbres-poste.
La seconde chose qui sollicite immédiatement l’attention, c’est, couronnant plusieurs meubles, de grandes olives de verre contenant de l'huile de palme.
Les visiteurs, en voyant la large plaee réservée à ce produit, seront obligés de retenir que l’huile de jialme, tirée du fruit du palmier à huile, constitue la principale richesse agricole de la colonie.
I.CS murs de cette salle sont recouverts d'armes de toutes sortes et d’objets anciens et modernes, vêtements, récades, coiffures, masques, etc., provenant des différentes régions du Dahomey.
Des étiquettes générales et des étiquettes spéciales pour les pièces les plus remarquables, renseignent le visiteur.
Une grande partie des envois de la colonie, réunis h Porto- Novo par les soins de M. Fonssagrives, administrateur des colonies, président du Comité local de l’Iüxposition, se trouve mélangée h la collection du général Dodds, riche en souvenirs de Béhanzin, et à celle du gouverneur du Dahomey, de l’administrateur Beurdeley, de MM. Paul Daumont, L. Brunet, de Tovalou Quenum, un notable indigène, etc.
A droite et h gauche, installés sur des estrades, les sièges et les fétiches royaux, appartenant au roi Ago-li-Agbo, récemment destitué.
Pour quiconque connaît le fanatisme des indigènes du
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