‹ Dahomey et dépendancesChapitre 77 sur 133 · I.E DAHOMEY · texte numérisé non relu

I.E DAHOMEY

sur le pivmicr, car les jiromcsses n’ont aucune valeur chez le noir.

Si le mariage est possible, il a lieu immédiatement. La dot est fournie soit par la femme, soit par le mari.

Pai*cnl.s et amis sont réunis h la case du liancé ; on se gave de mouton et de chevreau que l’on arrose largement de tafia. Après les libations, on chante et on danse en s’accompagnant d’instruments de musique.

La fiancée n’assiste pas au repas ni aux réjouissances de la famille ; elle passe le jour de sa noce en compagnie de quelques amies et on leur envoie seulement h manger et h boire.

Si la jeune fille n’apporte rien en dot, le futur doit lui envoyer jusqu’à des pagnes pour son habillement, car l’usage lui interdit d’emporter meme un morceau d’étoffe de chez ses parents.

Le mari prend soigneusement note des dépenses qu’il a acquittées pour la noce, car clics doivent lui cire restituées par les beaux-parents en cas où la femme manquerait à ses devoirs ou abandonnerait le domicile conjugal.

Lorsqu’au contraire c’est la famille de la mariée qui a payé les déi>enscs, c’est au mari à rembourser la dot en cas do désaccord avec sa moitié.

Chez jes Nagos et les Minas, un inventaire est dressé par les époux de ce qu’ils apportent dans la communauté, et en cas de séparation chacun reprend ce qu’il a apporté.

Le noir n’admet pas la femme à vivre avec lui ; il la parque dans une case séparée ou une partie de case, et, lorsqu’il demande ses services, elle se présente à lui dans une humble posture, avec les démonstrations d’une soumission servile.

Les Dahoméens sont polygames ; ils prennent autant do femmes (|u’ils peuvent en entretenir; le nombre de leurs

l-iii.x(m-,rai'ihi; t>« pEiri-Es de Dahomey

ÉjMiUM's i->t Iiiiiili5 À leurs im>vciis. On achète dos femmes conruhines ou es* laves |>ar intérêt plutôt que par iléhauche, parce que plus un noir possède île femmes qui travaillent, jilus son revenu est augmenté. Chacune d'elles rap|K>rle h la communauté et n'a coûté que les pivmièrcs déjx'iises du mariaye; puis les femmes se laissent aussi conduire plus docilement ipie h s domestiques iiiâ'es.

l’eu de gens du peuple possèdent plus de deux ou trois jciiimes ; les chefs en ont vingt ou trente, le roi quatre ou cinq cents. Cela tient aussi qu'au Dahomey le nombre des femmes est au moins tmis fois su|>êrieur ti celui des hommes.

Nul ne doit se défaire des enfants nés dans sa maison, ni les séparer de leur mère.

la*s femtïïes en ménage ne stmt pas jalouses entre elles et se partagent chacune les soins à donner aux enfants de leur a'])OUX.

la première épouse, la plus ancienne, est maîtresse de maison cl est généralement exempte de travail. C'est elle qui doit goûter aux aliments avant de les olTrir au maître, afin de témoigner ainsi qu'ils ne .sont pas enqroisonnés.

Ia:.s autres femmes s'occupent de la cuisine, de la lessive, du commerce, des cultures, etc.

Si l'une d'elles, par sa jeunesse cl su beauté, est devenue la favoiàlc du mari, elle est aussi exemple de travaux, mais elle retombera tôt ou tard dans sa triste condition, .\ulrefois même, lorsque son maître était dégoûté d'elle, il en faisait sinq>lemcnt cadeau au roi.

Le sort de la femme dahoniécnne n'est done pus enviable; elle vil dans un étal de véritable servitude, n'ayant d'autre jx-rspcclive que de mourir de faim dans sa vieillesse si scs enfants ne consentent pus il la nourrir.

Malgré sa triste condition et quoiqu'elle ne puisse guère

LK DAHOMEY

avoir d’aireclion pour son époux, la femme est rarement coupable d'adultère.

L’bomme, lui, peut avoir des relations avec des personnes libres sans qu'on y trouve à redire.

Dans le peuple, le délit conjugal est puni d’une forte amende par les autorités, mais il entraîne i-arcinent la séparation des conjoints.

Les divorces ont surtout lieu par suite d’incompatibilité d’humeur.

Mais quand une femme de chef était seulement soupçonnée d'adultère, elle était impitoyablement mise à mort sans aucune forme de procès.

A Abomey, les femmes du foi excellaient à attirer les Européens dans des guet-apents, afin de leur extoixjucr, au profit du souverain, des amendes énormes.

Dans les pays voisins, l'adultère est puni différemment. Au Yorouba le coupable est exploité jusqu'à épuisement de ressources. A la Côte d'Or, c'est une question de vie et de mort entre l’époux et l'amant.

Au Dahomey, les fils de chefs épouseront toujours des filles de chefs, mais n’iront jamais se mésallier avec des gens du peuple.

DELML ET FUNÉRAILLES

Iæ mort est accompagnée des mêmes cérémonies, danses et chants, que les réjouissances.

Des que le malade a rendu le dernier soupir, les assistants poussent des gémissements prolongés et des hurlements retentissants pour annoncer le décès aux voisins.

Les lamentations et les sanglots des femmes dominent surtout dans ce douloureux tapage. Aussi les appelle-t-on les pleureuses.

KniviGKArtnc di:s mrtiis dc daiiomet

Quand sa douleur est calmée, cc qui ne tarde "uère, la famille fêle la n»ort do son parent ainsi qu’un événement heureux. Ix tafia cimle I» jmifusion : on chante, on danse autour du ciid.ivre étendu sur une natte et on fait même retentir Pair de fusilla<lcs multipliées.

1.0 lendemain ou le surlcndomam du décès a lieu Tenterrement.

I.C corps, jwré de son plus beau jwgne, est descendu sMins cercueil dans une fosse creusée dans le sous-sol de la case où il a expiré. Cet usîigc a disjKiru depuis la création dc cimetières.

Aux Popos on enterre dans une bière en branchages ou en planches.

Partout on place à coté du mort des vivres, un pot d’eau, des cauris, un bâton ou une arme pour lui permettre de vivre et de figurer convenablement dans l’autre monde.

Quelquefois, avant l’iiihumalion, le cadavre est porté triomphalement dans les rues au son de la musique.

Après la descente dans la fosse on sert un léger repas et les assistants se divertissent comme un jour de mariage.

L enterrement et les funérailles proprement dites ont rarement lieu en même temps.

I.C laps dc temps s’écoulant entre les deux cérémonies varie de quelques jours U un an; il est subordonné à la décision de

la famille.

I-e jour des funérailles a lieu la répétition exacte de toutes les cénunonios dc renterrement ; pleurs, cris de douleur, contorsions désespérées, i*epas abondant, libations copieuses, danses, chants et coups de fusil, rien n’y manque. Ces fêles solennelles durent des jours ou des semaines, suivant la richesse des parents. On les renouvelle h l’annivcrsiiire, car au Dahouic^ on célèbre annuellement la fête des morts, dans chaque famille.

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