‹ Dahomey et dépendancesChapitre 64 sur 133 · I.E DAUOMEY · texte numérisé non relu

I.E DAUOMEY

un mois après leur séparation. Le lieutenant Baud était installé k Say depuis le 2j janvier.

Ce dernier, en quittant Makka, aurait voulu aller au nordest par la route des caravanes qui aboutit k IIo, mais ses guides le firent monter beaucoup plus au nord, pour aboutir finalement à Boti et à Say. Après .avoir passé scs traités avec les chefs de Kodjar et Sanssarga, villages indépendants placés sur la frontière orientale du Gournia, il laissa k Kodjar le lieutenant Vargoz avec la plus grande partie du matériel.

11 est k remarriuef que, dans leur marche, les deux missions françaises ont complètement enserré la mission du lieutenant de Karnap, qui s'est trouvée devancée, nu surplus, dans sa marche sur le Niger. 11 ne faut pas oublier non plus que l'almany de Say avait, en ISfll, signé un traité avec le lieutenantcolonel Monteil, traité qui consacrait tous nos droits sur le Moyen-Niger et qui fut renouvelé par le lieutenant Baud.

Le 4 février, toute la mission quitte Say ; le commandant Deca-ur descendit la rive droite du Niger, conqrlètemcnt inconnue; le lieutenant Baud alla k Kodjar retrouver le lieutenant Vargoz et le reste de sa mission, avant de rejoindre le chef de l’expédition.

Des ti-aités furent conclus avec tous les chefs des villages jreuhls qui sont situés entre Say et Bikini.

Entre Bikini et Gomba, le pays s'appelle Dendi ; il' est riebe et très jreuplé. Tous les villages sont fortifiés et habités par des populations fétichistes.

Les indigènes furent tout d'abord très tranquilles, mais ils SC concentrèrent près du village de Tombouttou, où ils attaquèrent k coups de flèches la mission arretée pour prendre son rei>as. En quelques instants, il y eut deux morts et sept blessés; la petite troupe était fort bcurcuseinent disposée en carré; quelques feux de salve curent raison dos assaillants.

URr.AMSATION DU DAHOWKY

<}ui la fuUc. Le litMitcnant ILuuL 4^1 passa dans 1c pays

cpu'Upies j(»nrs ;ipK*s, vil les chefs venir lui faire leur soumissii»ii cl lui ileinamier, par rinlernu'dinire de leur roi, résidant îi Mîila, de vouloir bien leur accoixler un li*ailé. Le commaadaiil Docu'ur Imita de même avec le chef de Ilo.

{Phot. ih M. BnA.) j

Kayomn. — Iji case du nêsidenl. j

De Goni1)a à Koundji, on rolrouvc des Peuhis. CVst dans '

ce dernier village (juc le lieutennnl Baud rejoignit la partie principale de la mission (26 février), . ^

Après Kountlji la mission IraS'crsa Gébé, puis le pays de |

Boussa ; dans cette ville, la mission apprit le jinssagc récent t

de M. Bnllol, gouverneur, venu de Nikki |H»ur rcconnnitrc le |

pays situé entre le Bnriba et le Niger. h

LE DAMOMEV

Le commniulanl Dccœur et ses conipajjiions continuèrent à reclescenilrc la rive droite du grand fleuve, jus([u'è ce qu’ils eussent reneontrè une trace de rocciipation anglaise. C'est au village de Léaba q’u'ils constatèrent l’c-vistence d'une factorerie de la Royal Niger Company, gérée par un noir deSierra- Lcone.

De Léaba, le commandant Decœur revint à Carnotville en IKissnnt par Kayoma et en suivant, à partir de ce village, un itinéraire entièrement nouveau , passant par Beregourou, Seroupara et Cbaource, dépendants du cbef de Parakou.

Le 20 mars, toute la mission était h Carnotville. Là, conformément aux instructions venues de Paris, le commandant Decœur revint en France, laissant au lieutenant Baud le commandement de la mission, dont l'escorte fut réduite à 30 hommes, pl.aeés sous le commandement du lieutenant Vermcersch.

Le commandant Dccœur s’est embarqué à Kotonou le 13 avril, après huit mois de voyages ininterrompus, au cours desquels il a relevé 1.200 kilomètres d'itinéraires entièrement nouveaux, notamment le cours du Niger entre Say et Gomba.

Deuxième mission du Gouverneur Ballot ' à Nikki et au Niger (Du iS Janvier au il mart 1895).

Inquiet à juste titre des progrès des Anglais et des Allemands, désolé de savoir que le commandant Dccœur n'était

OnGAMSATION Df UAIIOJIEÏ

urrivë îi NiUki qu'apros le capilaine Lugard, M. Ballot résolut de partir lui-mcme jjour 1e Haut-Pays, alin de suivre de plus près la marche des missions et de pouvoir mieux les diriger et les seconder au besoin.

Le Bas-Dahomey était tran([uille. La création des postes permanents de Kétou, Dadjo, Badagba, Agoua et Carnotvillc, ainsi que l’installation définitive des résidents de Savalou, de Sagon et d’Athiémé avaient prouvé aux indigènes notre intention bien arrêtée d'organiser et de jjacificr leur pays.

Bien ne s'opposait donc au départ du gouverneur pour l'extrême nord de la colonie.

M. Ballot partit do Porto-Novo le 27 décembre 1894, et après avoir passé par Abomcj'-Calavi pour y organiser et mettre en route la mission Toutée qui arrivait de France, il continua sa route sur .\bomcy, où il par\ int le 1" janvier 1895. Il arriva h Savalou le C et à Carnotville le 11. Après avoir envoyé des instructions aux missions Decœur, Baud et Toutée, et organisé la mission Alby, dont il sera parlé plus loin, le gouverneur prépara son départ pour Nikki, capitale du Borgou. Il voulait s'assurer par lui-même de l'existence et de la valeur des traités passés par la Compagnie Royale du Niger avec les chefs des provinces du Niger. Il voulait aussi étudier de près le Borgou et le Boussang, paysjusqu'alors inexplorés.

M. Ballot partit de Carnotville le 13 janvier, accompagné, comme lors de son premier voyage, du capitaine Meunier, de l'administrateur Deville et de l'interprète principal Xavier Béraud. Son escorte se composait de 25 tirailleurs sénégalais, commandés par le sous-lieutenant indigène Macodou M’ Bayei et de 50 gardes civils, sous les ordres de l’inspecteur Achille Béraud. Deux cents porteurs, recrutés h Porto-Novo et ii Abomey , constituaient le convoi.

I-e 14 la mission étaiUi Ilalafia, le 15 à Senou, le 16 h Para-

i.e: daiiomf.y

kou, le 17 k la rivière Pésicla, le 18 li Ouinagourou et k : •

Scliori, le 10 ii Pèrèré et le 20 ii Nikki. ' '

A Nikki, M. lîallot put constater l’existence du traité signe

en noveinhre 180i par le capitaine Lugar.l avec l’iinan des i

musulmans de celte ville; mais le roi lui affirma que celte, con- j

vention avait été passée k son insu et qu'il refusait de la reconnaître. Le gouverneur obtint du roi un acte authentique désavouant le traité Lugard.

Le 22 janvier, la mission quittait Nikki pour entrer dans le | p.avs inexploré qui de celte ville s'étend jusqu'au Niger. j

Le 23, elle passait k Yassikéi-ah et lîélay, le 2."> k Kayoma, j

le 27 k Ouaoua où elle reconnaît le cours de l'Oly, le princi- j

pal affluent de la rive droite du Niger; le 29 janvier la mission |

arrivait k Dous.sa.

Ix!s chefs des villages du Boussang cl du florgou, que la mis- .sion vcnaitdc parcourir, pratiquent en grand rcxploilation des caravanes qui osent s'aventurer dans leur pays, et le ran- :

çonnage des voyageurs forme le plus clair de leur commerce '

et de leurs revenus. . |

Mais grâce k .son escorte et k l'énergie do son chef, la mission Ballot put traverser ces pays de bandits, sans avoir été rançonnée cl sans avoir eu une seule fois k faire u.sage d» .scs armes.

A Boussa, le roi montra k M. Ballot deux traités : l’un du

10 novembre 1883, pour le compte de la .< National .african Company limited »; l’autre du 20 janvier 1890, signé par un agent de la <■ Boyal Niger Company ». Ce dernier acte assurait k celte compagnie anglaise le monopole commercial du Boussang.

.\prcs un repos de quelques jours k Boussa, M. Ballot en repart le 31 janvier, en suivant un autre itinéraire qu’k l’aller ;

11 passe k Zali le 1" février, k Louma le 2, k Goubli le 3, k >

Galondji le l, k Yagbassou le .l, k Pagnian et Dékala le G, k j

Pébangou le 7, k Sakamandji et k Nikki le 8. !•

OHli*MS*TIO\ DU DAMONKÏ

A jKirlir «le cc point, la mission roprond la meme mule qu'à son .arrivée; elle passe le 9 à Sia, le 10 .à Üurobérmi, le 1 1 el le 12 elle fait sijour à Schori, le 13 elle passe à Guinagourou, le 1 1 ,’i llé(;om-ou pour arriver le 15 février à Parakou.

,V son pass.age îi Girnolville, le gouverneur envoy a cher les Kmiokolis le capitaine Mounier, qui signa le 2 1 février un traité aveclecliefdccepavs. Kn même temps, l'administrateur Deville re\ut l'onlrede pousser jusqu'il Kandi où il conclut, le Smars, un traité île protectorat avec le chef do cette province du llorgou.

l.e II mars 1895, le gouverneur rentrait îi Porto-Xovo.

l.es documents géographiques et les rapports politiques que M. Ilallot rap|K>rtn de sa mission sur les hords du grand lleuvc nlTrirent le plus vif intérêt et furent très appréciés lors du réglement du litige pendant, dans la houcle du Niger, entre les diverses puissances européennes qui po'lendaient réserver à leur innuenee ees régions nouvellement explorées.

On peut en conclure que M. Ilallot est, non seulement un gouverneur d'élite, mais encore un explorateur remarquable et qu’il fut l’àmc de toutes les explorations françaises de la boucle du N iger.

LE DAUOMEY

Mission de l'administrateur principal Alby ;

[Du i5 janvier 1895 au Si mars 1895). ^

M. Ballot, craignant que la mission Dccœur, insuffisam- !

ment renseigniie sur la marche des missions anglaise et aile- |

mande, n’obtînt pas assez rapidement tous les résultats que |

l’on espérait, avait résolu de la faire doubler, indépendamment !

du voyage qu’il ferait lul-môme au Niger, par l’administrateur j

principal Alby, de retour de Nikkiau mois de décembre 189i. |

Ce dernier devait rcchercber le commandant Dccœur et le |

lieutenant Baud dans la direction de Sansanné-Mango, et |

communiquer au commandant les ordres du Ministre prescrivant son retour b la côte et la remise du commandement de la !

mission au lieutenant Baud. Il devait ensuite remonter jusqu’à j

Ouagadougou, capitale du Mossi, et passer un traité avec le i,

chef de ce pays, de manière à relier le Dahomey au Soudan 1

français, en passant parle Kaarga et le Gambakha, et en reve- j

nant, si possible, parla capitale du Gourma. !

M. Alby repartit de Cariiotville le 15 janvier; il avait avec 1

lui 1i gardes indigènes et 50 porteurs. Il passa par Djougou, |

Ouangara, Birni, Kouandé, où il séjourna du 19 au 21 janvier.

Le 27, il arrivait à Sansanné-Mango, mais il n'y retrouva pas le commandant Dccœur qui se dirigeait aussi vite que pos- |

.sible sur Say en essayant de distancer le lieutenant de Kar- I

nap. j

Le capitaine Fei^sson avait signé avec le chef deSansanné- !

Mango un traité de commerce et d’amitié en août 1891 pour !

le compte du gouvernement anglais de la Côte d’Or. Dans ce |

traité, le chef s’engageait à ne conclure aucune autre conven- ■

lion avec une puissance européenne sans en référer au préa- '

labié au gouverneur anglais.

Olll-.A-MSATION DU DAHOMEY

Le coniniaiulanl Dccu'ur, sur le vu de ce papier, ne crut pas devoir conclure de nouvel arrangement.

Mais la mission allemande qui avait précédé celle de M. Alby ne pensa pas de même, et elle passa avec le chef de Sansanné-Mango un traité de protectorat. Dans ces conditions, M. Alby estima qu'il n’y avait pas de motif pour qu'il agît autrement et traita lui aussi avec le chef, ce qui fait que trois grandes puissances eurojiéennes purent prétendre à des droits politiques sur Sansanné-Mango, qui compte de 15 & 20.000 habitants, et qui est un centre commercial important dans cette région. Malheureusement, 1e traité Alby était postérieur au traité allemand.

De Sansanné-Mango qu’il quitta le 29 janvier, M. Alby essaya de gagner Ouagadougou aussi rapidement que possible, par une route directe encore inconnue.

Il passe par Borgou, Pougno, Djébiga (!*' février), Découi, Sanka, traverse le Yauga, le Roussangsi et entre sur le territoire du Mossi le 1 février. Il continue par les villages de Bani, Tingourkou (7 février), Béri, Boussourima (11 février) et Konbitchiri.

Malheureusement le sultan du Ouagadougou fut prévenu de son arrivée et lui interdit l’entrée de cette ville. M. Alby dut par suite séjourner pendant treize jours h Boussourima, & un jour de marche de la capitale. 11 envoya fréquemment des messagers au roi, qui les reçut fort bien, mais n’accorda pas l’autorisation demandée. Après avoir vainement essayé k plusieurs reprises de passer outre ti cette défense, M. Alby profita de son séjour forcé pour explorer le pays et se mettre en rapport avec divers chefs du Mossi.

11 quitte Boussourima le 21 février.

M. Alby se proposait de redescendre par Noungou (Fada N’Gourma) et, en second lieu, de trouver une route directe de

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