I.E DAHOMEY
Ce n'osl qu'à la mort (lu fils aîné (juc ses frères et sœurs peuvent obtenir la part (pu leur revient dans la fortune de leur père, et encore faut-il qu’ils soient de la même mère. Quant aux autres enfants ils n'ont jamais rien à e.spcrer.
Quand, parfois, c'est le frère du père défunt (jui hérite, les enfants sont abandonnés à la misère si leur oncle ne consent à les élever.
Enfin, tout n’est pas rose dans l’existence du noir au Dahomey.
Ajoutons, pour finir, <|uc la mort d’un roi dahoméen donnait lieu à de véritablcshécatombes humaines : prisonniers de {juerre, femmes et esclaves étaient immolés en grand nombre sur la tombe royale pour escorter et. servir le défunt dans l’autre monde. . -
Relations sociales!
Malgré la vie eu commun dans une case souvent étroite, le plus grand respect règne entre les ditTcrcnts membres d’une famille. A ce point de vue, la moralité du noir est parfaite.
Les nègres sont très polis et bienveillants entre eux ; ils ne peuvent se rencontrer sans échanger ensemble quelques paroles d’amitié et, lorsqu’ils se quittent, ils répètent alternativement
KTlINOCnAI-lllK DES rElPl.ES DE DAIIOMEV
leur bonjour jusqu'à ce qu'ils ne s'onleiulent plus. Meme brouillés, ils se ilnniicnt un salut froid, mais sans répétition.
Leurs formules de politesse sont nombreuses, et, à toute heure du jour, ils se comblent de compliments réciproques.
I.orsiju'ils se croisent d’égal h égal, ils ralentissent le pas pour échanger leurs salutations; quelquefois même, ils s’arrêtent à trois ou quatre mètres l’un de l’autre avant de se congratuler.
Les indigènes qui fréquentent les blancs commencent à se donner la main assez gauchement.
Quand un noir parle à un Européen, il défait son pagne jusqu’aux hanches et se présente le torse nu, la poitrine en avant ; c’est un signe de délérence et une marque de confiance.
Lorsqu’ils rencontrent un chef quelconque, cabécère, larry ou féticheur, les noirs roulent leur pagne à la hanche, se jettent à plat ventre, emhrjissent la terre à plusieurs reprises selon le rang du supérieur, et, se relevant à demi sur les coudes, ils font claquer bruyamment les doigts de la main droite sur la paume de la main gauche avant de se relever entièrement.
Les chefs agissent de même avec leurs .supérieurs.
Au DahomeA-, l’on prend aussi de la terre, de In pou.ssière ou de la boue, selon l’endroit où l’on se trouve, et l’on s'en couvre la tête et le visage en signe d’humilité. Cela se pratique ainsi h la Gore, quand on prononce le nom du roi ou qu'on va donner communication d’un de scs messages. Le noir alors rampe, s’incline, s’agenouille et se prosterne pendant plusieurs minutes.
Pour se saluer, les chefs entre eux se donnent deux doigts de la main et font claquer les autres dans le même mouvement.
LK DAIIOMCÏ
Lorsqu'un cabéccre ranJ visite à un autre plus dlevé en grade celui-ci reste assis; si au contraire le visiteur est d’un rang égal ou supérieur, le visité se lève, lui donne l'accolade ou se prosterne Ji scs pieds, selon le ■cas. Pour témoigner de leur respect à un blanc, les Xagos, en le croisant, s’étendent tout du long, se relèvent aussitôt et s’éloignent en frappant des mains et en faisant claquer les doigts.
Ix^s femmes du roi ou des chefs sont l’objet d’un grand re.sjicct; lorsqu’on les croise dans la rue, il est interdit de les frôler sous peine d’amende ou de correction.
Heureusement que le passage de ces éminentes personnes est toujours .signalé h la population, car elles poussent continuellement de grands cris en' recommandant de se ranger devant elles; les habitants font alore le vide ou rentrent dans les maisons voLsincs.
Devant les Kuropéens, elles s’écartent d’cllcs-mêmcs.
I>e respect des vieillaivls est un principe sacré chez le nègre.
Les enfants sont très rc.'-pcctueux envers Icura parents; lors<iu’ils sont jeunes, ils .s’agenouillent pour parler ii leur père, et il en est de même de la femme. Le cadet a toujours pour son aîné une très grande déférence.
Les noirs vivent en excellents rapports entre eux ; ils se font continuellement des visites de bon voisinage et bavardent des heures entières sur des futilités.
Si un étranger a soif, il peut pénétrer sans crainte dans n’importe quelle case, il trouvera toujours de l’eau h profusion. S’il veut être poli envers son hôte, il devra, avant de boire, verser à terre, pour le fétiche protecteur de la case, une goutte du liquide qui lui est olfert, et si, c’est de l’eau, cracher la dernière gorgée rpii ne doit jamais s’avaler.
Au préalable, le noir goûte le breuvage pour prouver qu’il n’est pas empoisonné.
KTII.\Or.nAIMIlB DBS PBCPl.BS DB DAIIOMBÏ
Les clriinj'ers noirs sont en général mal vus par les indigènes du pays. Ceux-ei témoignent aux lîurojKÎens un rcspeet proportionné à leurs marchandi.ses et îi leurs cauris, mais ils se mélient toujours d eux et ne les aiment jamais, cpicllc <pie soit leur fa<,on de traiter les noire.
Tout en accablant les blancs de. leurs protestations de dévouement, ils ne maïuiucnt pas une occasion de les voler <]uand ils peuvent le faire impunément. Cela n'empêche pas les noire déjouer l'indignation et de paraître scandalisés lorequ'on parle de vol en leur présence.
Pour éviter le défaut d'bonnêlclé des indigènes, leurs gouvernanls le comballent par la .superstition. Ainsi, aux Popos, le Mina qui meurt endetté est privé de sépulture et son âme continue à errer sur terre en endurant d'horribles souffrances.
.\u jour du décès, tout créancier non payé a le droit de s’opposer à l'enterrement de son débiteur si les parents ou amis du défunt ne le satisfont pas aussitôt. Quelquefois, pour obtenir l'enterrement, 1a femme et les enfants du mort s’offrent de travailler comme esclaves du créancier jusqu’à concurrence de la somme qui lui est due.
Quand les ])arents ne s’exécutent pas, le corps du défunt endetté est, enveloppé dans un grand pagne et déposé sur une claie en dehors de la ville ; il reste ainsi exposé à la vue et au mépris des passants. Lorsque, plusieurs mois après, sa dette est acquittée, alors la famille reprend ses restes et procède aux funérailles de lu même façon que s’il était mort la veille.
.\u Dahomey, le même usage eut lieu jusqu'au temps du roi Olé-Olé qui promulgua une loi faisant défense de luire crédit. Si un créancier osait se plaindre d'un débiteur, il était jeté en prison pour avoir outrepassé la loi, et cela ne lui rendait pas son argent.
Les Européens étaient soumis à la même loi ; c’était h eux à