I.A CO.VQtÈTE DU DAHOMEY
A 10 heures, les derniers coups de feu étaient tirés, et peu après les divers détachements de la colonne reprenaient leurs postes de combat à Porto-Novo.
Grâce à sa discipline et aussi à son'armement, une petite troupe de 330 hommes lutta sans trêve jxnidant plusieurs
heures contre 12.000 Dahoméens, chiffre donné par les prisonniers.
Nos pertes étaient séricu.ses : nous avions 8 auxiliaires tués et 37 blessés dont 20 guerriers de Toffa ; le capitaine Arnoux et le sous-liculenant Szymanski avaient été légère-
Digilized by Googic
LK DAIIO.MKV
iiAoiil alleinls. et M. le résilient Ballot eut son casque traversé par une halle. I,cs Dahoméens ne comptaient pas moins ilc
I .ÎJÜÜ à 2.0IU) morts et autant de hlessés, et le corps des amay.oiies avait particuliérement soulTert.
lléhaii’/.in, qui dirigeait la lutte, fut plusieurs fois obligé de fhnnger de place à cause du grand nombre de balles qui sifllaicnt autour de lui.
I,e combat d'Ateboupa fut le dernier de cette courte mais |)cnible campagne; il en fut aussi le plusglorieux.
L’ennemi démoralisé se relira au nord de Bedgi, en ne laissant devant Porto-Novo que des avant-postes.
Queli[ues jours apres, la garnison lit une nouvelle sortie dans la direction de rennemi, mais il ne donna pas signe de vie. Peu après, l'armée dahoméenne avait repassé l'Ouémé.
'il avril. — dll hommes d'infanterie de marine débarquent à Kotonou.
Comme, en raison delà .saison des pluies, la campagne contre Héhanzin ne pouvait être continuée, on organisa sérieusement la défense de Porto-Novo. Une ceinture de forts remplaça les murailles tombant en ruines par suite de l'incurie du roi TolTa. Mais jjour tout le monde l’expédition contre le Dahomey restait inachevée.
A la suite du combat d'Ateboupa, le commandant Fournier demanda de nouveaux renforts au Ministre de la Marine, non jjour l'oITensive mais pour la défensive. Nous avions perdu en quinze jours lecinquièmc de l’cITeclif du corps expéditionnaire.
II ajoutait que j>our obtenir la paix, il était indispensable de marcher sur .Vbomey, après avoir occupé au préalable Whydah-Plage et Whydali- Ville.
I.e commandant supérieur estimait qu'il lui faudrait 1.500 tirailleurs sénégalais et 1.500 hommes de troupes blanches, avec de l'artillerie, des moyens ile transport et de nombreux
LA COMjrfcTE DC DAHOMEY
porteurs noirs. 11 'était nécessaire aussi d’envoyer un tninsport-liôpital ii Kotouou, et un transport-aviso (jui serait attaché à la division navale.
Pour pcrinellre au corps d’occupation de se défendre avec certitude, le ministre envoya 100 tirailleurs par le ttoland, 50 disciplinaires par lu .1/csa/iÿC et fit armer un transport pour porter une compagnie de fusiliers marins, des approvisionnements et des munitions. Il autorisait aussi la A'afade h mettre sa compagnie de déharijucment à terre.
aiTÎl. — Pour montrer au roi Ilélianzin <pie nous étions toujüui's prêts ii combattre, le commandant Fournier fait tirer quelques obus sur Whydah.
L’elTet de cette menace fut prompt; des le lendemain les autorités de la ville dépêchaient des messagers à lléhanzin pour les sauver du bombardement, et faisaient parvenir au commandaut supérieur des lettres promettant de s’employer h la conclusion de la paix.
/" mai. — Le lieutenant-colonel Terrillon est relevé de son commandement pour cause de santé et remplacé par le lieutenant-colonel Klipfel.
3 mai. — On apprend que les otages franvais retenus 6 .\bomey .sont mis en liberté sous la menace du bombardement de Whydah.
5 mai. — Ils sont de retour à Whydah, et le 8 ils arrivent à Kotonou. A part les soulfranccs de la route, causées par les chaînes qui les liaient, ils furent assez bien truités pendant leur captivité.
Quelques jours apres, les agorigans de Kotonou sont également mis en liberté.
Quoique les hostilités fussent su.spendues en fait, les pourparlers pour la conclusion il’un traite de paix ii’abouti-ssaient pas. Les émissaires que le commandant Fournier avait en-