‹ Dahomey et dépendancesChapitre 13 sur 133 · I.K DAIIOAIËY · texte numérisé non relu

I.K DAIIOAIËY

Sous Glé-GIé, le rtMc {)oüti<[UC des vice-rois de Whydali fut donc bien umoiiidrl, ru^anmoins les cliacluis mcnci'cnt encore de nombreuses inlngues.

première enlreprisc de Glé-Glé fut de cherclicr h venger l’échec éprouvé par sou père à Abéokouta, dans le pays des Kgbas, six ans auparavant. Pour celte campagne «pi'il voulait rendre décisive, il se prépara secrètement pendant plusieurs années. II fut prêt en janvier tSfiO.

Il marcha d’abord sur Icliaga, petit pays voisin ijiii s'était tourné contre son porc lors de la retraite de son armée. La vengeance fut cruelle. Le roi citons les habitants furent faits prisonniers et vendus U prix d’or à une caravane de négriers en quête d’esclaves; aucun d’eux ne revit jamais le pays. Les villages furent détruits, les récoltes brûlées, les palmiers coupés.

Après celte première victoire, le vainqueur retourna au Dahomey pour poursuivre scs préparatifs de guerre contre Abéokouta.

lîn 1803, Glé-Glé, à la tête d’une année formidable, reprend la marche sur cette capitale; après avoir tout ravagé sur son |K>ssago, il arrive sous les nuii-s de la ville, .\yanl vaineinent attendu dans la plaine rallaquc de se.s ennemis ([u'il déliait journellement, et la famine décimant son armée. Il tenta l’assaut qui fut re|H>ussé avec perle.

Pourallircr leurs ennemis hors de la ville, les Dahoméens feignirent alors une retraite précipitée. Ia'S Kgbas se mirent ii leur poursuite, mais, ariivés dans un endroit |>ropice, les fuyants lin;nl volte-face et inlligèrenl aux Kgbas des pertes nonibreu.ses. Cependant la victoire ne fut pour aucun parti, et les agrcssoui's durent battre en retraite, en nbandonmint 3.000 prisonniers entre les mains des b'gbas.

rres(|ue tous cos captifs furent rachetés et ramenés au

lllsrOHlQl E DU DAIIOJIEÏ

Dahomey peu après. Dans ce but, Glé-Glè, outre les ressources pécuniaires de son royaume, avait mémo emprunté de l'argent aux l'uropéens, auxquels il le remboursa intégralement dans la suite.

Depui.s (|uebjucs années, la Côte des Kselaves était de plus eu plus visitée par les Euroi)éens. Le roi recevait souvent des ollîcicrs, des voyagoui-s et des commers'ants; en échange des gros présents ([u'ils lui apporlaient, Glé-Glé les retenait souvent dans sa capitale plus longtemps qu'ils n’auraient désiré, cl comme distraction les invitait à assister 5 quelques sacrifices humains.

Cn 1808, le roi do Dahomey signe avec la France un traité jKtr lerpiel il lui concède le territoire <lc Kolonou.

Malgré son dédain pour les blancs, le roi Glé-Glé vécut longtemps en bonne harmonie avec les puissances européennes ; gonllé d'orgueil et ignorant de leurs forces, il considérait leurs souverains comme des égaux heureux d'entretenir des relations avec le noble descendant de la dynastie dahoméenne.

Mais en 1870, un picmier conilit éclata entre le Dahomey et r.\ngletorre.

L'n llrésilien, Jacinlo «la Costa Sanlirs, avait rendu comme cabécèro «le grands services à la maison anglaise Swansca and C"; en récompense, celle-ci l'avait ai«lé à se faire une belle Oirtunc et le pr«>l«''giMil. Jaloux «le sj> silualion, tous les négociants ainsi «pie la famille «lu chaclia s'elforcéix-nl de le noircir «lans l'esprit «lu roi, s«ms prétexte qu'il tenait «tes |>r«ip«»s insultants il s«in a«lresse.

.\ccusé «l'av«>ir n-fusé «le vendre au prince héritier Kondo une «pialilé spéciale «le tissu «pi'il ne possédait mémo pas, il vit ses marclian«lis«'s conlisipiées au nom dii mi et une amende de «Unix mille francs de n«>tre monnaie lui fut infligée.

LE DAIIOMET

M. Tunbool, agent <le M. M. Swansea, s'interposa vainement auprès des cabécères en déclarant que Jacinto n’étalt qu’un commissionnaire et que toutes les marchandises déposées chez lui appartenaient à la maison qu'il représentait. Mais les autorités dahoméennes ne voulurent rien restituer, et, comme M. Tunhool les menaçait de faire intervenir le commodore commandant la station navale de l'Atlantique sud, il fut lui-méme insulté et arrêté.

Comprenant un peu lard qu'ils avaient eommis une maladrc.sse, les eabécères le relâchèrent aussitôt en lui faisant des excuses.

Mais une plainte avait déjà été adressée par M. Tunbool au gouvernement britannique, et, quelques jours après, le 9 octobre 1876, un cuirassé anglais mouillait en rade de \Vhydah.

Un olbcier supérieur descendit à terre pour faire une enquête sur place, et tous les négociants certillèrent par leur signature la véracité des faits rapportés par M. Tunbool. Il signifia ensuite aux autorités indigènes qu'en raison de Tinsuite grave faite à un sujet anglais, le commodore Hutte infligeait au roi de Dahomey une amende de 300 punchons d'huile de palme (gros fûts de 600 litres). Comme le roi refusa de payer, l'Angleterre ordonna le blocus de la côte, jusqu’au paiement intégral de l'amende.

Ce blocus dura sept mois et fut très préjudiciable aux maisons de commerce qui envoyèrent message sur message au roi, mais sans résultat. « Si les Européens souffrent de ce qui se passe, disait-il, c'est h eux à vider la question .»

Le blocus ne fut levé que le jour où, las d’attendre l'intervention du gouvernement français qu’ils avaient en vain sollicitée, les commerçants français de Whydah curent avancé eux-mêmes, au nom du roi, 200 punchons d’huile (mai 1877).

mSTOHIQLE DU DAHOMEY

Mais celle huile n’ari iva jamais en Anglclcrre, car au large du cap des Palmes le navire sombra dans un ouragan.

Aussilôl après le départ des Anglais, Glé-Gld se souvint qu'il avait à se venger des négociants qui avaient signé le proces-verbal du commodore. Tous furent condamnés b la prison ou à l'amende.

lÀn 1878, le roi du Dahomey ralilia avec la France le traité de 18.”)l ; une clause y fut ajoutée, dispensant les Européens de se rendre chaque année dans la capitale, au moment des coutumes, pour assister au spectacle écœurant des sacrihees humains.

En 1883, mourait le quatrième chacha qui fut remplacé par Julian Féli.x da Sou7.a ; malgré sa moralité plus que douteuse, ce dernier parvint néanmoins !t gagner la conlinnce du roi.

Avec lui, le commerce des esclaves prospéra comme parle passé, et, dans un but d'intérêt, il s'occupa fort des affaires des maisons européennes.

Par son habileté, il regagna peu h peu l'inllucncc que ses prédécesseurs avaient perdue, et, sur ses pressantes instances, Glé-Glé oublia l'indépendance qui lui était si chère pour accepter le prolecloral du Portugal.

Le traité fut signé en 1883.

Mais, avant de pousser plus loin l'histoire du royaume du Dahomey, il importe de remonter à l'origine du royaume voisin de Porlo-N'ovo.

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