‹ Dahomey et dépendancesChapitre 46 sur 133 · I-A CONyl Ir^rE DU DAIIOMKY · texte numérisé non relu

I-A CONyl Ir^rE DU DAIIOMKY

3 novembre. — A la |>oinlc «lu jour, les Dahoméens se jettent sur les i faces du bivouac et pénètivnt dans le palais d'où on les dOloj;e à lu baïonnette. Apri's quatre heures d’un combat acharné, renneini s'enfuit et son artillerie seule continue un instant ù tirer. A 10 heuresl/2, le feu avait cessé complètement do part cl d'autre. ï.a journée nous coûtaitT hommes tués et 58 blessés dont le capitaine Uoj'or, le lieutenant Jacquot et le docteur llouch.

/ novembre. — néhan/.in lance cl conduit lui-incine les débris de son année royale ; chasseuis d'éléphants, amazones, prisonnier.s extraiUs la veille «les cachots dWboiney, rivalisent de folle énergie pour arrêter la marche de nos troupes; ils tourbillonnent sous nos balles cl s'enfuient bientôt de tous les côtés. Toute la journée le carré est harcelé par les attaques incessantes de l’ennemi, ivre «le gin et «le fureur. Après une grande halte de «{uelqiuts heures, renaemi est délogé à la baïonnette «lu palais de Djokoué, cl le corps expéditionnaire campe dans les faubourgs de Cana.

Nos pertes étaient de 1 tu«*s, «lunt le lieutenant Ménou, et 40 blessés, «lonl les licutenanls Mar«)ii, Gay et Mériennc-Lucus.

5 novembre. — Béhanzin se reconnaît vaincu, et, comme gage de son désir de faire la paix, il «)tri*e rentrée libre dans Cana.

0 novembre. — La colonne entre Iriomphalemcnl dans lu ville sainte et va éUddir son bivouac devant le palais du roi. Nos soldats n’étaient plus qu’à 8 kibunètres d’Abomey.

Du bail 13 novembre. — S«*jourà Cana,où Béhnnzin envoie journellement des propositions de paix. Il acceptait le protectorat, nous cédait le littoral et la rive guuche de l’Ouémé justju’à Agony; il nous remettait 8 canons et 2.000 fusils à tir rapide, abolissait l'e-sclavagc cl les sacrifices humains, il indemnisait nos négociants cl nous donnait 15 millions pour

ks frais de guerre; enlin le corps cxpédilionnaire devait entrer dans Abonicy où il laisserait un résident.

En signe de paix il envoy ait deux mains en argent qui devaient être croisées si le colonel acceptait ses olfrcs. Mais ce dernier, habitué 5 la mauvaise foi des noirs, remit 5 plus lard cette opération sy mbolique.

Le I f novembre, les envoyés du roi se trouvèrent en présence de M. Ballot, portcurdes instructions du gouvernement: ■I Nous acceptions tout, mais nous ne devions faire la paix qu’îi .\bomey ».

a Je ne puis plus lutter, répondit le roi, venez si vous vou- « lez k .\bomey, je ne peux pas vous en empêcher; les portes « seront ouvertes, mais j'aurai quitté la ville avec tout mon « peuple ».

Le 13 novembre, une dépêche apporte au colonel. sa nomination de général et la joie éclate dans le camp franvais.

Le 15 novembre, Uélianzin, sommé de rendre ses armes et d'opérer le paiement de la moitié de l'indemnitc de guerre, envoie en tout 3 pièces Krupp, une mitrailleuse, 150 fusils, 35.000 francs et au lieu de 3 otages désignés nominativement parmi scs conseillers, il nous adresse deux inconnus ; suivant son habitude, le roi cherchait à nous tromper pour gagner du temps. Il évacuait les trésors et les munitions accumulés à .Vbomey. Peut-être préparait-il la défense de la capitale.

On réexpédie k Béhanzin son envoi en le prévenant que, si le 15 au soir, il n'a pas rendu toutes scs armes, les négociations seront rompues et l'on marchera immédiatement sur Abomey.

/6" novembre. — Les ambassadeurs n'ayant plus reparu, la colonne bien reposée se met en marche k 7 heures du matin, en évitant bien soigneusement de suivre la route royale sur laquelle les Dahoméens bien armés et bien retranchés atten-

LA COXgifcTE DU DAHOMEY

(laicnt nos soldais. On fait un crochet par Djibé et Bécon, et 5 midi on fait Irf halle sur le revers d’un plateau en vue des premières maisons d’Abomey. A 1 heure, on voit la ville en feu, ainsi <{ue tous les villages environnants. Bchanzin, avant de fuir, a incendié sa capitale avec .ses propres palais et les maisons des princes et des chefs, afin de les forcer ü le suivre. Les reconnaissances de cavalerie signalent qu’Abomey brûle sur une étendue de 3 kilomètres; à cause de l’incendie <pii dure toute la nuit, l’entrée de la ville est renvoyée au lendemain, cl les troupes bivouaquent sur place. De nombreux esclaves échappes U Béhanzin arrivent de tous côtés.

/7 novembre. — La colonne continue sa marche en carré et jrénètre dans les faubourgs d’.\boiney; pas un coup de feu, pas un ennemi en vue, tout est désert.

.\ i heures du soir, le corps expéditionnaire campe dans la cour principale du palais royal deSimbodji, sur lequel flottent les couleurs de la France.

Ce palais, seul monument digne d'attention, est enfermé dans une enceinte de murs de 3 kilomètres de pourtour, qui autrefois étaient couronnes de crânes humains. Restent encore en place les tiges de fer qui les soutenaient et quelques débris de ces anciens trophées.

Les ruines fumantes de la ville sont totalement abandonnées. Béhanzin a disparu vers le nord à Vcndoulé ; quelques reconnaissances sont lancées, les jours suivants, ti sa poursuite, sans pouvoir le retrouver.

La fuite du roi détermine la soumission de nombreux chefs indigènes.

Le 19 novembre le colonel Grégoire marche sur Vemlouté avec 400 fusils, mais Bchanzin se retire sur Atchéribé, k 50 kilomètres ou nord il’Abomey.

Le 25, une partie de la colonne se porte dans la vallée du

IGO LE UAIIOUEV

KuulTo, où elle dotruil une prison rovale. L'ennemi reste toujours invisible.

•\ cause (les diincultés du ravitnillenicnt et de la baisse des eaux qui aurait rendu impossible l'évacuation par les canonnières si l'on avait tardé encore, le retour fut résohi. Un poste fortilié fut établi au palais de Golio, ii dix minutes d'Abomey ; une garnison de i compagnies avec i pièces de canon y fut laissée sous les ordres du lieutenant-colonel Grégoire, commandant supérieur d'.\bomey et des postes de Cana, de Kotojja et de Kossoupa.

Le 20 novembre les troupes rétrogradent sur Adégon, et les canonnières les ramènent à l’orto-Xovo, où le général arrive lui-même le 30 novembre,

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